lundi, 13 octobre 2008

Pour les progressistes, les instruments de l'Etat-providence du XXe siècle s'avèrent inadaptés dans le monde du XXIe

Ce n’est pas un institut libéral mais Terra-Nova, un think-tank socialiste (tendance social-démocrate; reprend le mot clef "progressisme" dans toutes ses phrases), qui l’énonce das une tribune du Monde : « le cercle vertueux s'est transformé en cercle vicieux - la faiblesse de la croissance asphyxie l'Etat-providence, la redistribution handicape la compétitivité économique et affaiblit la croissance. » Michel Rocard, Olivier Ferrand et Eric Maurin espèrent que l’accident de l’histoire que nous traversons bougera les lignes idéologiques à gauche. Nous l’espérons tous. Les autres points de la tribune sont plus contestables.

 

Comme eux, je pense que le modèle américain risque de tendre vers un modèle social plus progressiste collectiviste, surtout si Obama gagne. Son plan de sécurité sociale est très inquiétant dans son état actuel. Ce modèle anglo-saxon devrait toutefois se débarrasser de ses résidus interventionnistes : liquidation progressive de Fannie Mae et Freddy Mac aux 5.400 milliards d’encours, fin des règlementations qui constituaient un carcan nuisible au monde bancaire telles que le CRA ou les normes comptables trop rigides, inadaptées.

 

Quant à la proposition d’instituer une autorité mondiale, elle présente un danger essentiel. Celui de confier la direction à une autorité unique, centralisée dans son fonctionnement. Or, la suppression des coupe-feu institutionnels ne peut que limiter les expérimentations locales, adaptées et flexibles, capables de faire émerger des solutions applicables à plus grande échelle. Ce week-end nous a prouvé l’intérêt de laisser les pays se coordonner.

 

Le monde bouge, la droite française bouge très lentement, mais il est hélas probable que la gauche persiste à s’accrocher, immobile, aux vieux modèles du passé. Le saut dans la modernité est une prise de risque contraire à son aversion au risque.

jeudi, 25 janvier 2007

Christian Blanc se couche, Michel Rocard se lève !

medium_Rocard_Bolkestein.jpgMichel Rocard, OVNI égaré dans le monde politique français, avait défrayé la chronique en assistant à l’université d’été de l’UDF l’été dernier. Il avait dans le même temps cogné dur sur le projet alors sorti de la synthèse PS : il « nous isole de nos alliés sociaux-démocrates européens, interloqués, et nous ridiculise un peu ». « Il est beaucoup trop cher alors que nous aurons à désendetter l’Etat ». Conclusion d'un homme lucide : « J’avais compris que tout était foutu dès lors que François Hollande avait décidé la règle de l’unanimité, c’est-à-dire la synthèse, une bêtise sympathique mais qui a engendré la confusion ».

 

Ses propos décapants et justifiés sur le PS l'avaient isolé encore davantage d'une base enfoncée dans l'archïsme de la ligne actuelle du parti. Ce keynésien s’éloigne aujourd'hui un peu plus de son idéologie originelle en co-signant un ouvrage avec Frits Bolkestein : « Peut-on réformer la France ? ». Ce dialogue inattendu entre un libéral flamboyant et un libéral réticent ascendant keynésien soulève une question qui revient régulièrement sur la table. Si nos deux auteurs divergent dans leur approche du rapport entre l’Etat et l’économie, ils s’entendent sur l’essentiel : la France est l’homme malade de l’Europe, ce mal est d’abord économique, la solution en passe par une révision fondamentale du droit du travail dans le sens d’une plus grande flexibilité. Et maintenant, que fait-on ?

 

 

medium_Blanc.JPGUn réformateur discret, Christian Blanc, vient de clore un espoir d’action dans ce sens. Ses proches, déjà habitués à des retournements de veste au pire moment, espéraient qu’il relancerait une dynamique réformatrice avec Energies 2007. Pour rappel, il avait abandonné ses troupes en rase campagne en 2002 et avait rejoint l’UDF de Bayrou, laissant ses troupes se planter courageusement sous l’étiquette mort-née Energies Démocrates. Aujourd’hui, il se couche et rejoint Nicolas Sarkozy en reniant ses valeurs libérales pragmatiques. Les cadres d’Energies 2007 qui espéraient que la dynamique prendrait en sont une fois de plus pour leurs frais.

 

 

Dans cet environnement sclérosé, Alternative Libérale constitue l’un des derniers rayons d’espoir. Loin de la vision centralisatrice, interventionniste et répressive de Nicolas Sarkozy, Alternative Libérale affiche un libéralisme décomplexé, sans édulcorant ni conservateurs. J’invite les Blanquistes (déf du Blanquiste : soutien actif de Christian Blanc)  à rejoindre et à apporter leur expérience à Alternative Libérale.