jeudi, 02 novembre 2006
Mamans adoptives, mères porteuses et mamans éprouvettes : c'est la foire !
C'est presque devenu une mode chez les milliardaires de la côte Ouest des US : adopter un enfant dans un pays du tiers-monde. Avec presque 150 millions d'orphelins dans le monde, pourquoi ne pas récupérer ceux qu'on peut ? Un noir, un café au lait, un asiatique, etc. Si on en ramène suffisamment dans son jet privé, il y a de quoi faire une photo de famille très "Benetton". C'est tendance, semble-t-il. Résultat : une cabale montée contre Madonna (sans jeu de mots) après sa dernière adoption d'un petit Malawite. Ce pays ne semble pas disposer d'une législation sur le sujet (d'ailleurs, ce pays ne dispose de rien, c'est bien simple), et le bon peuple (poussé par des ONG qui ont un grand sens de la dignité humaine) trouve inconvenant qu'elle se permette d'aller y faire son marché. Certes, elle donne un paquet d'argent pour des causes humanitaires. Est-ce une raison pour se servir en bambins ? D'autres qu'elles y seraient-elles parevenues ? Rien n'est moins sûr. Est-ce criticable pour autant ? En tout cas, cela fait de la pub pour le Malawi, frappé par la famine, le SIDA et tous les fléaux possibles dans des proportions extrêmes.
La veille, la question des mères porteuses paraissait dans le Monde :
Lorsque la maîtresse a demandé d'où venaient les bébés, les élèves ont tous répondu en choeur : "Du ventre de leur maman." Tous, à l'exception de Léa, 6 ans, qui a raconté à la classe ébahie qu'elle avait grandi dans le ventre d'une autre femme que celui de sa mère, mais qu'elle n'avait pas été adoptée. "Elle a dit naturellement, avec ses mots à elle, qu'elle avait été conçue dans le cadre d'une gestation pour autrui (GPA), explique sa mère, qui souhaite garder l'anonymat. Nous lui avons toujours dit que nous étions allés aux Etats-Unis, que son père avait fourni les petites graines, et qu'une femme, Mary, les avait ensuite portées, elle et sa soeur jumelle. Elle la connaît, car nous sommes allés lui rendre visite aux Etats-Unis."
Pourquoi cette pratique est-elle interdite en France et autorisé chez de nombreux voisins ? En Grande-Bretagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud ou en Grèce, un comité d'éthique délivre les autorisations aux dossiers de mères porteuses. En France, il faut avoir de l'argent pour aller dans ces pays et engager la procédure. Si la plupart des pays excluent toute rémunération, certaines législations prévoient le remboursement des dépenses médicales, voire une "compensation" correspondant aux contraintes liées à la grossesse". Mais quelle est alors la limite à ces versements ? La mère porteuse et la famille demandeuse peuvent-elles négocier, et la mère en faire un véritable complément de revenu si elle est dans le besoin ? Les questions de droits de l'enfant, de responsabilité parentale, de transfert de l'autorité parentale à des tuteurs ne sont hélas pas sujets à débat chez nous. De nombreux Français partent pourtant à l'étranger pour adopter voire, parfois, pour faire appel à une mère porteuse.
Un comité d'experts planche sur ce sujet délicat, composé notamment d'Elisabeth Badinter, des professeurs de médecine Israël Nisand et Bernard Paniel, de la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval et du professeur de droit Géraud de la Pradelle. Il cautionne l'association CLARA, comité de soutien d'une famille adoptive qui vient d'ouvrir un site Internet. Je suis le 465eme lecteur de ce site audacieux. Leur position est claire : " Nous considérons la femme libre et responsable de son corps, à l'égal de l'homme. Nous considérons qu'il appartient à la femme et à elle seule de décider ou non de venir en aide à une autre femme en portant un enfant avec lequel elle n’a aucun lien génétique.
Nous pensons que la GPA ne doit pas être assimilée à de la « vente d'enfants » car son objet n'est pas l'enfant à naître, mais les conditions de développement in utero d'un embryon déjà existant, issu d'un projet parental .
Nous considérons que la GPA est éthique lorsqu'elle se déroule dans un cadre assurant toute précaution médicale, physique, juridique, psychologique; elle est reconnue alors comme un acte compassionnel de don entre deux femmes qui ont donné leur consentement éclairé. "
Leur conclusion : " >Pour l’établissement de la filiation, le droit français ne reconnaît que la réalité biologique constituée de la combinaison de l’accouchement maternel et de l’ADN paternel. Nous constatons que plusieurs millions d’enfants naissent en dehors de ce cadre. [dont moi] C’est le cas des familles monoparentales sans reconnaissance par le père ou aussi des familles homoparentales, mais aussi de la plupart des PMA (don de sperme, GPA) ou encore de l’adoption et de l’accouchement sous X. Sous la pression, le droit français s’est adapté à certains cas (adoption, don de sperme, accouchement sous X) en créant des fictions juridiques, c'est-à-dire en travestissant la réalité biologique pour que la filiation corresponde à la réalité sociale. Les autres cas restent dans le vide juridique (avec une filiation incomplète), au détriment de l’intérêt de l’enfant. "
Et on ne parle pas des bébés éprouvette qui, après 25 ans de procréation médicalement assistée possible, ont fait le bonheur de très nombreuses familles infertiles. Ni des foyers de la Ddass, de l'adoption d'orphelins en France. Encore un sujet épineux...et tabou !
La société est prête à accepter ce débat !
Alternative Libérale aussi...
23:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : adoption, Madonna, gpa, mere porteuse |
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