mercredi, 22 novembre 2006

Le vrai désastre de VW, c'est que personne n'en tire les leçons

Volkswagen va cesser rapidement de produire la Golf, son modèle le plus vendu, sur son site de Bruxelles. La suppresion de 3.400 emplois est perçu comme un drame national par les autorités politiques. Premier employeur privé de Bruxelles, cette fermeture va encore davantage accentuer le taux de chômage, actuellement à 21 %. Déjà, le coût de la vie s'est considérablement renchéri à cause de la manne financière des hauts fonctionnaires européens qui viennent dépenser leurs gras émoluments dans cette belle ville. L'ambiance devient de plus en plus lourde. Mais qui aura le courage d'en tirer les leçons pour stopper l'hémorragie ? Car ce n'est pas fini. Alors que VW souhaite réduire ses capacités de production de 20 % en Europe occidentale, General Motors envisage aussi de réduire la voilure, avec 1.000 emplois de moins en perspective à Anvers. L'Europe occidentale sait qu'elle souffre de sa surcharge pondérale (fiscalité-rglementations-poids de l'Etat) mais refuse de se soigner.

medium_31643.7.jpgDans le même temps, une anecdote mérite d'être soulignée. Pour une fois qu'une telle affaire sort au grand jour, ne nous privons pas de ce plaisir !

Klaus Volkert, patron du plus puissant syndicat de salariés de Volkswagen et président du comité d'entreprise du groupe, aurait touché 1.9 millions d'euros pour assurer la "paix sociale". Mis en examen, il aurait accentué sa pression sur un responsable DRH afin que ce dernier atténue sa version, en échange de quoi il lui serait offert un excellent avocat gratos. Evidemment, on comprend mieux pourquoi les signes avant-coureurs du malaise du groupe n'ont pas été pris en compte. Heureusement, ce type de corruption n'existe pas en France. Voiture de fonction, appartement de fonction, espace et personnel aux petits soins, bonus conséquents et emploi protégé pour les leaders syndicaux des grosses entreprises du privé mais rien de plus, promis juré !

 

Au-delà de cette histoire, je confirme que les grandes questions posées au bistro ou sur les marchés portent sur le sens de ces délocalisation, sur les difficultés terribles que rencontrent les licenciés. L'affaire n'est pas simple, surtout lorsqu'il faut défricher les propos démagogiques de syndicalistes et de politiques qui ne comprennent rien aux mécanismes en question. Comment expliquer que nous sommes les otages d'un système qui ne permet pas d'embaucher alors que nous vivons tous dans un monde qui ne permet pas de bloquer les licenciements.

En tant que consommateurs, nous faisons tous des choix qui incitent à baisser prix et marges des producteurs de services et de biens tels que les voitures. En tant qu'épargnants, nous exigeons tous des rendements de nos placements. Petits porteurs ou gros portefeuilles, nous sommes attentifs aux dividendes versés, au cours de l'action qui repose sur la confiance générale des actionnaires dans la stratégie de la direction de l'entreprise. Restent le salarié et l'emploi.

 

Les licenciements massifs ne sont absolument pas contradictoires avec un faible taux de chômage. Ils exigent en revanche des embauches massives pour compenser. De nombreux pays subissent de forts taux de licenciement (et de démission) tout en conservant un taux de chômage proche ou inférieur à 5 %, un revenu moyen élevé et une mobilité sociale plus forte qu'en France ou en Belgique. Comment font-ils ? Le poids des règlementations (code du travail, encadrement de la vie des entreprises, salaires minimum) est bien plus faible, la place du contrat bien plus forte, ce qui autorise des rapports de confiance et une plus grande réactivité de tous, employeurs et employés. Tout n'est pas misé sur des fleurons, afin de laisser plus de place aux les PME offensives qui connaissent une bonne croissance. Au lieu de protéger les fleurons d'hier au point d'en dépendre à l'excès, la culture considère que parmi les PME d'aujourd'hui se trouvent les grands groupes de demain.

 

Enfin, reste le plan humain, le plus dramatique. Un véritable accompagnement sera sans doute mis en place par l'entreprise, afin que tous trouvent rapidement un nouvel emploi en plus de la prime conséquente de licenciement. Mais à terme, la question reste identique : notre économie ne permet plus de ne rien faire. Le poids des charges sociales n'est plus tenable. La sécu, cet Etat dans l'Etat, tue nos entreprises...et nos emplois. Le poids des règlementations n'est pas non plus viable. Nous devrions en évaluer leur coût en temps et en énergie, en plus de l'argent payé, pour vraiment mesurer le boulet qu'elles représentent pour nos entreprises, notamment les PME. Rien que le code du travail est un vrai barrage à la croissance des entreprises, obligées de fonctionner en sous-effecttifs permanents pour ne pas se retrouver en position difficile en cas de ralentissement. L'hotellerie et la restauration fonctionnent avec 20 % de salariés de moins qu'en Grande Bretagne par exemple.

La formation continue constitue aussi une nébuleuse financière opaque, largement financée par le contribuable et les entreprises, mais qui est très très loin de répondre aux besoins et aux attentes. Une vraie réforme s'impose dans ce domaine pour qu'elle apporte une réelle valeur ajoutée à ceux qui en bénéficient.

Enfin, l'ANPE et l'UNEDIC sont deux dinosaures horriblement coûteux et qui ne correspondent absolument plus aux réalités contemporaines. Leur mise en concurrence rapide est nécessaire afin que les salariés puissent choisir un prestataire digne de confiance. C'est leur propre sécurité qui est en jeu, après tout. Une assurance digne de ce nom n'est pas là pour payer aveuglément, sans contrainte ni intervention. Elle affronte les risques avant qu'ils ne se réalisent : prévention et conseil. Une fois le danger avéré, l'accompagnement actif vers un nouvel emploi est un vrai business qui s'appuie sur un  vaste monde de connexions : réseaux d'agences de placement, chasseurs de tête, outplacement...

 

Avec Alternative Libérale, je me bats pour que ces archaïsmes soient abolis ou remplacés.