mardi, 31 mars 2009

Le G20 de tous les dangers

Spend.JPGLe G20 du 2 avril prend des allures de catastrophe. Nicolas Sarkozy promet un show très chaud si les autres leaders ne cèdent pas à ses exigences, exposées dans un style de plus en plus bonapartiste. Plans de relance inutiles et injustifiables, inflation qui menace l'épargne et nos économies, dette publique folle, extension des réglementations nocives, tout va être mis en oeuvre pour casser les rouages d'une hypothétique reprise. Bref, ce n'est pas un hasard si la France retrouve le plus vite ses racines socialistes. A cette cadence, Nicolas Sarkozy va probablement finir avec un bilan pire que celui de Chirac, s'il n'a pas déjà franchi le repère fatal. On va presque soutenir le retour de Villepin fichiers clearstream en mains sabre au clair (que François Goulard soutient comme Hervé Mariton, d'ailleurs).

 

Dans le reste de l'OCDE, c'est aussi la berezina. Gordon Brown veut s'aligner sur notre modèle pour faire revenir le Royaume-Uni au triste temps pré-Thatcherien. Malgré le désastre exemplaire du New Deal pour sortir de la crise de 29, Barack Obama a engagé son pays sur la route de la servitude. José Luis Zapatero semble vouloir se débarrasser de son excellent ministre des finances, Pedro Solbes, ce qui ouvrirait la porte d'une vraie dérive dirigiste et dépensière. Le seul pays qui résiste, c'est l'Allemagne. Même la veille d'élections, et malgré la pression de son ministre et concurrent du SPD, Peer Steinbrück, Angela Merkel bloque des quatre fers pour ne pas accroître les déficits publics, et elle ne souhaite pas que la BCE se lance dans du "Quantitative Easing" (planche à billet) comme la Fed. Soutenons-la sur ces points. Et croisons les doigts pour qu'elle résiste le 2 avril. Angela, on est avec toi !

 

A ce sujet, je me rappelle un déjeuner avec Alain Madelin au cours duquel j'avais défendu les qualités libérales d'Angela Merkel, malgré son abandon de la Flat Tax à deux mois du scrutin, et un programme classique. Certes plus conservatrice que libérale, son origine est-allemande et ses propositions allaient néanmoins dans le bon sens selon moi. Madelin m'a demandé sur quels critères je pouvais la juger comme telle. J'avoue que je n'avais alors pas beaucoup d'arguments en sa faveur. Et son immobilisme lui a partiellement rendu raison. Prise en étau dans une coalition avec des sociaux démocrates, sa marge de manoeuvre était limitée. Mais avec la crise, le gène anti-dirigiste a repris le dessus. En dénonçant le risque de surendettement et d'inflation des plans de relance budgétaires et monétaires, Angela Merkel est la dernière digue avant la déferlante socialiste du monde occidental.

 

Tout n'est pas perdu. Pendant ce temps, la Chine rigole bien et se prépare à nous croiser sur la route qui part du communisme et monte vers le capitalisme, et que nous descendons dans l'autre sens. Mettez-vous au Mandarin.

14:58 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : institut montaigne, g20, crise | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 06 décembre 2007

Zapatero supprime l’ISF en Espagne…pour faire payer les riches

Le Premier Ministre socialiste espagnol, Jose Luis Rodrigez Zapatero, vient de promettre la suppression de l’ISF s’il est réélu en 2008. Rappelons que la Suède a supprimé cet impôt cette année alors qu’il avait déjà disparu en Allemagne, en Autriche, au Danemark et aux Pays-Bas. Seules la Norvège et la France maintiennent l’ISF, le dispositif Suisse étant très particulier. Je me demande quand notre pays supprimera à son tour cet impôt inefficace et nocif pour notre croissance et pour l’emploi ? Sommes-nous condamnés à toujours être les derniers à appliquer les mesures partout mises en œuvre avec succès ?

 

Le nouveau secrétaire général du Parti Socialiste madrilène, Tomas Gomez, confirme cette approche du leader socialiste : « baisser les impôts peut être progressiste ». L’ISF « pénalise l’argent familial et affecte de manière croissante les classes moyennes maintenant que les plus grosses fortunes distribuent leur patrimoine via d’autres schémas juridiques… ». En France, nous constatons que l’ISF cause les mêmes dégâts auprès des 460.000 foyers fiscaux qu’il touche. Si 85 % des assujettis à l’ISF sont dans les tranches basses et ne payent en moyenne « que » 3.500 euros par an, son impact sur les tranches supérieures est désastreux.

 

D’après des membres de la commission des finances, des cabinets d'avocats fiscalistes et de nombreux experts, dont l'Institut Montaigne, ce sont 150 milliards d’euros de capitaux qui ont quitté le pays depuis l’origine de l’ISF. Ses gains apparaissent dérisoires à côté des pertes en revenus imposables, en emplois, en TVA perçue et en investissements réalisés ailleurs par ces patrimoines qui s’expatrient. Le manque à gagner en impôts engendré par l’ISF est donc considérable. En plus de coûter le double de ce qu’il rapporte, l’ISF a fait perdre 200.000 emplois à la France.

 

Stoppons l’hémorragie, incitons les Français expatriés à revenir en supprimant l’ISF. Sans être décisive, tout le monde mesure l’impact que cette décision pourrait avoir sur ces locomotives de la croissance. Sa disparition serait rapidement compensée par des rentrées fiscales bien supérieures, elle apporterait une bouffée d’oxygène au marché de l’emploi en rapatriant capitaux et investisseurs.