mardi, 15 juillet 2008
Union pour la Méditerranée, succès sur un projet encore flou
Faire avancer le processus de paix entre Israël, l'autorité palestinienne et la Syrie, restaurer la paix au Liban avec, ici aussi, la Syrie en acteur clef, assainir les relations entre le Maghreb et l'Europe, le tout en replaçant l'Europe (et la France) au coeur des affaires du Moyen-Orient, voilà quelques uns des grands axes implicites d'un projet qui ne manque visiblement pas d'ambition. Comment être contre ce projet de paix et de prospérité ? On peut tout de même le juger naïf. Pourtant, là où tant d'autres se sont cassés les dents, Nicolas Sarkozy a décidé de mettre toute son énergie et son crédit international en jeu. Même Angela Merkel, initialement défavorable à l'initiative de notre président, a décidé de le suivre pour voir où il nous emmènerait. Pour autant, nous n'en savons pas beaucoup plus sur le contenu de l'UPM. Les obstacles sont immenses, et les réticences multiples.
19:30 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : upm, union pour la méditerranée, nicolas sarkozy, henri guaino |
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lundi, 03 décembre 2007
Sarkozy vainqueur du concours Lépine du pouvoir d’achat
On attendait « du lourd », on a eu droit à des mesures disparates et confuses. Alors que sa côte de confiance vient de passer sous la barre des 50 % dans un sondage TNS-Sofres, Nicolas Sarkozy devrait davantage écouter François Fillon qui ne cesse de répéter qu’il n’y a pas « d’argent à distribuer », que « La France est en faillite ». Alternative Libérale rappelle que le pouvoir d’achat ne tombe pas du ciel mais vient de la croissance et de la création d’emploi. Quand seront engagées les vraies réformes de fond que les Français attendent toujours ?
Au cours de la chasse aux idées originales, chacun y est allé de sa proposition : baisse des charges sur le chauffage dans le parc locatif social ici, prime annuelle de 1 000 euros aux salariés des PME-PMI là. Tout y est passé : figer les loyers, le prix du gaz et de l’électricité. Henri Guaino, premier conseiller du président, recommande de laisser filer le déficit de l’Etat et d'alourdir la dette publique. Heureusement que la plupart de ces idées saugrenues ne figurent pas dans le tableau final retenu. Il n'en reste pas grand chose au final, c'est déjà ça. Mais hélas, une fois de plus, on ne retrouve aucune mesure libérale créatrice de richesse et d’emplois.
Le résultat est édifiant. Au lieu de libérer le temps de travail hebdomadaire pour en confier le niveau aux partenaires sociaux, nous assistons à un retour bricolé en arrière qui alourdira la charge des entreprises et la relation entre employeurs et salariés. Notons la création d’une nouvelle agence publique, une de plus, chargée de garantir les loyers impayés à la place des locataires. Visiblement, on prend les mêmes méthodes qui ont largement prouvé leur inefficacité (encadrement, régulation et bureaucratisation) et on recommence.
En toute sumplicité, voici une grosse économie pour le pays : licencier l’irresponsable Henri Guaino pour incompatibilité économique avec la croissance. Tout le monde devrait y trouver son compte.
15:50 Publié dans Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Henri Guaino, pouvoir d'achat, croissance, emplois |
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mercredi, 10 octobre 2007
Ornithologie politique
Vous avez senti le froid dans l'air ? Après un été pourri, tout le monde démarre l'automne avec la grippe et la tension monte parfois très vite. En quelques jours, sans avoir besoin d'être très attentifs, les Français ont pu entendre des noms d'oiseaux voler de toutes parts. C'est extrêmement rare que cette sauvagerie de la jungle politique soit publique, elle est d'habitude réservée aux intimes du nid. Soyons attentifs et profitons de cette formidable expérience d'observation ornithologique. Les politiques peuvent être très insultants, sans manières et sans chichis : "Ce petit con prétentieux ne m'intéresse pas" ou "Des crétins y en a toujours eu. Qu'est-ce que vous voulez que je réponde à autant de conneries ?". Pensez-vous qu'il s'agit du poivrot au bistro du coin de la rue ? Pas du tout, ce sont les mots du bras droit ultra-gaulliste du président, le pingouin Henri Guano Guaino. Ces propos un peu crus venaient en réponse aux commentaires du fier BHL sur le discours de Dakar. Ce Guaino me rendrait BHL presque sympathique ! Dans ce discours prononcé par Sarko, il avait déployé une prose qu'on ne retrouvait plus depuis l'Algérie française : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. [...] Jamais il ne s'élance vers l'avenir. [...] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès". Il aurait pu avoir le tact de déployer ce même talent pour insulter BHL comme il l'a fait avec l'Afrique, plutôt que de dégainer l'invective insipide, dénuée de toute subtilité.
Hier, c'était la majorité, puis la gauche, qui en prenaient pour son grade. Fadela Amara, à la langue bien pendue, lâchait des propos très francs dans un monde politique plus habitué aux estocades discrètes dans son environnement feutré, souvent bien plus assassines : y en a "marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration" suivi d'un "Je trouve ça dégueulasse !" sorti du coeur. Pour calmer les ardeurs d'une gauche plus hypocrite que jamais, elle stoppa nette leur tentative d'instrumentalisation de l'anti-test ADN : « je n'ai pas de leçon à recevoir des députés de gauche qui nous ont laissés vivre dans des endroits dégueulasses quand ils étaient aux affaires. ». Pan dur le bec. On ne sait plus très bien qui instrumentalise qui et quoi dans ce chaos, mais ça bouge dans les travées qu'on croyait endormies depuis la politique "d'ouverture" de Sarko. Tout le monde a vite repris le mot "dégueulasse" qui redevient très à la mode. Nous devrions bientôt le retrouver dans les cours d'école. François Goulard lui a rétorqué que quand "on trouve les membres d'un gouvernement dégueulasses, on le quitte". Et le très dégueulasse Maxime Gremetz a aussi eu son temps de parole pour exprimer une pensée profonde : "Moi, si j'estime qu'un gouvernement auquel je participe prend une décision aussi dégueulasse, je m'en vais tout de suite (...). On ne peut pas rester dans un gouvernement de dégueulasses". Allez, si ça peut un peu redonner du tonus à la gauche au tapis, ce n'est pas si mal.
Alors que la droite et la gauche se sont enfin trouvés un sujet de discorde avec ce fameux (trop fameux) test ADN qui n'en méritait pas tant, Sarko a lancé un appel au calme depuis Moscou, un appel qui s'adresse à chacun (entendez : la gauche ET la droite). En tout cas, c'est clair : dés qu'il tourne le dos, c'est le bordel dans la majorité. Pour ma part, je désapprouve profondément cette vision étriquée de la majorité concernant l'immigration. Les pays les plus dynamiques ouvrent largement leurs portes aux migrants comme le rappellent, entre autres, deux textes récents : l'un dans la Tribune hier, l'autre dans le Figaro cet été. Le discours actuel fait de la lutte contre l'immigration une priorité malsaine. La France, une fois de plus, choisit le repli sur soi, cet isolement qui nous éloigne de la croissance espérée et qui nous coupe davantage des bienfaits de la globalisation.
Allez Fadela, ne te laisse pas faire !
07:55 Publié dans Libertés individuelles, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Fadela Amara, Henri Guaino, BHL, Bernard Henri Lévy, tests ADN, racisme, insultes |
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