mardi, 03 octobre 2006

Toy story : les hommes sont de grands enfants

Loin d'être infantilisés par notre Etat nounou, les Français n'ont qu'une envie. Celle de s'éclater (hum) et de transgresser les tabous traditionnels de la morale. Selon la responsable marketing de Durex, qui évoque le rattrapage des moeurs des Français : 70 % se disaient prêts à expérimenter de nouvelles formes de sexualité, et 60 % déclaraient parler ouvertement de leurs envies et de leur plaisir. C'est plutôt encourageant de voir que notre pays ne reste pas sur la voie de la déprime et de l'auto-flagellation. Pourvu que cela contribue à diminuer notre taux de suicide, hélas parmi les plus élevés de l'OCDE, et à monter, entre autre, notre moral en berne.

medium_sex_toy.2.jpgNous ne sommes pas en avance, néanmoins. Il faut dire que toute l'Europe pratique des plaisirs sexuels débridés depuis belle lurette. Outre-manche, parler de sex toys à table ne choque presque plus personne à en croire les commentateurs locaux avisés (retenez-vous tout de même si vous parlez à la famille d'accueil de vos enfants à l'occasion d'un voyage linguistique). Alors que seuls 14 % des Français se serviraient de vibromasseurs, fin 2004, 45 % des Britanniques, Américains et Australiens en seraient adeptes. Dans ces pays, il ne serait pas rare que les femmes y gardent un petit gadget à portée de main dans leur sac (dans un univers tétanisé par la hantise des plaintes pour "harcèlement sexuel", cette technique de dépanage a du sens). Nous pouvons aussi penser que nous, Français, sommes réellement performants sur le plan sexuel, en tout cas suffisamment pour ne pas nous soucier de ces "compléments" inutiles que nous laissons aux autres. Mais la tendance est nette, les ventes de ces produits connaissent une forte croissance. Les lieux de distribution sont branchés et, surtout, de plus en plus visibles. Bientôt dans toutes les vitrines...

 

Sachez aussi que certains objets ne sont pas encore reconnaissables par les profanes. Peut-être vos voisins ont-ils laissé trainer l'un de ces signes ultimes de la branchitude sexuelle sur leur bureau avec une fausse négligence ? Mieux et beaucoup plus direct que Meetic pour draguer !

 

En tout cas, les gadgets à la mode sont loin des objets qu'on peut trouver dans les sex shops dont le banal confine au sordide. Dans les boutiques chics, il faut des formes design ou rassurantes : canard, dauphin, totalement dédramatisants...ou le fameux "rabbit" (le vrai, le "jack rabbit", non pas les pales copies qui circulent depuis lors !) qui fit fureur après qu'un numéro entier de Sex in the City lui fut consacré. Il parait que ses deux oreilles (qui lui ont donné son nom) font un effet fou !

Et pour les bricolos qui snobent le design branché et préfèrent les produits faits maison, il suffit de s'y mettre.

Certes, le phénomène de mode touche surtout les grandes villes, et principalement des femmes de catégorie supérieure. Il est toutefois intéressant de voir les hommes se pencher aussi sur la question : le plaisir de leur compagne (compagnon ?) commence enfin à être pris au sérieux. Mais à quand la vente sur les étals des marchés de province, entre les couteaux de cuisine et la quincaillerie ? En tout cas, les hommes ont maintenant un sérieux concurrent, et il n'est plus question pour eux de pratiquer l'acte sexuel en deux minutes, temps de déshabillage compris. Le plaisir est d'autant plus grand qu'on prend le temps de le savourer.

 

Mais attention, un danger vient d'être révélé par les experts de Greenpeace (Nina Hagen ?) L'association environnementaliste a demandé l'interdiction de mousses plastiques, qui enrobent habituellement les sex toys, pour leur teneur trop élevée en phthalates, un produit toxique. Sept des huit sex toys testés contenaient entre 24% and 51% de phthalates (dont le fameux rabbit ?), un produit qui peut perturber notre système hormonal, diminuer la fertilité et avoir des effets négatifs sur les reins et le foie. Bref, que du bonheur !

 

Ils n'hésitent pas à nous rappeler qu'il existe quantité d'alternatives non chimiques. Pensez à choisir vos courges, concombres et pastèques bio, car les pesticides ne sont certainement pas plus adaptées que les phthalates à vos tendres muqueuses.

 

En tout cas pour ma part, dans ces débats compliqués, je me sens bizarrement "out of fashion". Mon côté "old school" sans doute...

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vendredi, 25 août 2006

Greenpeace et les grincheux : le thon monte !

Le bateau de Greepeace a décidé d'organiser une campagne d'information sans porter atteinte aux droits de quiconque. Leur thème est important : la pêche au thon dépasse largement les quotas fixés par l'Europe et menace l'espèce du thon rouge avec 50.000 tonnes pêchées au lieu de 32.000 tonnes autorisées. Particulièrement en France, où la pêche illégale représente presque la moitié de la pêche totale ! Cela dit, la Libye et la Turquie sont également gros pêcheurs (ou pécheurs) : les quotas ne s'appliquent pas à ces pays-là. Des destructeurs de parcelles OGM aux pêcheurs qui ratiboisent la faune marine hors quotas européens, les Français se sont habitués à vivre sans Etat de droit. Cela n'empêche pas d'essayer de se faire entendre. 

 

medium_les-thoniers-senneurs-ont-abor.jpgGreenpeace disposait d'une autorisation pour accoster dans le vieux port à Marseille. Mais voilà qu'elle est retirée oralement peu de temps avant l'arrivée du navire de Greenpeace, et qu'un groupe de thoniers décide de bloquer l'accès du port à Greenpeace avec des moyens violents. Comme d'habitude, les forces de l'ordre laissent faire, certainement sur ordre du préfet...et du maire, qui soutient le leader (également UMP) des thoniers. Même le ministre de l'Agriculture et de la Pêche (membre du Gosplan) soutient les pêcheurs contre la loi ! Bref nous sommes, comme d'habitude, en plein réflexe clientéliste.

 

Sans avoir particulièrement confiance dans la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique (ICCAT), ni dans la mise en oeuvre d'une quelconque mesure de nos autorités pour faire respecter les décisions de quotas, il sera intéressant de lire son rapport sur le sujet que cette affaire a remis temporairement au sommet de l'actualité, en octobre prochain.

Une chose est sûre : Greenpeace a pu surfer sur l'évènement et rappeler son message avec une belle intensité médiatique. Si je ne partage pas certaines valeurs de Greenpeace, je leur reconnais de l'audace, du courage et de la pugnacité.

11:05 Publié dans Environnement, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thon, écologie, Greenpeace | | | Digg! Digg |  Facebook