mardi, 19 juin 2007

Le gouvernement s'ouvre aux libéraux... enfin !

 

Tranquillement, quelques têtes libérales font leur apparition dans les rangs du gouvernement : 

 

  • Jean-Marie Bockel (ex-Jiminy Cricket du PS, immédiatement exclu du parti : bonne chose de faite pour cet homme que le PS ne méritait pas) a un poste symbolique de l'ouverture de Nicolas Sarkozy : chargé de la Coopération et de la Francophonie. Sa motion, la plus progressiste du Congrès du PS, n'avait attiré que 0.7 % des voix des adhérents en novembre 2005. "L'Etat ne peut pas tout" semblait encore bien utopique aux adhérents du PS. Pourtant, son approche méritait un vrai score...et un soutien des médias un peu plus marqué.
  • Hervé Novelli, sympathique leader des Réformateurs, remercié pour s'être tu tout au long de la campagne présidentielle. L'absence remarquée des libéraux au sein de l'UMP depuis plus d'un an a enfin reçu sa récompense : un secrétariat d'Etat aux entreprises et du commerce extérieur, poste sans risques.
  • f27804bfa486904ad51f0df7f85b3f16.jpgChristine Lagarde, enfin, nous offre le plus bel espoir de changement positif. Elle se voit offrir un vrai poste à la hauteur de ses compétences de brillantes avocates d'affaires : Bercy. Voilà une libérale assumée, bosseuse et fine négociatrice, qui prend la direction du monstre bureaucratique français. Sera-t-elle absorbée comme Francis Mer avant elle ? Lui appartenait bien davantage au système et s'en est vite trouvé prisonnier. Espérons qu'elle saura s'affranchir de cette pression vers l'immobilisme.

 

Autrement, que rajouter ? Borloo se retire des affaires économiques et prend l'environnement, avec Nathalie Kosciuscko-Morizet dans les pattes.

Toutefois, quelques surprises viennent confirmer la volonté d'ouverture de Sarkozy :

  • Fadela Amara, présidente de "Ni putes ni soumises",  devient secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville sous l'autorité de la ministre du Logement Christine Boutin, dont les tenues récentes laissaient espérerer, sans grand espoir, qu'elle s'était mise au pétard. On sent que les longues soirées d'hiver vont être animées. Est-ce pour punir Boutin que ce choix lui a été imposé, ou pour la remettre sur le droit chemin ? En tout cas, je suis très curieux de voir le résultat. "Je n'aurais pas accepté si je n'avais pas eu une marge de manoeuvre et une liberté de ton", a-t-elle assuré, expliquant vouloir "peser de tout (s)on poids et de toute (s)a force de conviction pour transformer les quartiers". C'est "une très, très grande nouvelle", s'est félicité le socialiste Malek Boutih, pour qui "c'est vraiment, pour la première fois depuis des années, la première bonne nouvelle pour les quartiers". Mais d'autres à gauche ne sont pas du tout du même avis.
  • Rama Yade, en devenant secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l'Homme, sera-t-elle la Rachida Dati de demain ?