mercredi, 07 novembre 2007

Vous êtes tous invités au squat de "La Fontaine Gaillon"

Fin 2006, des militants d'extrême gauche ont forcé et occupé un immeuble inoccupé de la Lyonnaise de Banque au 24 rue de la Banque, juste en face de la Bourse, tout près de chez moi. Ces gens ont manifesté leur bon  goût en investissant cette belle résidence de 1600 m2 sur 6 étages. Etonnant comme le quartier attire cette catégorie de vandales, l'attrait de la Bourse sans doute. D'ailleurs, ils ont déjà tenté au moins une fois de la prendre d'assaut, heureusement expulsés dans l'heure qui a suivi. Depuis un an, personne n'ose d'ailleurs évoquer le coût de ce squat en mobilisation quasi permanente de forces de l'ordre. Peut-être devrions-nous présenter la facture au DAL ?

 

En tout cas, bénévoles au service d'ONG, artistes et militants ont alors pu s'installer durablement dans ce prétendu "Ministère de la crise du logement". Plusieurs familles ont aussi été logées dans ce beau bâtiment, histoire d'atténuer le caractère idéologique de l'opération. Le maire du IIe, Jacques Boutault, s'est bien évidemment félicité de cette victoire contre le capitalisme le plus odieux. Bertrand Delanoë, de son côté, a été plus ambigu dans son soutien à l'opération, malgré sa proximité avec les associations en question. Il faut dire que les municipales approchent et que ça commence à chauffer les habitants du quartier. Surtout que récemment, le squat est ouvert en terrasse avec les fameuses tentes quechua. Et si le bobo aime beaucoup discuter humanitaire dans un bar lounge avec ses potes, il est nettement moins heureux lorsque ses enfants doivent escalader les sacs de couchage ou éviter l'ambiance glauque de ces campements sauvages. Aussi les CRS ont-ils tenté d'évacuer le trottoir encombré plusieurs fois, sans succès. Le soir même, tous les sacs étaient systématiquement de retour. Pire. Nos stars habituelles (Béart, Balasko, Bouquet et Depardieu) sont mêmes venues à la rescousse sans connaître le moins du monde la question du logement. Triste à voir.

 

d8be6c6e3efa77d91ccbade89ab6ddc1.jpgIl est un fait que la gauche aime instrumentaliser les pauvres malheureux pour ensuite dénoncer l'égoïsme de la droite. Le DAL en a fait une spécialité reconnue. Mais parfois, la manip' tourne au drame, par exemple lorsque les relogés brûlent dans un hôtel insalubre. Rappelez-vous l'incendie de l'immeuble du 4 rue du Roi-Doré ou de l'hôtel de l'Opéra qui ont fait 52 morts dont 33 enfants. Comment ne pas trouver criminelles ces associations qui jouent avec la vie des plus fragiles, de clandestins, d'enfants ? Comment ne pas condamner leurs complices du show business qui donnent à ces grandes opérations médiatiques le visage de la bonne foi ?

 

Trois élus UMP que je connais bien, Charles Brun, Christophe Lekieffre et Marie-Noël Bourriot, ont suggéré publiquement à « Madame Bouquet et Monsieur Depardieu » d'offrir « un nouveau point de chute » aux 300 familles, non loin de là, « place Gaillon, coin très sympathique avec beaucoup moins de circulation ». « Surtout, c'est là que vous possédez deux magnifiques restaurants (...) ce qui vous permettrait (...) dans un geste de grande solidarité de les accueillir à votre table ». Place Gaillon propose à ces mal-logés de la verdure, une cantine de qualité et même des voituriers ! L'humour est un peu déplacé, mais nettement moins nocif que les coups de l'association Droit Au Logement (DAL). Il serait temps qu'on arrête de faire pousser la démagogie la plus nauséabonde sur le terreau de la misère. Peut-être ne maitrisons-nous pas tous les enjeux sous-jacents de ces actions bien orchestrées ?

 

Bien que plusieurs pistes de réponse existent, voici la seule question qui me vient à l'esprit devant ces drames bien exploités : qui sait que 16 % des logements parisiens sont des HLM ? Ce chiffre signifie que potentiellement les 16 % les plus démunis devraient bénéficier en priorité de ce parc. C'est largement suffisant en soi. Reste à savoir si leurs actuels locataires ont des revenus qui motivent leur présence en HLM. Débat autrement moins sexy que la construction de nouveaux HLM aux frais des contribuables dont le pouvoir d'achat est déjà bien amoindri par la politique dépensière de l'Etat. Christine Boutin ne semble pourtant pas motivée pour abandonner le terrain de la démagogie, bien qu'elle y soit battue d'avance par la gauche française.