vendredi, 12 juin 2009

Dette européenne : mécanisme original

Reprise.jpgParis veut une réponse européenne aux déficits nés de la crise. Mais nos partenaires ne sont pas des bisounours. Surtout après des années de réformes et d'efforts pour limiter leur dette. Une CADES à l'échelle européenne, non merci. En revanche, une piste intéressante a été lancée par Jacques Delpla, membre de la fameuse (et mort-née) Commission Attali. Imaginons qu'un certain groupe de pays, membres de la zone euro, se mettent d'accord pour mettre leur dette dans un même pool, à des conditions contraignantes : au maximum 40 % (ou 50 % si on veut être généreux) du PIB. Cette dette senior serait prioritaire en cas de difficultés d'un pay de la zone partie prenante, et tous en seraient solidaires. La dette supplémentaire, elle ne bénificierait alors pas de ce label. On pourrait alors imaginer un plafonnement dette/PIB qui, s'il était dépassé, interdirait de pouvoir émettre cette fameuse dette senior spécifique.

 

Avantages :

  • créer un effet de seuil douloureux entre une dette "raisonnable" à bas coût par une mutualisation plafonnée des risques et la dette supplémentaire à prime nettement supérieure
  • mettre en oeuvre un mécanisme de sanction automatique, et non pas politique, en cas de dépassement des plafonds d'endettement
  • cette dette pourrait rapidement devenir un actif de réserve mondiale au même titre que le dollar par sa taille suffisante pour assurer la profondeur nécessaire aux grands fonds, souverains ou autres. L'abondance de liquidités fairait alors baisser son rendement...et le coût de cette tranche de dette

Bref, il n'est même pas certain que ce dernier avantage fasse monter le coût de financement de l'Allemagne, qui récolte aujourd'hui les fruits de sa rigueur Merkelienne. Une telle solution permettrait aussi de sauver l'euro d'une débâcle ventuelle. Dans cette hypothèse que personne ne peut exclure, le rachat des dettes de pays en difficulté coûterait bien plus cher à l'Allemagne qu'une prime possible. Cet argument est suffisant pour l'inciter à rentrer dans un mécanisme solidaire pareil.

 

A méditer...

 

vendredi, 29 mai 2009

Libérons le plombier polonais !

plombier ville.jpgNi les grands partis, ni les médias ne sont parvenus à animer cette morne campagne des européennes. Que voulez-vous, les électeurs attendent du pipole, bien plus que du contenu; Nicolas (dont je finis par aimer le style, même si nos idées sont vraiment opposées) n'a pas tort sur ce point. Rachida Dati a fini par faire réellement campagne pour ce scrutin dont elle ne doit pas bien connaître les enjeux. Mais bon,elle ne veut pas finir au placard comme Rama Yade. On la comprend. L'Europe est complexe, les enjeux le sont tout autant. Libre-échange, protectionnisme limité ou renforcé. Harmonisation fiscale au nom du "dumping fiscal" ou, au contraire, émulation entre les différents systèmes pour éviter de voir les Etats en position de force pour augmenter ensemble la pression fiscale, etc. La même question se pose sur le plan juridique. Nous, qui sommes particulièrement touchés par le pisse-copie réglementaire et ses dizaines de milliers de pages chaque année, nous  pouvons voir en l'Europe un simplication unifiée de réglementations confuses et contradictoires d'un pays à l'autre. Au contraire, le jeu de la concurrence réglementaire pourrait bien inciter les pays les plus durement affectés de tailler dans leur jungle de textes. Ce point est celui qui fait le moins unanimité chez les libéraux.

 

Au final dans notre famille de pensée, le débat oppose les tenants du renforcement de la construction européenne qui ouvre les frontières et fait tomber les monopoles, à ceux qui craignent de voir l'Europe se transformer en méga-Welfare State ultradépensier. Difficile de trancher, on l'a vu au moment du référendum sur le TCE. Alain Madelin avait appelé à voter "oui", mais on sentait ses arguments assez mous. La situation n'a pas beaucoup évolué. L'Europe incite au libre-échange mais s'acroche à la PAC. Elle promeut la concurrence mais a tendance à imposer sa propre vision de ce que devrait être la concurrence, au détriment du marché. Restent la concurrence fiscale et sociale, excellente dynamique qui incite chaque membre de l'Europe à améliorer son modèle. la France s'est marginalisée en tentant d'imposer le sien aux autres...avec un certain succès qui peut inquiéter. Bref, l'alternative reste ouverte pour les libéraux. Or, il faudra choisir le 7 juin.

 

Pour qui allez-vous voter, donc ? Moi qui n'aime pas la pêche le dimanche, je voterai. Je voterai pour une formation dont les listes ont été composées avec nombre de militants du Parti Libéral Démocrate, et dont les propositions sont les plus proches des nôtres même si un bel écart nous sépare. Le 7 juin, mon bulletin ira à la liste d'Alternative Libérale avec Sabine Herold-Fillias en tête de gondole. Je leur souhaite bon courage. La route est encore longue.

 

mercredi, 22 avril 2009

Quelle Europe veulent les libéraux ?

Libertas.JPGChaque libéral peut apprécier la construction européenne comme une chance, ou la rejeter pour les menaces supposées qu'elle fait peser sur nos libertés et notre prospérité future. Les libertés politiques, sociales et économiques étant bien plus dégradées en France qu'ailleurs en Europe, difficile d'y voir autre chose qu'un allié naturel dans notre beau pays. Pourtant, le conflit philosophique qui oppose l'Allemagne au bloc Franco-britannique pourrait avoir des conséquences désastreuses si ces derniers l'emportent grâce à la crise. Avant même de trancher le débat de fond, le devoir des libéraux consiste à défendre la rigueur monétaire de la BCE, et à lutter pour la baisse de l'intervention publique qui se traduit par des dépenses et des déficits. Mais que faire au-delà ? La crise actuelle montre que l'Europe peut changer brutalement de direction un jour et opter pour la voie socialisante d'un "New Deal".

 

Ce qui découle de ce choix "pro" ou "anti" construction européenne aboutit à une alternative dont chaque option mène à des compromis avec la doxa libérale. Pour ma part, je suis un "européiste", européen convaincu d'avoir moins à perdre dans les méandres de la construction européenne que dans un souverainisme déguisé. Mais Vaclav Klaus et le mouvement Libertas ont opté pour cette dernière option, qui mérite donc d'être étudiée de plus près

 

La position du président de la République tchèque, Vaclav Klaus, est intéressante, quoi qu'en pensent nos médias qui n'ont cessé de le caricaturer.  En relisant son discours devant le Parlement européen du 19 février, il se déclare favorable à l'Union Européenne : "Je voudrais réaffirmer aussi, [...] très clairement et à haute voix ma conviction que pour nous il n´y avait pas et qu´il continue a ne pas y avoir d´alternative a l'adhésion à l'Union européenne et que, dans notre pays, il n'y a aucune force politique pertinente qui puisse ou veuille mettre cette affirmation en doute." Etrange propos de la part de celui qu'on présente comme un pur eurosceptique. Il poursuit en déclarant que "l'intégration européenne remplit une mission nécessaire et importante." Il cite deux objectifs : "l'élimination des barrières et le choix rationnel des questions à solutionner au niveau de tout le continent." Et sa critique commence ici :  "L'effort de réaliser les deux objectifs n'est pas et ne sera même jamais accompli. Des barrières et des obstacles demeurent. Et des décisions prises au niveau de Bruxelles sont sûrement plus nombreuses qu´il serait optimal. Certainement, les décisions y sont prises plus souvent que ce que les citoyens des pays européens le demandent."

 

Son analyse de la dérive "technocratique" de l'Europe pose la question de l'harmonisation législative au niveau de l'Europe. L'Europe travaille à une simplification législative et réglementaire sur son territoire, forçant les pays à s'aligner, même sur des sujets aussi triviaux que la composition de la ratatouille. Faut-il souhaiter pareilles clarifications qui peut avoir de répercussions très favorables pour le "marché unique" ou au contraire maintenir un mur entre les jungles législatives de chaque pays ? Klaus voit percer un danger implicite :

Il faut dire sincèrement que le système économique actuel de l’UE est celui de l'oppression du marché et du renforcement continu de la gestion centrale de l'économie. Bien que l'histoire nous ait prouvé plus que suffisamment que ce n'est pas la bonne direction à prendre, nous la reprenons de nouveau. Le taux limitant la spontanéité des processus de marché et celui de la réglementation politique ne cessent de croître. C'est aussi l'interprétation erronée des causes de la crise financière et économique qui contribue à ce développement, dans les derniers mois, comme si la crise était due au marché, tandis que sa cause véritable consiste justement dans le contraire – elle a été causée par la manipulation politique du marché.

 

En France, ce courant est représenté par Libertas2009.fr (design très réussi au passage). La branche française de la fédération européenne Libertas regroupe le MPF de Philippe de Villiers et les chasseurs/pêcheurs du CPNT. L'initiative est financée par le milliardaire irlandais Declan Ganley, héraut du NON irlandais au traité de Lisbonne... qui n'a pas hésité à demander 17 millions de subventions à l'Europe pour sa fondation en novembre dernier. Libertas bénéficie d'une dynamique très pro (un peu trop ?)... dont les financements pourraient ne pas rentrer dans les plafonds des comptes de campagne. Bonne exploitation d'une faille (propre à toute réglementation), de même que Ségo, sur un autre registre, se fait héberger gratuitement par son sponsor officiel, Pierre Bergé. Je sens un certain nombre de libéraux français tentés par Libertas, qui fait une très belle campagne sur le net (avec le soutien d'Arnaud Dassier ?). Mais l'engagement islamophobe de Philippe de Villiers et sa proximité avec l'extrême droite constituent pour eux un blocage majeur. Et justifié.

 

A y regarder de plus près, une seconde raison justifie de refuser la tentation populiste de Libertas : le fondement de ses représentants français est ouvertement souverainiste. Ils ont failli être rejoints par Dupont-Aignan. Le projet est aussi explicite : "Libertas veut faire passer l’Europe de libre-échange au juste-échange, grâce à un système d’écluses aux frontières européennes. L’Europe responsable que Libertas appelle de ses vœux est celle qui préservera notre protection sociale et l’équilibre de nos systèmes de retraite, [...]". Protectionnisme et maintien de la protection sociale, pas franchement enthousiasmant pour un libéral. Et puis la première obsession de Libertas, c'est la Turquie... implicitement l'islam. Je ne suis pas certain que Libertas ne défende pas l'harmonisation fiscale et sociale.

 

Bref, Libertas n'est pas pour moi, probablement pas non plus pour les libéraux français. Mais cela ne doit pas fermer le débat sur l'harmonisation législative et sur la clarification institutionnelle en cours. Eurosceptiques ou européistes, nous pouvons nous retrouver autour d'un point essentiel : NON à l'harmonisation fiscale et sociale en Europe !

mardi, 03 mars 2009

L’Europe sort-elle renforcée ou menacée par la crise ?

La crise va-t-elle ressouder l’Europe ou bien au contraire la faire exploser ? A la veille des élections européennes, cette question est encore peu abordée par la classe politique qui préfère s’en tenir aux discours convenus habituels. Dans un partage des rôles, les « européistes » défendent le fonctionnement de l’Europe bec et ongles, sans évoquer ses carences et ses dérives. Les souverainistes ne font que critiquer la bureaucratie bruxelloise qui porte atteinte, selon eux, à notre identité et notre souveraineté nationale, mais sans aborder les atouts que la construction européenne nous offre. Pourtant, il se passe bien des choses en coulisse. Et aucun des deux camps n’aborde trop ces questions sensibles qui appartiennent pourtant de plus en plus au domaine des possibles.

Entre le risque d’un défaut de paiement des Etats membres et celui d’un départ volontaire de l’Euro, les scénarios inquiétants commencent à être étudiés sérieusement par le gouvernement français et par la commission européenne. L’Euro pourrait bien se trouver menacé, et l'Europe même par répercussion, bien que la Pologne et la République Tchèque semblent aujourd'hui vouloir intégrer la monnaie unique. L’Euro devenant une monnaie refuge, elle attire les capitaux nécessaires aux investissements…et au financement des dettes publiques des pays membres. Mais la force de notre devise commune a pour inconvénient de bloquer le prix de notre monnaie au lieu d’en faire une variable d’ajustement en période de crise. La qualité au détriment de la flexibilité.

Les petits pays doivent être en train de soupeser les avantages et les inconvénients du maintien et de la sortie de l’Euro. Quitte à se retrouver en défaut de paiement, ce qui entraînerait une fuite massive des capitaux et un risque accru de faillite (ouvrant la voie à une renégociation générale de la dette), autant disposer d’une monnaie flexible capable de se déprécier pour relancer la machine. Cela doit se négocier contre garanties financières des Etats membres plus costauds. Mais ce coût vaut-il la peine d’être pris en charge par les citoyens de la zone euro ?

Certains pays se retrouvent avec un niveau des prix trop élevé en euros. La déflation nécessaire des prix…et des salaires est nécessaire mais elle passe mal. Très mal. Cette crise exige une purge d’excès passés mais aussi des ajustements structurels lourds. En  freinant ceux-ci, on allonge la durée de la crise, et sans doute même sa profondeur.

lundi, 27 octobre 2008

Duel à fleuret moucheté en Europe

Un conseiller de l'Elysée a pourtant évoqué l'éventualité d'un "sabotage" des dirigeants tchèques...
Les conseillers disent ce qu'ils veulent.

Et si M. Sarkozy l'avait dit lui-même ?
Absurde. Si le président utilisait ce mot, je considérerais que c'est une offense. Et si nous étions au temps de nos grands-parents, nous devrions nous rencontrer à 5 heures du matin dans le bois de Boulogne, avec deux témoins en noir.

 

Ainsi s'exprime le Ministre des Affaires Etrangères de la République Tchèque, Karel Schwartzenberg, dans le Monde de ce soir. Après la proposition des conseillers de l'Elysée de confier à Nicolas Sarkozy la présidence de l'Eurogroupe jusqu'en 2010, nous assistons à une mini-crise européenne. Angela Merkel, fragilisée par son gouvernement de cohabitation, n'a pas apprécié ce nouveau coup de canif dans le pacte franco-allemand. Le Luxembourg se snt insulté. Le Royaume Uni n'apprécie pas du tout l'émergence du petit cercle de l'euro. Quant à la République Tchèque censée prendre la présidence de l'Union Européenne le premier semestre 2009, elle prend cette déclaration pour un affront. Etait-ce bien le moment ?

 

Certes, Nicolas Sarkozy est bon dans la gestion des crises (quitte à les déclencher parfois lui-même). Mais l'inquiétude tchèque de voir l'Europe se diviser en deux parties, la "vieille" et la "nouvelle" ne doit pas nous laisser indifférents. A trop vouloir brusquer les choses, Nicolas Sarkozy risque d'enclencher des processus dangeureux que personne, ni lui ni un autre, ne saura maîtriser. Même si cela relève encore d'une simple pression diplomatique, cette phrase sur un hypothétique retour en force de la Russie, dont les réactions peuvent se révéler brutales (surtout maintenant qu'elle est au bord du gouffre), ne va dans le sens de la construction européenne :

 

Nous sommes peut-être petits, mais pour ce qui est des Russes, nous avons plus de savoir-faire que beaucoup d'autres, pour avoir vécu quarante ans avec eux. Paradoxalement, les Tchèques aiment bien les Russes, dont ils considèrent qu'ils ont souffert du système communiste autant qu'eux. Ils n'oublient pas non plus que l'armée rouge les a d'abord libérés des Allemands... Nous sommes en bonne position pour négocier avec les Russes.

 

L'Europe a assuré la paix et la prospérité grâce au développement des échanges internationaux. Aujourd'hui, les tensions renaissent sous des angles inattendus, comme l'exemple anglo-islandais nous le montre. En ces temps troublés, nous devons absolument nous rappeler cette déclaration des pères fondateurs de l'Europe :  

 

« La prospérité de notre communauté européenne est indissolublement liée au développement des échanges internationaux. »

lundi, 16 juin 2008

L'Europe à l'arrêt

Irlande.jpgNon seulement les Irlandais ont manifesté un joli mépris pour le processus de construction de l'Europe par leur abstention massive, ils l'ont aussi stoppé net en votant 'non' à 53 %. Or, nous savons tous à quel point l'Irlande a été aidée par l'Europe ces vingt dernières années. Certes, le chat affamé d'hier ne s'est pas transformé en 'tigre celtique' uniquement grâce à ces aides, mais elles y ont tout de même suffisamment contribué pour qu'on s'interroge sur le résultat de ce referendum.
 
Avant de leur jeter la pierre (comme l'a fait Bernard Kouchner... à la veille du vote, histoire d'augmenter les chances du 'non'), la France devrait se rappeler qu'elle a aussi voté dans ce sens le 29 mai 2005, et avec plus de conviction. Si nous devions détricoter l'Europe, ce qu'il ne faut pas exclure après ce dernier choc en date, je ne serais pas surpris de voir la France renouer avec ses vieux démons (encore très présents) : nationalisations, instauration de nouveaux monopoles. Bref, un recul de 15 ans en arrière. Les antilibéraux l'ont parfaitement compris, c'est pourquoi nous les voyons toujours porter les principaux coups de boutoir contre l'Europe. 
 
Les libéraux peuvent critiquer le scandale de la PAC et de certaines réglementations ineptes. Mais l'Europe, c'est avant tout un vaste marché unique, un mouvement de libéralisation sans précédent, un déboulonnage des monopoles publics et la fin progressive des champions nationaux lourdement subventionnés.  Ne l'oublions pas. A vouloir la perfection, nous risquons de retourner loin en arrière. La politique du pire, en quelque sorte.

mercredi, 16 mai 2007

Malgré le SPD, l'Allemagne reste le moteur de l'Europe

Les chiffres de la croissance sont sans concession pour la France. Loin de l'accélération promise par l'UMP depuis deux ans, les premiers chiffres de 2007 déçoivent. A côté de ce bilan médiocre, l'Allemagne continue à connaître une bonne croissance. Malgré une hausse de 3 points de sa TVA (qui reste toutefois inférieure à la nôtre), son économie se porte bien et les indices de confiance restent au beau fixe. 

 

Le SPD, membre de la coalition au pouvoir, en a profité pour tenter d'instaurer un équivalent du SMIC en Allemagne. une mesure aussi populiste que nocive qui devrait choquer les citoyens lucides et honnêtes. La séduction joue en effet sur l'inculture  concernant les mécanismes de l'échange d'une partie de la population. Le SPD a cru pouvoir améliorer son image en jouant sur ce mécanisme compassionnel. Hélas, nous savons que le SMIC entraîne autant de popularité que de chômage. A croire que le SPD veut grossir les rangs des chômeurs pour y piocher une clientèle plus importante !

 

Heureusement, le CDU et Angela Merkel ont bloqué cette mesure pour maintenir le système actuel, bien plus libéral : la rémunération , comme le temps de travail, n'est pas établie au niveau national, mais librement déterminée par des accords de branche entre partenaires sociaux sans intervention de l’Etat. Dans une étude parue dans le quotidien Die Welt, les instituts économiques Ifo et IW estiment à plus de 600.000 les emplois menacés en cas d'introduction d'un salaire minimum de 7,7 euros l'heure. Le patron des patrons allemands Dieter Hundt va jusqu'à avancer un chiffre de 1,7 million d'emplois à temps plein. Les syndicalistes allemands, aujourd'hui maîtres des négociations par branche, se déclarent aussi résolument opposés à cette mesure : « nous sommes tous opposés à un salaire minimum unique ». L'estimation des conséquences d'un tel seuil national.

 

La France devrait réfléchir au principe de la substitution de salaires minimums négociés pour chaque branche par les partenaires sociaux au SMIC légal fixé pour tous par l'Etat. Une telle mesure débloquerait probablement plusieurs centaines de milliers d'emplois en France.

mercredi, 02 mai 2007

L'harmonisation fiscale menace toujours l'Europe

Ca chauffe à la Commission Européenne. Le commissaire politique chargé des affaires fiscales, Laszlo Kovacs, pousse son grand projet d'harmonisation fiscale, pendant que le commissaire chargé du marché et des services, l'irlandais Charlie McCreevy, se bat pour empêcher ce désastre. Le premier n'est pas un socialiste (hongrois) pour rien. Ses études d'économie dans la Hongrie occupée par l'armée soviétique ont laissé des séquelles : hélas, le mur n'est toujours pas tombé dans sa tête. Bref, deux cultures s'affrontent. Celle de la centralisation bureaucratique et celle de la concurrence, bien imparfaite mais tellement plus saine.

 

La concurrence fiscale est le meilleur rempart contre l'accroissement sans limite de l'Etat. Il est essentiel qu'elle soit maintenue pour entretenir cette incitation permanente à diminuer les impôts...et, de temps en temps, les dépenses. L'impact de cette concurrence est particulièrement forte dans un monde ouvert qui voit individus et capitaux profiter facilement de leur liberté. Action - réaction.

 

Devinez qui sont les alliés du commissaire  Laszlo Kovaks ? La France et l'Allemagne bien entendu, deux Etats mammouths qui ont le plus de mal à se réformer eux-mêmes. Argument de façade : simplification des administrations. Quand on regarde comment se sont passées les simplications de cette nature dans nos deux pays, rien ne laisse augurer qu'une harmonisation aura des effets positifs sur ce point. Pourtant, ces deux pays souhaitent qu'une loi soit votée l'année prochaine pour prendre effet en 2011, c'est à dire demain. Alors qu'aujourd'hui, il faut l'unanimité pour modifier la fiscalité, TVA mise à part pour une raison technique qui interdit aux candidats de promettre des taux à 5.5 % pour la restauration en l'état. Amusant que ces mêmes candidats qui appellent à cette harmonisation sont ceux qui pestent contre l'impossibilité de modifier nos taux de TVA !

 

En attendant,  Charlie McCreevy utilise un argument de principe et un argument technique qui ont leur poids. Une telle harmonisation porterait atteinte à la souveraineté fiscale de chaque pays, principe fondamental que rien ne justifie de remettre en cause. Ensuite, ce mouvement exigerait une somme de bouleversements dans chacun des pays concernés. Niches, exemptions et bases de calcul sont partout différents et ne peuvent être ainsi modifiés radicalement d'un coup de baguette magique (ou plutôt de braquemart magique !). Car en cas d'harmonisation, ce ne sont plus les pays mais Bruxelles qui déciderait des taux applicables à tous les pays. Ce qui signifierait une prise en main des budgets des différents Etats, compte tenu des critères de Maastricht. Quel pays accepterait de perdre le contrôle de ses recettes et de son budget ?

 

Bref, l'utopie centralisatrice n'est pas pour demain. Et en cas de coup de force, un cercle important de pays, notamment ceux qui ont l'économie la plus prospère, sortirait du club ainsi formé. Je vous laisse alors imaginer le sens migratoire des talents et des fortunes...

mercredi, 03 janvier 2007

L'Europe se fait sans la France

medium_Merkel.jpgDepuis les fondateurs Robert Schuman et Jean Monnet, les gouvernements français successifs ont toujours eu la prétention d'appartenir naturellement et sans contestation possible au clan des leaders européens. Si nous n'appliquons parfois pas nous-mêmes les directives européennes, mêmes celles auxquelles nous contribuons, notamment dans le domaine de l'environnement, nous aimons bien faire la morale à nos partenaires européens. Pourtant, la France a perdu de son leadership au cours des ans. Le "Non" du 29 mai a non seuleemnt achevé les derniers espoirs des européens convaincus, mais il a isolé le France du mouvement de libéralisation européen. Un modèle social, prétendument le meilleur du monde, qui fait rire nos voisins, des résultats économiques et sociaux récurrents catastrophiques et une classe politique largement corrompue et coupée des réalités du monde ont largement contribué à faire de notre pays la risée de toute l'Europe. Aujourd'hui, une kyrielle de pays à forte croissance et à Etat modeste ont retrouvé confiance en eux. Il n'est plus réaliste de jouer les arrogants maintenant que la richesse de l'Irlande a dépassé celle de la France, que nos jeunes s'expatrient massivement en Espagne ou au Royaume Uni et que les 18 pays qui ont ratifié le TCE réflechissent à sa mise en oeuvre à côté des deux ronchons réfractaires, les Pays-Bas et nous-mêmes. Aujourd'hui, notre binôme historique est en passe de prendre le relais : l'Allemagne, que nos politiques daignaient associer à notre prétendue grandeur avec condescendance, devient de plus en plus nettement la locomotive de l'Europe.

 

Et Angela Merkel n'y est pas pour rien. Cette femme, qui a eu l'audace de promouvoir l'impôt proportionnel sur le revenu et d'autres réformes libérales au cours de sa campagne, tente de faire bouger l'Allemagne bien au-delà de ses conservatismes apparents. Si son bilan des réformes reste modeste sous l'effet du conservatisme social-démocrate du SPD, force est de constater que la confiance est revenue. Alors qu'elle prend la présidence de la Communauté Européenne pour 6 mois et du G8 pour un an, ses premières annonces révèlent une riche personnalité avec l'étoffe d'un leader européen doté d'une vraie vision globale. Une relation assainie avec la Russie, loin de l'amitié ambigue et malsaine de Chirac avec Poutine, et un accord pour établir un marché unique transatlantique qui surmonte les forts protectionnismes de part et d'autre de l'océan Atlantique constituent les deux priorités ambitieuses d'Angela Merkel. Poussant vers une libéralisation accrue de nos marchés respectifs, elle lance aujourd'hui une dynamique qui devrait encourager la France à sortir de sa torpeur sous perfusion Etatique.

 

C'est le moment de nous réveiller et de transformer la globalisation que nos politiques décrivent comme des menaces en opportunités pour nos citoyens et nos entreprises. Encore faudrait-il que la classe politique change et rendent les clefs du pays à la société civile, aujourd'hui verrouillée.

dimanche, 24 décembre 2006

Dany a ouvert un blog !

medium_Cohn-Bendit.jpgFin novembre, Daniel Cohn Bendit a ouvert un blog. Pour le moment, notre élu européen feignantise un peu. Pas grand chose de publié en un mois. Allez Dany, c'est le moment de prendre de bonnes résolutions pour 2007 : "tenir à jour ton blog quotidiennement". Même avec un emploi du temps bien rempli, c'est possible. D'autres le font, alors tu peux t'y mettre aussi ! Au taff !

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