mardi, 13 mars 2007

Et voilà, un candidat de moins, un soutien pour Bayrou de plus

Vous l'aurez remarqué, la photo d'Edouard Fillias a disparu de mon blog. De candidat à la présidentielle, il est redevenu simple militant libéral arpentant inlassablement les marchés avec ses tracts et les plateaux télé avec son impertinence habituelle. La quête des signatures, plus dure encore que celle du Graal, s'est révélée extrêmement difficile. Six mois de travail intensif d'une équipe dédiée, des dizaines de responsables sur le terrain, le recours à des plateaux d'appels téléphoniques, des dizaines de milliers de fax, de kilomètres parcourus sur tout le territoire, pour un résultat insuffisant. Les maires que nous avions convaincu de nous promettre leur signature, encore enthousiastes il y a peu, avouaient avoir perdu toute volonté de soutenir qui que ce soit devant les pressions multiples. Bref, devant le taux de défection trop élevé, force fut de constater que nous ne parviendrions pas à porter notre brillant candidat au premier tour de l'élection présidentielle.
 
 
A partir du 16 mars, seuls les candidats ayant ramassé leurs 500 parrainages ayant la parole, excluant la voix libérale du débat, il nous fallait réagir rapidement. Notre conférence de presse se tint le 13 mars au matin. Devant une salle de journalistes attentifs, nous leur apprîmes la surprise : la décision du comité directeur d'Alternative Libérale de soutenir la candidature de François Bayrou au 1er tour.
 
 
Certains eurent un choc. "Vous ne soutenez pas le candidat ultra-libéral, Nicolas Sarkozy ?"
Non, Nicolas Sarkozy n'a rien de libéral. François Bayrou non plus, certes. Mais Bayrou, lui, n'a pas les réflexes de tyran de Sarkozy, ce côté dominateur et centralisateur, omnipotent. Ni un lourd parti aux ordres : clans, fantassins, nettoyeurs, tout y est pour régler la France au carré. François Bayrou est un homme plus simple, plus ouvert (et avec un parti beaucoup plus...dégagé depuis quelques années de défections) et conscient qu'il ne résoudra pas lui-même toutes les questions nationales : ce seront aussi aux Français de le faire. Surtout, son bâton de dynamite  destiné aux institutions devrait permettre un vrai renouvellement générationnel du monde politique.
 
 
Cela ne signifie aucunement qu'un rapprochement a lieu entre l'UDF, qui a son identité propre, et Alternative Libérale qui garde sa liberté d'expression et d'action. Nous pensons simplement que François Bayrou est le bon candidat pour ouvrir la porte aux réformes que nous, libéraux, défendons.
 
 
Voilà en tout cas un nouveau tournant dans le développement d'Alternative Libérale. De nombreux adhérents et soutiens nous ont exprimé leur surprise, le plus souvent favorablement, parfois plus négativement. En tout cas, ce brassage tonique, en plus d'attirer les médias sur nos thèses trop rarement entendues dans notre paysage politique, va un peu remuer les libéraux, particulièrement ceux qui sont engourdis après des années de marginalisation. Des têtes partiront, de nouvelles les remplaceront. Ainsi va la vie. Une seule certitude : le projet libéral avance, trace son chemin en s'adaptant aux obstacles sans perdre son objectif : faire évoluer la société française vers moins de matraquage fiscal et réglementaire, plus de liberté, plus de responsabilité individuelle.