jeudi, 17 mai 2007

Mieux vaut mourir à vélo que dans son lit

Le maire du IIe arrondissement (mon maire donc), Jacques Boutault avait envoyé une réponse cinglante au propos de Claude Lanzmann, sur les transports, réponse dont le titre donnait le ton : Le cerveau de Claude Lanzmann bouge-t-il encore ?

Coups bas et attaques plutôt vicieuses contre les intellos, les riches et tous ceux qui ne rentrent pas dans le rang. La vision autoritaire et dogmatique des verts exige une obéissance aveugle de citoyens soumis. Claude Lanzmann a eu le culot de ne pas se soumettre à cette hégémonie.

 

Cette semaine, Claude Lanzmann s'est fendu d'une réponse à cette attaque d'une bassesse inattendue de la part d'un homme plutôt sympathique. Claude Lanzmann se fait fort de rappeler que ses commentaires sur la politique de circulation à Paris sont ceux d'un homme en bonne forme mais plus si jeune :

M. Boutault, je roule en semaine, et si j'évite de le faire par grand froid ou grande pluie, c'est simplement parce que j'ai 81 ans bien sonnés, ce que j'ai en effet omis de confesser.

 

On comprend bien que les verts exigent des personnes âgées un usage quotidien du vélo, hiver comme été, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige. C'est vrai que si nous poussions nos aînés à pratiquer ce sport formidable et à oublier la voiture, ils seraient certainement beaucoup moins fragiles, laisseraient cannes ou fauteuils roulants pour certains, pour s'adonner à ces plaisirs utiles. Après tout, les risques d'accident évoqués par Lanzmann ne sont que loi de Dame nature. N'est-il pas naturel de mourir un peu moins vieux que ce que notre médecine moderne permet d'obtenir ? Une décroissance durable, c'est aussi une espérance de vie plus courte. Par respect de l'environnement.

 

Et puis avouons-le : mourir à vélo fauché par un bus, ça a plus de gueule que mourir dans son lit, non ? Il y a mille cinq cents ans, la vraie noblesse consistait à mourir le glaive à la main. Aujourd'hui, l'idéal vert a remplacé l'épée par le guidon. Il n'y a pas à dire, les verts sont les dignes descendants de nos héroïques barbares !

mardi, 17 avril 2007

Jacques Boutault, maire du 2eme, devrait se mettre au vert

"A Paris, libérons l'espace urbain au profit de l'humain". Si le titre de l'article publié hier dans le Monde fait déjà froid dans le dos, la suite fait peur. Ou bien ses camarades l'ont envoyé au front malgré lui en lui demandant de faire feu de tout bois, ou alors notre Jacques municipal a pêté une durite. Dans un cas, c'est pathétique, dans l'autre c'est plus inquiétant. Ce dérapage incontrôlé est le fait d'un maire, pas d'un jeune activiste inconséquent de ses paroles et de ses actes !
 
Au départ, Claude Lanzmann avait publié une tribune agacée dans le Monde de début avril, rapidement reprise par le Perroquet Libéré. Poulagas omniprésents, politique de l'emmerdement maximum et vision asphyxiante de la circulation parisienne, il est vrai que le texte était dur à encaisser par sa justesse.
 
Celui des "intégristes obtus de l'écologie" dénoncés par l'artiste qui a décidé de réagir, c'est mon maire Jacques Boutault. Je le croyais sain d'esprit, calme et posé, il n'en est rien. Contrairement au ton de Lanzmann qui ciblait une vision figée dans le dogme de la coercition anti-voitures, le maire réagit en tapant sur le riche, sur le bourgeois friqué qui, forcément, méprise le petit peuple et crache sur le voisin. Réaction bien triste de la part d'un élu ! Là où le premier cogne sur un chaos volontairement orchestré, le second s'en prend au statut social à coup de clichés risibles d'archaïsme : "Le bien commun ne semble pas vous préoccuper. Il s'arrête au vôtre de bien-être, circonscrit au cadastre germanopratin". C'Est la guerre entre une certaine gauche caviar et les verts...
 
Qui plus est, la plupart des habitants du 2e arrondissement, même bohêmes dans leur enbourgeoisement, sont potentiellement visés par ce dénigrement terriblement bas, indigne de la part  d'un élu de ce niveau :
  • "C'est que, coincé dans votrez auto, vous ragez de voir le petit peuple vous filer sous le nez, certes tassé dans son bus, ...
  • "Ce qu'il y a de nouveau et surprenant pour le nanti que vous êtes..."
  • "Je m'étonne de votre aveuglement et de votre mauvaise foi qui n'a d'égal que votre ego surdimensionné. Vous avez les moyens, cher monsieur, de vous offrir un taxi aux heures de pointe ? Vous êtes un bourgeois que le métro dégoute ? Qu'à cela ne tienne, dites-le sans ambages et allez au bout de votre raisonnement. Offrez-vous donc un abonnement avec code d'accès privilégié ! Puisque vos propos sentent la haine à plein nez, offrez-vous donc ce luxe : dites que le métro pue aux heures de pointe et l'on aura enfin compris qu'il n'est pas pour vous.
  • Cela sent mauvais, d'autres remugles d'un autre temps."
 
 
On retrouve les valeurs de tolérance, d'écoute et de respect propres à l'extrême gauche. Vive les débats participatifs. A ce rythme, ils vont nous ressortir la guillotine (ou la hache, plus écolo ?). Monsieur Boutault, tout le monde n'a pas une voiture avec chauffeur ou un budget illimité de taxis remboursé par les contribuables parisiens. Et quand vous aurez 70 ans, j'espère être là pour vous filmer aller faire vos courses en rollers !
 
Je vois tout de même là une source de joie : entre le PS et le verts, ça va être la fête avant les municipales ! Perdront-ils ensemble ou séparés ?