lundi, 14 janvier 2008
Une belle histoire d'amour qui finit bien
Deux personnes s'aiment, s'installent ensemble et vivent une belle histoire pendant 15 ans. Je sors mon mouchoir, c'est trop beau. Un petit garçon est né en 1998, puis une petite fille en 2003. Magnifique. Hors mariage, bon. Après tout, chacun vit son couple comme il le peut. Pour protéger l'avenir des enfants, les parents se sont tournés vers la justice pour demander une délégation parentale croisée. Délégation parentale croisée... étrange pour des parents, non ? Pas tant que ça pour ce couple qui ne respecte pas la règle de la parité. Cette première juridique est passée bien inaperçue en ce début d'année. Signe que le sujet est encore trop tabou ?
Cette jolie histoire de deux mamans vivant ensemble à Tourcoing méritait un peu plus de publicité que ce que nos médias ont laissé filtré de l'affaire. Non pas pour exposer leur vie privée, mais pour faire avancer une cause importante : l'homoparentalité. Je sais que le sujet fâche beaucoup de monde, mais il me tient à coeur. C'est certainement moins fédérateur que la frénésie sexuelle de Sarkozy, mais pourtant bien plus essentiel pour de nombreux Français dont l'avenir est en jeu, un avenir un peu plus lointain que la probable durée du couple Sarko-Bruni. Sans encourager quiconque ni quelconque préférence particulière, je constate que ces situations familiales existent en soi, indépendamment des normes juridiques établies depuis longtemps.
Les bébés ne sont pas apparus dans une rose ou un chou mais bien dans le ventre de leur mère. Chacun dans le ventre de la sienne. Et pour la fécondation, nos deux mères ont fait appel à une procréation médicale assistée réalisée en Belgique (eh oui, en France, c'est interdit). Après des années de vie commune pendant lesquelles elles ont élevé en commun leurs deux bambins, il leur fallait prendre des dispositions en cas de maladie, de décès, d'absence ou d'indisponibilité momentanée de l'une d'elles. Elles ont donc déposé une requête pour autorité parentale croisée. "L'objectif était de 'légaliser' la situation pour qu'elles aient chacune l'autorité parentale partagée sur les deux enfants et deviennent légalement co-responsables des deux enfants comme dans une vie de famille classique", a déclaré Maître Pascal Cobert, leur avocat. Voilà deux jeunes enfants dont l'avenir est dorénavant un peu plus sûr.
Surtout, cette jurisprudence marque un pas de plus dans la voie de la normalisation du cadre juridique de l'homoparentalité. Un petit pas, mais un pas tout de même.
Drôle de coïncidence, un expert réputé de ces questions est candidat aux municipales à Tourcoing : Christian Vanneste. Il sera intéressant de suivre ses commentaires sur le sujet. A suivre...
13:35 Publié dans Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : délégation parentale croisée, homoparentalité, Christian Vanneste |
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mercredi, 31 janvier 2007
Retour de la peine de mort dans le débat
Alors que je croyais ce sujet définitivement enterré (c'est le cas de le dire), voilà qu'une clique de seize députés vient le remettre sur la table avec une proposition d'amendement insidieuse : la peine de mort serait maintenue «lorsque l'existence même de la Nation est menacée» et en temps de guerre. La notion même "d'existence de la nation menacée" permet surtout de commettre les pires exactions au nom d'un principe bien flou.
Les coupables sont : Olivier Dassault, Guy Teissier (président de la commission de la Défense), Jérôme Rivière, Jacques Myard, François Guillaume, Richard Mallié, Jean-Michel Ferrand, Charles Cova, Eric Raoult, Roland Chassain, Christian Vanneste, Georges Ginesta, Daniel Mach, Jean Auclair, Bruno Gilles, Bernard Carayon, Lionnel Luca et Richard Dell'Agnola (les deux derniers ont le droit d'apposer leur nom sur cet amendement qui fera leur publicité). Sauf à prendre officiellement ses distances avec cette proposition, l'UMP confirme son positionnement conservateur, nationaliste et clairement anti-libéral. Surtout que cette histoire suit de près celle qui concerne le co-signataire Christian Vanneste.
Voilà que ce matin, le Figaro, grand promoteur de la candidature Sarkozy, demandait à son poulain officieux :
"Quel va être le sort du député UMP Christian Vanneste, condamné pour des propos homophobes ?"
Réponse de Nicolas Sarkozy : "Il ne sera pas réinvesti aux législatives. Je condamne fermement ce qu’il a dit. Je ne veux ni de près ni de loin être associé à des propos homophobes. Depuis des années, j’accomplis un travail en profondeur sur l’ordre, le travail, la responsabilité, le respect. J’ai trop souffert d’une droite qui ne défendait pas ses idées pour prendre le risque de saboter cet effort en acceptant des propos caricaturaux."
Exit le Vanneste. Reste le MPF s'il y a une place. Sans investiture, plus de marque qui assure la victoire ou, au moins, un score confortable. Plus de certitude de franchir la barre fatidique des 5 % qui permet de se faire rembourser ses frais de campagne. Une autre vie commence pour Christian Vanneste.
Si j'ai déjà exprimé ma désapprobation vis-à-vis de la condamnation judiciaire du député Christian Vanneste pour ses propos, je comprends la décision de Nicolas Sarkozy qui remonte un peu dans mon estime. Mais malgré ce geste, l'UMP reste encore bien éloignée de mes valeurs...
10:20 Publié dans Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Peine de mort, Christian Vanneste, Eric Raoult, UMP, Nicolas Sarkozy |
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vendredi, 26 janvier 2007
Liberté d'expression en danger : à quand un manuel du "politiquement correct" obligatoire ?
Deux décisions de Justice récentes confirment la tendance. S'exprimer en public est devenu risqué si on ne reste pas dans la voie balisée par la pensée unique. Loin de partager les propos qui ont motivé ces condamnations, je ne peux accepter pareille restriction de la parole. L'exposition médiatique et le débat public sont là pour corriger les excès, même nauséabonds, et laisser chacun se forger son opinion.
Le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, vient d'être condamné à 15.000 euros d'amende et à faire publier dans 6 journaux sa condamnation pour avoir traité les harkis de "sous-hommes" en février 2006 (devant un Jack Lang qui n'avait pas réagi sur le coup). Bien que je trouve ce personnage odieux par ses discours et ses méthodes hardies (pour ne pas dire tyranniques, voire mafieuses...je risque ici la diffamation), rien ne justifie qu'une loi permette de le sanctionner pour ses propos. Oui, Ségolène a raison de s'éloigner de l'hypocrisie ambiante du PS et de demander l'éviction de frêche du PS où il n'a rien à faire. Qu'il aille au FN, on y recrute. En revanche, il n'a pas à être condamné par un tribunal pour autant.
Christian Vanneste, que j'ai rencontré l'été dernier et avec lequel j'ai pas mal échangé, est un homme d'une toute autre nature. Intelligent et droit, cet homme de conviction défend certains principes qui ne sont pas les miens. J'apprécie le personnage même si je ne partage pas du tout nombre de ses valeurs, notamment concernant l'homosexualité. Je me suis d'ailleurs attiré les foudres de nombreux conservateurs dans sa ligne lorsque j'ai rédigé une tribune sur le sujet en tant que président de Liberté Chérie. Cela ne m'empêche pas de trouver des points de convergence sur d'autres thématiques avec ce prof de philosophie.
Mais la loi est là. Le 7 décembre 2004, un débat sur la création d'une haute autorité contre les discriminations, chargée notamment de la lutte contre l'homophobie, se tient à l'Assemblée Nationale. Le député expose alors son point de vue : "En quoi un comportement qui peut être jugé critiquable serait-il privilégié par rapport à d'autres ? Et celui que vous visez peut légitimement faire l'objet de critiques, non seulement au nom de l'intérêt social, mais aussi au nom de l'universalité ! Un jugement de valeur est universel s'il est fondé sur l'impératif catégorique de Kant : agis toujours selon une maxime qui peut être érigée en principe universel. Manifestement, l'homosexualité ne le peut pas, à moins de vouloir le suicide de l'humanité !". Brouhaha. Il confirme : "C'est simplement logique ! Vous êtes en train, pour lutter contre la discrimination, de défendre une séparation entre les sexes ! C'est complètement absurde ! L'idée même d'homophobie tend à accréditer l'idée que le comportement homosexuel a la même valeur que d'autres comportements, alors qu'il est évidemment une menace pour la survie de l'humanité".
Tollé dans le monde politique pourtant macho, arrogant et souvent homophobe sous cape. Tenus dans le cadre parlementaire, aucunes poursuites n'étaient possibles pour ces phrases... jusqu'à ce qu'il confirme ses dires dans les médias : "Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse. J'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel. Ce serait dangereux pour l'humanité. (...) Pour moi, leur comportement est un comportement sectaire. (...) Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement". Si ces propos me choquent et entrent en totale contradiction avec mes valeurs, je ne peux tolérer pour autant qu'ils tombent sous le coup de la loi. Or, la cour d'appel de Douai vient de condamner Christian Vanneste à 3.000 euros d'amende pour "injure envers les homosexuels" et à 2.000 euros de dommages et intérêts aux associations SOS Homophobie, le SNEG et Act Up Paris. S'il revient à l'UMP de choisir le maintien de cette ligne conservatrice dans ses rangs ou non, cette intrusion croissance de la loi dans les convictions de chacun est indéfendable.
Le droit de penser et de s'exprimer librement est un droit naturel. Rogner ce droit fondamental constitue une grave atteinte aux Droits de l'Homme et du Citoyen. Par ailleurs, rien ne prouve que ces procédures, au-delà d'assurer la médiatisation des associations qui en ont fait leur fond de commerce, ont un impact positif sur les citoyens. Perçues comme des excès grossiers, non seulement ces actions judiciaires ne contribuent pas à la banalisation de l'homosexualité, mais elles renforcent même l'idée qu'une caste supplémentaire d'intouchables est née. L'évolution des tabous repose sur une communication sereine dans la durée, pas sur des "coups" médiatisés qui, en révèlant surtout que l'intolérance est réciproque, retardent le processus de lente acceptation mutuelle.
14:35 Publié dans Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : Georges Frêche, Christian Vanneste, homophobie, harkis, sous-hommes, racisme, homosexualité |
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