dimanche, 22 octobre 2006

Liberté d'expression et respect des droits d'autrui : Lacroix et la bannière

Histoire d'une autocensure.

La semaine dernière, j'ai eu l'audace de publier un point de vue ironique sur une agression qui eut lieu à l'occasion de la Nuit Blanche à Versailles. Lassé par les commentaires infects qui tombaient en pagaille, j'ai décidé de retirer mon texte du site. Une première. Il n'était pas très bon, je le concède volontiers aux nombreux critiques qui se sont manifestés avec plus ou moins de virulence. Un emploi du temps un peu chargé, des nuits un peu courtes expliquent l'imperfection de mon "travail d'enquête" sur la question abordée, les reproches qui m'ont été adressés visant les oublis dans mon exposé des faits. Evidemment, pourquoi s'exprimer sur un sujet qu'on n'a pas étudié dans le détail, avec la minutie d'un professionnel de l'information ? Permettez-moi d'exposer aux nombreux lecteurs qui ont découvert mon site MA vision de ce blog. J'évoquerai la question du fond dans un deuxième temps.


A QUOI SERT CE BLOG, A QUI EST-IL DESTINE ?

Ce blog sert d'abord à me faire plaisir. Son contenu m'appartient et je n'oblige personne à le lire. Il n'engage que moi et aucunement Alternative Libérale, parti politique dont je suis un membre actif, ni aucune association à laquelles je participe ou que je soutiens.

J'y commente certaines anecdotes, rapports et histoires qui m'intriguent ou qui me perturbent. Malgré ce qu'un flux récent et organisé d'intervenants laisse penser, mon ambtion ne consiste pas à me fâcher avec autrui mais plutôt à ouvrir le débat.

En tout cas je le répète : ce blog est un espace d'expression privé. Si vous n'en êtes pas satisfait, ne venez pas perdre votre temps à le lire, Internet vous propose des millions d'approches différentes, de points de vue qui vous séduiront. Si vous venez ici, c'est pour respecter le propriétaire des lieux, c'est à dire moi. J'encourage les points de vue divergents à exprimer leur désaccord et à le motiver. Dans la sérénité et le respect. Je ne conserverai dorénavant plus les commentaires dégradants, gratuitement insultants, car ils nuisent à la bonne ambiance que je compte maintenir ici.

Ma conception de la politique n'est certainement pas clientéliste : je ne suis pas là pour être votre ami, j'ai une vie privée suffisamment remplie pour ne pas avoir à recruter de nouvelles têtes. Je ne suis pas là pour être "politiquement correct", le PCF, le PS, l'UMP et le FN assurent très bien ce rôle dans leur domaine respectif. Mon engagement politique vise à rendre aux individus, aux familles et à la société civile les droits qui leur ont été retirés par un Etat omniprésent. Ma liberté s'arrête là où commence la vôtre. Inversement, tant que je viens pas vous ennuyer chez vous, je prie aux contradicteurs de respecter les règles de bienséance chez moi. A commencer par ce blog.

 

SOURCE DE L'INCOMPREHENSION

medium_ver.jpgLe texte que j'ai dû retirer de mon blog pour ne plus être saturé de commentaires et de mails dont la plupart étaient des messages d'insultes, concernait une exposition publique organisée par le Ministère de la Culture dans le chateau de Versailles. Plus précisément dans la Chapelle Royale, lieu encore consacré comme on me l'a justement rappelé. Le thème de l'exposition éphémère était : " Artifices et sacrifices, magie noire et mariage blanc, cris et chuchotements, parures et apparitions, parades et apparat, châsses et icones, pompes et circonstances, images et pilgrimages [voulait-on dire "pélerinages" ?], sacres et simulacres". Une présentation aguicheuse pour attirer l'attention d'un public profane, rien de bien vraiment méchant, mais une réelle absence de respect pour le caractère cultuel du lieu (une messe par mois s'y tient). Nous sommes toutefois loin du " défilé de mode et, ensuite, une messe noire " présenté par certains contestataires virulents. Comme je lai rappelé, le maire de la ville Etienne Pinte (UMP) et l'évêque de Versailles Mgr Eric Aumonier avaient manifesté publiquement leur opposition à l'événement : «Une chapelle dans laquelle il y a l'exercice du culte n'est pas l'endroit opportun pour exposer des robes de haute couture» ". Si l'évènement portait atteinte aux Droits d'une minorité, il lui fallait porter plainte et demander préalablement l'arrêt du projet. Le maire et l'évêque en restèrent pourtant là. Et je n'ai lu nulle part leur soutien à l'action de militants excités qui se tint le soir de la Nuit Blanche.

 

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Un buzz s'est monté rapidement sur Salon Beige (qui se félicitait récemment de la censure d'un passage "choquant" du concert de Madonna sur NBC, cela vous donne le ton)  sous la pression d'un petit cercle de catholiques d'une ligne plutôt dure et intolérante. A partir de 19h30, une sorte de piquet de grève de cette mouvance a bloqué l'entrée de l'exposition nocturne de Christian Lacroix composée de dix-huit robes de mariées présentées avec magnificence dans la Chapelle Royale. Vers 23h00, une bousculade a eu lieu, et le groupe a forcé l'entrée du chateau, sans prévenir de leurs intentions : saccage de l'expo ? Simple blocage des portes ? Cette intervention musclée d'une cinquantaine de personnes reste injustifiable, quel qu'en soit le motif. En l'occurrence, le lieu appartient au musée de Versailles. C'est donc à lui de décider de l'usage qui en est fait. Ici, un débat essentiel touche au rapport entre l'Eglise et l'Etat, surtout depuis les dernières confiscations effectuées en 1905. Faut-il rendre les lieux cultuels confisqués par l'Etat à l'Eglise, lui cédant aussi les frais d'entretien et de restauration de ce patrimoine ? Sachant qu'environ 10 % des ménages français versent le denier du culte, déductible à 66 % de l'impôt sur le revenu, ce système me parait suffisant pour assurer l'indépendance financière à l'Eglise de France et lui premettre de reprendre cette responsabilité. Cette question de réappropriation mérite un vrai débat national.

D'autres questions importantes méritent d'être traitées : augmentation des actes de vandalisme commis dans des églises, coup médiatique d'Act Up à Notre-Dame de Paris au cours duquel Mgr Jacquin, le recteur de la cathédrale, fut renversé et piétiné. Sans poursuites. Est-ce une raison pour une petite minorité de catholiques de tout se permettre ?

 

Bloquer l'accès d'un lieu contre l'avis de son propriétaire légitime, faire monter la tension au point de bousculer une gardienne pour pénétrer de force dans le chateau, ce n'est pas acceptable. Certes, il n'y a pas eu de menaces proférées à l'encontre de qui que ce soit, ni de dégradations importantes. En ce sens, les termes que j'ai employés ont sans doute dépassés le degré de violence atteint. Mon propos suivant n'en reste pas moins tout à fait justifié : "les sauvageons qui se sont comportés en voyous sont catholiques, blancs et propres sur eux. mais nous le savons tous, les salauds n'ont pas de couleur de peau ni une religion ou une idéologie particulière.". Ensuite, je fis une allusion rapide et sarcastique à la Fraternité de Saint-Pie X parce que les premiers témoignages de journalistes évoquèrent une action de traditionnalistes. Ce fut un raccourci rapide de ma part, car de nombreux tradis restent fidèles au Pape et n'appartiennent pas à cette confrérie sortie de l'Eglise catholique romaine.

 

Les catholiques, dont je suis, n'étaient absolument pas visés dans leur ensemble par le contenu de mon texte. Etre catholique n'est pas incompatible avec le respect des droits d'autrui. Cet épisode, qui montre le contraire et me choque par là même, est le fait d'activistes qui ne représentent nullement les catholiques. Affirmer le contraire est le fruit d'une lecture au mieux erronée, au pire de mauvaise foi (sans jeu de mot). Rome et la communauté catholique dans son ensemble, ne menacent personne et affichent un discours de paix et d'amour. Rien à voir avec ce petit réseau d'activistes violents qui vient nous rappeler que toute religion, instrumentalisée par des fanatiques, peut aboutir à des actes intolérants et violents. La vigilance s'impose donc à tous, croyants modérés inclus.

Les réactions qui s'ensuivirent m'ont absolument sidéré, tant les commentaires que les mails qui se sont accumulés dans ma boite aux e-lettres. Certaines critiques ouvraient pourtant la voie vers des débats plus intéressants que cette anecdote de militantisme idiot. Mais le flot d'invectives et la tension croissante me poussèrent à retirer mon texte et à fermer les discussions. Premier cas d'autocensure pour moi. Et sans doute la dernière.

 

Comme le dit très bien Chantal Delsol, "Soyons capables de mettre en lice les différentes visions du monde sans tomber dans les stupidités médiatiques ou violentes dont nous sommes témoins". Acceptons l'échange serein et constructif. Je revendique le droit à l'erreur et exige de mes interlocuteurs qu'ils m'acceptent pour ce que je suis. Sinon, qu'ils s'en aillent.

 

Note : fatgiué par cette polémique inutile, pas de débat pour ce message.