vendredi, 15 décembre 2006

La sécu dérape gravement

L'affaire montre encore une fois à quel point les assurés ET les producteurs de soin sont piégés par une sécu préhistorique (pour ne pas dire soviétoïde). Pour un monopole aussi ancien et massif, rien d'étonnant pour les connaisseurs. mais pour le citoyen fier de notre "système de couverture santé le meilleur au monde", il faut déchanter.

Si elle apprend bien à contrôler les fraudeurs (et il y a du boulot tant le système s'y prète), notre sante et celle de nos enfants n'est pas encore sa préoccupation majeure. C'est ce qu'ont appris les médecins qui se sont attaqués à une malformation génétique extrêmement rae : celle d'un enfant né sans yeux ni cavité orbitale en 2003. 

 

Christine Fernandez, spécialiste de la prothèse oculaire, a inventé une solution à base d'implants évolutifs (du format de boite cranienne du nourisson à cellui du futur adulte qu'il sera un jour). Ces 8.500 euros facturés à l'assurance maladie représentent le tarif le plus bas des "prothèses provisoires". Sachant que les implants devront être changés tous les deux ou trois semaines tout au long de la croissance de l'enfant, l'hôpital Purpan à Toulouse est plutôt généreux pour la sécu. Mais celle-ci ne l'entend pas de cette oreille (la sécu souffrirait-elle d'une malformation auditive ? Bon, c'est de mauvais goût, je vous l'accorde) . La sécu et sa pléthore de bureaucrates n'ont qu'une vision comptable de notre santé et de celle de nos enfants. Et là, ce type de soin ne rentre pas dans la liste officielle.

 

La CPAM convoque donc Christine Ferandez, qui mériterait plutôt une médaille) et la passe sur le grill pour comprendre comment elle a pu se lancer dans les soins concernant une malformation non référencée dans la liste des remboursements de la sécu... Après avoir entendu ses explications "à titre personnel", le jugement tombe : "Le non respect de la grille constitue une faute" !!! Laissez crever nos enfants, la grille officielle de la sécu passe avant. Toute une philosophie. Christine Fernandez a dû s'offir les services d'un avocat pour affronter le sévice de la sécu.  La CPAM campe sur sa position : "la justification médicale n'est pas posée à priori". Le Figaro, qui aborde le sujet, conclut son article sur ces mots qui en disent long :"les  réponses très réglementées du service contentieux ont eu tendance à durcir le dialogue espéré."

18:35 Publié dans Santé et Sécu, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Cauet, sécu, santé, prothèse oculaire | | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 14 août 2006

Presse : que signifie l'indépendance ?

La magnifique revue de Cauet, Guts, tente de rentrer dans la bonne case pour recevoir, comme toute la presse "libre", d'importants subsides de l'Etat. Sébastien Cauet l'annonce sans complexe : Si cette décision est confirmée en appel en septembre, c'est une condamnation à mort ! Sans les aides de l'Etat, on n'aura plus qu'à fermer boutique et licencier tout le monde. Le point mort passe ainsi mécaniquement de 180.000 à 220.000 exemplaires (pas de soucis, Guts se vend déjà à 240.000 exemplaires). Le business plan change radicalement dans ces conditions. Aussi comprend-on la fureur de l'homme d'affaires, certes fort sympathique, Cauet.

medium_le_meilleur_of_cauet_avant.jpg...Et on pense évidemment à la censure. Cette mesure discriminante met le doigt sur la faiblesse et la dépendance de notre presse nationale. Le calcul de rentabilité de toute revue ou de tout journal s'appuie sur l'argent du contribuable. La Commission paritaire octroie en effet un label qui permet à la presse de bénéficier d'un taux de TVA fixé à 2,1 % (au lieu de 19.6 % !), de tarifs postaux aménagés (!!!) et une grille spécifique pour l'achat de photos (les fameux droits d'auteur) évidemment moins cher si le magazine est reconnu comme un produit presse que s'il est assimilé à un produit dérivé ou un produit publicitaire.

 Difficile de lutter dans un marché dont les acteurs bénéficient de conditions différentes selon leur classement officiel. Pour Cauet, il faut vite ajuster la ligne de la revue pour modifier le jugement de la commission. Ainsi l'équipe de Guts est-elle en train de modifier la formule pour être reconnue en appel : « Nous allons faire le nécessaire pour nous mettre en conformité avec les règles de la Commission paritaire ». Les consignes sont claires : limiter au minimum les apparitions de Cauet pour ne plus apparaître comme une revue auto-promotionnelle, insérer des pages dites d'utilité publique, voire des interviews de personnalités politiques. Glisser un préservatif (Santé publique !), etc.

Allez, Sébastien Cauet, un peu de courage. Pour être d'une véritable utilité publique, un seul conseil : de l'audace pour exposer les règles injustes du jeu de la presse subventionnée !

10:10 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cauet, guts, resse, subvention | | | Digg! Digg |  Facebook