mardi, 24 août 2010
Le chantage sécuritaire est aussi cruel qu'inutile
Cela fait 8 ans que Nicolas Sarkozy tient les manettes de la politique sécuritaire en France. Depuis 8 ans, il ne cesse de déclarer de façon récurrente la guerre à la délinquance, à la racaille qu'il veut karcheriser. Le résultat est loin d'être concluant. Un chef d'entreprise aurait été lourdé par ses actionnaires depuis longtemps. Heureusement pour la carrière du président de la république, elle obéit à une logique démocratique bien moins soucieuse de performance et de justice. Mais l'instrumentalisation de l'immigration et des roms pour faire oublier Lilianne et l'Odyssée et le mauvais état de notre économie va trop loin. Le concept de la tolérance zéro a son utilité, mais il vise les individus et leurs actes, pas des communautés (dont le périmètre reste à définir; et toi, lecteur, à quelle communauté le pouvoir pourrait-il t'associer ?) rendues solidaires des délits de certains de leurs membres. Surtout, le nettoyage doit commencer par ceux qui nous gouvernent dans cet esprit paternaliste, infantilisant. Cet été nous a montré que le grand ménage reste à faire.
Cet épisode de l'ère sarkozyste ne va pas laisser la droite indemne. Elle peut rester solidaire de ce discours, mais alors rien ne justifie de continuer à traiter le FN comme un parti de pestiférés. Mais si elle assume les valeurs qui l'ont tenue éloignée de ce parti, elle se doit de condamner le grave écart de route du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, exigeant l'éviction de Brice Hortefeux et de Christian Estrosi. Villepin (toujours encarté à l'UMP, on ne sait jamais) a beau jeu de sortir le grand jeu (surtout avec le ralliement d'Amine-Benalia-Brouch lassé par l'humour "UMP"), comme Christine Boutin de menancer de claquer la porte (quel avantage matériel ou politique lui reste-t-il en restant rattachée à l'UMP depuis le scandale de cet été ?) mais la critique de Raffarin, plus nuancée, n'est pas anodine. Alain Juppé s'agite, et même Rachida Dati ose critiquer ces dérapages contrôlés : "le tournant pris dans le débat qui a suivi la proposition du président de la République concernant l'extension de la déchéance de la nationalité française, est regrettable." D'ici 2012, il va y avoir de la casse à droite.
La préoccupation sécuritaire a certainement été sous-évaluée par les socialistes auparavant, et les libéraux ne lui ont pas encore apporté de réponse claire. Le bilan de la droite au pouvoir n'en est pas pour autant meilleur. La situation continue à se dégrader rapidement dans notre pays. Alors que les citoyens sentent bien la pression sécuritaire peser sur eux au quotidien, des bandes de jeunes terrorisent des quartiers dits "sensibles" de plus en plus nombreux. Leur jeu : tendre des embuscades aux forces de police dans l'espoir d'en blesser plusieurs, voire de les tuer. N'est-ce pas la manifestation la plus explicite du malaise profond de notre pays ? Mon analyse, c'est que nous trouvons les causes principales de ce mal dans l'assistanat généralisé, le discours de victimisation, l'inadaptation de l'école aux quartiers difficiles et le recul de l'Etat de droit.
Pour peu que ces voies soient efficaces( ce qui reste sujet à débat), augmenter la pression sécuritaire par l'ajout de caméras, la décentralisation et la réorganisation de la gestion des forces de police et d'autres mesures ne nous mènera nulle part si les racines du mal sont toujours là. Il nous revient d'engager sans tabou la réflexion globale autour de la chaine prévention - dissuasion - répression - réinsertion. Ségolène Royal l'avait bien compris dés 2007 lorsqu'elle parlait d'encadrement militaire de jeunes délinquants pour leur apprendre le sens de l'effort, le respect de l'autre et de soi. L'idée peut paraître saugrenue, mais des tests se sont révélés concluants dans d'autres pays. En attendant, la dérive xénophobe récente n'est pas seulement injuste et malsaine. Elle risque de compliquer la tâche des acteurs de cette chaine vitale pour l'avenir de notre société malade.
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| Tags : nicolas sarkozy, roms, immigrés, immigration, insécurité, discours grenoble, fn, brice hortefeux, christian estrosi |
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mardi, 25 septembre 2007
Politique anti-immigration, une obsession malsaine du gouvernement
"Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement" (concept sulfureux) confié à Brice Hortefeux, loi relative à l'immigration du 25 juillet 2006 (la 4eme en 4 ans !), tests ADN (contestables) et, maintenant, division par deux du délai de recours contre les décisions de l'OFPRA pour les réfugiés qui demandent le droit d'asile. Difficile de comprendre cette obsession anti-immigratoire du gouvernement Fillon Sarkozy. Certes, notre président a choisi de prendre en compte les peurs révélées (et instrumentalisées) par Le Pen pour terraser la bête et récupérer son électorat. Bon, cela relève du jeu démocratique. Mais attention, les sondages confirment que les Français n'apparaissent pas hostiles à l'immigration. Au contraire. Ce sondage réalisée fin 2006 par le Financial Times/Harris montre même que notre pays est le plus ouvert sur ce sujet. Notamment concernant les clandestins, 40 % des sondés y déclarent qu'ils souhaitent qu'on leur offre une chance de rester légalement (contre 32 % pour le renvoi pur et simple, ce qui n'est pas marginal...mais minoritaire).
Du point de vue libéral, rien ne justifie l'interdiction faite aux individus de se déplacer librement d'un pays à l'autre, tant que ceux-ci respectent les droits d'autrui. L'humanité a besoin d'échanges culturels, sociaux et économiques. Visages nouveaux et idées neuves favorisent le développement et la croissance. Les pays les plus dynamiques ont une approche beaucoup plus positive de la question, car ils savent que ce sang neuf peut largement alimenter la croissance et poser des ponts avec des pays partenaires. Espagne, Etats-Unis, Irlande ou Hong Kong cherchent activement des migrants pour leur force de travail.
Le noeud de blocage français, c'est donc sur notre modèle social. La sclérose de notre économie, la gestion ghettoïsée du logement, notre école inadaptée, la lutte de plus en plus acharnée contre le travail des clandestins et les multiples interventions publiques, tout est mis en oeuvre pour bloquer l'accès au travail à ces nouveaux arrivants, pour les enfermer dans la précarité et la dépendance. Lorsque des familles en situation difficiles voient arriver des populations étrangères aidées, difficile d'éviter le ressentiment. Surtout quand le poids des aides à ces nouveaux arrivants grimpe : sécu, logement, école pour les enfants, aide sociale. Evidemment, ces sommes financées par l'impôts peuvent être vues comme un investissement dans l'avenir, les familles rejoignant naturellement les forces vives du pays et devenant à leur tour des contributeurs au système. Pourtant, ce n'est pas si simple ni si facile.
Ces motifs obligent hélas notre pays à freiner les flux d'individus qui viennent s'installer sur le territoire national. En attendant que notre croissance reparte, libérée de ses boulets actuels. Est-ce une raison pour en faire autant ? Pourquoi multiplier les signes d'un repli identitaire nauséabond ? Si nombre de libéraux avouent leur écoeurement devant cette tendance de la majorité, je constate que des Sarkozystes historiques commencent aussi à avoir du mal. Ainsi ai-je été heureux de lire sous la plume de koztoujours :
Je n’ai pas voté pour Nicolas Sarkozy en raison de sa politique d’immigration. J’ai voté pour lui malgré certains propos.
[...]
Je refuse un certain angélisme sur le sujet, j’admets que l’on puisse souhaiter réguler l’immigration, ne fais pas de bonds à l’évocation d’une “immigration choisie“, et ne suis pas choqué par principe par les reconduites à la frontière… mais ne ressens pas spécialement l’urgence qu’il y a à consacrer tant d’énergie à la question.
Et il y a certaines “convictions” auxquelles je commence à être profondément lassé de me trouver, même très indirectement, associé.
Il serait temps que cette prise de conscience finisse en pression réelle sur cette majorité élue. Libérons rapidement la croissance, laissons l'emploi repartir, mais ne faisons pas de la vie humaine un enjeu électoraliste. les premiers coupables de ces difficultés (que je ne nie pas), ce sont les politiques qui ont mis en oeuvre une politique collectiviste depuis des décennies. Il devient urgent de mettre en oeuvre les grandes réformes libérales qui ont transformé tant de pays dans le monde !
18:37 Publié dans Economie, Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : Loi sur l'immigration, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, OFPRA, tests ADN |
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