mardi, 03 avril 2007

Image de Sarko en Europe : un protectionniste de choc !

La lecture des journaux étrangers fait ressortir un sentiment dominant : Nicolas Sarkoy est aussi profondément interventionniste que protectionniste. Son souhait de redonner du tonus à la politique industrielle française a des relents de paléo-gaullisme. Le passage, même bref, de Sarko à Bercy nous confirme cette image plutôt dégradée et profondément anti-libérale. Certes, il assume un certain atlantisme et sa position favorable à Israël, ce qui est très audacieux en France. Mais cela fait-il de lui un individu plus libéral pour autant ? Les Etats-Unis pratiquent une politique qui est loin de l'être : blocage de la vente des ports sous prétexte de secteur sensible, "Patriot Act", Guantanamo, les subventions agricoles et industrielles multiples, les barières douanières ...
 
 
Hélas, une famille de libéraux tels que Bernard Zimmern, courageux fondateur de l'IFRAP, rêve d'un Ronald Reagan ou d'une Maggie Thatcher. Pour les séduire, il suffirait de se présenter comme un conservateur à poigne pour être le sauveur qui va tout débloquer. Dans sa dernière lettre, Zimmern va presque jusqu'à critiquer le terme "libéral" pour lui substituer celui de "conservateur". Au moins les choses sont-elles claires. En attendant, de plus en plus de libéraux sont Sarkosceptiques, voire Sarkophobes. La mode conservatrice n'affecte pas outre-mesure la famille libérale. Bayrou n'est pas la panacée, mais au moins offre-t-il un avenir plus ouvert et une douloureuse décomposition de la gauche bancale, écatelée entre les socio-démocrates modernes et les anticapitalistes archaïques. D'ailleurs, Zimmern devrait reconnaître l'importance de sa dernière proposition, la suppression de l'ENA : pour rappel, l'IFRAP alancé une belle campagne sur le sujet l'année dernière !
  
 
La commission européenne a eu des mots très durs à son égard suite à ses critiques lourdes de l'indépendance de la BCE, de l'ouverture des frontières et de la vision centrée sur la France de Sarko. S'il a défendu le "Oui" lors du referendum, il agit en promoteur de "Non" aujourd'hui, et les instances européennes ne se privent pas de le faire savoir. Bien que Sarko refuse toute intervew avec les médias éttrangers depuis plusieurs mois, voici comment le Financial Times évoque la tendance viscérale de Sarkozy à défendre des fleurons industriels franco-français contre le reste de l'Europe ou l'érection de barrière douanières :