mardi, 08 janvier 2008

Descente aux enfers d'un junkie

a7c087f0d6c41959bed5e53994274b23.jpgIl allait bien, sa vie était une grande réussite. Son oeuvre, sa fierté. Et puis tout s'est effondré après une lente descente dans la dépendance. Une dépendance physique, celle qui vous empêche de dormir, de penser puis de respecter les autres comme soi-même. Celle qui vous rend accroc, violent, qui vous emmène en garde à vue et vous fait passer la nuit au commissariat. Il risque gros aujourd'hui. Le témoignage des individus agressés est édifiant :

" Quand j'évoque le gel des 4 %, il brandit une chaise en fer qui est partie en direction de l'administratrice, puis une deuxième, qui me vise et fracasse une armoire de verre. Une troisième pulvérise mon bureau.". Dans le couloir, il concasse les photocopieuses et arrache les radiateurs avant de sortir dans la rue et d'être cueilli par la police.

 

Comment un homme lucide, responsable et sensible peut-il en arriver là ? La drogue. En fait, une drogue bien particulière : les subventions. Le fondateur du merveilleux cirque Zingaro est devenu un vulgaire junkie en quelques années. Au point de jeter des chaises à la tête de fonctionnaires du Ministère de la Culture d'Etat ? Pourtant, lui même n'y aurait jamais cru au lancement de son école équestre à Versailles, en 2003. Bartabas estimait alors que l'Académie pourrait s'autofinancer avec les visiteurs payants, la diffusion de spectacles et le mécénat. En 2006, premier trou. L'Etat comble en bon dealer qui rend ses clients dépendants. On offre un peu de marchandise dans un creux, histoire de bien ferrer le client. Bartabas est un bon client, mais il replonge en 2007 avec un trou de 350.000 euros ! L'Etat avance 110.000 euros, rallonge de 100.000 euros mais ne va pas plus loin. La Ville de Versailles complète un peu, la région, elle, refuse de mettre l'argent des contribuables sur la table. C'est la crise.

 

"Toucher des subventions tue"

 

Bartabas ne comprend pas qu'on "chipote sur 100 000 ou 200 000 euros alors que l'Académie est unique". La Culture, après tout, n'est pas une marchandise comme les autres. Il est bien naturel d'exiger un chèque en blanc auprès de contribuables captifs, comme les milliers de troupes qui ont des projets également intéressants. Le dealer de subvention, appelé "Ministre de la Culture", propose hélas ses doses sur un marché qui explose. Tout le monde en veut : cirque contemporain, théâtre de rue, nouvelles troupes, opéras, ballet contemporain... Comme tant d'autres, Bartabas l'indomptable a plongé, dompté par le mal.

 

Bartabas, je te recommande une bonne cure de désintoxication. Ré-apprends à vivre sainement, librement, sans dope d'Etat. Retrouve tes esprits...et la santé.

 

 

09:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Bartabas, Christine Albanel, subventions, culture, équitation | | | Digg! Digg |  Facebook