jeudi, 21 décembre 2006
Microcrédit : succès de l'entrepreunariat social
Attali ou non, le microcrédit a pu prospérer parce qu'il n'y avait aucun apparatchik de ce type pour "contribuer" à som développement. Le succès est colossal, loin des débuts lorsque le Professeur Yunus donnait ses cours d'économie au Bangladesh, sa ville d'origine. A partir du jour où il proposa à ses étudiants d'aider 42 artisans en leur prêtant 27 dollars au total pour développer leur activité, le microcrédit n'a pas arrêté de se développer, atteignant aujourd'hui un volume global considérable. Le sommet de la campagne de microcrédit a recense 3.133 établissements de microcrédit et une population emprunteuse de ces mini montants de 113 millions d'individus, à 84 %des femmes ! Or, chaque emprunteur a une famille, ce qui donne une estimation de presque 600 millions d'individus qui bénéficient de cette dynamique formidable. La Grameen Bank, après 30 ans d'existence sous la direction de Professeur Yunus, accorde des crédits à plus de 6.7 millions d'emprunteurs. Grameen bank appartient pour 90 % à ses emprunteurs (qui détiennent automatiquement des parts de la banque), les 10 % restants étant aux mains des autorités du pays.
1) Les femmes sont leur cible essentielle, beaucoup plus fiables que les hommes (eh oui !) : l'argent est investi intelligemment, et il est remboursé avec fiabilité.
2) Emprunter, une démarche personnelle fondée sur un projet entrepreneurial, un engagement moral et une reconnaissance sociale : les emprunteurs doivent s'entourer de témoins fiables, s'associer d'autres emprunteurs et accepter les clauses du contrat oral.
3) Les emprunteurs sont incités à respecter 16 règles simples dans la vie courante. L'objectif de la Grameen n'est pas tant de capitaliser les intérêts (élevés) du microcrédit, que de faire monter le niveau de vie de populations entières par l'initiative individuelle.
4) Ce sens de l'initiative peut être encouragé et accompagné par la responsabilisation individuelle, l'éducation, la mise en place progressive d'infrastructures et de technologies. Aussi, au-delà du crédit lui-même, la Grameen propose bien d'autres types d'actions : Grameen Trust, Grameen Fund (orienté vers les projets risqués en technologies), grameen Communication, Grameen Energy, Grameen Education, Grameen Family...
La philosophie du microcrédit consiste à faire sortir des centaines de millions d'individus de l'extrême pauvreté non pas en donnant de l'argent, mais en offrant un accès payant au capital. Non pas par l'assitance mais par l'encouragement à se prendre en main et par l'accès à l'endettement. Le premier obstacle à l'expansion du microcrédit, ce sont les règlementations bancaires et la bureaucratie d'Etats qui n'apprécient pas de perdre la main sur des populations jusque là soumises. Une concurrence perverse s'est ainsi établie entre la charité internationale aux réseaux bien établis souvent avec le soutien des Etats qui nourissent leur bureaucratie) et l'incitation privée et directe à la responsabilisation individuelle.
Comme Muhammad Yunus l’écrit dans son autobiographie Banker to the Poor : « La bureaucratisation encouragée par les subventions, la protection économique et politique, et le manque de transparence détruit tout et encourage la corruption. Ce qui a commencé avec de bonnes intentions a créé un désastre. Les gouvernements n’ont pas les réponses et ne les auront jamais. C’est aux entrepreneurs sociaux de résoudre nos problèmes. »
10:35 Publié dans Dans le monde, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : Microcrédit, Yunus, Nobel, Grameen, Attali |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






