jeudi, 24 février 2011

Al Qaïda l'a dans le baba

entrer des mots clefsAprès 23 ans de lutte acharnée contre les dictatures corrompues du monde arabe, et contre ce qu'elle jugeait  premier responsable de leur maintien en place, les Etats-Unis, les résultats de la nébuleuse Al Qaïda sont maigres. Certes, elle inspire la terreur dans le monde entier, toutes religions confondues. Elle donne une image terrible de l'islam dont elle se revendique. Pour autant, un grand nombre d'intellectuels musulmans et d'hommes de foi ont exprimé leur condamnation la plus totale de ces barbares et de leurs pratiques. Les Frères Musulmans leur vouent une haine tenace en Egypte. Les chiites qu'Al Qaïda traite de chiens et de porcs ne leur sont pas particulièrement favorables, ce qui n'empêche pas ponctuellement une coopération opportuniste avec des mouvements comme le hezbolah. Dans l'ensemble, la politique  terroriste n'a pas porté ses fruits. Les régimes ont tenu bon, ils se sont mêmes appuyés sur la peur d'Al Qaïda pour durer en bénéficiant du soutien de l'occident.

 

Et voilà que sous leur nez, une jeunesse intrépide et laïque fait tomber ces régimes haïssables en quelques semaines. L'immolation du petit vendeur ambulant Bouazizi et de ceux qu'il a inspiré, aussi tragique que respectueuse d'autrui, l'a remporté sur  la monstrueuse politique des kamikazes. Aujourd'hui, les porte parole de Ben Laden sont KO. La réaction officielle, 3 jours après la chute de Moubarak, était totalement déconnectée des attentes de la jeunesse arabe et même de la plupart des  musulmans égyptiens conservateurs : "Attention aux pièges des idéologies non islamiques, telles que le sécularisme pervers et mauvais, la démocratie porteuse d'indifélité,  et les idoles putrides du nationalisme et du patriotisme". Le numéro 2 d'AQ, Zawahiri, a insisté sans rire sur les périls de la démocratie, ou ce "désir de la majorité qui ne repose sur aucune valeur ni idéologie." Il n'a pas tort, on va leur envoyer la CGT et une pelletée d'ENArques pour lui montrer les risques bien réels, le tout acompagné d'un code du travail, le coran de nos socialistes. Ils savent qu'avant d'en arriver là, ils ont de la marge. En attendant, le discours insignifiant d'AQ  a bien révélé dans quel désarroi la nébuleuse se trouvait.

 

 

En passe d'être marginalisés dans le monde arabe, il semble bien que ses dirigeants l'aient mauvaise. Car demain, les populations de ces pays libérés ne manqueront pas d'afficher une hostilité toute aussi forte à leur égard, cette fois sans la pression des dictateurs disparus. Ces mêmes Arabes commencent à demander des droits pour les femmes en Arabie Saoudite, la liberté d'expression et des droits qui prometent de faire enrager les fous d'AQ. Ces derniers ne pourront alors plus justifier leurs actes meurtriers sous le seul prétexte d'une occupation occidentale par le biais de "pantins de l'occident". Tout ne me semble pas rose pour autant. Ce vent de liberté n'est pas exempt de dangers. Comment les dirigeants à venir se comporteront-ils à l'égard d'Israël, et comment Israël se comportera-t-il à leur égard ? Jusqu'à quel point l'armée cèdera-t-elle le pouvoir aux civils ? Quels seront les rapports entre l'Europe, les Etats-Unis et ces pays neufs ?

mercredi, 03 novembre 2010

L'islam condamne Al-Qaida une fois de plus

Amb - Sheikh Al Azhar.jpgNous savons Al-Qaida en guerre contre l’occident pour son impérialisme, réel ou supposé, à commencer par les Etats-Unis. Cette nébuleuse terroriste vise aussi les régimes arabes qui ont trop longtemps instrumentalisé le néofondamentalisme pour maintenir leur pouvoir corrompu. Ce retour de bâton amène les gouvernants arabes à revoir leur stratégie. Les premières victimes de cet obscurantisme assassin, ce sont des individus de confession musulmane. Par-delà de la simple comptabilité de ses atrocités, la folie meurtrière d’Al-Qaida suscite des réactions de plus en plus vives de grandes autorités religieuses islamiques. Sa condamnation ne se fonde pas seulement sur les textes fondamentaux de l'islam, mais aussi sur un meilleur recul des oulémas sur l'évolution et  l’insertion de l’islam dans le monde moderne.

Dans cette perspective, il est intéressant d’entendre le grand imam d’Al-Azhar, haut lieu de la pensée islamique, rappeler officiellement que « l'islam garantit la liberté de culte et interdit les agressions contre les églises ». Il a condamné « avec force » le terrible attentat qui a causé la mort de 53 personnes dans la cathédrale syriaque de Bagdad dimanche dernier, ajoutant que les menaces proférées par Al Qaïda contre les coptes d’Egypte, 6 à 10 % de la population totale, ne servaient « que ceux qui veulent provoquer la dissension et porter atteinte à l'unité nationale », notion non pas religieuse mais sociale. Les Frères musulmans ont réagi de la même manière : « Les Frères musulmans avertissent tout le monde — et en premier lieu les musulmans — que la protection des lieux de culte de tous les enfants des religions monothéistes est la mission de la majorité musulmane » ajoutant « Les Frères refusent toute menace stupide contre les lieux de culte chrétiens en Egypte, de la part de qui que ce soit et quel qu'en soit le prétexte ».

La quête identitaire actuelle des musulmans ne peut que mener à un affrontement théologique et moral de plus en plus marqué avec les mouvances les plus radicales qui ont basculé dans la violence en se revendiquant de l’islam.

mercredi, 28 février 2007

Sarko a fumé du chiite ou quoi ?

Après avoir été ministre de l'intérieur en charge de notre sécurité (voire de notre insécurité comme on peut parfois se le demander compte tenu de ses priorités répressives) plusieurs années, nous pouvons nous rendre compte de sa méconnaissance des grands enjeux de notre siècle, et des risques émanant d'une toute petite minorité de psychopathes.
 
Invité sur RMC lundi 26 février, Nicolas Sarkozy a été planté en direct par le fameux Jean-Jacques Bourdin (qui parvient à trébucher tout seul sur ses propres questions d'ailleurs).
Question de Bourdin : "les combattants d'Al-Qaïda sont-ils sunnites ou chiites ?". Réponse très ferme de Sarko : "Il est impossible d'y répondre (...) parce qu'Al-Qaïda, c'est une nébuleuse". A trois reprises, le ministre de l'Intérieur a refusé de répondre à la question. Manifestement, il n'était pas préparé et a fait sa Ségo en direct. Le ministre des cultes sait-il seulement la différence entre les chiites et les sunnites ? Pour ceux qui avaient encore des doutes après son soutien implicite à l'UOIF lors de l'instauration du Conseil Français du Culte Musulman, il est dorénavant clair qu'il ne comprend rien à la complexité de l'Islam, à ses grandes composantes et aux enjeux qui en découlent.
 
Devant ce dialogue d'ignares sur la question, Bourdin a eu la sagesse de conclure : "Nous demanderons à des spécialistes". La sagesse a parlé. Mon seul conseil : Sarko devrait un peu potasser ce type de sujets, surtout lorsqu'ils sont aussi essentiels pour notre monde que menace un hyperterrorisme organisé tel que celui d'Al Qaïda. 
 
Allez, à vous de vous forger votre propre opinion :