mercredi, 18 juin 2008

Les 35 heures en fin de vie

Xavier Bertrand a des convictions. Il en a même à revendre tant il en déborde. Un jour, il défend les 35 heures avec presque plus d'ardeur que Martine Aubry. Dix jours plus tard, il nous explique avec la même conviction qu'il met en oeuvre la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy de défaire le carcan des 35 heures. Du grand Xavier Bertrand ! En tout cas, l'essentiel est là : les 35 heures sont en train de glisser subtilement vers la sortie. Les syndicats n'en croient pas leurs yeux : Nicolas Sarkozy, plus malin qu'eux, les a pris à leur propre jeu.

En avril, le Medef, la CGPME, la CGT et la CFDT avaient adopté une "position commune" sur la possibilité de fixer par des accords d'entreprise, à "titre expérimental", les modalités de dépassement des contingents d'heures supplémentaires. Un tout petit pas au sein de l'usine à gaz de la défiscalisation des heures supplémentaires. En douce, le gouvernement est allé bien au-delà de cette position timorée. Et nos syndicats ont autant de souffle que de crédibilité, c'est à dire aucun. Leurs appels à la grève ne prennent même plus.

Un projet de loi est présenté en Conseil des ministres qujourd'hui pour autoriser toute entreprise à déroger aux 35 heures avec l'accord des organisations syndicales représentant plus de 50 % des salariés. La mesure libère non seulement le temps de travail en douceur, mais elle offre une approche prometteuse de la réforme du Code du Travail. Cet avant-projet de loi permettrait de généraliser les accords d'entreprise dérogeant aux réglementations du travail, faisant enfin primer la négociation et le bon sens sur l'arbitraire et l'absurde.

Après la réforme profonde de l'assurance chômage, ce sont plusieurs mesures positives qui ont été mises en place et dont nous verrons bientôt les effets positifs. Parmi les incohérences de la politique Sarkozy, il y a heureusement un peu de lueur d'espoir.

16:33 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : 35 heures, gouvernement, nicolas sarkozy | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 10 janvier 2008

35 heures maintenues, mais partage imposé des bénéfices en vue

Si le gouvernement a nié vouloir remettre en cause la durée légale du travail après avoir laissé entendre que les accords de branche ou d'entreprise pourraient prendre le pas sur les 35 heures (ce qui revenait à faire exploser l'usine à gaz sarkozyste des heures sup'), Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il réfléchissait à un partage légal des bénéfices des entreprises : 1/3 pour les salariés, 1/3 pour les actionnaires et 1/3 pour l'investissement. Sans évoquer les 33 % d'IS prélevés par l'Etat qui, lui, ne cherche aucunement à partager son pactole avec les autres acteurs, Nicolas Sarkozy semble en bonne voie de reprendre la direction des entreprises françaises d'une main ferme. A quand une école d'encadrement des pratiques managériales sous la tutelle de l'Elysée ?

 


Etrangement, je finis par me demander si Ségolène Royal n'aurait pas été plus sérieuse comme président de notre pays. Allons, allons, il ne faut pas que je m'égare...

16:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, 35 heures, partage des bénéfices | | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 03 septembre 2006

Les Français aiment leur travail, pas leur patron ni leurs employés

Le World Value Survey est l'un des instituts les plus prestigieux et les plus reconnus pour la valeur deson travail sur les valeurs individuelles, qu'elles soient morales, sociales, politiques ou religieuses. Le WVS vient de publier un rapport saisissant sur le travail, réalisé dans 80 pays.
 

Deux questions portent sur la valeur travail :   

"Quelle est l'importance du travail dans votre vie ?" et     

"Est-il importantd'apprendre à vos enfants à travailler dur ?"            

 

medium_Recherche_jh_dynamique.2.jpgSur 80 pays, la France est 30e sur 80 pour l'importancedu travail, en tête des pays riches, devant les Etats-Unis et loin devant le  Danemark et l'Angleterre !    

 La France est 47e sur 80 pour l'importance d'enseigner aux enfants à travailler dur, une position comparable à celle des Etats-Unis et du Canada, et devant la plupart des autres pays européens.        

 

Le fait accablant qui resort de cette étude approfondie, c'est que les Français sont les plus mécontents de leur travail de tous les pays riches. Pourtant, les Français sont favorables à la mondialisation en majorité, même s'ils en craignent un peu les effets. Ils aiment l'idée d'entreprendre, bien que la peur du risque incite nombre d'entre eux à rester dans l'entreprise. Mais alors, pourquoi les rapports entre employeurs et employés sont-ils maussades, voire mauvais ? Les Français garderaient-ils l'image de "patrons exploiteurs" que nous rabachent tant les marxistes de tout poil ? Le problème n'est pas tant que les travailleurs français n'aiment pas les entreprises en général, mais qu'ils n'aiment pas les entreprises françaises. Dans le classement des entreprises où il fait bon travailler en France, on trouve des entreprises américaines aux quatre premières places et il n'y a que trois entreprises françaises parmi les dix premières. 

 

Pourquoi les employés sont-ils malheureux ? Parce qu'ils ne sont pas assez libres de prendre des initiatives et parce que leur travail n'est pas assez reconnu au sein de leurs entreprises. La France reste un pays où les hiérarchies sont rigides et le management autoritaire.

De quoi les managers se plaignent-ils ? Du fait que les employés refusent de coopérer et ne sont pas assez motivés. Les refus des uns renforcent les frustrations des autres, et justifient la méfiance réciproque. Ce cercle vicieux a des racines historiques profondes. 

Pour sortir de cette hierarchisation des rapports sociaux qui pèse sur le travail, il nous faut laisser les acteurs organiser le travail de façon plus intelligente, plus respectueuse des intérêts des autres. Dans le secteur public, la valorisation individuelle doit primer sur l'approche collective qui ne permet pas l'émancipation des individus qui le compose. Dans le privé, une évolution culturelle s'impose pour sortir de notre capitalisme hierarchique, paternaliste et qui laisse peu de place à l'initiative.

18:00 Publié dans Dans le monde, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : travail, employeur, rigidités, 35 heures | | | Digg! Digg |  Facebook