mardi, 15 mai 2007

Sarko lui offre ce que le PS lui a toujours refusé

medium_Kouchner.jpgDécouvrant dans le journal de propagande pro-Sarko (probablement bien informé) que Bernard Kouchner aurait accepté le Quai d'Orsay dans le gouvernement en cours de composition, j'avoue être très favorablement surpris par ce choix audacieux. Ce grand défenseur du droit d'ingérence, cet atlantiste moderne est l'une des figures politiques préférées des Français. Sa force de conviction, sa capacité de médiatisation de grandes causes humanitaires et son énergie pourraient en faire un grand Ministre des Affaires Etrangères...en passant sur son caractère de cochon et une certaine forme d'égocentrisme. N'ayant jamais constitué de réseau militant pour peser au sein du PS, il n'avait pu s'élever au rang de dignitaire éléphantesque. Voilà que c'est la droite qui demande aujourd'hui à exploiter ses talents ! Cruelle illustration de l'impasse dans laquelle la gauche française est restée enfermée toutes ces années. 
 
Cela ne va pas sans grincements de dents au sein de la droite qui a tant critiqué Bayrou pour ces mêmes appels du pied à la gauche (on parle de cette même gauche moderne). Mais enfin, il a fallu que ce soit Nicolas Sarkozy qui donne à Bernard Kouchner une mission à sa mesure alors que la gauche ne lui a jamais offert qu'un petit strapontin dans un coin sombre.  Allez, un bon point pour Sarko si l'information est confirmée.
 
 
Retenez bien ce slogan : "La fidélité, c'est pour les sentiments, l'efficacité pour le gouvernement".
Il constitue la menace principale pour l'ancienne génération de politiques.

vendredi, 04 mai 2007

Avec Ségo, tout est possible, surtout le pire !

Ségolène Royal a une forte personnalité et de l'allure dans la froideur. Mais elle ne connaît rien à ses dossiers et est entourée de branquignoles (dixit Jacques Séguéla). Son plus gros succès, aujourd'hui, c'est d'être parvenue à placer le PS au bord de l'implosion. BRAVO !
François Bayrou a bien jaugé la bête, qu'il a renvoyée dans les cordes samedi dernier sur BFM afin de la faire trébucher. Et il attend lundi matin pour ramasser les miettes. DSK semble chaud pour apporter le mot "social" à celui privilégié par Bayrou : "démocrate". Les deux ensemble, ça fait "social-démocrate". Un Rocard, sinon rien. Et puis du Kouchner, un peu d'UDF coincé dans un corner. Et voilà un nouveau parti débarrassé des oripeaux anticapitalistes du PS.
 
 
Mon vote ira à Nicolas Sarkozy.
Certains libéraux sont défenseurs enthousiastes de Sarkozy, tel Jean-Louis Caccomo (tout de même refroidi par le débat cette semaine). Pas très convaincant en termes de réformes libérales : il ne touche pas à la sécu, aux 35 heures mais instaure des peines plancher et autres fariboles plus ou moins inquiétantes. Au moins est-il solide, bosseur et entouré de talents. Il n'a rien du rad-soc Chirac, il sait que l'immobilisme n'a aucune chance dorénavant et son pragmatisme peut le pousser à quelques réformes intéressantes parmi un ensemble de mauvaises. Aux libéraux de séparer le bon grain de l'ivraie.
 
 
En plus, il est possible de gagner de l'argent avec son élection. payé cash tout de suite. Voici quelques "quotes" de brokers anglais. Evidemment, c'est interdit en France (tout est interdit en France), il vous faudra ouvrir discrètement un compte discrètement pour vos mises... Au bureau ou en famille, vous pouvez parier 5 ou 10 euros. Là, certains n'hésitent pas à miser 5.000, 10.000 voire 15.000 euros sur leur favori. Certes, à 1 contre 8, rendement faible. Mais satisfaction presque orgasmique de prendre son argent à un fan de Ségo à qui il ne restera que les yeux pour pleurer !
 
Allez, on va encore me chanter que c'est la loi de la jungle...

samedi, 28 avril 2007

Bayrou adapte "Le bon, la brute, le truand"

Nous vivons une période extrêmement tendue. A tous les repas, à chaque rencontre, sur tous les sites, il n'y a qu'un sujet: l'enjeu présidentiel. Le moment est propice pour s'engueuler un bon coup avec ses amis, sa famille ou ses collègues de bureau. Voire de se fâcher définitivement. Jusqu'au 7 mai au matin en tout cas. C'est peut-être même le prétexte idéal pour rompre une relation qu'on a trop tardé à couper.

 

Cette tension vient d'un homme, François Bayrou. De manière improvisée car imprévue. Il a senti qu'il avait ouvert une belle faille dans le bipolarisme artificiel gauche-droite; artificiel parce qu'il ne repose sur rien mais permet seulement à une caste d'hommes politiques de vivre du système avec un risque bien plus limité que dans un jeu ouvert. Il a compris qu'il lui restait un temps assez court pour asséner ses coups de burin dans ces fissures béantes. Porté par une vague irrationnelle de lassitude et d'espoir, sa défaite n'en est pas réellement une. Mais il sait que le 10 juin, son parti ne sera plus. Pris en tenaille entre un PS moribond et une UMP extrêmement renforcée, sa place dans ce secteur économique qu'est la politique est menacée. Il risque de devoir se retirer pour une longue traversée du désert. Sarko s'en est remis, pourquoi pas lui ? Mais d'autres n'ont pas cette patience : ses députés ont massivement rejoint Sarko. Par manque d'imagination...et par aversion au risque.

 

Car Bayrou tient une carte maîtresse en main, la carte qu'il a jouée depuis le début de sa campagne pour la présidentielle. La gauche est condamnée. Aujourd'hui, demain, dans 6 mois. Le rassemblement de dinosaures antilibéraux et anti-européens et de socio-démocrates européistes est une contradiction interne que le PS, fragilisé, ne peut plus surmonter. Emmanuelli parle déjà de fonder un nouveau parti des anti-libéraux, c'est à dire de quitter le navire PS qu'il juge en "perdition". Tenu bien en main par Une Ségolène Royal sans convictions autres que celle de la conquête du pouvoir, ce PS doit affronter une crise d'identité majeure, ignorée depuis trop longtemps.

 

Les socialistes réformistes, DSK, Rocard ou Kouchner, n'ont rien à faire avec les Mélanchon et autres grincheux anticapitalistes primaires. Nous le savions tous, mais sans réel espoir que cette réalité soit prise en compte. Car un tel choix remet en question leur modèle économique, leur carrière (pour ceux qui en ont encore une en politique). Aujourd'hui, il ne peut plus être ignoré ou reculé si Royal est battue au 2nd tour. Bayrou l'a compris et joue une recomposition du centre et du centre-gauche sous la forme d'un parti social-démocrate unifié (le PD) ou d'une confédération à l'italienne, sur modèle de l'Olivier. Là se trouve sa seule chance de poursuivre sa route dans le business politique. Il joue gros, ses troupes sont perdues et pas toutes tentées par ce risque considérable. Au moins Bayrou aura-t-il eu le courage de faire ce pari fou, quitte à finir seul.

 

Cela explique pourquoi il cogne sur Sarko à toute force, le traitant implicitement de truand. Lui, c'est le bon.  Qui est le troisième homme, enfin la 3eme femme ? Le western se jouera sur toutes les chaînes à partir de dimanche 6 mai à 20h00 (enfin 18h00 sur letemps.ch  si le serveur n'explose pas).