mercredi, 27 janvier 2010

Débat sur les retraites, querelle de dinosaures

Retraites.JPGMartine Aubry avait lancé à chaud "peut-être 61 ou 62 ans". Il faut dire qu'on a même senti Chérèque hésitant. Mais elle a rapidement dû faire machine arrière après une décision unanime contraire du bureau national. Elle est revenue au dogmatisme historique du PS en affirmant, mardi soir sur TF1, qu'il n'était pas question de toucher au symbole des 60 ans. Amis dinosaures, bonsoir.

Au Modem, on ne tient pas une position aussi rétrograde. Marielle de Sarnez s'est déclarée prête à discuter des modalités d'une retraite à points, un pas dans la bonne direction. Elle sait que les Français ne sont pas dupes, ils ont compris que l'allongement considérable de la durée de vie est en train de faire exploser l'équilibre de la répartition. Malgré un taux de cotisation pour financer les retraites actuelles équivalent à près de 35 % du revenu net des salariés, nous sommes de plus nombreux à être conscients qu"un effondrement à la Madoff menace le pays dans les prochaines années. Mais devant la douleur du changement, on préfère fermer les yeux et aller jusqu'au bout. Surtout lorsque des responsables politiques comme Aubry maintiennent leur promesse que demain, on rase gratis.

Face à l'un des plus gros enjeux de l'année, et sans doute l'un des plus lourds de la décennie, la ligne du PS est simple : Français, dormez tranquilles.

Plutôt que la retraite à points (quels points, quelles garanties, quels supports ?), le PLD est partisan de réduire la part de la retraite par répartition au strict minimum, et d'autoriser les Français à investir leurs cotisations retraites ainsi rendues disponibles dans un plan individuel d'épargne retraite composé de placements monétaires, obligataires, actions et, pourquoi pas, dans une première résidence principale pour les jeunes locataires. Voilà une réforme ambitieuse qui rend aux Français une vraie liberté de choix, essentielle, sans faire disparaître complètement le filet de sécurité minimal, la répartition. Mais l'UMP ouvrira-t-elle réellement le débat face à une opposition aussi fermée que le PS ?