vendredi, 13 juin 2008

Dîner blanc aux chandelles sur les Champs-Elysées

Danse.jpgHier soir, j'ai eu le bonheur de pique-niquer sur les Champs-Elysées avec un groupe d'amis. Jusque là, rien d'exceptionnel. Si je vous dis que nous avions nos tables, nos chaises, nos chandeliers,  nos petits plats et nos bons vins, nos musiciens et que nous étions plus de 8.000 ainsi installés sur la plus belle avenue du monde, on commence à sortir de l'ordinaire. Il s'agissait du dîner blanc annuel, évènement bien mystérieux et formidablement organisé.

Difficile de savoir qui organise l'évènement, ni comment. Une fois parrainé par des participants vétérans, nous recevons de leur part un mail quelques jours avant la date. Ce message est extrêmement précis concernant les règles de la soirée et le rendez-vous pour les cars qui nous emmèneront sur le lieu prévu pour le dîner,  il ne donne toutefois aucun indice sur celui-ci.

Bref, nous voilà deux ou trois cents personnes derrière Roland Garros à 20h30, tout de blanc habillés, les femmes arborant de magnifiques chapeaux blancs, munis de tables de bridge, de chaises pliantes (blanches de préférence) et de paniers bien composés. Les premières coupes de champagne circulent en attendant de monter dans les six cars de notre groupe. Les soutes sont remplies avec nos tables et nos chaises pèle-mêle. 21h00, nous sommes en route vers le lieu convenu, rideaux tirés, progressivement rejoints sur le chemin par des dizaines d'autres cars similaires.

Le plan d'assaut, car il s'agit d'un assaut pour ne pas laisser le temps à la police de nous bloquer, est minutieusement préparé. Chaque car doit s'arrêter à un endroit bien précis, chaque participant dans le car dispose d'un numéro de rangée et, dans cette rangée, de table, afin que tous, nous nous installions vite et dans l'odre. A l'arrêt du car, les hommes récupèrent une table et deux chaises au hasard et se précipitent pour occuper leur place dans l'ordre, les femmes suivent avec les paniers et installent aussi rapidement la nappe blanche et les couverts (argenterie acceptée) et les coupes et verres (cristal aussi), les bouteilles et les mets.

En 15 minutes, voilà des dizaines de cars qui déversent les participants sur les deux rives des Champs-Elysées. Au terme de ce quart d'heure, trois rangées de tables blanches superbement ornées s'allongent de la place de l'Etoile au Rond-Point des Champs-Elysées. Près de 10.000 personnes en blanc sabrent le champagne (millésimé autorisé), confortablement installées sous les rangées d'arbres et sous le regard ébahi des touristes...et de la police. Pas à dire, ça a de la gueule.

Au cours du dîner, nous faisons connaissance avec les amis de nos amis, les cercles s'élargissent, les plats circulent : foie gras maison des uns contre saumon fumé des autres, salades et plats sophistiqués passent d'une table à l'autre (notre rangée compte 30 tables). Si les chandeliers ont de l'allure, les bougies ont du mal à résister au vent. Plusieurs olas accompagnent cars et curieux qui descendent les Champs-Elysées, parfois en klaxonant en retour.

Champs.jpg

Vers 23h00, des musiciens viennent jouer entre les tables, la foule se lève et commence à danser sur le rythme endiablé de notre groupe cubain. Franchement, ambiance exceptionnelle qui fait oublier le froid de cette soirée (je vous confirme que nous ne vivons pas un réchauffement mais bien un refroidissement climatique !). A minuit, un camion sono avec un groupe rock (en blanc siouplai) vient monter l'ambiance d'un cran. Une partie de l'avenue de remplit d'individus en blanc qui suivent la sono en dansant.

Et puis le coup de sifflet est donné. Les cars sont revenus tranquillement. En cinq minutes, tout le matériel et les restes sont chargés dans les paniers, tout le monde recharge les soutes avec les tables et les chaises et nous quittons les lieux. Une heure du matin, les Champs-Elysées sont vides et propres, comme si rien ne s'était passé. C'est irréel. Vivement l'année prochaine, et un grand bravo aux bénévoles qui ont consacré tant d'énergie à organiser cet évènement réglé au cordeau (sans un centime d'argent public, il fallait que je le place !).

Quelque part se trouve un tabouret blanc perdu dans le mouvement.

vendredi, 21 décembre 2007

Cas Bolufer : fraude dans une totale opacité

Le directeur de Cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, habite un petit 190 m2 coquet donnant sur la chapelle du Val de Grâce. Au lieu de payer 20 à 30 euros le m2, il règle 6.30 euros le m2 à la RIVP, l'organisme très opaque de la Ville de Paris (qui ne gère "que" 43.539 logements à Paris, nettement moins que l'OPAC de Paris qui dispose, elle, de 119.418 logements à très bas prix locatif). Occupant cet appartement depuis 1981, lorsqu'il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, on peut comprendre que le loyer n'ait pas suivi l'évolution du marché. Mais entre les 1.200 euros de loyer mensuel actuel et l'estimation haute de 5.700 euros par mois, notre haut fonctionnaire paye tout de même plusieurs milliers d'euros de moins par mois que le "vrai prix". Soit plusieurs dizaines de milliers d'euros d'avantage en nature defiscalisée par an !

 

Une fois de plus, nous constatons que le monde politique complète toujours les salaires de son personnel (sinon le sien même) par des avantages en nature divers et variés, non imposables et opaques. Si les rémunérations de base ne sont pas satisfaisantes, il faut les augmenter. Sinon, il faut s'en satisfaire. Il existe certainement des talents prêts à faire le même travail pour le salaire proposé. En attendant, le contribuable se rend compte que son argent ne va pas du tout où il le croit, le budget de la protection sociale servant ici implicitement à sur-rémunérer un haut fonctionnaire qui gravite depuis longtemps autour du monde politique.

 

Anecdote agravante, Jean-Paul Bolufer n'a pas hésité à sous-louer son bel appartement entre 1989 et 1996, alors qu’il avait été nommé à Toulouse puis de 1997 à 2007, alors qu’il bénéficiait d’un logement de fonction à Paris comme directeur des Journaux officiels. En tant que contribuable et en tant que responsable politique, j'aimerais savoir quels loyers il a perçu, et s'il les a bien déclarés au fisc. Si la fraude fiscale est lourdement sanctionnée lorsqu'elle concerne un entrepreneur ou une profession libérale, nous sommes en droit d'exiger le même traitement à l'égard de ceux qui vivent de notre argent. Et nous sommes ici en présence d'un risque manifeste. Que la lumière soit faite rapidement.

 

bfabf6d20d50eae8be0f38fb045dfde7.jpgSous la pression de françois Fillon, Christine Boutin a démis Bolufer de ses fonctions. Le président de la RIVP, Pierre Castagnou, a assuré de son côté avoir «engagé une procédure de résiliation du bail» et envoyé pour cela un recommandé à M. Bolufer le 14 décembre dernier, «l’enjoignant de donner sans délai son congé». Un peu tardivement. Une fois de plus, nous constatons que la gestion du parc HLM n'est pas à la hauteur. A Paris, le parc HLM constitue pourtant 17 % de l'ensemble des logements, de quoi loger les personnes les plus en difficulté. Hélas, on imagine bien l'échelle de ce type de fraude et de détournement de son usage social. Je souhaite que la Ville de Paris publie arrondissement par arrondissement le nombre de logements sociaux et, pour chaque logement, la superficie, le nombre de personnes et le revenu moyen sur les 3 années précédentes du foyer fiscal y habitant.

 

C'est dans ces conditions de transparence que les Parisiens pourront être rassurés par le bon usage de notre parc social et qu'un débat sur le mode d'attribution de ces logements, définitif comme aujourd'hui ou sous la forme de bail renouvelable sous condition de ressource comme je le souhaite, pourra avoir lieu sereinement.

 

Note :  « Se trouvent aujourd’hui dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être et se trouvent dans la rue, dans des campings des gens qui devraient y être, notamment parmi les jeunes… Je considère que c’est un véritable scandale… Nous sommes en train de préparer un texte pour mettre en place de véritables surloyers pour ceux qui occupent indûment le parc HLM et qui, bénéficiant de leur rente de situation, se font construire peut-être par ailleurs des résidences secondaires. » . Ce n'est pas une réponse populiste d'un homme politique extrémiste, c'est signé Jean-Paul Bolufer sur France Culture le 22 novembre dernier !

lundi, 19 novembre 2007

Manifestation contre les blocages : un vrai succès

La manifestation de dimanche a été un vrai succès. Pas seulement parce que j'ai enfin pu rencontrer pour de vrai le fameux koz (lire son récit bien fait de la manif), mais aussi parce qu'il y avait foule. 15 à 20.000 personnes ont bravé le froid et l'absence de transports en commun pour exprimer leur colère et leur attente de vraies réformes. Si Europe 1 a ignoré l'évènement, tous les autres médias nationaux ont fait de chouettes reportages sur cette action. Certains aspects un peu poujado trop virulents ont été gommés, et les vraies revendications mises en avant : l'arrêt des blocages, la réforme du syndicalisme et la mise en concurrence des transports publics.

 

Rappelons que non seulement l'UMP n'a pas défendu cette manif, mais qu'Henri Guaino, bras droit de Nicolas Sarkozy, est allé jusqu'à traiter les organisateurs d'irresponsables qui dressaient les Français les uns contre les autres.

 

2bf67b4a11032a6cbc5e182a4cf59bdf.jpgEvidemment, une pluie de mails de soutien est venue dans la soirée. Si vous hésitez à écrire de votre côté, sachez que chaque message fait chaud au coeur. Certaines réactions négatives sont aussi venues, ce qui est sain. L'une d'entre elle m'inquiète toutefois. Un journaliste du Courrier Picard s'est exprimé depuis son mail professionnel, engageant sa rédaction. Sur le plan déontologique, je trouve ça limite :

---------------------------- Message original ---------------------------- Objet:   alternative au libéraux
De:      "MURAZ Daniel" <D...@Courrier-Picard.fr>
Date:    Lun 19 novembre 2007 8:43
À:       info@alternative-liberale.fr
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C'est un scandale, ce matin la page d'accueil de mon navigateur Internet a été PRIS EN OTAGE par un groupuscule ultralibéral et pro-gouvernemental. Après avoir tenté de me glisser en douce des cookies (merci Firefox pour m'en avoir sauvé), il m'a infligé, encore à peine reveillé, une page très agressive m'incitant à aller manifester avec les fans de sarko en burberry's. Alors, MERCI DE ME LAISSER TRANQUILLE. allez faire votre misérable boulot de jaunes à Neuilly. ET LA PROCHAINE MANIF A LAQUELLE JE PARTICIPE, C'EST CELLE DE CE MARDI POUR LA DEFENSE DU SERVICE PUBLIC (une chose que vous ne semblez pas connaître). Et vivement que s'active une alternative aux libéraux.

 

 

Beaucoup plus drôle et, surtout, moins grave. Un premier mail me parvient, un peu maladroit :

---------------------------- Message original ---------------------------- Objet:  
De:      "alain metifeu" <a.m...@numericable.com>
Date:    Dim 18 novembre 2007 20:53
À:       info@alternative-liberale.fr
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UN GRAND N' importe quoi votre manif que 8000 personnes c' est une une goutte de connerie  dans cette lutte
essaye de rappelé aux gens que vous êtes de droite voir plus
vous êtes vraiment des nazes
rien a faire dans ce pays dit de liberté d' expression.
car les acquis sociaux ce n' est sûrement pas vos parents qui les ont gagnes car ils ont fait de drôles d' enfants
réveillez vous !!!!!!!!!!! ils sont tous devenus fous
allez oust dehors !!!!!!!!!!!!

Je me suis alors amusé avec cette pique. Ce n'est pas gentil, c'est même gratuit mais il faut reconnaître que ça détend après une bonne manif :

Hélas, nos parents ont vécu à crédit et c'est notre génération qui paiera la note de leur train de vie et de vos "acquis", surtout acquis sur notre dos. 1200 Milliards de dette publique, 800 Milliards de dette pour la simple retraite des fonctionnaires, et on ne parle pas des retraites du privé.
Bravo monsieur, continuez à défendre ce vol organisé intergénérationnel.

 

 

Quelques mails fusent alors de sa part, du type :

---------------------------- Message original ---------------------------- Objet:   Réf. : Re:
De:      "alain metifeu" <a.m...@numericable.com>
Date:    Dim 18 novembre 2007 21:21
À:       a.veron@alternative-liberale.fr
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de plus pour faire des enfants aussi c.... c' est d' avoir profite de l' argent de la France et de ne pas avoir la bonne éducation la seule raison a votre c..............
de plus c' est bien beau d' être contre mais il faut apporter des   réponses et ça rien de votre part sur le site  

 

 

Je me suis permis de le relancer, sentant bien que j'en tenais un bon, un motivé :

Date : 18/11/2007 21:26:41
Sujet : Re: Réf. : Re:
A lire vos fautes, l'école ne vous a pas bien profité non plus.
Comme vous semblez avoir des problèmes de compréhension élémentaire, je
vais vous guider. Notre programme ("Nos propositions" dans la colonne de
gauche) se trouve ici :
Bonne lecture,


Bingo !
Je découvris ce matin un vrai déluge de mails dont je vous laisse le meilleur :
---------------------------- Message original ---------------------------- Objet:   Réf. : Re: Réf. : Re:
De:      "alain metifeu" <a.me...@numericable.com>
Date:    Dim 18 novembre 2007 21:37
À:       a.veron@alternative-liberale.fr
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excusez moi  mais j' ai un bac plus 5 et de plus je ne me relis pas en vous ecrivant car relisez vous ils y a tellement de sottise dans vos propos  que même un un nouveau nez y perdrait son latin
car moi je ne prends pas le temps de lire des conneries  surtout qui sortent d' un torchon qui ont plus des idées d' un lepen
et autres facho


Et
---------------------------- Message original ---------------------------- Objet:   Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re:
De:      "alain metifeu" <a.m...@numericable.com>
Date:    Dim 18 novembre 2007 22:31
À:       a.veron@alternative-liberale.fr
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abruti vous êtes abrutis vous le resterez
et pour les photes , je t' en merde mon car relis toi t' en fais aussi gros naze j' espère te rencontrer lors d' une prochaine contre manif pour te péter ta gueule de c...
toi et tes camarades c' est vous qui faites rires les français
je serais présent avec mes amis sur le plateau de marc olivier
alors a bientôt
en ce qui concerne votre programme c' est celui d' un grand cirque , non vous avez fait l' école du rire car cela doit être le futur spectacle d' un de nos comique
vous n' êtes qu' un mouton et votre secte vous a bien lavez votre cerveau oups désole vous n' en avez pas
allez dégage tu n' as rien a foutre dans cette vie surtout que tu n' as rien compris a la vie
allez lève le bras droit et salut ton furher de ma part
tu me rappelle trop la secte du temple solaire mais merde suicider vous et ne nous faites pas chier


Du grand art !

mercredi, 07 novembre 2007

Vous êtes tous invités au squat de "La Fontaine Gaillon"

Fin 2006, des militants d'extrême gauche ont forcé et occupé un immeuble inoccupé de la Lyonnaise de Banque au 24 rue de la Banque, juste en face de la Bourse, tout près de chez moi. Ces gens ont manifesté leur bon  goût en investissant cette belle résidence de 1600 m2 sur 6 étages. Etonnant comme le quartier attire cette catégorie de vandales, l'attrait de la Bourse sans doute. D'ailleurs, ils ont déjà tenté au moins une fois de la prendre d'assaut, heureusement expulsés dans l'heure qui a suivi. Depuis un an, personne n'ose d'ailleurs évoquer le coût de ce squat en mobilisation quasi permanente de forces de l'ordre. Peut-être devrions-nous présenter la facture au DAL ?

 

En tout cas, bénévoles au service d'ONG, artistes et militants ont alors pu s'installer durablement dans ce prétendu "Ministère de la crise du logement". Plusieurs familles ont aussi été logées dans ce beau bâtiment, histoire d'atténuer le caractère idéologique de l'opération. Le maire du IIe, Jacques Boutault, s'est bien évidemment félicité de cette victoire contre le capitalisme le plus odieux. Bertrand Delanoë, de son côté, a été plus ambigu dans son soutien à l'opération, malgré sa proximité avec les associations en question. Il faut dire que les municipales approchent et que ça commence à chauffer les habitants du quartier. Surtout que récemment, le squat est ouvert en terrasse avec les fameuses tentes quechua. Et si le bobo aime beaucoup discuter humanitaire dans un bar lounge avec ses potes, il est nettement moins heureux lorsque ses enfants doivent escalader les sacs de couchage ou éviter l'ambiance glauque de ces campements sauvages. Aussi les CRS ont-ils tenté d'évacuer le trottoir encombré plusieurs fois, sans succès. Le soir même, tous les sacs étaient systématiquement de retour. Pire. Nos stars habituelles (Béart, Balasko, Bouquet et Depardieu) sont mêmes venues à la rescousse sans connaître le moins du monde la question du logement. Triste à voir.

 

d8be6c6e3efa77d91ccbade89ab6ddc1.jpgIl est un fait que la gauche aime instrumentaliser les pauvres malheureux pour ensuite dénoncer l'égoïsme de la droite. Le DAL en a fait une spécialité reconnue. Mais parfois, la manip' tourne au drame, par exemple lorsque les relogés brûlent dans un hôtel insalubre. Rappelez-vous l'incendie de l'immeuble du 4 rue du Roi-Doré ou de l'hôtel de l'Opéra qui ont fait 52 morts dont 33 enfants. Comment ne pas trouver criminelles ces associations qui jouent avec la vie des plus fragiles, de clandestins, d'enfants ? Comment ne pas condamner leurs complices du show business qui donnent à ces grandes opérations médiatiques le visage de la bonne foi ?

 

Trois élus UMP que je connais bien, Charles Brun, Christophe Lekieffre et Marie-Noël Bourriot, ont suggéré publiquement à « Madame Bouquet et Monsieur Depardieu » d'offrir « un nouveau point de chute » aux 300 familles, non loin de là, « place Gaillon, coin très sympathique avec beaucoup moins de circulation ». « Surtout, c'est là que vous possédez deux magnifiques restaurants (...) ce qui vous permettrait (...) dans un geste de grande solidarité de les accueillir à votre table ». Place Gaillon propose à ces mal-logés de la verdure, une cantine de qualité et même des voituriers ! L'humour est un peu déplacé, mais nettement moins nocif que les coups de l'association Droit Au Logement (DAL). Il serait temps qu'on arrête de faire pousser la démagogie la plus nauséabonde sur le terreau de la misère. Peut-être ne maitrisons-nous pas tous les enjeux sous-jacents de ces actions bien orchestrées ?

 

Bien que plusieurs pistes de réponse existent, voici la seule question qui me vient à l'esprit devant ces drames bien exploités : qui sait que 16 % des logements parisiens sont des HLM ? Ce chiffre signifie que potentiellement les 16 % les plus démunis devraient bénéficier en priorité de ce parc. C'est largement suffisant en soi. Reste à savoir si leurs actuels locataires ont des revenus qui motivent leur présence en HLM. Débat autrement moins sexy que la construction de nouveaux HLM aux frais des contribuables dont le pouvoir d'achat est déjà bien amoindri par la politique dépensière de l'Etat. Christine Boutin ne semble pourtant pas motivée pour abandonner le terrain de la démagogie, bien qu'elle y soit battue d'avance par la gauche française.

lundi, 03 septembre 2007

A la Pinacothèque, la culture est libre

Il est si rare de voir naître des lieux culturels libres ouverts au grand public que cette ouverture mérite d'être signalée à Paris. La Pinacothèque a récemment rejoint la Fondation Cartier, la Fondation Dina Vierny et la Maison Rouge, entre autres, parmi ces trop rares espaces parisiens émancipés de l'Etat. Errante depuis quelques années, la Pinacothèque lancée en 2003 par le Crédit Agricole s'est définitivement arimée, depuis le 15 juin, au 28 place de la Madeleine. L'exposition inaugurale présente le parcours de Roy Lichtenstein avec de belles pièces. Certes, nous n'atteignons pas la dimension des expos de la fondation Vierny qui, avec de l'expérience et un espace plus vaste, propose régulièrement de magnifiques expos dont certaines m'ont vraiment bouleversé : la gestion étrange de l'espace et les torsions, parfois difficiles à supporter, imposées aux corps par Francis Bacon, l'angoisse prémonitoire des expressionnistes allemands, le style faussement enfantin, mâtiné de vaudou, et finalement assez iconographique de Basquiat que j'ai vraiment découvert là, les fresques érotiques totalement délirantes de Keith Haring... Bref, je vous recommande en passant ce joyau parisien. La Pinacothèque est plus sobre, elle est aussi beaucoup plus jeune. A elle de faire ses preuve maintenant qu'elle est installée.
77c38822bd2112bd1f7baa4cd9e8cc48.jpgIl m'a semblé important de soutenir cette initiative et d'aller faire un tour de l'exposition inaugurale, même si, je l'avoue tout de suite, je ne suis pas fan de Roy Lichtenstein. Ses gros points colorés et ses hachures sur personnages de comics m'apparaissent essentiellement décoratifs (l'insulte suprême pour les intégristes de l'art pour l'art... que je ne suis toutefois pas), réalisés proprement, sans réellement émouvoir. Pour faire bref, prenez les collages du Matisse âgé, une pincée de Picasso, l'iconographie américaine des années 60 et vous avez l'oeuvre de Lichtenstein. Avec certes du talent et de la consistance. Mais la technique de découpage-collage puis reproduction en peinture sur de grandes toiles manque de profondeur (sans jouer sur les mots, puisque Lichtenstein aplanit toute profondeur, comme Matisse, pour n'envisager que 2 dimensions). Bref à côté de Jasper Johns ou de Willem de Kooning, c'est un peu de la soupe.
bb9f4524d3dfc6f7233d028a8077a3df.jpgBon, partant avec un à-priori plutôt négatif, je dois dire que les pièces choisies me sont apparues plutôt séduisantes. Un peu d'érotisme qui m'aurait beaucoup plu ado. Et puis des sculptures séduisantes. Notamment, "Woman, Sunlight, Moonlight", est l'une des quelques pièces qui sortent du lot. Simple et discrète, elle représente un visage de femme abandonné aux rayons du soleil (recto rouge) et de la lune (verso bleu) dont il émane quelque chose de mystérieux et de charnel. Pour l'anecdote, cette sculpture de bronze peint a tout de même vu l'un des 6 exemplaires réalisés vendu 2.1 millions de dollars en salle de vente. Ca vous donne une idée de la côte du grand Roy.

 

 

L'oeuvre qui m'a sans doute le plus remué, c'est "Le Lacaoon". L'une des rares toiles sur laquelle Lichtensteil ose s'aventurer en terrain inconnu pour lui, celui du geste. De ce personnage mythologique accompagné de Prométhée, je ne sais rien et je ne veux rien savoir. Mais cette composition, copiée sur un modèle classique comme la plupart de ses thèmes, est travaillée avec bien plus de liberté que l'ensemble de ses oeuvres un peu convenues. Etait-il amoureux ? Se sentait-il dans une impasse ? En tout cas, il s'est temporairement libéré de ses espaces à deux dimensions, de ses points et de ses hachures répétitives. Hélas, cette exploration du geste accompagnant les collages plus sages marquent une période de quelques années seulement. Dommage.
7eb44b05995fab5665d69766741c5ed0.jpgEn tout cas je le répète : il faut soutenir l'existence de cette fondation et y aller. Et si vous ne voulez pasparticiper aux frais à hauteur des 8 euros de droits d'entrée, vous pouvez voir les photos de fresques poissonnières étonnantes d'Anne-Catherine Becker-Echivard pour seulement 3 euros. Scènes de vie de poisson dans des mises en scènes très soignées (observez bien le détail, c'est très étonnant), sur des couleurs parfois bonbon-fluo très contrastées. On pourrait trouver l'ensemble un peu gadget, l'artiste parvient pourtant à donner, avec un humour subtil, du mouvement et une âme à l'ensemble. Chaque photo nous présente des comédiens qui racontent une histoire. Que ce soit en s'engueulant parfois, en vivant une aventure digne de Jules Vernes ou tout simplement en déjeunant au bistro. Décidément, il y a vraiment de la vie dans ces têtes de poisson qui, il faut le souligner, sont habillées avec beaucoup d'imagination et de talent dans ces compositions rigoureuses.
Allez, ce n'est qu'un début. Cet automne, Roy Lichtenstein cèdera la place à un artiste d'une envergure incomparable (à mon goût), et certainement moins conventionnel : Chaïm Soutine. Les rares oeuvres que j'ai vues de lui m'ont toujours secoué. Tout y est déformé avec une matière épaisse, presque torturée sous la main de Soutine. Portraits, pièce de boeuf (très inspirée de Rembrandt) ou paysages, le prisme Soutine déforme tout et recompose un univers nerveux, certainement angoissé.

Je suis impatient de découvrir les oeuvres que la Fondation présentera aux amateurs qui se déplaceront. A suivre.

mercredi, 22 août 2007

A quand un accord entre Delanoë et Chavez

e1401828d04f03d4343ea6320e109a85.jpg"Ken le rouge" l'a fait, pourquoi par Delanouille ? La gauche française s'est toujours sentie proche des tyrans les plus populistes tels que Castro. Aujourd'hui, sa branche parisienne devrait imiter Londres et tendre la main au Venezuela, pays que son dictateur de président juge suffisamment riche pour en distribuer dispendieusement les richesses aux "amis". 

 

A quand des bus RATP alimentés par l'entreprise d'Etat "Petroleos de Venezuela", des passes "Navigo" estampillés "Subventionné par le Venezuela". Londres a pu se faire offrir 23 millions d'euros annuels par Chavez. Paris devrait parvenir à un cadeau dans ce genre en lui déroulant le tapis rouge...pardon rose. L'argent du pétrole nourrissant essentiellement la corruption au Venezuela, ces dons n'ont aucun effet sur le quotidien déplorable des Venezueliens.

 

Par rapport aux spots télé ciblés, horriblement coûteux, ce "coup" apporte au dictateur sud-américain une publicité bien plus efficace ! Cette remarquable innovation dans la communication des dictateurs devrait faire des émules. Demain, peut-être verrons-nous aussi la Corée du Nord ou l'Iran offrir pareils bonus aux défenseurs de l'altermondialisme.

mardi, 19 juin 2007

Le père dela-Noël livre des vélos aux Parisiens

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Depuis le 13 juin, Decaux lance sa grande campagne de promotion du Vélib'. Le 15 juillet, soit une petite année avant les municipales, Delanoë compte offrir le vélo quasiment gratuit aux Parisiens et aux touristes de passage. Bientôt, 14.000 vélos (20.600 d'ici la fin de l'année) seront disponibles partout à Paris (voir carte), fixés à 750 stations (1.451 d'ici la fin de l'année) en libre-service 7j/7 24h/24 installées tous les 100 à 270 mètres. L'objectif : inciter les clients à utiliser ces vélos pour les déplacements courts, afin d'optimiser la rotation des vélos aux bornes. Le fonctionnement (voir présentation) est simple :

  • Au choix : abonnement annuel (29 euros), hebdomadaire (Ticket 7 jours à 5 euros) ou quotidien (Ticket 1 jour à 1 euro)
  • Caution sous forme de prélèvement pré-établi (vous ne payez pas immédiatement mais uniquement lors d'un incident, par exemple si vous ne rapportez pas le vélo au bout de 24 heures)
  • La première demi-heure est gratuite, de quoi traverser Paris d'est en ouest à un bon rythme. Sur des durées supérieures, ce sera 1, puis 2 puis 4 euros par demi-heure supplémentaire. Ou alors vous pouvez déposer votre vélo à une borne, installez-vous à une terrasse de café 5 minutes pour souffler et boire un coup, et reprendre un vélo gratuit pour 30 minutes

Vous prenez votre vélo à une borne avec votre carte d'abonné, et le rangez sur une autre borne à votre convenance. Pas plus difficile que ça...en espérant que certaines bornes ne seront pas vides (en haut de Montmartre) et d'autres pleines (en bas de la butte par exemple). Aussi un camion s'occupera-t-il d'équilibrer le taux d'occupation des bornes la nuit. Petit détail : nombre de places de stationnement ont sauté, 200 pour certains arrondissements, 2 % du parc global selon d'autres.

 

Pour le contribuable parisien, le coût se réduit à l'investissement initial probablement lourd (estimation difficile à obtenir), pour construire ces stations et les raccorder à EdF. En échange, la Mairie de Paris pourrait recevoir 18 millions d'euros par an de revenus grâce au Vélib' ! Voilà une solution gagnant-gagnant pour le contribuable, les clients et l'entreprise, partenaire historique de la Ville de Paris : JC Decaux.

Le prix des vélos, le fonctionnement des stations et l'entretien général seront assurés par Decaux selon un cahier des charges exigeant. En échange, Decaux ne conservera que 1.600 panneaux publicitaires au lieu des 2.000 actuels. Estimation des recettes publicitaires annuelles : 50 millions d'euros. Un peu de pub, beaucoup de vélos ! La Mairie toucherait une redevance annuelle supplémentaire de JC Decaux de 15 millions d'euros sur 10 ans, soit, en plus des 2 millions actuellement versés par Decaux, un total annuel de 3.5 millions d'euros selon Challenge, le journal qui soutient activement Delanoë.

En plus, la Mairie conserverait l'essentiel des revenus de Vélib', abonnements et demi-heures supplémentaires. L'estimation de ces recettes tourne autour de 25 millions d'euros. Pour terminer cette cuisine complexe, un budget serait retrocédé à Decaux en fonction du chiffre d'affaire de Vélib et des panneaux publicitaires, environ 9 millions d'euros par an dans ces estimations. Il resterait environ 20 millions par an pour la Mairie, dont 18 millions au titre de Vélib ! De quoi amortir rapidement l'investissement initial. je suis impatient de voir le résultat.

 

Toutefois, Laurent J. Masson, dans MoteurNature, pose une bonne question concernant ce qu'on ne voit pas :

Est-il normal qu'une municipalité lance une activité commerciale qui vienne concurrencer les entreprises locales de manière déloyale, puisqu'elle se dote de facilités auxquelles elles n'ont pas accès ? Nous avons identifié plus d'une dizaine de loueurs de vélos à Paris, ces petites entreprises n'ont pas le droit de mettre des vélos sur la voie publique, à disposition immédiate par carte bancaire. Ils n'auront pas non plus la chance d'être associé à Velib', qui est bien au-delà de leurs capacités, même tous réunis. L'exploitant est une grosse entreprise unique, JC Decaux.

lundi, 18 juin 2007

Merci Jean-Louis Borloo

En lançant brutalement l'idée de la TVA sociale à quelques jours du 2nd tour des législatives, Borloo est parvenu à stopper net le tsunami bleu. Le pari était difficile, presque infaisable. Borloo l'a fait, et avec quel talent ! La 1ere circonscirption de Paris est ainsi restée solidement ancrée à gauche : Martine Billard réelue haut la main avec 54.25 % des voix, soit un écart de plus de 3.000 voix ! Désespérant. Pire, si les verts s'alliaient vraiment avec le PCF pour former un groupe parlementaire, je serais sous la coupe d'un élu déjà profondément anticapitaliste mais en plus complice des communistes. Dur à avaler pour un démocrate libéral !

 

Constat : à juger la paleur du bleu des résultats, le succès est bel et bien rose, bien plus vif depuis hier soir. Paris s'enfonce un peu plus dans le rose-vert, avec des municipales bien mal parties pour la droite. L'année prochaine, le PS sera en position de force partout en France pour prendre des mairies à une droite encore incohérente. Peut-être même ce demi-échec empêchera-t-il au PS de faire sa mue de printemps à lui ? Si l'UMP dégrise, elle n'ose encore choisir entre un gaullisme dirigiste protectionniste et une tendance plus social-démocrate qu'incarne actuellement l'UDF. En tout cas, pas de libéraux dans le bleu de l'horizon.

 

Comment expliquer une telle erreur ? La TVA sociale, bien qu'en étant un impôt protectionniste injuste, méritait de poser les termes d'un débat important : certaines dépenses de la protection sociale doivent-elles être assisses sur les salaires ? Mais dans l'esprit des électeurs, le message était plus prosaïque : loin de réduire le poids des charges, l'Etat allait transférer leur poids inchangé sur la consommation. Silence, on dépense... Manifestement, la tonte passe de moins en moins bien.

 

Allons, quelques points positifs : Carignon, Klarsfeld et Juppé sont battus. Et peut-être même que Borloo sera viré ou muté à un poste moins sensible que le sien. Je crains toutefois que nous ne retrouvions la belle mais vénéneuse Nathalie Kosciuscko-Morizet au gouvernement. Bref, nous savons quels talents nous perdons, nous ne savons pas qui nous récupèrerons en échange.

jeudi, 07 juin 2007

Les urbanophiles

Vous êtes certainement nombreux à subir l'atroce rhume des foins de mai-juin. Comme chaque année, les yeux rougis qui picottent, la gorge qui pique et le nez qui coule entre deux éternuements. A Paris, on supporte encore, mais un week-end à la campagne et il vous faut trois jours de bitume absolu pour reprendre goût à la vie. Surtout, ne vous allongez pas dans l'herbe !

 

Ceux qui me suivent, accrochés à leurs boites d'antihistaminiques, apprécieront l'humour très décalé de cette pub bien conçue pour l'Auvergne : lesurbanophiles.com

Est-ce vraiment du second degré ?  En tout cas, ne ratez pas leur blog : citemoignages.com

vendredi, 25 mai 2007

Les Halles : le combat continue

Depuis le milieu des années 70, lorsque le quartier des Halles a été reconstruit sous l'égide la SEM Paris Centre (détenue à 80 % par la Mairie de Paris et présidée par un élu PS au Conseil de Paris), l'ensemble des infrastructures a souffert d'un succès populaire qui a entrainé leur usure rapide. Un certain nombre d'erreurs de conception exigeait une vraie rénovation d'ensemble :

- Les pavillons imaginés par l'architecte Jean Willerval ("parapluies"), outre leur dessin contesté dès l'origine et très daté, sont attaqués par la corrosion. Leurs recoins sont inadaptés à un des sites les plus passants de Paris (sécurité, déchets, urine...). Leur entretien est difficile et coûteux. Leurs terrasses présentent des problèmes d'étanchéité. Ils abritent des équipements pour lesquels ils n'étaient pas faits (conservatoire dans ce qui devait être une serre...)

- Les accès aux transports collectifs sont insuffisants. L'essentiel des passages se fait par un escalier roulant unique, très "anxiogène", pris d'assaut aux heures de pointe.

- La salle des échanges de la gare RER est malcommode: il est difficile de s'y orienter, avec des correspondances (3 RER, 5 métros) complexes. Les conditions d'évacuation doivent être mises aux normes, comme le désenfumage. L'accessibilité aux personnes handicapées, âgées ou avec enfants est à revoir.

- Morcelé, le jardin offre des cheminements compliqués, barrés par le "cratère" du premier forum. Il n'offre que 44% de surface végétalisée praticable. L'état phytosanitaire de certains arbres est médiocre. Des problèmes d'étanchéité se posent entre dalle et sous-sol.

- Le nouveau Forum est totalement détaché de la vie du quartier.

- Les accès et sorties des voies souterraines - par ailleurs sous-utilisées - sont autant d'obstacles pour les piétons et vélos.

 

La mairie de Paris a donc lancé le chantier dès 2002 en partenariat avec la Région Ile de France et sous la responsabilité du Département de Paris. Avec autant d'instances différentes, le chaos était assuré d'avance. Mais Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France surtout fameux pour ses frasques récemment condamnées par la Justice, nous l'a annoncé clairement : Chaque année, 41 millions de visiteurs dont 25 millions de Franciliens fréquentent cet espace central du commerce et du tourisme régional. Le coeur populaire et cosmopolite de l'Ile-de-France, échangeur unique des réseaux RER, métro et bus, constitue, pour les usagers des transports publics, l'une des principales portes d'entrée dans notre région.

 

3ceb98c162e5b183e5d5baaff1d1d0bb.jpgEn bref, taisez-vous Parisiens ! Cette affaire ne regarde ni les propriétaires des Halles (notamment Unibail, propriétaire de la Galerie Commerciale), ni les riverains qui vivent autour de cette zone, ni les commerçants qui animent tout le quartier. Non, cette affaire regarde des élus qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise mais qui se voient grands urbanistes de notre belle cité. Heureusement, certains élus et associations de quartier ont réagi pour exprimer leur insatisfaction.

 

 

Car pendant que Delanoë nous annonce que : Parce qu'il s'agit d'un enjeu pour tous, une grande concertation est menée avec les habitants et les usagers, les Parisiens attendent toujours la concertation annoncée. Pour le moment, un concours international a été lancé sur un cahier des charges trop flou. Résultat : le projet le moins "exotique" a été retenu sur une base minimaliste. Rien d'enthousiasmant pour les riverains, pas plus que pour les commerçants ou Unibail. Tout le monde est déçu. Surtout, tout le monde a le sentiment de s'être fait berner par le maire de Paris. Mon adversaires aux législatives, le maire UMP du Ier arrondissement Jean-François Legaret, est le seul à avoir une idée précise sur le dossier. Il n'hésiste pas à évoquer un choix “en creux”, un choix minimaliste, un choix frileux. Je le rejoins au moins sur ce jugement.

 

Récemment, Yves Contassot a annoncé que le projet était enfin définitif après une large concertation. Les associations ont immédiatement réagi à cette manipulation grotesque : 

L’association ACCOMPLIR n’est pas la seule à protester contre ce coup de force qui tourne la concertation en dérision. Plusieurs autres associations ont adressé des textes de protestation au Maire de Paris : l’Atelier des Halles, l’Association Châtelet-les Halles, le conseil de quartier des Halles, le Comité Lalanne, le groupe interassociatif des Halles, le collectif Parole des Halles. Toutes ces contributions sont en ligne à partir de la page d’accueil du site www.accomplir.asso.fr.

 L’Association ACCOMPLIR va continuer à se battre, comme elle le fait depuis quatre ans, pour la préservation d’un jardin de qualité aux Halles, ce qui passe par la correction des dysfonctionnements, la rénovation de ce qui a vieilli, et un meilleur dessin des circulations, mais certainement pas par une opération table-rase que rien ne justifie, qui aura un coût exorbitant et va priver arbitrairement les usagers grands et petits de tout ce qu’ils aiment et qui fonctionne bien dans ce jardin.

 

Trop d'acteurs, un dossier trop politisé et l'absence de concertation ont abouti à ce gâchis de temps et d'énergie. Pour le moment, rien n'est joué parce qu'aucun projet réellement satisfaisant n'a pu émerger de cette confusion des genres. Espérons que les municipales de 2008 ne constitueront pas une occasion de plus de saccager le travail des associations de riverains et de commerçants du quartier, d'Unibail et des acteurs DIRECTEMENT concernés.

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