vendredi, 04 juillet 2008

La libéralisation avance, lentement mais sûrement

Aujourd'hui, deux petites informations nous rappellent que derrière le rideau d'informations superficielles, le pays continue à se moderniser. Lentement mais sûrement. Grâce à l'Europe, Air France et Veolia vont faire rouler leurs propres TGV sur le Réseau Ferré de France et d'autres réseaux européens. A quand des RER privés en Ile de France ? La Poste réflechit (conseillée par Rotschild ET Baker & Mc Kenzie !) à un changement de statut pour affronter la concurrence en 2011. D'un statut d'entreprise publique, elle passerait à celui de simple société anonyme. Alors que les Français se demandent encore si la concurrence dans le rail est concevable, le monopole tombe sous la pression européenne. La Poste, privée, aura le même statut que la Poste suédoise qui l'est depuis plusieurs années avec succès. Très naturellement, les Français vont découvrir les charmes de la concurrence dans ces secteurs qui leur semblaient des bastions nationalisés indéboulonnables. Si la SNCF a su évoluer à la pointe des progrès technologiques depuis la naissance du TGV (sans doute à cause de la concurrence rude avec l'avion), les français vont découvrir que la Poste aussi peut innover et être à l'écoute des "usagers" devenus de vrais clients.

Finalement, le marché aura gagné sans coup férir. Pendant que nos médias se passionnent pour "les montres à 50.000 euros" du Président, pour Carla ou pour la libération formidable (merci Alvaro Uribe, dissident du Partido Libera Colombiano) d'Ingrid Bettencourt, la concurrence s'installe partout, grignotte les espaces étatisés en silence. Le consommateur s'y retrouve, le citoyen comprend de moins en moins bien le rôle de l'Etat dans cette évolution. Et c'est bien ainsi, l'Etat est voué à ne plus intervenir dans le marché pour mieux se centrer sur ses missions régaliennes, elles-mêmes en voie d'être concurrencées par des prestataires privés, commerciaux (dans le secteur de la sécurité par exemple) ou associatifs.

mercredi, 25 juin 2008

Tournée générale !

Le président de la République et le Gouvernement ont mis en place, depuis juillet 2007, une série de mesures pour initier et accompagner un mécanisme vertueux de relance du pouvoir d’achat.

Quelle chance de pouvoir profiter de cette générosité évidente, nous, simples citoyens qui poussons parfois l'ingratitude au point de la nier. Et pour convaincre les derniers sceptiques, le gouvernement n'hésite pas à débourser 3.3 millions d'euros en campagne publicitaire dans une perspective purement...pédagogique. Il faut dire qu'en 2007, pendant que notre pouvoir d'achat grimpait correctement, Nicolas Sarkozy n'a cessé de nous inquiéter sur ce thème et de nous promettre de nous le remonter dare-dare. Cette année, le pouvoir d'achat a vraiment plongé vers le zéro pointé avec la hausse des prix de l'essence et de l'alimentation, et les Français commencent à avoir des raisons de s'inquiéter.

Pourtant, le fond du discours de la majorité, comme celui de l'opposition, fait sourire (ou plutôt pleurer) par sa (fausse) naïveté. Certes, le programme est séduisant : Gagner plus - Dépenser moins - Payer moins d'impôts - Etre soutenu. Quatre fois oui. Dans le détail, on retrouve la trop fameuse technique du rebouchage de trous...en creusant d'autres trous. Cette activité serait sans risque sans ses effets secondaires douloureux, ce que le gouvernement refuse hélas de comprendre.

Exemple typique de fausse bonne idée, le dépôt de garantie locative réduit de 2 à 1 mois. Plus une réduction de l'index d'augmentation des loyers. Formidable pour les locataires. Mais une fois de plus, l'intrusion de l'Etat dans la sphère privée aura des conséquences négatives, en l'occurrence sur le marché du logement. Comment ne pas comprendre que les propriétaires exigeront deux fois plus de garanties, quand ils ne laisseront pas tous simplement vide(s) leur(s) bien(s) compte tenu du rapport rendement/risque. En protégeant arbitrairement les uns au détriment des autres, le gouvernement prend le gros risque de perturber biendavantage le marché locatif semi-libre déjà très tendu [correction suite à la très juste remarque de Mateo].

En face de cela, la réduction sensible des droits de succession et le bouclier fiscal vont dans le bon sens, même si nous étions en droit d'attendre un peu plus d'ambition, ainsi qu'une refonte des 486 niches fiscales dont la plupart méritent de disparaître. Bref, voilà un triste résumé de la politique gouvernementale : incohérente, fourmillant de mauvaises idées parmi lesquelles surnagent quelques bonnes mesures. Espérons que ces dernières suffiront à relancer la machine et à améliorer notre qualité de vie. Autant allumer un cierge pour le salut des Français, ou aller méditer sur le talent d'Alain Ducasse au Jules Vernes.

vendredi, 20 juin 2008

Pétrole, pompe à nationalisation ?

Cette année, les producteurs de pétrole vont recevoir plus de 3 Trillards de dollars. Oui, vous avez bien lu : 3.000.000.000.000 dollars en un an ! Or, 85 % de ces revenus vont directement dans la poche d'Etats qui possèdent les réserves d'or noir. Les concessions privées, elles, en sont réduites à partager les miettes avec le risque permanent de nationalisation brutale comme en Russie ou au Venezuela. Cette manne constitue une redistribution de richesses des consommateurs vers ces Etats, permettant à ces derniers de se constituer des réserves financières bien plus importantes que les réserves de change de pays exportateurs comme la Chine (je ne parle pas de la bonne blague consistant à tranformer notre bonne vieille Caisse des Dépôts en fond souverain).

Les Fonds Souverains ont surtout pris de l'ampleur depuis 2000 avec la hausse des cours du pétrole. Aujourd'hui, on estime leur richesse entre 3 et 3.5 Trillions de dollars (difficile d'avoir un chiffre affiné dans les marchés volatiles actuels), avec un taux de progression  deux chiffres tous les ans, en plus d'environ 7 Trillions de dollars placés dans d'autres types de supports. Avec 10 Trillions de dollars en poche, ces institutions publiques sont d'une grande prudence. Elles mesurent bien le risque de voir la pression d'un gouvernement ou de l'opinion publique se retourner contre eux. Comme en 2006, lorsque l'Emirat de Dubaï a dû revendre à AIG les 6 ports achetés américains au groupe anglais P&O devant l'ire poulaire aux Etats-Unis. 

Depuis le début de la crise des subprimes, l'ambiance a bien changé. Les banques en difficulté font toutes appel à ces fonds publics pour venir à leur rescousse, mais ceux-ci se font bien prier tant ils craignent, et pas forcément à tort, de se retrouver otages des gouvernements des pays consommateurs lorsque l'environnement économique aura retrouvé des couleurs.

Pour un libéral, la question du traitement de ces fonds souverains est intéressante. Lutter pour les privatisations et traiter les fonds souverains comme des fonds privés pose une contradiction bien embarrassante. Devons-nous limiter leur action les laisser prendre possession progressivement de secteurs insidieusement nationalisés ?

Il est vrai qu'avant de se poser cette question, nous devrions déjà nous attaquer à notre gouvernement qui se goinfre avec les 25 Milliards d'euros de TIPP et 7 Milliards d'euros de TVA sur l'essence que 8 ménages français sur 10 lui versent chaque année. Et puis en France, nous ne devons pas parler de fonds souverains, mais plutôt de puits sans fond souverains.

mercredi, 18 juin 2008

Les 35 heures en fin de vie

Xavier Bertrand a des convictions. Il en a même à revendre tant il en déborde. Un jour, il défend les 35 heures avec presque plus d'ardeur que Martine Aubry. Dix jours plus tard, il nous explique avec la même conviction qu'il met en oeuvre la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy de défaire le carcan des 35 heures. Du grand Xavier Bertrand ! En tout cas, l'essentiel est là : les 35 heures sont en train de glisser subtilement vers la sortie. Les syndicats n'en croient pas leurs yeux : Nicolas Sarkozy, plus malin qu'eux, les a pris à leur propre jeu.

En avril, le Medef, la CGPME, la CGT et la CFDT avaient adopté une "position commune" sur la possibilité de fixer par des accords d'entreprise, à "titre expérimental", les modalités de dépassement des contingents d'heures supplémentaires. Un tout petit pas au sein de l'usine à gaz de la défiscalisation des heures supplémentaires. En douce, le gouvernement est allé bien au-delà de cette position timorée. Et nos syndicats ont autant de souffle que de crédibilité, c'est à dire aucun. Leurs appels à la grève ne prennent même plus.

Un projet de loi est présenté en Conseil des ministres qujourd'hui pour autoriser toute entreprise à déroger aux 35 heures avec l'accord des organisations syndicales représentant plus de 50 % des salariés. La mesure libère non seulement le temps de travail en douceur, mais elle offre une approche prometteuse de la réforme du Code du Travail. Cet avant-projet de loi permettrait de généraliser les accords d'entreprise dérogeant aux réglementations du travail, faisant enfin primer la négociation et le bon sens sur l'arbitraire et l'absurde.

Après la réforme profonde de l'assurance chômage, ce sont plusieurs mesures positives qui ont été mises en place et dont nous verrons bientôt les effets positifs. Parmi les incohérences de la politique Sarkozy, il y a heureusement un peu de lueur d'espoir.

samedi, 14 juin 2008

La banque mise en accusation

Si les banques résistent bien dans l’ensemble à la crise des subprimes, plusieurs d’entre elles se sont tout de même retrouvées en grave difficulté. Effrayés par le risque d’une crise systémique, les Etats et les banques centrales n’ont pas hésiter à les rattraper par leur intervention directe. Ainsi Bear Stearns a-t-elle été bradée sans ménagement par la Federal Reserve en un week-end, et Northern Rock sauvagement nationalisée par le gouvernement anglais. Ces interventions nous empêchent de savoir quelles auraient été les conséquences d’une faillite bancaire, comment auraient réagi le monde bancaire dans cette situation.

Je persiste à penser que le laxisme monétaire des banques centrales est en partie à l’origine de la crise des subprimes.  Cela rend d’autant plus choquante l’intervention du président de la Fed de New York, Timothy Geithner, lorsqu’il exige de réglementer davantage le système bancaire, déjà excessivement encadré (notamment avec Bâle II en train de se mettre en placE). Au moins a-t-il trouvé là un moyen efficace de se défausser de sa propre responsabilité personnelle sur un bouc émissaire bien pratique. La critique du monde de la finance est incomparablement plus populaire que celle des erreurs des banques centrales,  trop technique et abstraite. Au lieu de voir les avantages remarquables que nous devons aux banques et à la finance en termes de prospérité et d’allocation efficace des ressources, le grand public en garde une mauvaise image.

Les politiques ne sont pas en reste. En dénonçant le « monstre » qui doit être « remis à sa place », le président de l’Allemagne, Horst Köhler, tente même de nous faire oublier l’état de délabrement avancé du système bancaire allemand…univers opaque où la connivence règne parfois, sous la tutelle des Länders (IKB, Landesbanks). Cette surenchère démagogique est plus surprenante dans la bouche d’Angela Merkel qui m’avait habitué à davantage de courage politique. Sans doute dénonce-t-elle « la régulation à l’anglo-saxonne » pour se refaire une santé dans les sondages au moment où la coalition CSU-CDU/SPD est proche du point de rupture.

Bref, ce petit monde veut faire le travail des banques à leur place, augmenter les réglementations dont nous savons qu’elles ne feront que diminuer la rentabilité des banques et freiner l'innovation sans diminuer les risques encourus. Des politiques vont même jusqu'à proposer la création d'agences de notation publiques, comme si une entité publique allait être plus performante dans l'évaluation de risques nouveaux. C'est bien connu, les institutions publiques excellent dans l'art de la gestion et de l'anticipation ! Plus sérieusement, il est important de se ppeler que la prise de risque et l’accompagnement du risque sont au cœur du métier des banques, c’est pour cela qu’elles ont tant contribué à la croissance des pays occidentaux. Revenir sur ce principe constitue un retour en arrière et, pire sans doute, une menace pour notre richesse future.

L’effet de ces interventions, si elles devaient se concrétiser, m’apparaît doublement pernicieux. Ainsi protégées des conséquences de leurs erreurs, forme insidieuse de déresponsabilisation, le monde de la banque se retrouve à la merci de ses sauveteurs. Les banques savent qu’elles ne risqueront plus la faillite, ce qui pourrait les inciter à prendre de nouveaux risques inconsidérés à l’avenir. Par ailleurs, elles se retrouvent soumises à une tendance hyper-régulatrice qui pourrait menacer non seulement leur modèle économique, mais aussi la croissance des pays économiquement avancés.

mercredi, 04 juin 2008

Les junkies du pétrole se rebiffent

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Le Grenelle de l'Environnement a soulevé l’enthousiasme populaire en proposant de faire payer l'énergie au prix fort. La hausse spectaculaire du prix du pétrole nous a tout de suite fait passer à la pratique. Et là, tout le monde déchante. Au point que les professions "protégées", qui ne payent pourtant pas de TIPP comme vous et moi, ont l’indécence de réclamer leur dose de subventions. Difficile d'accepter qu'il n'y a rien à faire.

Alors le gouvernement arrose pour éviter la question principale, celle de la reconversion des métiers menacés : quelques centaines de millions d’euros pour l’achat du fuel à la cuve, pour les marins pêcheurs. Demain, taxis et routiers passeront à la caisse retirer leur chèque. Avec quel argent ? Celui des Français bien entendu, et des 32 milliards d'euros de TIPP et de TVA qu'ils payent chaque année à la pompe. Le peuple gronde contre le marché et l’Etat joue les sauveurs alors que la charge fiscale représente toujours deux tiers du prix de l’essence, quelle belle manipulation de l'opinion !

Premier bouc-émissaire de la gauche : Total. Elle propose de prélever une taxe exceptionnelle sur ses profits prétendument "indécents". Non seulement son activité est respectable et déjà fort rentable pour l’Etat français, mais elle est aussi essentielle au bon fonctionnement des économies occidentales. Alors que le groupe déclare déjà une charge d’impôt de plus de 13 milliards d’euros, il ce vol pur et simple des actionnaires est d'une démagogie consternante. Delanoë, réagis ! Personne n'ose rappeler que l’Impôt sur les Société que le groupe verse en France couvre des bénéfices réalisés à 90 % hors de France. Voulons-nous voir Total suivre l'exode annuel de nos talents et délocaliser son siège social dans un pays plus respectueux de la règle de la loi ?

Et puis on attaque la vile spéculation alors que les experts savent pertinemment qu'elle ne joue qu'un rôle mineur dans la crise actuelle. Arrêtons d'appeler "spéculation" les mêmes comportements que nous appelons "investissements" lorsqu'ils nous arrangent. Les liquidités massives libérées par les banques centrales pour  amortir la crise des subprimes ont certainement facilité le report de capitaux sur ce marché, amis pas suffisamment pour expliquer le mouvement actuel qui vient notamment de la forte demande asiatique.

 

Comment expliquer la hausse actuelle ? Les stocks restent importants, nous savons qu'il existe encore de vastes quantités d'énergies fossiles à découvrir. Il faut chercher les raisons du pic actuel ailleurs.

D'abord, l'offre est soumise à des contraintes physiques de capacité d'extraction et de raffinage, et à des complications géopolitiques. Quand on sait que 85 % des énergies fossiles appartiennent à des Etats souvent instables, on comprend mieux quels acteurs peuvent perturber le marché. Ensuite du côté de la demande, 50 % des consommateurs de pétrole dans le monde l'achètent à un prix subventionné. Ils ne reçoivent pas le vrai signal du prix réel qui les incite à ajuster leur comportement lors de tensions entre l'offre et la demande. Heureusement, plusieurs de ces pays sont en train de revoir ou de supprimer ces subventions coûteuses. Le dilemne du citoyen contribuable-consommateur apparait bien dans ce cas de figure. En tout cas, le renchérissement mécanique du pétrole devrait calmer leur ardeur à l'achat. Parallèlement, le moment n'est sans doute pas opportun pour relâcher la pression fiscale sur notre propre consommation, afin de ne pas envoyer un message clair aux pays producteurs en ce moment précis. Ceux-ci seraient alors bien tentés d'anticiper une hausse de la demande des pays riches pour justifier une hausse supplémentaire...

 

En revanche, la question de la taxe colossale de la TIPP reste posée à terme. Initialement conçue pour favoriser le diesel et les petites cylindrées françaises face aux méchants industriels américains de l'automobile, elle pénalise lourdement le pouvoir d'achat des 8 ménages français sur 10 qui ont une voiture. Mais l'Etat sera-t-il capable un jour de réduire sa dépense comme il l'exige des ménages ou des entreprises par les charges qu'il leur prélève ? En attendant, il ne peut se passer de cette manne récurente.

Dans un mois, six mois ou un an , la demande de consommateurs assagis par la fin des subventions pourrait contribuer à faire refluer le prix du Brent.  En attendant, l’argent du pétrole alimente un certain nombre de fonds souverains, notamment ceux qui viennent au secours des banques occidentales fragilisées par leurs investissements dans les subprimes. Le pic actuel a au moins cet effet inattendu de redistribution des richesses (peut-on parler de nationalisation partielle ?).

 

Cette crise a enclenché un processus beaucoup plus important et durable. Le niveau actuel du prix des énergies fossiles et l’incertitude que la crise a fait naître accélèrent la recherche pour produire et stocker des énergies nouvelles : biocarburants, solaire, nucléaire de Xeme génération, thorium, hydrogène, piles... On prévoit déjà une division par trois ou quatre du prix de l'électricité produite par des piles photovoltaïques dans les prochaines années, ce qui la rendrait enfin compétitive pour une production à grande échelle. Les projets de véhicules motorisés roulant avec moins, ou sans essence ou gazole, se multiplient et avancent vite.

Bref, qui sait si la consommation d'énergies fossiles ne sera pas marginalisée demain ?

 

 

lundi, 19 mai 2008

Chinafrique, vers l'intégration de l'Afrique dans la mondialisation

518006134.jpgL'année dernière, j'avais signalé que l'Afrique attirait de plus en plus de ressources, capital humain aussi bien que financier, non plus seulement pour ses matières premières mais pour son potentiel intact de développement économique. Fonds et entreprises hésitent de moins en moins à investir sur ce continent qui s'est coupé trop longtemps du mouvement de mondialisation.  Deux journalistes ont passé un an en Afrique pour étudier cette tendance de près. Serge Michel, correspondant du Monde pour l’Afrique de l’Ouest, et Michel Beuret, du magazine suisse L’Hebdo, publient une enquête de 350 pages sur la présence chinoise en Afrique. Dés le 20 mai, jour de parution de cette étude, je vous recommande de faire comme moi et de courir chez votre libraire pour vous plonger dans la lecture de cette étude.
 
Ils avacent, citant plusieurs sources, qu'il y aurait 500.000, 750.000 ou 1 million de Chinois installés sur le continent africain, sans que personne ne sache trop bien l'ordre de grandeur exact. Seule certitude : "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !". 
 
Le Monde daté du 20 mai termine un bel article sur le sujet ainsi : "De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)"
 
Les fonds d'investissement suivent ce mouvement, les capitaux continuent à affluer dans la perspective de valoriser le capital humain jusqu'ici inexploité. Serait-ce la fin de la marginalisation de ce continent maudit ? Lorsque ses dirigeants comprendront qu'aucune richesse n'égale le capital humain, que l'état de droit, le respect de la propriété privée et la libre circulation des biens et des capitaux favorisent un développement économique et le recul de la pauvreté endémique, le continent aura franchi une étape importante. Restera à circonscrire les conflits meurtriers que la FAA a du mal à gérer aujourd'hui.

mardi, 29 avril 2008

Le rail se privatise

Imaginons une compagnie nationale de chemins de fer dont le patron attend avec impatience la privatisation de son entreprise. Loin des clichés sur l'échec du modèle anglais, compréhensible vu le contexte de l'époque, le public est même déçu d'apprendre que seulement un quart de l'entreprise sera mis en vente au lieu de la moitié attendue. Le marché est enthousiaste. Ce scénario n'est pas une illusion mais bien la réalité.

 

Ce n'est pas Guillaume Pépy qui trépigne de voir la SNCF partiellement privatisée, ni Nicolas Sarkozy qui a annoncé cette nouvelle avec enthousiasme. Non, cela ne se passe pas en France... enfin pas encore. Il s'agit de Wolfgang Tiefensee, patron de la Deutsche Bahn, et Angela Merkel. Le SPD plaide pour ne pas aller plus loin, mais la CDU-CSU veut aller à 49 % rapidement. Autant dire que le projet avance vite.

 

Certes, cette introduction de la DB n'est pas la panacée. Les 34.000 kilomètres de voies ferrées restent aux mains de l'Etat allemand, sans qu'une séparation nette existe entre l'exploitant de trains et celui du réseau ferré (comme en France). Les milliards de subventions publiques annuelles continueront donc à alimenter les deux compagnies aux liens perméables. D'ailleurs, le maintien des infrastructures dans le giron de l'Etat fait polémique, certains politiques souhaitant voir ce secteur également confié au marché, aujourd'hui très intéressé par ce type d'investissement.

 

Que cette étape soit superficielle ou constitue un pas fondamental vers la libéralisation du transport ferroviaire, la France devrait réfléchir à cette évolution. D'autant que des pans entiers de la SNCF ayant su évoluer avec beaucoup d'énergie et de talent, notre entreprise nationale est certainement capable de devenir un leader européen de ce mode de transport dans un cadre libéralisé. A condition qu'elle perde son leadership en matière de grèves...

jeudi, 03 avril 2008

Protectionnisme inversé

Nous connaissons le réflexe protectionniste traditionnel : limiter et taxer les importations, favoriser les exportations. La dernière innovation Etatique a de quoi surprendre : limiter et taxer les exportations et favoriser les importations...de produits alimentaires. Conséquence directe de la mondialisation, l'amélioration de la qualité de vie permet à des centaines de millions d'individus de "passer d'un repas par jour à deux" comme le récapitule bien Nicolas Bouzou. Lorsque la demande augmente considérablement... Jusque là, tout le monde suit.

 

 

Evidemment, il est facile d'imaginer que la question du pouvoir d'achat, déjà omniprésente en France, est en train de s'envenimer  dans les pays en voie de développement. Les manifestations populaires, bruyantes et parfois violentes, ennuient le pouvoir. D'un côté, le consommateur se rend compte que le poids de la nourriture remonte dans son panier global. La tendance naturelle d'un homme politique qui ne comprend rien aux échanges, c'est de bloquer les prix. Effet immédiat : entraîner des pénuries et inciter le marché noir et la corruption. Déjà très en avance sur ces points et pour montrer l'exemple, l'Arabie Saoudite et l'Egypte ont coupé leurs droits de douane sur des centaines de produits alimentaires. D'autres ne vont pas tarder à suivre ce mouvement. Dans le même temps, de grands pays agricoles tentent de retenir leur production en fermant les frontières et en bloquant les prix. Tant pis pour leurs paysans. Il ne leur reste que Bové pour pleurer.

 

Comme on le voit, de l'autre côté, les agriculteurs des pays les plus pauvres et les moins productifs voient là une vraie opportunité pour améliorer leur qualité de vie, investir pour augmenter leurs rendements et répondre à la demande croissante mondiale. En fermer les frontières, les Etats ferme cette voie naturelle d'amélioration de la condition paysanne dans le monde. Non seulement cela ne stoppera pas l'évolution du mode de vie de populations qui sortent de la misère - et souhaitent donc se nourir mieux - mais un tel repli sur soi risque d'interdire aux économies agricoles de se transformer en améliorant leur productivité. Or, seul un tel mouvement permettra à ces pays de consacrer des ressources ainsi libérées dans l'éducation, la santé et d'autres pans de l'économie plus rentables. Il est urgent que ces dirigeants soient conscients des risques qu'ils font courir à leur pays en croyant agir "pour le bien public".

 

Une fois de plus, les Etats surpris s'opposent aux aspirations de leurs populations en cherchant à bloquer les échanges. Les effets attendus risquent d'être bien plus pénibles que les ajustements de consommation actuels. Et au fait, que devient la PAC là-dedans ?

jeudi, 13 mars 2008

Petit moment de détente avec la courbe de Laffer

Pour calmer certaines tensions palpables, je vous offre, gentil lecteur, ce moment de détente en anglais.

 

Poursuivant sa description du phénomène "The Laffer effect", Dan Mitchell vous livre la suite :

 

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