jeudi, 03 juillet 2008

La santé en mouvement

Alors qu'un débat crucial oppose Obama à McCain sur le futur système d'assurance santé américain (s'il doit se mettre en place un jour), l'Europe prépare une directive pour ouvrir la porte au marché des soins (pas des assurances) en Europe et le Royaume Uni réflechit à une évolution de son système de santé. Tous ces débats sont extrêmement sensibles, ils recouvrent des sommes considérables (1.000 milliards d'euros par an en Europe) et concernent notre quotidien à tous, particulièrement dans les moments les plus difficiles de la vie (ou de la fin de vie). Il est donc heureux que les lignes bougent, même si ce mouvement est bien trop lent à notre goût. Il est intéressant de voir se dégager deux grandes priorités universelles :

  • la mise en concurrence des producteurs de soin et des assureurs (le débat ne devrait pas tarder à s'ouvrir en France)
  • l'universalisation de la couverture : obligation de s'assurer pour tous et aide financière pour offrir une couverture santé les plus démunis

Les libéraux peuvent avoir une influence capitale sur le premier point en poussant à la fin des corporations et des monopoles et à l'ouverture des frontières. Aller se faire poser des couronnes en Roumanie ou traiter une leucémie en Thaïlande ne doit plus être tabou. Je ne vois pas pourquoi la sécu ne pourrait pas rembourser ces soins à l'étranger, surtout s'ils sont moins chers qu'en France et que les patients ont choisi ces destinations. L'offre de soins est un vrai marché mondialisé dans lequel le benchmarking joue un rôle important.

Mais nous devons (et pouvons) aller plus loin. Un jour comme cela se fait aux Pays-Bas ou en Suisse, le libre choix d'une mutuelle ou d'une assurance santé au premier euro dans le cadre de la sécurité sociale ne doit plus être bloqué. Certains veulent faire sauter toute obligation d'assurance. Je les comprends bien, mais à trop vouloir négliger la seconde priorité citée plus haut, ils risquent de perdre tout crédit dans ce débat délicat. Une vraie réflexion stratégique s'impose ici, et je crois qu'il faut de la prudence dans le discours, comme l'exemple outre-manche nous le montre bien.

Le Royaume Uni va bientôt fêter les 60 ans du National Health Service, sa sécurité sociale d'Etat. Ce sujet est sensible dans l'imaginaire public. Contrairement à l'opinion que les Français s'en font (encore un cliché habilement diffusé), 59 % des Anglais le jugent le meilleur au monde selon un sondage européen FT Harris : "the envy of the world" ! Et ne rigolez pas, les Français sont 70 % à juger le leur le meilleur au monde. Les Anglais sont surtout 90 % à considérer que la santé doit être financée par l'impôt, et gratuite pour le client final de soins lourds. Si ces pragmatiques purs sont aussi attachés à ces principes forts, ce n'est pas seulement parce que le NHS fait partie de la trinité des institutions sacrées du pays avec la famille royale et la BBC. Comme l'éducation, la couverture santé est considérée aujourd'hui comme un service qui doit être accessible à tous dans le monde occidental.

La solution de la libre assurance, dans un cadre réglementé, est une possibilité. Par exemple, Amaritz propoase une couverture équivalente à celle de la sécu pour 1.500 à 4.500 euros par an par personne selon l'âge (un SMIcard cotise 3.000 euros par an à lui seul). Il nous faut auyssi étudier le concept de chèque santé financé par l'impôt, à l'image du chèque éducation pour le primaire et le secondaire. Cela signifie que c'est à l'impôt (flat tax du type CSG-CRDS) de se substituer aux charges sociales (le coût de la sécu pèse 25 % du salaire net reçu par les salariés). Cela permet aussi d'introduire (enfin !) une vraie liberté de choix entre mutuelles et assurances.

Je crois que les libéraux ont une formidable opportunité de proposer une remodelage de notre sécurité sociale déclinante, à condition d'avoir un discours audible dans l'environnement actuel. Pour cela, gardons bien en tête les deux points essentiels qui sont absolument prioritaires dans l'esprit des gens lorsque nous communiquons sur le sujet.

vendredi, 20 juin 2008

Pétrole, pompe à nationalisation ?

Cette année, les producteurs de pétrole vont recevoir plus de 3 Trillards de dollars. Oui, vous avez bien lu : 3.000.000.000.000 dollars en un an ! Or, 85 % de ces revenus vont directement dans la poche d'Etats qui possèdent les réserves d'or noir. Les concessions privées, elles, en sont réduites à partager les miettes avec le risque permanent de nationalisation brutale comme en Russie ou au Venezuela. Cette manne constitue une redistribution de richesses des consommateurs vers ces Etats, permettant à ces derniers de se constituer des réserves financières bien plus importantes que les réserves de change de pays exportateurs comme la Chine (je ne parle pas de la bonne blague consistant à tranformer notre bonne vieille Caisse des Dépôts en fond souverain).

Les Fonds Souverains ont surtout pris de l'ampleur depuis 2000 avec la hausse des cours du pétrole. Aujourd'hui, on estime leur richesse entre 3 et 3.5 Trillions de dollars (difficile d'avoir un chiffre affiné dans les marchés volatiles actuels), avec un taux de progression  deux chiffres tous les ans, en plus d'environ 7 Trillions de dollars placés dans d'autres types de supports. Avec 10 Trillions de dollars en poche, ces institutions publiques sont d'une grande prudence. Elles mesurent bien le risque de voir la pression d'un gouvernement ou de l'opinion publique se retourner contre eux. Comme en 2006, lorsque l'Emirat de Dubaï a dû revendre à AIG les 6 ports achetés américains au groupe anglais P&O devant l'ire poulaire aux Etats-Unis. 

Depuis le début de la crise des subprimes, l'ambiance a bien changé. Les banques en difficulté font toutes appel à ces fonds publics pour venir à leur rescousse, mais ceux-ci se font bien prier tant ils craignent, et pas forcément à tort, de se retrouver otages des gouvernements des pays consommateurs lorsque l'environnement économique aura retrouvé des couleurs.

Pour un libéral, la question du traitement de ces fonds souverains est intéressante. Lutter pour les privatisations et traiter les fonds souverains comme des fonds privés pose une contradiction bien embarrassante. Devons-nous limiter leur action les laisser prendre possession progressivement de secteurs insidieusement nationalisés ?

Il est vrai qu'avant de se poser cette question, nous devrions déjà nous attaquer à notre gouvernement qui se goinfre avec les 25 Milliards d'euros de TIPP et 7 Milliards d'euros de TVA sur l'essence que 8 ménages français sur 10 lui versent chaque année. Et puis en France, nous ne devons pas parler de fonds souverains, mais plutôt de puits sans fond souverains.

lundi, 16 juin 2008

L'Europe à l'arrêt

Irlande.jpgNon seulement les Irlandais ont manifesté un joli mépris pour le processus de construction de l'Europe par leur abstention massive, ils l'ont aussi stoppé net en votant 'non' à 53 %. Or, nous savons tous à quel point l'Irlande a été aidée par l'Europe ces vingt dernières années. Certes, le chat affamé d'hier ne s'est pas transformé en 'tigre celtique' uniquement grâce à ces aides, mais elles y ont tout de même suffisamment contribué pour qu'on s'interroge sur le résultat de ce referendum.
 
Avant de leur jeter la pierre (comme l'a fait Bernard Kouchner... à la veille du vote, histoire d'augmenter les chances du 'non'), la France devrait se rappeler qu'elle a aussi voté dans ce sens le 29 mai 2005, et avec plus de conviction. Si nous devions détricoter l'Europe, ce qu'il ne faut pas exclure après ce dernier choc en date, je ne serais pas surpris de voir la France renouer avec ses vieux démons (encore très présents) : nationalisations, instauration de nouveaux monopoles. Bref, un recul de 15 ans en arrière. Les antilibéraux l'ont parfaitement compris, c'est pourquoi nous les voyons toujours porter les principaux coups de boutoir contre l'Europe. 
 
Les libéraux peuvent critiquer le scandale de la PAC et de certaines réglementations ineptes. Mais l'Europe, c'est avant tout un vaste marché unique, un mouvement de libéralisation sans précédent, un déboulonnage des monopoles publics et la fin progressive des champions nationaux lourdement subventionnés.  Ne l'oublions pas. A vouloir la perfection, nous risquons de retourner loin en arrière. La politique du pire, en quelque sorte.

samedi, 14 juin 2008

La banque mise en accusation

Si les banques résistent bien dans l’ensemble à la crise des subprimes, plusieurs d’entre elles se sont tout de même retrouvées en grave difficulté. Effrayés par le risque d’une crise systémique, les Etats et les banques centrales n’ont pas hésiter à les rattraper par leur intervention directe. Ainsi Bear Stearns a-t-elle été bradée sans ménagement par la Federal Reserve en un week-end, et Northern Rock sauvagement nationalisée par le gouvernement anglais. Ces interventions nous empêchent de savoir quelles auraient été les conséquences d’une faillite bancaire, comment auraient réagi le monde bancaire dans cette situation.

Je persiste à penser que le laxisme monétaire des banques centrales est en partie à l’origine de la crise des subprimes.  Cela rend d’autant plus choquante l’intervention du président de la Fed de New York, Timothy Geithner, lorsqu’il exige de réglementer davantage le système bancaire, déjà excessivement encadré (notamment avec Bâle II en train de se mettre en placE). Au moins a-t-il trouvé là un moyen efficace de se défausser de sa propre responsabilité personnelle sur un bouc émissaire bien pratique. La critique du monde de la finance est incomparablement plus populaire que celle des erreurs des banques centrales,  trop technique et abstraite. Au lieu de voir les avantages remarquables que nous devons aux banques et à la finance en termes de prospérité et d’allocation efficace des ressources, le grand public en garde une mauvaise image.

Les politiques ne sont pas en reste. En dénonçant le « monstre » qui doit être « remis à sa place », le président de l’Allemagne, Horst Köhler, tente même de nous faire oublier l’état de délabrement avancé du système bancaire allemand…univers opaque où la connivence règne parfois, sous la tutelle des Länders (IKB, Landesbanks). Cette surenchère démagogique est plus surprenante dans la bouche d’Angela Merkel qui m’avait habitué à davantage de courage politique. Sans doute dénonce-t-elle « la régulation à l’anglo-saxonne » pour se refaire une santé dans les sondages au moment où la coalition CSU-CDU/SPD est proche du point de rupture.

Bref, ce petit monde veut faire le travail des banques à leur place, augmenter les réglementations dont nous savons qu’elles ne feront que diminuer la rentabilité des banques et freiner l'innovation sans diminuer les risques encourus. Des politiques vont même jusqu'à proposer la création d'agences de notation publiques, comme si une entité publique allait être plus performante dans l'évaluation de risques nouveaux. C'est bien connu, les institutions publiques excellent dans l'art de la gestion et de l'anticipation ! Plus sérieusement, il est important de se ppeler que la prise de risque et l’accompagnement du risque sont au cœur du métier des banques, c’est pour cela qu’elles ont tant contribué à la croissance des pays occidentaux. Revenir sur ce principe constitue un retour en arrière et, pire sans doute, une menace pour notre richesse future.

L’effet de ces interventions, si elles devaient se concrétiser, m’apparaît doublement pernicieux. Ainsi protégées des conséquences de leurs erreurs, forme insidieuse de déresponsabilisation, le monde de la banque se retrouve à la merci de ses sauveteurs. Les banques savent qu’elles ne risqueront plus la faillite, ce qui pourrait les inciter à prendre de nouveaux risques inconsidérés à l’avenir. Par ailleurs, elles se retrouvent soumises à une tendance hyper-régulatrice qui pourrait menacer non seulement leur modèle économique, mais aussi la croissance des pays économiquement avancés.

mercredi, 04 juin 2008

Les junkies du pétrole se rebiffent

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Le Grenelle de l'Environnement a soulevé l’enthousiasme populaire en proposant de faire payer l'énergie au prix fort. La hausse spectaculaire du prix du pétrole nous a tout de suite fait passer à la pratique. Et là, tout le monde déchante. Au point que les professions "protégées", qui ne payent pourtant pas de TIPP comme vous et moi, ont l’indécence de réclamer leur dose de subventions. Difficile d'accepter qu'il n'y a rien à faire.

Alors le gouvernement arrose pour éviter la question principale, celle de la reconversion des métiers menacés : quelques centaines de millions d’euros pour l’achat du fuel à la cuve, pour les marins pêcheurs. Demain, taxis et routiers passeront à la caisse retirer leur chèque. Avec quel argent ? Celui des Français bien entendu, et des 32 milliards d'euros de TIPP et de TVA qu'ils payent chaque année à la pompe. Le peuple gronde contre le marché et l’Etat joue les sauveurs alors que la charge fiscale représente toujours deux tiers du prix de l’essence, quelle belle manipulation de l'opinion !

Premier bouc-émissaire de la gauche : Total. Elle propose de prélever une taxe exceptionnelle sur ses profits prétendument "indécents". Non seulement son activité est respectable et déjà fort rentable pour l’Etat français, mais elle est aussi essentielle au bon fonctionnement des économies occidentales. Alors que le groupe déclare déjà une charge d’impôt de plus de 13 milliards d’euros, il ce vol pur et simple des actionnaires est d'une démagogie consternante. Delanoë, réagis ! Personne n'ose rappeler que l’Impôt sur les Société que le groupe verse en France couvre des bénéfices réalisés à 90 % hors de France. Voulons-nous voir Total suivre l'exode annuel de nos talents et délocaliser son siège social dans un pays plus respectueux de la règle de la loi ?

Et puis on attaque la vile spéculation alors que les experts savent pertinemment qu'elle ne joue qu'un rôle mineur dans la crise actuelle. Arrêtons d'appeler "spéculation" les mêmes comportements que nous appelons "investissements" lorsqu'ils nous arrangent. Les liquidités massives libérées par les banques centrales pour  amortir la crise des subprimes ont certainement facilité le report de capitaux sur ce marché, amis pas suffisamment pour expliquer le mouvement actuel qui vient notamment de la forte demande asiatique.

 

Comment expliquer la hausse actuelle ? Les stocks restent importants, nous savons qu'il existe encore de vastes quantités d'énergies fossiles à découvrir. Il faut chercher les raisons du pic actuel ailleurs.

D'abord, l'offre est soumise à des contraintes physiques de capacité d'extraction et de raffinage, et à des complications géopolitiques. Quand on sait que 85 % des énergies fossiles appartiennent à des Etats souvent instables, on comprend mieux quels acteurs peuvent perturber le marché. Ensuite du côté de la demande, 50 % des consommateurs de pétrole dans le monde l'achètent à un prix subventionné. Ils ne reçoivent pas le vrai signal du prix réel qui les incite à ajuster leur comportement lors de tensions entre l'offre et la demande. Heureusement, plusieurs de ces pays sont en train de revoir ou de supprimer ces subventions coûteuses. Le dilemne du citoyen contribuable-consommateur apparait bien dans ce cas de figure. En tout cas, le renchérissement mécanique du pétrole devrait calmer leur ardeur à l'achat. Parallèlement, le moment n'est sans doute pas opportun pour relâcher la pression fiscale sur notre propre consommation, afin de ne pas envoyer un message clair aux pays producteurs en ce moment précis. Ceux-ci seraient alors bien tentés d'anticiper une hausse de la demande des pays riches pour justifier une hausse supplémentaire...

 

En revanche, la question de la taxe colossale de la TIPP reste posée à terme. Initialement conçue pour favoriser le diesel et les petites cylindrées françaises face aux méchants industriels américains de l'automobile, elle pénalise lourdement le pouvoir d'achat des 8 ménages français sur 10 qui ont une voiture. Mais l'Etat sera-t-il capable un jour de réduire sa dépense comme il l'exige des ménages ou des entreprises par les charges qu'il leur prélève ? En attendant, il ne peut se passer de cette manne récurente.

Dans un mois, six mois ou un an , la demande de consommateurs assagis par la fin des subventions pourrait contribuer à faire refluer le prix du Brent.  En attendant, l’argent du pétrole alimente un certain nombre de fonds souverains, notamment ceux qui viennent au secours des banques occidentales fragilisées par leurs investissements dans les subprimes. Le pic actuel a au moins cet effet inattendu de redistribution des richesses (peut-on parler de nationalisation partielle ?).

 

Cette crise a enclenché un processus beaucoup plus important et durable. Le niveau actuel du prix des énergies fossiles et l’incertitude que la crise a fait naître accélèrent la recherche pour produire et stocker des énergies nouvelles : biocarburants, solaire, nucléaire de Xeme génération, thorium, hydrogène, piles... On prévoit déjà une division par trois ou quatre du prix de l'électricité produite par des piles photovoltaïques dans les prochaines années, ce qui la rendrait enfin compétitive pour une production à grande échelle. Les projets de véhicules motorisés roulant avec moins, ou sans essence ou gazole, se multiplient et avancent vite.

Bref, qui sait si la consommation d'énergies fossiles ne sera pas marginalisée demain ?

 

 

samedi, 31 mai 2008

L'art, un secteur florissant

786213519.jpgLe monde de l'art se porte bien. Pas de crise pour les ventes d'art moderne et contemporain qui ne cessent d'aller de record en record. La demande grandit aussi dans le secteur des musées et des expositions. Le Louvre avait confirmé cette tendance début 2007 en annonçant l'ouverture d'une annexe à Abou Dhabi. Cela avait déclenché une polémique assez stérile dans le petit monde de la culture. Lorsqu'un mécène finance une nouvelle aile du Louvre, c'est formidable, mais lorsque nous louons nos oeuvres à l'étranger pour les faire circuler (le Louvre n'exposant que 10 % de son patrimoine de 300.000 pièces dans ses murs) et faire la promotion de notre richesse culturelle, c'est un scandale aux yeux des ayatollahs de la culture.
C'est au tour du musée Picasso, qui accueille une collection illustrant bien l'évolution du travail de Pablo Picasso, de louer ses oeuvres pour une coquette somme. Le "Picasso World Tour" a démarré en Espagne et terminera au Japon en 2011. Il se trouve actuellement à Abou Dhabi, nouvelle capitale culturelle du Golfe Arabique. A partir de l'année prochaine, l'Hôtel Salé qui abrite le musée Picasso sera fermé pour une grande restauration que cette tournée financera en grande partie. Beau montage.
 
Le point important de cette histoire, c'est que la tournée rapportera 15 millions d'euros au musée Picasso, couvrant 2/3 des travaux prévus. Anne Baldassari, directrice du musée Picasso, est franche en évoquant les 3.5 millions d'euros reçus de l'Espagne et les 3 millions d'Abou Dhabi :
"Depuis un an et demi, nous n'avons plus d'ascenseur. Nous transportons les oeuvres par l'escalier. Et tout est à l'avenant, ici. Quand les Emiratis voient ça, je vous assure qu'ils trouvent normal de payer. Et nous devrions refuser leur argent par principe et faire appel au contribuable ? Franchement, c'est absurde."
 
Abou Dhabi a choisi d'investir massivement dans l'industrie touristique et a compris que la culture en fait partie intégrante. Cet Emirat Arabe a investi un milliard d'euros dans l'annexe du Louvre, et il soutient le musée Picasso dont il fait la promotion auprès de ses riches touristes. Que demander de plus ? Pourtant, la polémique repart dans les petits cercles de la culture qui voient là une évolution inquiétante...pour leur avenir. Ils vont devoir s'adapter à ce changement de paradigme.
 
L'élévation générale du niveau d'éducation, de la richesse et de la place accordée aux loisirs accélère la croissance du secteur culturel à l'échelle mondiale. Les musées et les expositions constituene dorénavant un enjeu économique important. Chaque exposition coûte de plus en plus cher mais peut rapporter beaucoup, directement et indirectement; et durablement pour le lieu et la ville qui l'hébergent. Ce domaine crééra d'autant plus d'emplois qu'il se pliera aux règles du marché et ira à la recherche de son public, de nouveaux financements et de mécènes. Une révolution culturelle à laquelle nos fonctionnaires de la culture ne semblent pas préparés. Il leur faudra pourtant s'y faire, car aujourd'hui dans la culture, le client est roi !

mercredi, 28 mai 2008

Hugo Chavez n'a plus d'amis

893849532.JPGHugo Chavez est généreux. Très généreux. Alors que son pays sombre dans la misère, il n'hésite pas à distribuer dispendieusement les pétrodollars (souvent volés) de son pays. Hélas, ses amis l'abandonnent progressivement bien malgré eux : après Red Ken, c'est au tour de Tirofijo, surnom de Manuel Marulanda, de se retirer de la listye de ses soutiens actifs.

A Londres en effet, la défaite de Ken Livingstone, battu par Boris Johnson, a eu un effet inattendu : le nouveau maire a décidé de ne plus accepter d'argent sale du Venezuela. Son prédecesseur, Ken Livingstone, avait signé un accord avec Chavez afin de bénéficier un rabais de 20 % sur le carburant commandé à la compagnie pétrolière d'Etat, moyennant un programme de réduction du prix des billets pour 250.000 Anglais défavorisés. C'était surtout une bonne façon pour Chavez de faire sa pub sur le dos des Venezueliens qui, eux, s'enfoncent impuissants dans la misère. Boris Johnson a décidé de ne pas renouveler cet accord "completely Caracas".

En Colombie aussi, notre Lider Minimo a des ennuis. Peu de temps après les révélations autour du cadeau de Chavez à la guérilla marxiste des FARC, plusieurs centaines de millions de dollars en armes, l'annonce de la mort de son chef historique, ce fameux Tirofijo, a porté un coup au moral à notre Caudillo venezuelien. D'autant que ce décès suit celui de Raul Reyes, tué dans un raid de l'armée colombienne en Equateur (mais que faisait-il donc là-bas ?), et d'Ivan Rios, assassiné par l'un de ses gardes du corps (preuve que le moral des terroristes baisse malgré le soutien du voisin Chavez).

Pour ses amis les FARC, que Chavez ne s'inquiète pas trop. Les amis de nos amis sont nos amis, ont tranché nos responsables gouvernementaux...voire elyséens qui pensent à les héberger sur notre territoire s'ils libèrent rapidement Ingrid B. Heureusement qu'il reste des députés qui ont les pieds sur terre. Jacques Myard, député UMP, s'est permis de réagir officiellement :

« Coupables d'avoir séquestré une Française, ces individus seraient passibles de poursuites. Les recevoir nous rendrait en quelque sorte complices ; politiquement, ce serait scandaleux, [...] on a trop joué sur la médiatisation. »

 

Pauvre Chavez, même dans notre pays où il compte tant de soutiens, ce n'est pas gagné.

lundi, 19 mai 2008

Chinafrique, vers l'intégration de l'Afrique dans la mondialisation

518006134.jpgL'année dernière, j'avais signalé que l'Afrique attirait de plus en plus de ressources, capital humain aussi bien que financier, non plus seulement pour ses matières premières mais pour son potentiel intact de développement économique. Fonds et entreprises hésitent de moins en moins à investir sur ce continent qui s'est coupé trop longtemps du mouvement de mondialisation.  Deux journalistes ont passé un an en Afrique pour étudier cette tendance de près. Serge Michel, correspondant du Monde pour l’Afrique de l’Ouest, et Michel Beuret, du magazine suisse L’Hebdo, publient une enquête de 350 pages sur la présence chinoise en Afrique. Dés le 20 mai, jour de parution de cette étude, je vous recommande de faire comme moi et de courir chez votre libraire pour vous plonger dans la lecture de cette étude.
 
Ils avacent, citant plusieurs sources, qu'il y aurait 500.000, 750.000 ou 1 million de Chinois installés sur le continent africain, sans que personne ne sache trop bien l'ordre de grandeur exact. Seule certitude : "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !". 
 
Le Monde daté du 20 mai termine un bel article sur le sujet ainsi : "De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)"
 
Les fonds d'investissement suivent ce mouvement, les capitaux continuent à affluer dans la perspective de valoriser le capital humain jusqu'ici inexploité. Serait-ce la fin de la marginalisation de ce continent maudit ? Lorsque ses dirigeants comprendront qu'aucune richesse n'égale le capital humain, que l'état de droit, le respect de la propriété privée et la libre circulation des biens et des capitaux favorisent un développement économique et le recul de la pauvreté endémique, le continent aura franchi une étape importante. Restera à circonscrire les conflits meurtriers que la FAA a du mal à gérer aujourd'hui.

jeudi, 15 mai 2008

Hugo Chavez, le dangereux allié des FARC

1090007812.jpgL'information tombe vraiment mal. Ce qui explique les médias français ne reviennent pas trop dessus. Hugo Chavez arme des terroristes sanguinaires, les FARC colombiens, par centaines de millions de dollars ! Il faut dire que l'espoir de libération (âprement négociée) d'Ingrid Bettencourt n'étant pas retombé, ce n'est pas le moment de se fâcher. Pourtant, cette nouvelle ne surprend pas les esprits progressistes qui savent qu'Hugo Chavez, petit dictateur marxiste corrompu, constitue un vrai danger pour le continent sud-américain. Après avoir étouffé les médias et nationalisé brutalement des pans entier de son économie dans son propre pays, sa vision expansioniste ne fait plus de doute. Il se veut l'héritier idéologique de Fidel Castro et diffuser son idéiologie communiste à tout le continent. Bref, l'alliance avec les FARC semble bien naturelle aux observateurs lucides. Le réarmement du Vénézuéla avec l'argent du pétrole a de quoi inquiéter.

Idôlatré par nos altermondialistes, il est la nouvelle coqueluche de l'extrême gauche dans le monde. Moins dans son pays où la misère ne recule pas. Le peuple vénézuélien subit l'évolution d'un régime populiste qui se rapproche du modèle dictatorial. L'économie domestique, de plus en plus dépendante du pétrole national(isé), bloque l'initiative privée. Hugo Chavez est loin de la gauche éclairée de Lula ou de Michelle Bachelet. Ceux qui ont tant critiqué la realpolitik de Nicolas Sarkozy devraient assumer le même discours avec ce dictateur de plus en plus menaçant d'Amérique Latine. Ce n'est pas parce qu'il peut aider à faire libérér Ingrid Bettencourt qu'il est respectable. Faudra-t-il attendre qu'il fasse tirer sur les manifestants vénézuéliens pour que notre gauche radicale ouvre un peu les yeux sur le danger Chavez ?

mardi, 29 avril 2008

Le rail se privatise

Imaginons une compagnie nationale de chemins de fer dont le patron attend avec impatience la privatisation de son entreprise. Loin des clichés sur l'échec du modèle anglais, compréhensible vu le contexte de l'époque, le public est même déçu d'apprendre que seulement un quart de l'entreprise sera mis en vente au lieu de la moitié attendue. Le marché est enthousiaste. Ce scénario n'est pas une illusion mais bien la réalité.

 

Ce n'est pas Guillaume Pépy qui trépigne de voir la SNCF partiellement privatisée, ni Nicolas Sarkozy qui a annoncé cette nouvelle avec enthousiasme. Non, cela ne se passe pas en France... enfin pas encore. Il s'agit de Wolfgang Tiefensee, patron de la Deutsche Bahn, et Angela Merkel. Le SPD plaide pour ne pas aller plus loin, mais la CDU-CSU veut aller à 49 % rapidement. Autant dire que le projet avance vite.

 

Certes, cette introduction de la DB n'est pas la panacée. Les 34.000 kilomètres de voies ferrées restent aux mains de l'Etat allemand, sans qu'une séparation nette existe entre l'exploitant de trains et celui du réseau ferré (comme en France). Les milliards de subventions publiques annuelles continueront donc à alimenter les deux compagnies aux liens perméables. D'ailleurs, le maintien des infrastructures dans le giron de l'Etat fait polémique, certains politiques souhaitant voir ce secteur également confié au marché, aujourd'hui très intéressé par ce type d'investissement.

 

Que cette étape soit superficielle ou constitue un pas fondamental vers la libéralisation du transport ferroviaire, la France devrait réfléchir à cette évolution. D'autant que des pans entiers de la SNCF ayant su évoluer avec beaucoup d'énergie et de talent, notre entreprise nationale est certainement capable de devenir un leader européen de ce mode de transport dans un cadre libéralisé. A condition qu'elle perde son leadership en matière de grèves...

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