lundi, 07 août 2006

Quand l'anti-libéralisme unit gauche et extrême droite

Il est toujours intéressant de regarder ailleurs comment les libertés sont appréciées par les diverses tendances politiques. En Slovaquie, une alliance "rouge - brun" vise ouvertement "le démontage des réformes" libérales des dernières années.

 

Les premières décisions du nouveau gouvernement qui associe la gauche et l'extrême droite ont consisté à supprimer le ticket modérateur lors des visites chez le médecin et d'offrir une "prime de Noël" aux faibles revenus. Bref, on rase gratis et on re-collectivise.

 

Certes, les socialistes de cette alliance ont été exclus du PSE. Mais ce lien rappelle la proximité entre le collectivisme d'une gauche radicale et celle de l'extrême droite également anticapitaliste.

 

Relisons attentivement "la Route de la Servitude" de Friedrich von Hayek. L'explication de ce rapprochement naturel.

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jeudi, 13 juillet 2006

Avec Renaud Dutreil, l'UMP va encore plus loin !

Alors que Romano Prodi s'attaque courageusement aux corporatismes en Italie, l'UMP se déclare vaincue d'avance.

 

Pourtant, l’économiste Francis Kramarz a proposé d’ouvrir en France l’accès à plusieurs professions réglementées, dont celle des chauffeurs de taxis. En vain. Aujourd'hui, il tire son chapeau au chef du gouvernement italien, Romano Prodi : « S’attaquer ainsi aux lobbies qui bloquent la situation et empêchent la création de richesses, c’est un vrai signal réformiste. »

 

 

medium_Dutreil.2.jpgLe ministre des PLE, Renaud Dutreil, confirme qu’un tel projet « n’est pas à l’étude », et préfère avancer d’autre arguments pour justifier le statu quo. Il dénonce « les effets dévastateurs de l’hyper-concurrence » que ne manqueraient pas, selon lui, de provoquer ces « vieilles recettes ultralibérales ». Se disant soucieux de préserver le pouvoir d’achat de « gens qui travaillent 50 à 60 heures par semaine », il invite ceux qui prônent l’ouverture à la concurrence à « regarder plutôt du côté des banques ».  Voudrait-il déréglementer ce secteur pour mieux faire respirer la concurrence ? CALYON, CDC, les caisses d'Epargne, la Poste, le Crédit Foncier seraient sur les rangs de la privatisation ? Ce n'est sans doute pas dans ce sens qu'il l'entendait.

 

M. Kramarz ne pense pas « le président ou le premier ministre soient convaincus des bienfaits de la concurrence », peu amène pour « ces énarques qui ont eux-mêmes bénéficié de rentes ». Nous, nous le en avons la certitude.

 

 Il y a des coups de boule qui se perdent.

 

 

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Les "Class Action" débarquent en France : quels risques pour le consommateur ?

Depuis l'affaire d'entente illégale dans la télephonie mobile (en grande partie dues aux licences exclusives accordées aux opérateurs sélectionnés par l'Etat), les "Class Action" reviennent dans les débats. Cette idée, apparemment noble, ne peut que séduire chaque consommateur que nous sommes. Pourtant, la France est déjà à l'avant-garde de la protection du consommateur face au vendeur. N'y aurait-il pas des risques d'effets pervers dans ce projet ?

 

Notre droit autorise les actions collectives de consommateurs ou d'actionnaires depuis longtemps. Aussi, l’instauration de l’action de groupe ne vise pas la création de droits substantiels nouveaux, mais plutôt la mise en œuvre des droits existants. Alors qu'aujourd'hui l’association agissante doit constituer un dossier de procédure distinct pour chaque victime représentée et transmettre à cette dernière toutes les informations relatives à l’avancement de la procédure. Trop complexe, trop lourd, trop encombrant pour notre justice déjà débordée. C'est un bon point !

 

Mais c'est ici que la Class Action menace d’étendre la vision collectiviste destructrice dont nous souffrons tant aujourd’hui. Demain, des associations pourront prétendre défendre de supposées victimes sans leur avoir demandé leur avis. En défendant notre bien sans nous demander notre avis, nous devrons tous en subir les conséquences malgré nous.

medium_Massacre.jpg

Notons aussi que les poursuites semblent être exclusivement réservées aux associations dans le projet discuté, pas aux avocats dont c'est le métier. Etrange, non ? S’agirait-il de protéger un secteur économique particulier ? Ces associations de consommateurs doivent être agréées par l'Etat. Par ailleurs, ce dernier les subventionne souvent largement. L’UFC Que Choisir, dont les propos sont souvent implicitement idéologiques, constitue un allié de poids aux mouvances anti-capitalistes. De quoi se poser des questions sur le système en train de se mettre en place.

 

Un aspect de la perversité de ce processus ne parait bien plus inquiétant. Tous ceux qui n’ont pas pris l’initiative d’une procédure judiciaire, souvent parce qu’ils n’ont pas de sentiment d’avoir subi un préjudice ou que celui-ci reste bénin, ne vont plus hésiter à s’engouffrer dans la brèche ouverte par les succès judiciaires. "Et pourquoi pas moi ?" se dira chaque consommateur dont les 35 heures offrent un temps libre dont on ne sait plus que faire.

Avec cette incitation à une judiciarisation des relations économiques, dont l'effet multiplicateur peut se révéler monstrueusement coûteux pour les entreprises, ces associations spécialisées n’hésiteront pas à exercer un chantage sur les entreprises, surtout dans un environnement juridique qui leur est largement favorable (d'autant plus qu'on devine les juges plutôt favorables aux consommateurs dans leur interprétation des règles). La négociation deviendra incontournable, même lorsque l'entreprise estime l'affaire infondée, tant les frais de ces affaires grimpent vite et tant le risque pécuniaire est élevé. On sait ce qu'on paye, on ne sait pas ce qu'on risque.

 

Insidieusement, c’est le consommateur qui paiera les surprimes occasionnées par ce risque colossal. L’effet multiplicateur des dédommagements exigés sera tout simplement répercuté sur le prix de vente des biens et prestations susceptibles d’être l’objet de poursuites demain. Tous ceux qui, jusque là, ne voyaient pas de raison de poursuivre des entreprises, devront payer ce surcoût entraîné par la loi sur les Class Actions.

 

On le voit, la France est toujours en retard de 30 ans. Alors que les Etats-Unis remettent en cause ce principe dont ils ont pu constater les effets dévastateurs, nos dirigeants s’enferment dans cette vision archaïque des relations humaines qui divise le monde en classes dominantes, les entreprises, et dominées, les consommateurs. Comme toujours, l’Etat vient sauver les faibles presque malgré eux. En procédant ainsi, il entretient ainsi un climat de défiance défiance généralisée à l’égard des entreprises et de la concurrence qu’il s’applique lui-même à fausser tous les jours.

09:40 Publié dans Economie, Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, concurrence | | | Digg! Digg |  Facebook

Patrick Ollier, l'UMP dans toute sa splendeur

"C'est moi qui ai inventé le concept de patriotisme économique à l'occasion de l'affaire Danone. Ce n'est pas du tout du protectionnisme, et ce n'est pas incompatible avec la mondialisation. Le fait de vouloir préserver des pans entiers de l'économie française n'est en rien criticable. On n'est pas obligé d'accepter l'application brutale des règles du marché." avance-t-il sans rire.

Malheureusement, les actionnaires, propriétaires légitimes de "pans entiers de l'économie", subissent ainsi régulièrement "l'application brutale des règles" Etatiques. Alors qu'ils auraient certainement pu retirer une jolie revalorisation de leur bien, ils n'auront que leurs yeux pour pleurer cette violence légale injustifiable.

 Si ces interventions n'étaient que grotesques, nous ne pourrions qu'en rire.  Mais les décisions de ces politiques, qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, ont un effet désastreux sur notre économie. En préservant aussi mal de supposés "fleurons", ces actions bloquent complètement l'émergence de nouveaux leaders. Nos PME meurent ou stagnent. Celles qui connaissent le succès s'expatrient.

Patrick, il y a des coups de boule qui se perdent...

09:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, UMP, protectionnisme | | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 12 juillet 2006

Libéral, et alors ?

Régulièrement, des observateurs de renom semblent découvrir que des libéraux existent en France. A côté des nombreux Français qui le sont sans le savoir, la population des « libéraux assumés » vit et prospère pourtant sur un vaste réseau de sites, de forums et de blogs à forte audience. Hélas, le discours antilibéral persiste à opposer une prétendue « vision solidaire » à celle qui privilégierait, selon lui, les valeurs de l’individu et de l’argent. Face à l’altruisme évident des premiers, les libéraux manifesteraient une indifférence aux autres. A l’instar de Jacques Chirac, ce tribunal de la pensée classe le libéralisme comme un mal pire que le communisme. Après l’omniprésence du discours anti-libéral de nos « élites » lors du referendum sur le TCE, tant du coté du OUI que du NON, il serait peut-être temps de ne plus réserver exclusivement le privilège de présenter la pensée libérale à ses détracteurs.

 

Pour commencer, 1789 marque une grande étape dans l’avancée des idées libérales. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen constitue l’un des textes libéraux les plus aboutis. Hélas, 1793 détourne cet idéal de liberté et d’égalité de droit pour plonger la France dans l’horreur. Si nous, libéraux, nous méfions des fausses « espérances collectives » qui ont souvent mené à des drames historiques de cette nature, nous avons toujours été d’ardents défenseurs des projets collectifs. Mais à la grande différence des idéologies collectivistes, nous n’envisageons l’action collective que dans l’adhésion volontaire, qui seule implique ses membres. L’approche coercitive d’un projet collectif entraîne naturellement le repli sur soi, la méfiance et l’égoïsme, ce que confirment les symptômes attristants de la société française actuelle. A l’opposé de ces dérives malsaines, une société libérale repose sur les trois piliers suivants : la liberté, la responsabilité et la confiance.

 

Etrangement, le mot « liberté » n’apparaît jamais dans les réquisitoires anti-libéraux. Pourtant, toute la philosophie libérale se fonde sur cette grande idée : l’homme est un être libre. Même la démocratie est subordonnée à un droit supérieur qui protège la liberté de chacun. En théorie. Aujourd’hui,  le citoyen français a le droit de voter, mais pas de procéder à des choix importants tels que celui de l’école de ses enfants, de son assurance chômage ou de sa retraite. Pris entre un grand nombre d’obligations, de réglementations et de prélèvements obligatoires accablants pour obtenir, en retour, des prestations douteuses, le citoyen s’est vu progressivement infantilisé « pour son bien » par l’Etat nurserie. Pourtant, un courant profondément collectiviste réclame toujours plus de démocratie afin d’étendre le « pouvoir de la majorité » au détriment des droits fondamentaux des minorités et, notamment, des individus. Un certain nombre de lois sont déjà venues brider progressivement nos libertés individuelles, à commencer par la liberté d’expression (loi Gayssot, loi Taubira loi sur le génocide arménien, etc.). Internet est le sujet d’assauts de plus en plus inquiétants de la part des autorités publiques. Est-ce là un aperçu de « l’intérêt général » en action ? Comme on le découvre, derrière l’Etat nurserie se cache l’Etat inquisiteur. La dernière étape de ce processus insidieux de collectivisation de la vie sociale, c’est l’Etat policier qui traque ceux qui sortent de la norme imposée. Les minorités n’ont alors plus qu’à se cacher. Les libéraux, qui considèrent que la liberté n’est pas négociable, constituent aujourd’hui le dernier rempart de résistance face à cette extension menaçante de l’Etat.

 

La responsabilité découle naturellement du principe de liberté, tout simplement parce que « la liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ». Celui qui ne respecte pas les droits d’autrui doit assumer les conséquences de ses actes. Voilà pourquoi une bonne justice, qui ne peut se concevoir sans égalité des droits, constitue le socle de toute société libérale. Les libéraux sont d’ailleurs les premiers à se battre contre « la loi de la jungle », aussi bien celle du plus fort qui, par ses réseaux, obtient privilèges et passe-droits d’un pouvoir complice, que celle des intérêts et corporatismes qui entendent soumettre la communauté à leurs privilèges. Notre pays a, hélas, constaté une banalisation des subventions clientélistes aussi bien aux électeurs qu’aux entreprises, des amnisties et grâces indues, des autoamnisties de nos élus et des dossiers enterrés. Le cynisme populaire actuel résulte de cette longue tradition de domination de la raison d’Etat sur l’Etat de droit. Là encore, la pensée libérale reste la référence pour retrouver le droit chemin. Loin d’inciter les individus à devenir égoïstes et indifférents au sort des autres, ce grand principe de responsabilité, qui passe par l’instauration d’une justice forte, constitue le préalable nécessaire à l’instauration de rapports de confiance entre les hommes.

 

Aucune société ne peut avancer, aucun progrès ne peut être réalisé, aucune fraternité ne peut exister sans la confiance. Confiance en l’avenir, confiance en soi et, finalement, confiance en l’autre. La vie sociale ne s’impose pas d’en haut, elle se construit d’en bas. Tous les acteurs de cette vie sociale ne s’impliquent que parce qu’ils portent en eux cette confiance qui donne le goût du risque, de l’initiative et de l’association avec son prochain. Associations, fondations, entreprises, coopératives, mutuelles, syndicats, les formes de ce fourmillement spontané sont infinies. Tout au long de ce processus évolutif se forment ainsi de multiples espaces d’échange consacrés à la vie culturelle, à la pratique sportive, à l’engagement caritatif ou, autre exemple, aux projets entrepreneuriaux créateurs de richesse. Depuis la loi le Chapelier hélas, l’Etat français n’a eu de cesse de contrôler cet univers afin de ne pas voir émerger de contre-pouvoirs naturels d’une société civile émancipée. Des monopoles syndicaux aux associations subventionnées, la sphère sociale a toujours été captive du pouvoir politique et administratif. Compte tenu de cette histoire pesante, comment ne pas avoir en soi cette soif d’ambition collective et indépendante du pouvoir ? Les grands mouvements collectifs, s’ils sont nés de belles revendications et de nobles projets, ont souvent remplacé des chaînes par d’autres chaînes en guise de victoire. Au lieu d’émanciper les hommes des pouvoirs établis et de fonder de nouveaux rapports sociaux, ils se sont terminés en lois, en monopoles et en institutions nouvelles qui ne laissaient aucune part à la confiance dans les rapports sociaux.

 

Aujourd’hui, le projet libéral consiste à aller bien au-delà de cette tradition jacobine afin de laisser les individus recréer du lien social, construire des projets collectifs dans un environnement assaini où règne le droit.  Certes, il peut paraître étrange aux plus hermétiques que les libéraux ne proposent pas un nouveau schéma centralisé, de nouvelles solutions collectives « clé en main » qui s’imposent à tous. Sommes-nous allés si loin sur la route de la servitude qu’il semble bien incongru de promouvoir la liberté ? Ou bien est-ce sa vision de la vie sociale qui est à ce point étriquée?

Allons, parions qu’il s’agit davantage d’un malentendu, d’une méconnaissance de l’autre. Cette peur de la différence est courante dans nos contrées hostiles aux projets collectifs spontanés, libres et indépendants. Cette phobie passera si un vrai débat s’engage sur nos projets de société respectifs et que nous apprenons tous à nous connaître.