mercredi, 26 septembre 2007
Je suis un Républicain libertaire
C'est ainsi que se définit l'une des personnalités les plus influentes dans le monde. Pythie des marchés, ses phrases sont toujours décortiquées et chacun de ses mots étudié avec le plus grand soin. Même à la retraite, ses commentaires ont un impact mondial. Je vois en lui l'un des plus actifs promoteurs de la pensée libérale par son opposition aux réglementations et sa défense constante du gouvernement minimum et de la baisse de la pression fiscale. Il préfère Reagan à Clinton, et Clinton à Bush : "Le président Bush aurait pu faire des choses merveilleuses avec tous ces atouts. J’ai été attristé de voir que les républicains ont oublié leur programme de réduction de la taille du gouvernement, d’encouragement de la concurrence et de réduction des taxes et des dépenses publiques, pour choisir de conforter leur pouvoir. À la fin, ils ont tout perdu ".
A l'occasion de la publication de ses mémoires, largement commentés partout dans le monde, "Al" en profite pour distribuer ses bons points et ses mauvais points aux pays qui l'accueillent et pour donner ses recommandations. Dans une interview donnée au Figaro, il parle de la France : " J’admire la France pour beaucoup de raisons. Il est clair que votre histoire est plus longue que la nôtre. Ma femme adore Paris. Le Louvre est sans égal. Je comprends que les Français jugent que leur civilisation est supérieure à la nôtre. ". Cette gentille condescendance vient après un discours plus franc : "seules des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie.
Pour en arriver là, il faut un processus efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du marché libre. Naturellement, cette «destruction créative» est extrêmement pénible pour les individus qui sont du côté des perdants. ".
Les seules réponses aux effets négatifs mais inéluctables de cette destruction créatrice, ce sont l'enseignement, la formation et une grande mobilité sociale. En protégeant les entreprises en déclin, nos gouvernements bloquent ce processus nécessaire et font du chômage de masse une fatalité, avec toutes les conséquences sociales, culturelles et économiques qui en découlent mécaniquement : "Les champions nationaux sont certes très utiles pour stimuler la conscience nationale d’un pays. Mais si l’État se met à protéger une société vieillissante, il prend le risque de soutenir une firme qui, laissée aux forces du marché, disparaîtrait logiquement. (...) Naturellement, je sais que les États-Unis protègent aussi certaines de leurs firmes ou certains de leurs secteurs. Et je pense que c’est une grave erreur. Les Britanniques sur ce point sont plus vertueux que l’Amérique et la France."
Laisser les entreprises disparaître permet d'en laisser de nouvelles se développer et renouveler les produits et les prestations dont le plus grand bénéficiaire final est le consommateur. Nous perdons notre industrie ? "l’industrie manufacturière, ce n’est pas un secteur d’avenir. L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir des produits." nous répond aussitot Greenspan. Mais un tel laisser-faire exige un système scolaire, universitaire et de formation continue de grande qualité. Pour disposer d'établissements adaptés, il est nécessaire de favoriser la meilleure émulation entre eux au travers d'un marché libre de l'enseignement et de la formation. L'Etat doit se désengager de ces domaines bien trop importants pour lui en laisser la supervision.
En tout cas, en lisant ses écrits, je me sens un peu, à mon tour, républicain libertaire.
07:30 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Alan Greenspan, libertarien, libéralisme, parti républicain |
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mardi, 19 juin 2007
Le gouvernement s'ouvre aux libéraux... enfin !
Tranquillement, quelques têtes libérales font leur apparition dans les rangs du gouvernement :
- Jean-Marie Bockel (ex-Jiminy Cricket du PS, immédiatement exclu du parti : bonne chose de faite pour cet homme que le PS ne méritait pas) a un poste symbolique de l'ouverture de Nicolas Sarkozy : chargé de la Coopération et de la Francophonie. Sa motion, la plus progressiste du Congrès du PS, n'avait attiré que 0.7 % des voix des adhérents en novembre 2005. "L'Etat ne peut pas tout" semblait encore bien utopique aux adhérents du PS. Pourtant, son approche méritait un vrai score...et un soutien des médias un peu plus marqué.
- Hervé Novelli, sympathique leader des Réformateurs, remercié pour s'être tu tout au long de la campagne présidentielle. L'absence remarquée des libéraux au sein de l'UMP depuis plus d'un an a enfin reçu sa récompense : un secrétariat d'Etat aux entreprises et du commerce extérieur, poste sans risques.
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Christine Lagarde, enfin, nous offre le plus bel espoir de changement positif. Elle se voit offrir un vrai poste à la hauteur de ses compétences de brillantes avocates d'affaires : Bercy. Voilà une libérale assumée, bosseuse et fine négociatrice, qui prend la direction du monstre bureaucratique français. Sera-t-elle absorbée comme Francis Mer avant elle ? Lui appartenait bien davantage au système et s'en est vite trouvé prisonnier. Espérons qu'elle saura s'affranchir de cette pression vers l'immobilisme.
Autrement, que rajouter ? Borloo se retire des affaires économiques et prend l'environnement, avec Nathalie Kosciuscko-Morizet dans les pattes.
Toutefois, quelques surprises viennent confirmer la volonté d'ouverture de Sarkozy :
- Fadela Amara, présidente de "Ni putes ni soumises", devient secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville sous l'autorité de la ministre du Logement Christine Boutin, dont les tenues récentes laissaient espérerer, sans grand espoir, qu'elle s'était mise au pétard. On sent que les longues soirées d'hiver vont être animées. Est-ce pour punir Boutin que ce choix lui a été imposé, ou pour la remettre sur le droit chemin ? En tout cas, je suis très curieux de voir le résultat. "Je n'aurais pas accepté si je n'avais pas eu une marge de manoeuvre et une liberté de ton", a-t-elle assuré, expliquant vouloir "peser de tout (s)on poids et de toute (s)a force de conviction pour transformer les quartiers". C'est "une très, très grande nouvelle", s'est félicité le socialiste Malek Boutih, pour qui "c'est vraiment, pour la première fois depuis des années, la première bonne nouvelle pour les quartiers". Mais d'autres à gauche ne sont pas du tout du même avis.
- Rama Yade, en devenant secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l'Homme, sera-t-elle la Rachida Dati de demain ?
20:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : Gouvernement Fillon II, Jean-Marie Bockel, libéralisme, Fadela Amara, Hervé Novelli, Christine Lagarde, Bernard Kouchner |
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samedi, 07 avril 2007
Français, n'ayez pas peur du nouveau Pascal Salin
Le Pascal Salin nouveau est arivé ! Pour le moment; peu d'informations circulent sur le sujet hélas. J'espère en savoir plus rapidement. Allez le commander sur Amazon ou chez votre libraire.
09:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Pascal Salin, libéralisme |
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lundi, 26 mars 2007
Dennis Mac Shane : porte-parole d'Alternative Libérale sans le savoir
23:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Denis Mac Shane, travailliste britannique, libéralisme |
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jeudi, 22 mars 2007
Le must du moment : C'est trop tard pour la Terre de Cécile Philippe
Cécile Philippe, directrice du remarquable Institut Molinari, vient de sortir "C'est trop tard pour la Terre" aux éditions JC Lattès dans la collection "Idées fausses, vraies réponses" dirigée par Mathieu Laine. Ce jeune avocat, tout aussi brillant que Cécile, est aussi l'auteur de "La France est foutue" dans cette même collection, et de "La Grande Nurserie", excellent ouvrage sur notre Etat nounou qui a connu un vrai succès en librairie.
Précipitez-vous sur cet ouvrage qui, espérons-le, est le premier d'une longue série. A ce prix, prenez-en une pile pour apporter lors des dîners en ville.
Thème
La planète est perdue pour nos enfants, Il faut interdire les OGM, c'est la fin du pétrole … : les inquiétudes concernant l'avenir de la planète donnent lieu à de nombreuses idées reçues.
19:55 Publié dans Dans le monde, Environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : C'est trop tard pour la terre, la France est foutue, libéralisme, Mathieu Laine, Cécile Philippe, Institut Molinari |
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mercredi, 20 septembre 2006
Thierry Crouzet : proche du coming out libéral ?
Début 2006, Thierry Crouzet a publié un livre dans lequel il constate ce que les libéraux savent depuis longtemps : l'individu aspire à la liberté. C'est bien qu'il s'en rende compte, même un peu tard. Bref, ses nombreuses questions montrent qu'il est sur la bonne voie. Ses réflexes sont implicitement libéraux, qu'il s'en rende compte ou non. Manifestement, il a encore du mal à aller au bout de son analyse.
Exemple :
"La plupart des scientifiques on tendance [...] à ne penser qu’à des solutions qui passent par les gouvernements, alors même qu’ils conviennent que les gouvernements n’ont plus de réel pouvoir.
Le problème de tous ces scientifiques prestigieux, c’est qu’ils vivent essentiellement grâce aux gouvernements. Ça fausse leur jugement. Ils ont beau savoir intimement que l’action locale doit être privilégiée, ils n’arrivent pas à scier la branche sur laquelle ils sont assis."
C'est pas beau, ça ?
D'ailleurs, son site bonvote.com est un portail bien conçu qui est l'un des seuls à mettre en avant les "libertariens", famille de libéraux assez orthodoxes (même si la liste des liens indiqués est loin d'être exhaustive). C'est un indice intéressant. La question des libertés et la philosophie qui les concerne ne le laissent pas indifférents. Thierry Crouzet n'hésite pas à citer Karl Popper dans un commentaire. S'il le souhaite, nous sommes plusieurs à pouvoir l'aider à compléter son site...et sa culture.
Plus intéressant, voici ce qu'il répond, dans une interview du site écrans.fr (site dépendant de Libé)
Son ouvrage y est présenté ainsi :
Et si la dépolitisation de la société suivait de très près l’essor des nouvelles technologies ? C’est presque la thèse de Thierry Crouzet, ingénieur informatique et consultant. Ce spécialiste d’Internet analyse en effet notre défiance à l’égard de la politique et de tous les regimes de pouvoir actuels à l’aune du développement informatique, notamment. Exit les systèmes pyramidaux moisis du siècle dernier. Place à une société postlibertaire, en réseau, où une forme d’autogestion peut devenir beaucoup plus efficace que le modèle classique chef/exécutant. Théorie bidon ? Entretien avec l’auteur.
Il s'inscrit clairement dans une démarche libérale, ce que confirment les réponses de l'auteur aux questions suivantes :
N’est-ce pas une pensée un peu libertaire et/ou anarchiste, modernisée par les nouvelles technos ? Une illusion techniciste ?
C’est plutôt l’invention du vrai socialisme : chaque individu prend une valeur infinie. Dans cette perspective, la technologie n’est pas essentielle. Elle nous aide à porter un nouveau regard sur le monde. Après, nous en tirons les conséquences. Les hommes politiques sont incapables de gérer les problèmes complexes de la société d’aujourd’hui. À droite ou à gauche, tout le monde s’en rend compte. En bon cartésiens, les politiques cherchent des solutions qui partent d’en haut. Les scientifiques nous ont démontré que cette approche ne marche pas face à une structure complexe. Dans un tel environnement, les solutions doivent partir du bas, de nous, et remonter. C’est ainsi que les connecteurs ont décidé d’agir, en s’auto-organisant.
[il y a là une profonde contradiction dans ce propos]
Vous prônez souvent dans votre livre l’autorégulation contre le vieux monde pyramidal et légiférant. Mais n’est-ce pas une porte ouverte au libéralisme sauvage ? Les « moins initiés » à l’informatique se retrouvant exclus ?
Parce que notre société devient de plus en plus complexe, nous avons besoin de l’organiser différemment. Si nous refusons de changer, nous ne nous en sortirons que par une dérive autoritaire. Comme nous savons que la complexité ne se contrôle pas par le haut, nous devons chercher des solutions qui s’appuient sur chacun d’entre-nous. Nous devons distribuer les responsabilités. C’est une forme de libéralisme où chacun est interdépendant des autres au travers du réseau social. Voila pourquoi c’est un vrai socialisme. L’informatique joue un rôle important dans la cohésion de ce réseau mais elle n’est qu’un élément. En Afrique ou en Inde, des réseaux d’entraide très denses sont en train de se construire. C’est la preuve que ça peut fonctionner même avec les plus démunis.
Les phrases en rouge sont cruellement paradoxales. Thierry Crouzet ne parvient pas à s'assumer libéral et persiste à se décrire comme socialiste. Comme de nombreux jeunes terrorisé par le discours politiquement correct, il refoule ses sentiments, ses intuitions.
Allez Thierry, un petit effort pour basculer du côté de la force obscure : abandonne tes complexes et fais ton coming out de libéral !
11:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : Thierry Crozet, peuple des connecteurs, liberalisme |
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jeudi, 10 août 2006
L'enjeu 2007 semble consister à se situer par rapport au libéralisme
Même Jean-Louis-Debré, le dernier des chiraquiens, avoue :
"La présidentielle, c'est d'abord le choix d'un modèle économique et social. D'un côté, il y a, à gauche, les tenants de l'interventionnisme et de l'étatisme. Pour eux, le salut de l'économie passe par l'administration et l'État. En clair, c'est toujours plus de fonctionnaires, plus de réglementations. À droite, il y a une ligne claire à définir entre ceux qui rêvent d'un libéralisme débridé, sans règle, où le marché doit régner en maître, et ceux, dont je suis, qui veulent un libéralisme ordonné. "
Comment expliquer que l'UMP n'est pas libéral si le plus ringard et le plus incompétent de ses porte-parole, qui n'a jamais révélé le moindre soupçon de libéralisme, se positionne toutefois publiquement comme tel ! Le Président de l'Assemblée Nationale complique notre tâche. Enfin, heureusement que plus personne ne s'intéresse à ses propos.
Jean-Luc Mélanchon, lui, avance tout aussi bêtement que "L'Europe vomit le libéralisme". Romano Prodi s'attaque aux corporatismes dans un style plutôt libéral. Zapatero n'a pas remis en question les réformes libérales d'Aznar, Donald Tusk, libéral assumé, a obtenu plus de 40 % des voix en Pologne aux dernières élections... Et je n'évoque pas la Grande Bretagne de Blair ! Bref, du grand Mélanchon, comme d'habitude.
09:35 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : melanchon, PS, politique, liberalisme |
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mercredi, 12 juillet 2006
Libéral, et alors ?
Régulièrement, des observateurs de renom semblent découvrir que des libéraux existent en France. A côté des nombreux Français qui le sont sans le savoir, la population des « libéraux assumés » vit et prospère pourtant sur un vaste réseau de sites, de forums et de blogs à forte audience. Hélas, le discours antilibéral persiste à opposer une prétendue « vision solidaire » à celle qui privilégierait, selon lui, les valeurs de l’individu et de l’argent. Face à l’altruisme évident des premiers, les libéraux manifesteraient une indifférence aux autres. A l’instar de Jacques Chirac, ce tribunal de la pensée classe le libéralisme comme un mal pire que le communisme. Après l’omniprésence du discours anti-libéral de nos « élites » lors du referendum sur le TCE, tant du coté du OUI que du NON, il serait peut-être temps de ne plus réserver exclusivement le privilège de présenter la pensée libérale à ses détracteurs.
Pour commencer, 1789 marque une grande étape dans l’avancée des idées libérales. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen constitue l’un des textes libéraux les plus aboutis. Hélas, 1793 détourne cet idéal de liberté et d’égalité de droit pour plonger la France dans l’horreur. Si nous, libéraux, nous méfions des fausses « espérances collectives » qui ont souvent mené à des drames historiques de cette nature, nous avons toujours été d’ardents défenseurs des projets collectifs. Mais à la grande différence des idéologies collectivistes, nous n’envisageons l’action collective que dans l’adhésion volontaire, qui seule implique ses membres. L’approche coercitive d’un projet collectif entraîne naturellement le repli sur soi, la méfiance et l’égoïsme, ce que confirment les symptômes attristants de la société française actuelle. A l’opposé de ces dérives malsaines, une société libérale repose sur les trois piliers suivants : la liberté, la responsabilité et la confiance.
Etrangement, le mot « liberté » n’apparaît jamais dans les réquisitoires anti-libéraux. Pourtant, toute la philosophie libérale se fonde sur cette grande idée : l’homme est un être libre. Même la démocratie est subordonnée à un droit supérieur qui protège la liberté de chacun. En théorie. Aujourd’hui, le citoyen français a le droit de voter, mais pas de procéder à des choix importants tels que celui de l’école de ses enfants, de son assurance chômage ou de sa retraite. Pris entre un grand nombre d’obligations, de réglementations et de prélèvements obligatoires accablants pour obtenir, en retour, des prestations douteuses, le citoyen s’est vu progressivement infantilisé « pour son bien » par l’Etat nurserie. Pourtant, un courant profondément collectiviste réclame toujours plus de démocratie afin d’étendre le « pouvoir de la majorité » au détriment des droits fondamentaux des minorités et, notamment, des individus. Un certain nombre de lois sont déjà venues brider progressivement nos libertés individuelles, à commencer par la liberté d’expression (loi Gayssot, loi Taubira loi sur le génocide arménien, etc.). Internet est le sujet d’assauts de plus en plus inquiétants de la part des autorités publiques. Est-ce là un aperçu de « l’intérêt général » en action ? Comme on le découvre, derrière l’Etat nurserie se cache l’Etat inquisiteur. La dernière étape de ce processus insidieux de collectivisation de la vie sociale, c’est l’Etat policier qui traque ceux qui sortent de la norme imposée. Les minorités n’ont alors plus qu’à se cacher. Les libéraux, qui considèrent que la liberté n’est pas négociable, constituent aujourd’hui le dernier rempart de résistance face à cette extension menaçante de l’Etat.
La responsabilité découle naturellement du principe de liberté, tout simplement parce que « la liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ». Celui qui ne respecte pas les droits d’autrui doit assumer les conséquences de ses actes. Voilà pourquoi une bonne justice, qui ne peut se concevoir sans égalité des droits, constitue le socle de toute société libérale. Les libéraux sont d’ailleurs les premiers à se battre contre « la loi de la jungle », aussi bien celle du plus fort qui, par ses réseaux, obtient privilèges et passe-droits d’un pouvoir complice, que celle des intérêts et corporatismes qui entendent soumettre la communauté à leurs privilèges. Notre pays a, hélas, constaté une banalisation des subventions clientélistes aussi bien aux électeurs qu’aux entreprises, des amnisties et grâces indues, des autoamnisties de nos élus et des dossiers enterrés. Le cynisme populaire actuel résulte de cette longue tradition de domination de la raison d’Etat sur l’Etat de droit. Là encore, la pensée libérale reste la référence pour retrouver le droit chemin. Loin d’inciter les individus à devenir égoïstes et indifférents au sort des autres, ce grand principe de responsabilité, qui passe par l’instauration d’une justice forte, constitue le préalable nécessaire à l’instauration de rapports de confiance entre les hommes.
Aucune société ne peut avancer, aucun progrès ne peut être réalisé, aucune fraternité ne peut exister sans la confiance. Confiance en l’avenir, confiance en soi et, finalement, confiance en l’autre. La vie sociale ne s’impose pas d’en haut, elle se construit d’en bas. Tous les acteurs de cette vie sociale ne s’impliquent que parce qu’ils portent en eux cette confiance qui donne le goût du risque, de l’initiative et de l’association avec son prochain. Associations, fondations, entreprises, coopératives, mutuelles, syndicats, les formes de ce fourmillement spontané sont infinies. Tout au long de ce processus évolutif se forment ainsi de multiples espaces d’échange consacrés à la vie culturelle, à la pratique sportive, à l’engagement caritatif ou, autre exemple, aux projets entrepreneuriaux créateurs de richesse. Depuis la loi le Chapelier hélas, l’Etat français n’a eu de cesse de contrôler cet univers afin de ne pas voir émerger de contre-pouvoirs naturels d’une société civile émancipée. Des monopoles syndicaux aux associations subventionnées, la sphère sociale a toujours été captive du pouvoir politique et administratif. Compte tenu de cette histoire pesante, comment ne pas avoir en soi cette soif d’ambition collective et indépendante du pouvoir ? Les grands mouvements collectifs, s’ils sont nés de belles revendications et de nobles projets, ont souvent remplacé des chaînes par d’autres chaînes en guise de victoire. Au lieu d’émanciper les hommes des pouvoirs établis et de fonder de nouveaux rapports sociaux, ils se sont terminés en lois, en monopoles et en institutions nouvelles qui ne laissaient aucune part à la confiance dans les rapports sociaux.
Aujourd’hui, le projet libéral consiste à aller bien au-delà de cette tradition jacobine afin de laisser les individus recréer du lien social, construire des projets collectifs dans un environnement assaini où règne le droit. Certes, il peut paraître étrange aux plus hermétiques que les libéraux ne proposent pas un nouveau schéma centralisé, de nouvelles solutions collectives « clé en main » qui s’imposent à tous. Sommes-nous allés si loin sur la route de la servitude qu’il semble bien incongru de promouvoir la liberté ? Ou bien est-ce sa vision de la vie sociale qui est à ce point étriquée?
Allons, parions qu’il s’agit davantage d’un malentendu, d’une méconnaissance de l’autre. Cette peur de la différence est courante dans nos contrées hostiles aux projets collectifs spontanés, libres et indépendants. Cette phobie passera si un vrai débat s’engage sur nos projets de société respectifs et que nous apprenons tous à nous connaître.
12:45 Publié dans Journal de campagne, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : politique, liberalisme, libéral, confiance, responsabilité |
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