samedi, 23 décembre 2006

Nouveau bouc émissaire : la BCE

C'est la faute à la banque centrale ! C'est bien connu : si tout va mal, il faut trouver une raison suffisamment éloignée pour ne pas avoir à nous remettre nous-mêmes en cause. C'est donc à cause de notre monnaie, du taux d'intérêt officiel et du taux de change fort que tout va mal en France...alors que l'essentiel de nos exportations se fait en Euros, et que l'Irlande comme l'Espagne s'en sortent très bien avec la même devise que la nôtre. Pourtant, les deux stars de la campagne présidentielle ont sorti le même argument poujadiste en deux semaines : ils savent que l'argument démagogique porte. Pourtant, les Etats-Unis (qui savent aussi être très protectionnistes), comme de nombreux pays pragmatiques tels que le Royaume Uni, ont choisi d'octroyer une véritable indépendance à leur banque centrale. Ce n'est là que bon sens.

 

La théorie monétariste fait maintenant l'unanimité dans le monde libre et moderne...sauf chez les politiques français qui ne comprennent rien à la sphère des échanges. L'impact le plus favorable qu'une banque centrale peut avoir sur la croissance, c'est d'assurer une gestion stable de la croissance de la masse monétaire et de fixer des taux d'intérêt qui limitent l'inflation. Pour interdire les Etats de faire tourner la planche à billets, l'indépendance de la banque centrale est essentielle. Evidemment, cela place les Etats européens face à une lourde responsabilité : faire financer leurs déficits et leur dette par des investisseurs libres, au risque de les voir fuir notre marché un jour, et non plus par la planche à billets, c'est à dire l'inflation qui détruit la valeur du capital des épargnants. Les tours de passe-passe n'ont plus cours.

 

Les autres pays européens n'ont pas apprécié cette montée démagogique de Sarko et Ségo. Notamment, le président de la Bundesbank (équivalent allemand de la Banque de France) Axel Weber n'y est pas allé avec le dos de la cuiller :  « Les attaques sur l’indépendance de la BCE et de l’Eurosystème venant des deux bords dans le cadre de la campagne présidentielle française sont irresponsables et ne doivent pas être négligés au même titre que des fanfaronnades typiques de campagnes électorales [...] Je ne crois pas que l’on puisse accepter que les politiques de la BCE orientés vers la stabilité soient rendues responsables de l’évolution défavorable des économies nationales, dues pour l’essentiel aux défauts de la politique économique nationale ». Voilà qui est fort bien répondu.

 

CITATIONS 

"La surévaluation de l'euro par rapport au dollar est une erreur économique grave", a déclaré Nicolas Sarkozy à Charleville-Mézières (Ardennes), devant plus de deux mille personnes. Il a vraiment révélé sa vision de la monnaie : "Il n'y a pas un pays au monde où la monnaie ne soit pas un instrument de politique économique au service de la croissance et de l'emploi."
Il a enchaîné avec ceci : "La religion du libre-échange absolu est un renoncement", a-t-il professé, dénonçant aussi le "dogme intangible"  de la concurrence. Bref, Sarko ne semble plus du tout libéral au fur et à mesure que la campagne avance. Il ne l'était déjà pas beaucoup avant, entre son passage désastreux à Bercy et ses actios place Beauvau (Loi de Sécurité Intérieure ...), il n'y a dorénavant aucun doute.

 

Cela dit, Ségolène Royal n'offre pas un discours de meilleur augure :  "Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus", avait lancé la candidate socialiste au congrès du PSE. Pour Ségolène Royal, remettre l'Europe sur les rails "suppose que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques, bien sûr celles de l'Eurogroupe,, mais aussi celles du Conseil européen".

 

Pas facile de faire son choix entre ces deux zigotos. La pêche à la ligne garde de beaux jours devant elle, surtout au 2eme tour.

jeudi, 16 novembre 2006

Présidentielle : quitte ou double

Edouard Fillias, candidat d'Alternative Libérale, fait campagne avec ses propres moyens. Il n'a derrière lui qu'un jeune parti, sans élu et qui n'a pas encore fait ses preuves. Dans un pays aussi attaché au statut et à l'implantation institutionnelle, le renouvellement générationnel et l'offensive de nouvelles idées ne peuvent que rentrer en conflit avec le système établi. A Edouard d'avancer avec ce lourd handicap : aucun financement public, aucune promotion au niveau des mairies et un blocage des grands médias. Nous le savions en démarrant cette aventure, et nous avons suffisamment d'atouts pour exister malgré tout sur la scène politique. Après tout, si nous parvenons à nous ancrer dans la vie politique, ce sera bien la preuve que l'initiative paye, que rien n'est jamais joué et qu'il y a de la place pour ceux qui le veulent vraiment.

 

En attendant, les règles du jeu de ce scrutin sont très alambiquées. Pour financer ses dépenses de campagne, chaque candidat s'appuie sur son apport personnel (éventuellement par un crédit nom propre), les dons de personnes physiques (plafonnés à 4.600 euros par personne) et les dons de partis politiques (en général, le sien). mais seul son apport personnel est susceptible d'être remboursé en cas de dépassement de la barre des 5 %. L'enjeu est là.

Les candidats de moyenne envergure, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, Marie-Georges Buffet ou Olivier Besancenot, sont confrontés à un dilemme douloureux, selon qu'ils pensent avoir une forte probabilité de dépasser le score de 5 % ou non. De 4.99 ou 5.01 %, la différence est de 7.5 millions d'euros environ (50 millions de FRF pour ceux qui ont du mal avec les gros chiffres). Pour les antilibéraux par exemple, multiplier les candidats augmente le risque de bouillon, c'est un argument à prendre en compte pour eux (même s'ils s'en sont bien sortis en 2002). Un candidat, s'il atteint la barre fatidique de 5 %, se voit attribuer un remboursement de frais de campagne de ce montant. En dessous, il n'a droit qu'aux 750.000 euros attribués aux candidats qui auront eu leurs 500 signatures en mars 2007. Or, la campagne est déjà largement entamée, ce qui signifie que l'ensemble du plan de campagne dépend de l'hypothèse retenue. Nicolas Sarkozy, JMLP et l'élu du PS peuvent déjà compter sur ces 7.5 millions pour louer des locaux (Sarko cherche 1.000 m2 pour loger son lourd organigramme de campagne) et attaquer avec les grands moyens, d'autant plus que leur parti sera certainement généreux avec eux pour compléter le budget. Pas leur propre argent ni celui de donateurs qui les soutiennent, mais celui des contribuables tout simplement. Sympa pour eux !

 

Mais qu'en est-il du candidat moyen ? S'il y croit, il prend le risque de s'endetter en nom propre afin d'être remboursé, les élections passées, des dépenses actuelles et futures de campagne à hauteur de 7.5 millions d'euros. S'il n'atteint pas ce seuil, c'est le méga-bouillon. Encore une fois, ces 7.5 millions d'euros viennent rembourser des dépenses de campagne effectuées avec l'apport personnel du candidat, pas les dons. Bref, c'est quitte ou double ! A regarder les dépenses des candidats en 2002, on comprend mieux pourquoi certains se sont calmés ensuite.

 

En 2007, faites vos paris !

[si cela ne faisait pas partie de la longue liste des plaisirs illégaux, j'ouvrirais un compte de bookmaker pour l'occasion !]

 

DEPENSES DES CANDIDATS QUI ONT PRIS OU FROLE LE BOUILLON EN 2002 (sachant que les premiers 750.000 euros leur ont été remboursés) :

- Bayrou, qui a franchi adroitement la barre des 5 % (ouf) grâce à une baffe filmée : 7.4 millions d'euros d'apport personnel. il l'a échappé belle !

- Jean-Pierre Chevènement : 8.4 millions d'euros d'apport personnel : pair et gagne avec 5.33 %

- Noël Mamère : 3.9 millions d'apport personnel, remboursé de justesse avec un score de 5.25 %

- Robert Hue : 1.6 millions d'euros d'apport personnel ( et 3.3 millions d'euros du PCF) : bouillon avec 3.37 %

- Arlette Laguiller : 2.2 millions d'apport personnel, passe la barre avec 5.72 % !

- Christine Boutin : 3.87 millions d'euros d'apport personnel (qui a aussi bénéficié de 1 million d'euros de dons de personnes physiques !) : bouillon avec 1.19 % !

17:36 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, FN, UMP, PS, Sarko, Sarkozy, Le Pen | | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 13 novembre 2006

MAM mise KO par Besancenot

Chez Christine Ockrent hier soir, entre deux tirades terrifiantes d'absurdité et d'autoritarisme, MAM est parvenue à me toucher. La magie a opéré lorsque Olivier Besancenot l'a collée dans son siège et qu'elle s'est retrouvée séchée devant l'objet en acier produit par une usine que personne ne connait et la cartouche de lacrymo qu'il lui montrait. Elle m'a alors fait pitié. J'avais mal pour elle. Ce dinosaure de la vieille politique jacobine et Etatiste, cette bête politique qui n'a jamais mis les pieds dans une entrepris et avoue, candide, qu'elle a déjà "rencontré des salariés" pour ne pas paraître plus idiote qu'elle n'est, ne correspond plus à aucune réalité de la France du XXIeme siècle. Sans sa fidélité ancienne à Chirac, je me demande comment elle serait parvenue à rester dans le monde politique avec une incompréhension aussi manifeste du monde moderne.

 

Olivier Besancenot, qui faisait figure de petit garçon insolent, a tout de même réussi à s'imposer efficacement et à mettre le doigt, en toute simplicité, sur la faille béante qui la distingue du grand public. Alors qu'elle exposait une vision de la politique des années 50, lui a su produire un discours adapté à notre monde globalisé. Il a su dissimuler son idéologie nauséabonde derrière des arguments contemporains qui touchent tout le monde. MAM n'était pas préparée aux arguments simplistes, pourtant courants, du prédateur trotskyste Besancenot. Elle s'est étalée comme une bleue,  KO assise dans son fauteuil.

 

Pour le moment, la droite n'a pas de candidat crédible alternatif à Sarko.

16:15 Publié dans Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : UMP, MAM, Besancenot, LCR, Christine Ockrent | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 13 juillet 2006

Avec Renaud Dutreil, l'UMP va encore plus loin !

Alors que Romano Prodi s'attaque courageusement aux corporatismes en Italie, l'UMP se déclare vaincue d'avance.

 

Pourtant, l’économiste Francis Kramarz a proposé d’ouvrir en France l’accès à plusieurs professions réglementées, dont celle des chauffeurs de taxis. En vain. Aujourd'hui, il tire son chapeau au chef du gouvernement italien, Romano Prodi : « S’attaquer ainsi aux lobbies qui bloquent la situation et empêchent la création de richesses, c’est un vrai signal réformiste. »

 

 

medium_Dutreil.2.jpgLe ministre des PLE, Renaud Dutreil, confirme qu’un tel projet « n’est pas à l’étude », et préfère avancer d’autre arguments pour justifier le statu quo. Il dénonce « les effets dévastateurs de l’hyper-concurrence » que ne manqueraient pas, selon lui, de provoquer ces « vieilles recettes ultralibérales ». Se disant soucieux de préserver le pouvoir d’achat de « gens qui travaillent 50 à 60 heures par semaine », il invite ceux qui prônent l’ouverture à la concurrence à « regarder plutôt du côté des banques ».  Voudrait-il déréglementer ce secteur pour mieux faire respirer la concurrence ? CALYON, CDC, les caisses d'Epargne, la Poste, le Crédit Foncier seraient sur les rangs de la privatisation ? Ce n'est sans doute pas dans ce sens qu'il l'entendait.

 

M. Kramarz ne pense pas « le président ou le premier ministre soient convaincus des bienfaits de la concurrence », peu amène pour « ces énarques qui ont eux-mêmes bénéficié de rentes ». Nous, nous le en avons la certitude.

 

 Il y a des coups de boule qui se perdent.

 

 

16:40 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, UMP, concurrence, corporatisme | | | Digg! Digg |  Facebook

Patrick Ollier, l'UMP dans toute sa splendeur

"C'est moi qui ai inventé le concept de patriotisme économique à l'occasion de l'affaire Danone. Ce n'est pas du tout du protectionnisme, et ce n'est pas incompatible avec la mondialisation. Le fait de vouloir préserver des pans entiers de l'économie française n'est en rien criticable. On n'est pas obligé d'accepter l'application brutale des règles du marché." avance-t-il sans rire.

Malheureusement, les actionnaires, propriétaires légitimes de "pans entiers de l'économie", subissent ainsi régulièrement "l'application brutale des règles" Etatiques. Alors qu'ils auraient certainement pu retirer une jolie revalorisation de leur bien, ils n'auront que leurs yeux pour pleurer cette violence légale injustifiable.

 Si ces interventions n'étaient que grotesques, nous ne pourrions qu'en rire.  Mais les décisions de ces politiques, qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, ont un effet désastreux sur notre économie. En préservant aussi mal de supposés "fleurons", ces actions bloquent complètement l'émergence de nouveaux leaders. Nos PME meurent ou stagnent. Celles qui connaissent le succès s'expatrient.

Patrick, il y a des coups de boule qui se perdent...

09:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, UMP, protectionnisme | | | Digg! Digg |  Facebook