jeudi, 16 novembre 2006
Présidentielle : quitte ou double
Edouard Fillias, candidat d'Alternative Libérale, fait campagne avec ses propres moyens. Il n'a derrière lui qu'un jeune parti, sans élu et qui n'a pas encore fait ses preuves. Dans un pays aussi attaché au statut et à l'implantation institutionnelle, le renouvellement générationnel et l'offensive de nouvelles idées ne peuvent que rentrer en conflit avec le système établi. A Edouard d'avancer avec ce lourd handicap : aucun financement public, aucune promotion au niveau des mairies et un blocage des grands médias. Nous le savions en démarrant cette aventure, et nous avons suffisamment d'atouts pour exister malgré tout sur la scène politique. Après tout, si nous parvenons à nous ancrer dans la vie politique, ce sera bien la preuve que l'initiative paye, que rien n'est jamais joué et qu'il y a de la place pour ceux qui le veulent vraiment.
En attendant, les règles du jeu de ce scrutin sont très alambiquées. Pour financer ses dépenses de campagne, chaque candidat s'appuie sur son apport personnel (éventuellement par un crédit nom propre), les dons de personnes physiques (plafonnés à 4.600 euros par personne) et les dons de partis politiques (en général, le sien). mais seul son apport personnel est susceptible d'être remboursé en cas de dépassement de la barre des 5 %. L'enjeu est là.
Les candidats de moyenne envergure, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, Marie-Georges Buffet ou Olivier Besancenot, sont confrontés à un dilemme douloureux, selon qu'ils pensent avoir une forte probabilité de dépasser le score de 5 % ou non. De 4.99 ou 5.01 %, la différence est de 7.5 millions d'euros environ (50 millions de FRF pour ceux qui ont du mal avec les gros chiffres). Pour les antilibéraux par exemple, multiplier les candidats augmente le risque de bouillon, c'est un argument à prendre en compte pour eux (même s'ils s'en sont bien sortis en 2002). Un candidat, s'il atteint la barre fatidique de 5 %, se voit attribuer un remboursement de frais de campagne de ce montant. En dessous, il n'a droit qu'aux 750.000 euros attribués aux candidats qui auront eu leurs 500 signatures en mars 2007. Or, la campagne est déjà largement entamée, ce qui signifie que l'ensemble du plan de campagne dépend de l'hypothèse retenue. Nicolas Sarkozy, JMLP et l'élu du PS peuvent déjà compter sur ces 7.5 millions pour louer des locaux (Sarko cherche 1.000 m2 pour loger son lourd organigramme de campagne) et attaquer avec les grands moyens, d'autant plus que leur parti sera certainement généreux avec eux pour compléter le budget. Pas leur propre argent ni celui de donateurs qui les soutiennent, mais celui des contribuables tout simplement. Sympa pour eux !
Mais qu'en est-il du candidat moyen ? S'il y croit, il prend le risque de s'endetter en nom propre afin d'être remboursé, les élections passées, des dépenses actuelles et futures de campagne à hauteur de 7.5 millions d'euros. S'il n'atteint pas ce seuil, c'est le méga-bouillon. Encore une fois, ces 7.5 millions d'euros viennent rembourser des dépenses de campagne effectuées avec l'apport personnel du candidat, pas les dons. Bref, c'est quitte ou double ! A regarder les dépenses des candidats en 2002, on comprend mieux pourquoi certains se sont calmés ensuite.
En 2007, faites vos paris !
[si cela ne faisait pas partie de la longue liste des plaisirs illégaux, j'ouvrirais un compte de bookmaker pour l'occasion !]
DEPENSES DES CANDIDATS QUI ONT PRIS OU FROLE LE BOUILLON EN 2002 (sachant que les premiers 750.000 euros leur ont été remboursés) :
- Bayrou, qui a franchi adroitement la barre des 5 % (ouf) grâce à une baffe filmée : 7.4 millions d'euros d'apport personnel. il l'a échappé belle !
- Jean-Pierre Chevènement : 8.4 millions d'euros d'apport personnel : pair et gagne avec 5.33 %
- Noël Mamère : 3.9 millions d'apport personnel, remboursé de justesse avec un score de 5.25 %
- Robert Hue : 1.6 millions d'euros d'apport personnel ( et 3.3 millions d'euros du PCF) : bouillon avec 3.37 %
- Arlette Laguiller : 2.2 millions d'apport personnel, passe la barre avec 5.72 % !
- Christine Boutin : 3.87 millions d'euros d'apport personnel (qui a aussi bénéficié de 1 million d'euros de dons de personnes physiques !) : bouillon avec 1.19 % !
17:36 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : presidentielle, FN, UMP, PS, Sarko, Sarkozy, Le Pen |
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dimanche, 27 août 2006
Ségo et les éléphants
Jospin a mis 1h45 à avoir une larme à l'oeil. Il y avait encore des journalistes pour suivre cet évènement historique. D'habitude, ils écoutent le début des discours et puis se taillent. mais là, non. Jusqu'au bout, ils ont cherché cette once d'humanité chez l'idéologue. Et il la leur a livrée. Ségo, quasi absente du PS pendant son université d'été, reste la star incontestée de cette "Star Ac" (selon le toujours influent Krivine, parain de notre postier favori). Les éléphants ont beau se démener, rien n'y fait, ils restent loin dans les sondages.
Pourtant, à l'écouter encore hier soir sur une chaine nationale, elle n'a toujours rien à dire sinon qu'elle a vaillamment combattu le bizutage à l'école et les violences familiales. Elle s'accroche à cette langue de bois qu'elle ne maîtrise pas aussi bien que ses ainés, dissimulant mal son manque de convictions et d'idées fortes. Elle refuse même le principe de débats publics entre candidats à l'investiture socialiste ! Ce pur opportunisme risque de ne pas plaire longtemps à des électeurs de gauche qui attendent le renouvellement. Une nouvelle tête, féminine en plus, oui. Qui n'a pas plus de convictions claires qu'un Jack Lang, sans doute pas. Elle n'a pas l'envergure d'une Elisabeth Guigou ou d'un DSK.
C'est juste le dés"espoir d'avenir" pour les Français...
18:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : politique, Ségolène Royal, PS |
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jeudi, 10 août 2006
L'enjeu 2007 semble consister à se situer par rapport au libéralisme
Même Jean-Louis-Debré, le dernier des chiraquiens, avoue :
"La présidentielle, c'est d'abord le choix d'un modèle économique et social. D'un côté, il y a, à gauche, les tenants de l'interventionnisme et de l'étatisme. Pour eux, le salut de l'économie passe par l'administration et l'État. En clair, c'est toujours plus de fonctionnaires, plus de réglementations. À droite, il y a une ligne claire à définir entre ceux qui rêvent d'un libéralisme débridé, sans règle, où le marché doit régner en maître, et ceux, dont je suis, qui veulent un libéralisme ordonné. "
Comment expliquer que l'UMP n'est pas libéral si le plus ringard et le plus incompétent de ses porte-parole, qui n'a jamais révélé le moindre soupçon de libéralisme, se positionne toutefois publiquement comme tel ! Le Président de l'Assemblée Nationale complique notre tâche. Enfin, heureusement que plus personne ne s'intéresse à ses propos.
Jean-Luc Mélanchon, lui, avance tout aussi bêtement que "L'Europe vomit le libéralisme". Romano Prodi s'attaque aux corporatismes dans un style plutôt libéral. Zapatero n'a pas remis en question les réformes libérales d'Aznar, Donald Tusk, libéral assumé, a obtenu plus de 40 % des voix en Pologne aux dernières élections... Et je n'évoque pas la Grande Bretagne de Blair ! Bref, du grand Mélanchon, comme d'habitude.
09:35 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : melanchon, PS, politique, liberalisme |
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