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mercredi, 20 avril 2011

ISF : de l'impôt idéologique à l'impôt démagogique

Atlantico_logo.JPGLa réforme de la fiscalité de ce mardi n'a pas supprimé l'ISF. Les considérations électoralistes semblent l'avoir emporté sur le traitement en profondeur des problèmes que connait la France

Le bouclier fiscal illustre bien les « réformes » prises depuis quatre ans, davantage pour la « forme » que de fond. Plutôt que de supprimer l'ISF une bonne fois pour toute, le gouvernement a ajouté une strate supplémentaire. Nous cumulons ainsi deux handicaps : au coût de l'ISF en termes de croissance et d'emplois, s’est ajouté un ressentiment anti-riches porteur d’un avenir sombre.

La suppression prochaine du bouclier fiscal rétablira des situations d'imposition absurdes, mais le sentiment que les riches bénéficient de privilèges sera entretenu par la modification de l'ISF. Quitte à ne pas avoir la lucidité de supprimer cet impôt idéologique, ne rien faire en 2007 eut été préférable.

 

La trajectoire de la dette publique rend une baisse d’impôt impossible

Comme celles des pays du sud de l’Europe, les finances publiques françaises sont sur une trajectoire insoutenable. Après la chute récente du Portugal, nous attendons celle de l’Espagne. Les inquiétudes porteront dès lors sur la dette publique française, et les Français devinent comment leurs gouvernants tenteront de régler la question. 88 % pensent que des hausses d'impôts auront lieu après l'élection de 2012 quel que soit le candidat élu, selon un sondage Ifop récent. Une baisse d’impôts pour les catégories aisées tient donc du surréalisme économique et du suicide politique.

 

Encore de nouveaux impôts ! 

Le dernier projet connu consiste à relever le seuil de l’ISF en échange de la création (spécialité française) d’une taxe sur les “exilés fiscaux”, histoire de trouver 900 millions dans les fonds de tiroir. Un impôt similaire a existé en France avant d'être abrogé en 2004 par une décision de la Cour européenne de Justice pour entrave à la liberté d'établissement au sein de l'Union européenne. Que nous promet ce futur bricolage inique de circonstance, en plus d'encourager nos 2,5 millions de Français installés à l'étranger de ne plus revenir ?

Certes, l’ISF rapportait environ 3,3 milliards d’euros net du bouclier fiscal, 900 millions de plus qu’après l’allègement à venir. Mais il engendre sur le long terme des pertes fiscales considérables via les autres impôts (TVA, IRPP, etc.), que l’Institut Montaigne chiffrait en 2007 à environ 16 Md€. Maintenir ce symbole digne de François Hollande déclarant “Je n’aime pas les riches”, ne fait qu’entretenir ses conséquences négatives (surtout en l’absence de bouclier fiscal) ; il est dommage que personne n’en tienne compte.

La réflexion élyséenne ne porte manifestement pas sur l’efficacité économique mais sur la seule stratégie politique pour 2012. Comment préserver le vote des classes moyennes supérieures qui n’ont pas bénéficié du bouclier fiscal, et celui des classes moyennes ?
 
Maintenir le statu quo est risqué : l’électorat se rend compte que les « riches » sont taxés de manière très hétérogène, et surtout injuste. Les artistes et sportifs de haut niveau se sont expatriés pour y échapper. Il ne reste que les entrepreneurs qui ont réussi et que de nombreuses attaches familiales et professionnelles lient au territoire.

 

Rétablir la compétitivité économique = diminuer la fiscalité sur l’investissement

L’économie française n’est plus compétitive. Les comparaisons internationales en montrent la cause : les revenus du travail et les revenus du capital sont beaucoup trop taxés en France.  Si elle voulait se rapprocher de la fiscalité allemande, la France devrait supprimer l'ISF mais sans augmenter la fiscalité sur les revenus du patrimoine. Ce n'est pas un hasard si les comparaisons avec le voisin allemand deviennent de plus en plus pénibles : les instituts de conjoncture privés prévoient un déficit public allemand de 1,7 % du PIB en 2011 et de 0,9 % en 2012, pour une croissance de 3 %.


 
Pour favoriser la croissance durable, et donc l'investissement, la confiance dans une stabilité future des lois est essentielle. Introduire aujourd’hui de l’incertitude sur la fiscalité de l’épargne n’est assurément pas le meilleur moyen de favoriser la reprise économique. Pourquoi ne pas envisager une vraie reforme fiscale lisible et crédible : baisse et simplification des taux d'imposition sur les revenus du travail et du capital sous la forme d'une "flat tax". Nous supprimerions en échange les niches fiscales, ainsi que de multiples impôts marginaux et économiquement nocifs.

19:24 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : isf, bouclier fiscal, pression fiscale, impot ideologique, flat tax | | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires


Je veux qu’une large partie de mon ISF serve, c’est pourquoi je me suis renseigné et j’ai découvert la Fondation FSJU. Aujourd’hui je verse à un programme pour des œuvres sociales en France et en Israël. Par exemple : des bourses-cantine, la mise en place du réseau santé en France, ou encore l’aide à l’enfance et à la jeunesse en difficulté en Israël, des bourses aux étudiants qui vivent en Israël loin de leurs familles.

Écrit par : benzaken | jeudi, 21 avril 2011


Vous souhaitez que le courant libéral soit plus audible en France et mieux entendu par la population et la possible réapparition d'Alain Madelin dans le monde politique vous donne quelques espoirs.
Mais attention aux couacs.
Pourquoi un parti politique comme le FN a t-il stagné (malgré le nombre de ses militants) et durant des années au purgatoire ?
A cause des dérapages de quelques brebis galeuses, aux propos provocateurs, qui avaient parachevé l'etiquetage de leur mouvement comme parti infréquentable.
Alors dans le mouvement libéral y a t-il de tels trublions, qu'on entend davantage, que les autres et qui ruinent tout espoir de progression ?
Incontestablement ,oui.
Et ce phénomène est amplifié par la résonance des blogs et d'internet.
Alors de grace, qu'on fasse gentiment taire les gens qui au nom de leurs idées libérales :
- disent que l'electeur français moyen est stupide.
- que les élus sont pour la plupart pourris et corrompus.
- que les préocupations ecologiques des populations sont un obstacle économique et donc à éliminer .
- que les salariés doivent la fermer ou démissionner s'ils ne sont pas contents.
- qu'il faut abolir immédiatement le code du travail et permettre que chaque travailleur et entrepreneur signent des contrats personnalisés (y compris en acceptant toute forme d'exploitation, d'esclavage et de sous-rémunération)
- qu'il faut supprimer la retraite par répartition, la securité sociale et l'assurance chomage.
- qu'il faut autoriser n'importe qui, à exercer n'importe quel métier(même sans diplome)y compris dans les métiers de la santé, du transport et du fiduciaire.
- que le citoyen qui serait ainsi victime de pseudo-professionnels incompétents ne devra pas à être protégé par l'Etat.
-qu'il faut supprimer toutes les règles d'urbanisme et permettre tous les types de constructions n'importe où
- qu'il faut supprimer le permis de conduire et le code de la route afin de responsabiliser les conducteurs.
- que le droit à l'enseignement par l'ecole gratuite et obligatoire ne doit plus exister
-qu'il faille indistinctement accepter tout commerce et consommation de tous types de drogues, sans se préoccuper des problèmes de santé publique et de criminalité que cela engendrerait.
- que l'immigration porteuse de fraude fiscale, de concurrence déloyale et de travail non déclaré sera un puissant vecteur de lutte contre l'Etat et qu'il faut donc l'encourager.
etc....

Écrit par : turnover | vendredi, 22 avril 2011


La situation et pression fiscale s'accentue. Les francais sont plumés et que va t il leur rester à la fin ? Des patates et un toit ? On nous fait fuir les cerveaux, les investisseurs, les bosseurs. Ou allons nous ?

Écrit par : mutuelle pas cher | mercredi, 16 janvier 2013


merci!

Écrit par : ici | lundi, 29 juillet 2013

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