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lundi, 18 avril 2011

Nouvelle réplique du séisme de la dette

Spending-trillion-cartoon.jpgDeux grandes failles se sont réouvertes depuis ce week-end. L'une en Europe, l'autre aux Etats-Unis. De l'autre côté de l'Océan, la dette vient d'être placée sous surveillance négative par S&P, une très grosse agence déjà largement critiquée pour son indulgence coupable à l'égard de ses grands clients. Le gouvernement américain est à la fois client ET régulateur, c'est deux fois plus motivant, pour une agence, de ne pas trop le brutaliser.

 

Etat incontinent

Hélas, il ne pouvait en être autrement avec le franchissement par la dette américaine du plafond légal de $14,300 milliards - grâce à des négociations aussi acrobatiques que dérisoires de dernière minute avec l'opposition. D'autant plus que la probabilité de déficits considérables  dans les années à venir  reste élevée - $1,600 milliards en 2011 - à cause des dépenses militaires et des budgets Medicare et Medicaid hors de contrôle. Autant dire que l'incontinence de la Fed et du gouvernement commencent à chatouiller les Américains... et leurs créanciers.

 

Si vous devez couper la queue de votre chien, faites-le en une fois plutôt que par tranches.

On peut rigoler en Europe, mais ça ne va guère mieux chez nous. C'est même plus grave. La Grèce a beau jurer qu'elle s'est désintoxiquée et qu'elle a repris le chemin de la vertu, la vue de ses déficits actuels prouve le contraire. Ce pays est toujours très largement déficitaire avec un Etat ultradépensier avec l'argent qu'il n'a pas, et des réformes trop modestes pour libérer la croissance et faire de la Grèce un tigre de la Méditéranéee. Pour l'instant, le pays est classé 88eme par son indice de "liberté économique" (après l'Ouganda, la Croatie ou le Kazakhstan). De moins en moins de monde a envie d'alimenter sa dépendance, à l'égard des déficits surtout si la garantie virtuelle des Etats européens devient moins virtuelle... et moins certaine pour ses €340 milliards de dette publique dont elle ne peut espérer que rembourser que la moitié dans les 20 prochaines années si elle fait vite les bons choix économiques. Résultat, de hauts responsables allemands ont évoqué ce weekend un plan de renégociation de la dette grecque : allongement considérable (et forcé) de la dette grecque, baisse éventuelle du coupon, peut-être du principal à rembourser au final. Une telle opération devrait être suffisamment radicale pour que la douleur soit vive mais ponctuelle.

 

Mais après la dette grecque, nous aurons à renégocier la dette irlandaise, puis portugaise. Les banques européennes devront à nouveau encaisser le choc, sûrement avec l'aide d'une BCE complaisante aux dépens des citoyens européens qui voient déjà l'inflation revenir dans leur assiette. L'Espagne va à nouveau trembler. Si elle tombe comme les 3 autres avant elle, ce sera rapidement au tour de la France de devoir faire les comptes. La vie à crédit, la "gratuité" generalisée et le modèle social que le monde nous envie ont un prix. Avec un déficit public de 7 % du PIB, soit 55 % du budget de l'Etat, et une dette représentant 80 % du PIB, soit 600 % du budget de l'Etat, la note promet d'être salée.

Commentaires


Une belle dissertation , la millième lue sous une plume ou sous une autre, déplorant ou fulminant, dénonçant ou ricanant . Mais toujours la même conclusion : " la note va être salée"

Ces discours préparent tous le malheureux contribuable à être pressé de taxes nouvelles, innovantes , justes et inutiles.

Ce n'est pas la solution . Ils faudrait mieux dénoncer les privilèges exorbitants des parasites du système , fonctionnaires de l'Etat , des associations et de certaines grosses entreprise, renoncer aux freins écologiques et humanitaires, annoncer la liberté de creer des richesses et de ne pas les distribuer aveuglement et anonymement.

Il y a au coin de chaque rue comme dans la mémoire de chacun la preuve que les initiatives libérées de la contrainte du " bien commun" renversent des montagnes et construisent des destinées.
La contrainte totalitaire parvient parfois à construire des destinées collectives, mais il faut qu'elle soit totalitaire et féroce.

Seule la Liberté , ses conséquences une fois assumées, dégonfle les dettes et émascule les totalitarismes à l'affût.

Écrit par : bouleville | lundi, 18 avril 2011


Qui, quand et comment va siffler la fin de ces inepties économiques que sont les dettes souveraines ? C'est tout le système capitaliste qui est menacé et d'ailleurs attaqué par tous ceux qui souhaitent sa disparition. Pour le remplacer par quoi ? Ils ne le savent pas non plus.
Car enfin la Grèce d'abord, l'Irlande, le Portugal et ceux qui vont suivre ne peuvent indéfiniment allonger les délais de remboursement. Il va bien falloir un jour ou l'autre que les créanciers acceptent de perdre une partie de ce qu'ils ont prêtés. Sauf qu'ils ne le peuvent pas sans se déclarer en faillite, ces grandes banques "nationales". La Société Générale, la BNP ou le Crédit Lyonnais peuvent-elles passer par perte 10 à 20 milliards chacune, pour ne parler que des banques françaises ? Non. Alors l'Etat "devrait" les renflouer sinon c'est tout le réseau bancaire de guichet qui disparaît. Mais cela voudra dire 100 milliards de plus de dettes pour les contribuables français qu'il va falloir "refinancer" !....

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ! Et il n'y a qu'une solution pour les électeurs français demain, c'est, du jour au lendemain, ne plus accepter que leurs élus fassent des déficits publics. Et il y aura encore toute la dette à éponger. Plus de déficits c'est soit plus d'impôts au risque de tuer l'activité économique en France ou une réduction drastique des dépenses de l'Etat. Il n'y a pas d'autres solutions que cette dernière option et vite. Qui va porter devant les électeurs français (qui ne sont pas aussi responsables que les anglais) cette potion indispensable ? Parce qu'on peut bien sur ne rien faire, mais il ne faut pas avoir fait de grandes études pour savoir que cette cavalerie ne peut durer encore bien longtemps.

L'Etat de gré ou de force ne pourra plus demain ne redistribuer qu'un minimum et les français devront se remettre à travailler.

Écrit par : Pierre MICHON | mardi, 19 avril 2011


bouleville, ce constat doit être rappelé régulièrement pour lutter contre l'apathie soigneusement entretenue par nos gouvernants.

C'est en effet l'occasion de changer de paradigme pour envisager la société autrement. Libérer les initiatives, les talents et abolir les privilèges qui tuent la concurrence et l'innovation en les renégociant.

C'est le sujet d'autres interventions de ma part, et c'est l'objet du Parti Libéral Démocrate.

Écrit par : Aurelien | mardi, 19 avril 2011


bientot au tour de la France, largement au dessus de 80% si on tient compte des engagements de retraites non provisionnés.

Écrit par : Le Parisien Liberal | mardi, 19 avril 2011


"Il y a au coin de chaque rue comme dans la mémoire de chacun la preuve que les initiatives libérées de la contrainte du " bien commun" renversent des montagnes et construisent des destinées.
La contrainte totalitaire parvient parfois à construire des destinées collectives, mais il faut qu'elle soit totalitaire et féroce.

Seule la Liberté , ses conséquences une fois assumées, dégonfle les dettes et émascule les totalitarismes à l'affût."
Oui belle formule mais impasse historique en France pour le moment. Nous ne sommes pas dans le Yes we can but in the how can we? Le génie politique est là.

Écrit par : THEGAP | mardi, 19 avril 2011


Salut,
Merci beaucoup pour ces précision, ca c'est de l'info !

Écrit par : sildenafil | mardi, 19 avril 2011


Merci beaucoup pour ces précision, ca c'est de l'info !

Écrit par : Cialis prix | lundi, 15 juillet 2013


merci!

Écrit par : ici | lundi, 29 juillet 2013

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