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vendredi, 24 septembre 2010

Pourquoi je reste un Européen convaincu

sarko-merkel.jpgLa construction européenne est en panne, bancale et attaquée essentiellement par ceux qui voient dans le capitalisme et le libre échange la source de tous leurs maux. Elle s'occupe de beaucoup trop de sujets qui ne devraient relever que des Etats, voire des régions quand ce ne sont des villes, dans cet infâmant culte de l'harmonisation à outrance. Pour autant, l'Europe reste fondée sur un socle plutôt sain : l'Allemagne. Malgré les assauts au marteau piqueur de notre président marteau et piqué et de son équipe de choc, le roc résiste. La BCE est très imparfaite, elle joue aussi de la planche à billets pour faciliter le financement des Etats européens au détriment des entreprises et de la croissance. Mais ce n'est rien à côté de la Fed, et le successeur de Trichet menace d'être beaucoup plus rigoureux et respectueux de l'intérêt des citoyens européens que son prédecesseur. Bref, tout est loin d'être parfait dans le meilleur des mondes, mais nous pourrions être dans un environnement bien plus dégradé, aux Etats-Unis après Bush et sous Obama par exemple.

Un reproche important qu'on peut formuler à cette nébuleuse institutionnelle confuse qu'est l'Europe, c'est son absence de sanction des fautes de ses Etats membres. Les critères de Maastricht fixaient des seuils qui ont été violés par tous les signataires, parfois pour de fausses bonnes raisons, parfois sans aucune raison (ce qui est plus honnête). Sans les réactions de la Grèce, de l'Espagne, de l'Irlance toujours menacée, sans la stabilité relative de l'Allemagne qui a refusé de s'engouffrer dans  les plans de prétendue relance et prouve à ses voisins qu'on peut très bien s'en sortir sans ces gabegies supplémentaires, l'Europe n'aurait pas tenu jusqu'ici. L'euro serait davantage en danger aujourd'hui. Jusqu'ici, la rigueur (relative) allemande et de la BCE ont permis de colmater les graves fissures que la crise a fait apparaître.

La crise est loin d'être terminée. Plus la purge est ralentie, plus elle dure. Et tant que les excès passés sont dans nos organismes économiques, la reprise franche n'est pas possible. Rien ne dit que ces toxines ne mettront pas à nouveau en péril l'Europe, l'euro. Si l'avancée annoncée aujourd'hui se confirmait, je redeviendrais plus optimiste pour l'avenir de notre continent : Eurozone crackdown on public finances. Les présidents von Rompuy et Barroso (oui, il y a deux présidens européens, l'un de la Commission, l'autre du Conseil, tous deux bénéficiant de la légitimité des gouvernements européens) ont annoncé leur accord pour mettre en place un plan de sanctions financières des pays ne respectant pas les critères de Maastricht ou ne s'engageant pas dans les actes à converger vers eux. Ces sanctions seraient également appliquées aux pays refusant d'appliquer les préconisations de réformes visant à améliorer la compétitivité et les grands équilibres macroéconomiques (chômage, croissance et autres objectifs à définir). Sans doute faudra-t-il ajouter comme sanctions la fin des subventions européennes, l'impossibilité de voter au conseil, la perte d'un portefeuille à la commission, etc.

 

Coup de pied au derrière du gouvernement français en perspective ?

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Commentaires


Certes l'Europe peut être utile pour limiter les déficits. Mais si elle a le pouvoir de réglementer cela et de sanctionner ceux qui ne respectent pas la règle, c'est la porte ouverte à toutes sortes de règlementations malsaines. Comme disait Thatcher : "Nous n'avons pas réduit le rôle de l'État avec succès en Grande-Bretagne pour qu'un super-État européen vienne exercer une nouvelle domination depuis Bruxelles". A mon sens l'UE est avant tout un monstre bureaucratique qui éloigne encore plus les élites du peuple. Des centaines de millions de personnes sont gouvernées par des bureaucrates non élus qui n'ont jamais mis les pieds dans leurs pays. Honnêtement, comment se sentir proche des fonctionnaires de Bruxelles ?
L'Europe en quelques mots ? Bureaucratie, distance, opacité, centralisation, gouffre financier (ah, la PAC...). L'Europe naturelle devrait être un espace de libre échange qui permette d'exploiter au mieux les bienfaits de la concurrence et de la division du travail (toujours plus efficaces à grande échelle), mais par pitié, gardons notre souveraineté politique, car jusqu'à nouvel ordre la décentralisation est un objectif libéral. Pas le constructivisme.

Écrit par : Astynoos | vendredi, 24 septembre 2010


J'avoue qu'il y a eu chez moi un shift de mon sentiment européen de pro à eurosceptique.

Je suis convaincu qu'il existe une bonne Europe, celle qui a forcé la France a libéraliser nombre de ses secteurs économiques autrefois monopolistiques, celle de la cour de justice de l'UE qui remet en place les pays qui jouent au protectionnisme déguisé.

Mais cette Europe disparait petit à petit. L'espace européen des services est en panne, tout comme l'espace judiciaire européen. Par contre, on en parle que taxation européenne, harmonisation, nouvelles normes et directives, développement faussement durable (subventionné)...

Virage antidémocratique, avec l'adoption d'un "traité de lisbonne" rejeté dans sa version constitutionnelle par trois votes populaires. Virage centralisateur avec l'annonce du "régulateur européen" et du possible examen de passage des budgets nationaux devant la commission de bureaucrates cooptés.

Et ce qui s'est passé avec l'Euro cette année a achevé de me convaincre que cette europe là est porteuse de plus de dangers que de potentialités - L'europe s'est assise sur tous ses principes en quelques jours. Quelle confiance dans cette europe là ? ZERO.

Ou bien l'europe opère un virage libéral salutaire rapide (sous la pression des pays de l'est ?) ou bien il faudrait la quitter, parce que s'il vaut mieux une bonne europe que pas d'europe, il ne faut pas couler avec l'europe si celle ci se transforme en galère avec la coque percée.

Oui, je sais, c'est provocateur, mais après tout, la suisse et la norvège ne s'en tirent pas trop mal...

Écrit par : vincent | samedi, 25 septembre 2010


Bonne nouvelle, Vincent Bénard devient de plus en plus facho.

Ne m'en veuillez pas, Vincent, je caricature à plaisir, vous me connaissez.

Cela dit, je suis sérieux : j'observe une tendance à la radicalisation chez de nombreux blogueurs mal-pensants, qui se sont lontemps aggripés à certains morceaux flottants du dogme politiquement correct pour garder un lien avec la bonne société (européisme, anti-racisme, immigrationnisme, islamo-complaisance...), et qui, devant les coups de boutoir de plus en plus forts du réel, lâchent prise les uns après les autres, assumant leur conversion à la nauséabonderie.

Écrit par : Robert Marchenoir | samedi, 25 septembre 2010


Vincent, les alliés de ce discours anti-européen sont essentiellement des antilibéraux. Ils voient bien que la dislocation de l'Europe amplifierait grandement les clivages découlant de divergences économiques et politiques actuellement amorties par les couches 'bureaucratiques' actuelles (bureaucratie dérisoire pour 300 millions d'habitants si on la ramène à la seule bureaucratie française). La fin de la BCE sonnerait le retour de banques centrales soumises aux Etats alors que la BCE résiste plutôt bien, malgré des bas bien mis en évidence par les libéraux durant la crise. La fermeture des frontières retarderait le processus actuellement engagé de réformes à l'échelle de l'Europe.

Je mesure bien les imperfections de l'Europe, qui mérite nos critiques. Mais c'est comme la démocratie, on ne fait pas mieux à ce jour, c'est la meilleure ouverture des frontières envisageable à ce stade, c'est aussi le meilleur processus de pacification et d'enrichissement de l'Europe. Et le vent tourne plutôt en faveur des libéraux en Europe, ce qui ne devrait pas trop aggraver les choses alors que la France seule, à nouveau isolée...

Écrit par : Aurelien | samedi, 25 septembre 2010


Mais pourquoi la France devrait-elle être isolée sans UE ? N'importe quel libéral nous dira que ce ne sont pas les politiciens qui font le monde, mais bien les entrepreneurs et tous ceux qui participent à l'économie. En conséquence, il apparait nécessaire de faire sauter les frontières économiques pour assurer la prospérité, mais pourquoi faire sauter les frontières politiques ?

Au contraire, une politique centralisée sera tentée par l'uniformisation, ce qui conduira à moults bricolages étatiques qui vont fausser le marché et à un ressentiment des peuples vis-à-vis d'une organisation tentaculaire qui menace leurs cultures respectives. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je parle au futur, nous sommes déjà dans cette situation.

Écrit par : Astynoos | samedi, 25 septembre 2010


"ce ne sont pas les politiciens qui font le monde, mais bien les entrepreneurs et tous ceux qui participent à l'économie".

L'économie ne suffit pas à "faire le monde". Les libéraux ne se grandissent pas s'ils réduisent leurs idées à un pur économisme. L'économie n'est même pas le plus important, même si elle est essentielle.

Écrit par : Emmanuel | samedi, 25 septembre 2010


Un autre lien :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/y-a-t-il-une-menace-de-pandemie-d-82047#forum2703354

Écrit par : K. | mercredi, 29 septembre 2010

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