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lundi, 23 août 2010
Dany le vert... de rage
Dany Cohn Bandit, vieux routard de la politique, redécouvre les joies du métier. Cherchant depuis plusieurs années à extraire les verts français de leur sectarisme pour les amener au succès, il vient de perdre son pari. Son engagement a pourtant offert aux verts un score historique aux dernières européennes. En 2012, sa stratégie aurait pu amener un second tour étrange (Eva Joly - Marine le Pen ?). Il s'est fait dévorer son plan en deux temps. La nouvelle entité, Europe Ecologie, n'est pas sûre de résister longtemps à ses contradictions internes sans une personnalité emblématique comme Eva Joly. Est-elle là pour longtemps pour dissimuler les paradoxes de fond ?
La nouvelle formation, Europe Ecologie, aurait pu avaler le PS. C'était l'objectif de Dany. Alors que les verts font fuir par leur sectarisme et leur anticapitalisme forcené (secteur déjà très occupé par la multiplicité des partis d'extrême gauche), la fameuse "coopérative" souhaitée et lancée par Cohn Bendit aurait pu, et dû attirer les déçus du Modem et du centre de plus en plus attirés par l'écologie comme une nouvelle mode, et surtout tous ceux qui attendent désespérément la rénovation du PS ... ui ne vient toujours pas. Avec l'accord d'Eva Joly, le bureau a finalement été verrouillé par les verts et leur grande prêtresse, Cécile Duflot. Il n'y aura sans doute pas d'ouverture vers Corinne Lepage et les divers socialistes plus sociaux démocrates sensibles à l'écologie qu'anticapitalistes (il y a déjà Mélachon en voiture balais). L'ambitieux et retors Jean-Vincent Placé et la branche radicalement anticapitaliste des verts a gagné. L'objectif d'EE devra nettement être revu à la baisse.
Surtout, la candidate d'EE, Eva Joly, présentait des atouts importants dans le camp de la gauche. Combattante reconnue du grand capitalisme financier en tant que magistrate, baroudeuse internationale et diplomate (quoique...), quelle plus belle figure de proue pour une présidentielle charnière ? Certes, Eva Joly aura 69 ans en 2012. Mais elle peut certainement l'emporter sur le/la candidate du PS avec une bonne stratégie, une stratégie à la COhn Bendit par exemple. Au lieu de ça, voilà qu'Eva Joly a préféré pactiser avec la secte verte et lâcher son ami Dany qui l'avait pourtant emmenée dans cette histoire avec succès, convainquant les verts plus que réticents à la prendre comme leur candidate. Si Eva Joly radicalise son discours à l'extrême gauche et n'est soutenue que par les verts canal historique, elle risque de rapidement voir son potentiel électoral rogné.
Dany Cohn Bendit a engagé la mue des verts, leur a trouvé un candidat en or, et voilà un joli gâchis en guise de résultat. Après tout, quand on n'a pas la compétence pour transformer pareils atouts en succès, peut-être mérite-ton son échec ? En tout cas, le PS peut respirer.
08:41 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Vous ne semblez pas envisager que ce puisse simplement être simplement le vrai visage d'Eva Joly qu'elle nous présente enfin, maintenant qu'elle est en confiance. Elle est peut-être tout simplement plus à gauche qu'elle n'a voulu le laisser croire afin de préserver l'image de probité (et donc, en creux, d'indépendance) nécessaire à son statut de magistrat irréprochable.
Écrit par : simple citoyen | jeudi, 23 septembre 2010
Vous avez sans doute raison. Nous découvrons enfin sa nature profonde, traduction de ses combats antérieurs.
Écrit par : Aurelien | jeudi, 23 septembre 2010
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