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mercredi, 30 juin 2010

La peau d'Eric Woerth ne vaut pas cher

Alors que le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique (comment peut-on mettre ces trois responsabilités dans le même sac sans penser à une blague ?) bénéficie plutôt d'une bonne réputation, il a été victime de dommages collatéraux dans une affaire qui le concerne vaguement. Mais du vague on est passé à la vague, et même au tsunami médiatique. Le peuple gronde un peu, surtout après plusieurs affaires remontées sans qu'aucune démission n'y réponde. Aujourd'hui, il faut livrer  des têtes à la vindicte populaire, fussent-elles bien faites. Dommage, ça tombe sur l'un des rares membres sérieux du gouvernement. Il fait partie du clan qui a le plus déféndu la rigueur et les réformes; bref, quelqu'un qui n'a pas que des amis. Le Monde lui consacre des enquêtes approfondies comme il n'avait plus osé en lancer depuis longtemps. Le Canard Enchainé a sonné l'halali. Et aujourd'hui, son passé trouble de trésorier de l'UMP le rattrappe, avec son lot de fréquentations douteuses, de situations sulfureuses et d'affaires proches. Nous saurons bientôt jusqu'à quand il a porté des couches, et quand il a su lire.

 

Après le soutien indéfectible les premières 48 heures, le front s'est vite fissuré. Alain Juppé a balancé un tacle au techno, à croire que Woerth est un peu embarrassant pour lui :  un techno aussi intelligent que lui, mais sympathique en plus. A suivi l'uppercut de François Sauvadet qui enfonce un coin supplémentaire, et plusieurs retraits dans le front uni à l'intérieur de l'UMP. Bref, ses jours sont comptés, voire ses heures. Les lièvres levés le justifient hélas. Et nous sommes loin de la tolérance zéro.

 

Pourtant, cela n'est pas pour me rassurer. Les Christian Blanc aux notes pharaoniques de cigares, les Christine Boutin (dont le bureau et les assistantes inutiles ont été maintenus) et les Alain Joyandet sont tous saufs. Pire, les conjoints des politiques auront intérêt à être fonctionnaires pour ne pas risquer de se retrouver un jour dans une situation compromettante. Et puis cette affaire pose, il est vrai, de nombreuses questions. Le salaire faramineux d'avocat de Jean-François Copé, déjà député et président du groupe UMP à l'assemblée nationale, se justifie-t-il autrement que pas l'accès à un réseau de pouvoir et un pari sur un présidentiable pour son employeur ? La vie politique frise en permanence avec ce genre de relations troubles. Il n'y a pas de réponse simple, sauf à éradiquer totalement les derniers élus qui viennent du privé, ou dont le conjoint fait une belle carrière dans le privé, et veulent garder cette culture distincte de la majorité de leur univers politique : la fonction publique.

 

Pour le moment, la chasse est ouverte, il faut éviter de se prendre du plomb au passage.

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Commentaires


Je suis tout à fait d'accord avec toi. Woerth est le seul a êter un peu serieux. Cette histoire avec sa femme c'est vraiment une honte pour le combat féministe: sa réussite personnelle ne serait lié qu'à la fonction de son mari...
J'hallucine qu'un homme aussi serieux puisse faire l'objet d'un tel procés. Le monde politique est très dur et l'honnêteté ne suffit pas!

Écrit par : Thibaud DENOLLE | jeudi, 01 juillet 2010


Sérieux ?

Si j'ai bien compris, Eric Woerth a décoré de la légion d'honneur le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt qui :

1 - donnait de l'argent à l'UMP (dont Eric Woerth était le trésorier)
2 - embauchait la femme d'Eric Woerth
3 - fraudait le fisc (dont Eric Woerth était responsable)

ça fait un peu mélange des genres à la française, non ?

Pas très sérieux en tous cas.

Écrit par : Le Champ Libre | jeudi, 01 juillet 2010


Si le gestionnaire de fortune de Madame Bettencourt a reçu la légion d'honneur c'est pour des services rendus à la France vs Madame Bettencourt, qu'une saine gestion de ses avoirs aurait du conduire à résider hors des frontières d'un Etat spoliateur depuis bien longtemps et en toutes légitimité et légalité.
Eric Woerth est à mon avis un homme bien, mais tout aussi inféodé, tel que la "Voix de son Maître" aux cellules ad-hoc des cabinets de Sarkozy. Mais quand est-ce que ces bons à rien vont-ils prendre la parole au 20h pour dire que Madame Bettencourt, certainement du fait de son âge et de ce qui est dit au-dessus, est la plus grosse contribuable privée de France et que les 400 millions d'euros d'impôts apportés depuis 10 ans et tous les emplois français que ses capitaux apportent à la France lui vaut, au premier chef la reconnaissance du chef de l'Etat représentant la nation toute entière, plus que les 7.500 euros de dons (le maximum) donné à l'UMP. Que la multiplicité de ses affaires à l'international, peuvent légitimer la détention d'un compte en Suisse, pays du siège de NESTLÉ, dont elle est la plus grosse actionnaire privée.
Faudra-t-il qu'elle s'exile en Suisse pour qu'une magnifique "leçon de choses", à l'adresse des français leur apprenne que le déficit public budgétaire vient de prendre 40 millions de plus, du fait de ce départ.
Il leur faut relire "la poule aux œufs d'or".

Écrit par : Pierre MICHON | samedi, 03 juillet 2010


@PierreMichon

Mais qui est spolié ? Bettencourt ou le Français Moyen ??? http://www.creationmonetaire.info/2010/06/bettencourt-le-patrimoine-le-revenu.html

Écrit par : Stephane Laborde | lundi, 05 juillet 2010


@ pierre michon

Votre plaidoyer pour Madame Bettencourt est caractéristique de trop nombreux libéraux qui acceptent, comme un moindre mal, d'être pris en otage par les "menaces" des detenteurs du capital.

Écrit par : salcedo | mardi, 13 juillet 2010


Madame Woerth travaillait plus pour gagner beaucoup plus que son mari, elle n'aurait pas du démissionner !
C'etait à son fonctionnaire de mari de tirer sa révérence, en toute logique :-)

Écrit par : Le Parisien Liberal | jeudi, 15 juillet 2010

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