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jeudi, 08 avril 2010

Manuel Valls est-il devenu un adepte de la décroissance ?

Manuel Valls est un social démocrate éclairé. En général, ses positions sont intéressantes, elles enrichissent le débat politique. Dans le camp socialiste, c'est l'une des rares personnalités pas trop marquée par l'idéologie socialiste. Il est d'ailleurs qualifié d'imprécateur solitaire par ceux qui ne partagent pas ses vues au PS. Cette semaine, il a gravement dérapé et révélé qu'il restait encore marqué par les archaïsmes du PS. Après avoir appelé à supprimer l'ISF conjointement avec le bouclier fiscal, il a aussi proposé un relèvement du taux maginal de l'impôt sur le revenu à 70 % (CSG et CRDS inclus). Ce taux véritablement confiscatoire serait un désastre pour l'emploi et le PIB français. Quel cadre, quel dirigeant d'entreprise voudra prendre des risques et se défoncer pour ne conserver que moins d'un tiers de son revenu marginal ?Ce taux, lorsqu'il a été mis en oeuvre, à toujours mené les pays à la catastrophe.

Manuel Valls n'a toujours pas saisi que la lutte contre les inégalités est une machine à fabriquer de la pauvreté et du chômage ? Son évolution récente aurait dû l'amener à réflechir aux moyens de faire reculer la pauvreté, objectif contradictoire avec le précédent. Il faut dire que dans son camp, François Hollande n'aime pas les riches, Benoît Hamon veut faire payer les riches. ais Valls a souvent affirmé son opposition à la surenchère idéologique. Valls a écrit : "La gauche ne réduira pas les inégalités par un renversement des bases sociales mais par une meilleure distribution des chances." Avec sa tranche à 70 %, l'idée vallsienne d'autoréalisation individuelle est morte et enterrée. Dommage.

08:20 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mqnuel valls, impôt sur le revenu, isf | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


@Aurel
Tu n'y es pas, la gauche veut punir les riches. Elle est incapable de sortir de sa logique confiscatoire,

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 08 avril 2010


Manuel Valls n'est habituellement pas dans cette logique. J'admire souvent le courage de ses positions compte tenu de son environnement politique et culturel. Là, sa position rétrograde me déçoit. De la part d'un Hamon en revanche, rien d'étonnant.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 08 avril 2010


Vu l'inflation Historique qu'on va se payer dans les mois / années qui viennent, de quoi on parle ?

Il n'y a de sujet que monétaire, libérer la création de monnaies communautaires, et on parle de concepts totalement dépassés et hors sujets.

Écrit par : Stephane Laborde | jeudi, 08 avril 2010


Oooooh pauvres petits riches qui ne gardent qu'un tiers de leur revenu marginal !!!!

La décence, ça vous dit qq chose ?
La différence entre l'essentiel et le superflu ?

8 millions de personnes pauvres en France en 2007
Où est la priorité ? Augmenter la taille du gâteau (pourquoi ? notre habitat commun a ses limites, lui aussi) ? Où mieux le partager ?

Ah mais c vrai que j'oubliais les bienfaits avérés de la croissance pour réduire les inégalités !
Et puis c'est bien connu, ce revenu marginal est investi systématiquement dans des usages utiles à la collectivité humaine... et non-fabricants de pauvreté et de chômage.

"On" envoie toujours au front de gentils boucs émissaires : pour l'ISF, c'est la veuve de l'Ile de Ré / pour la PAC, c'est le petit paysan / pour les exonérations, se sont les petites PME familiales... et pour le bouclier fiscal, c'est le bon cadre qui se défonce.
Ensuite, ce qui savent de quoi ils parlent font leurs comptes, et les boucs émissaires restent éblouis d'avoir été mis 5 minutes dans la lumière.

Le problème, c'est que maintenant ces erreurs d'appréciation sont un peu voyantes, non ?

"La loi, dans un grand souci d'égalité, interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain."

Vous vous sentez surement pleinement responsable de votre bonne fortune. Par conséquent, les autres sont pleinement responsables de leur mauvaise... tant pis pour eux.
Et ne caricaturez pas mon propos : il y a une nette différence entre : des différences de revenus ET des différences de revenus indécentes (c'est à dire étymologiquement "qui ne convient pas").

Question simple pour voir : quel est le revenu médian en France ?

En 2006, 2263 €, quelle que soit la composition du ménage = salaire + allocations + revenus financiers - impôts.
Source : L'observatoire des inégalités - INSEE
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1054&id_mot=130

Si ton "ménage", a plus de 4690 € de revenus mensuel, tu fais partie des 10 % les plus riches de la France (sans parler du reste du monde !). Et oui, on a vite fait d'être riche (et de ne pas s'en rendre compte en fréquentant des gens du même milieu), donc arrêtons de parler des super riches, ils ne représentent pas grand monde, aidons les bêtement à n'être que riches, sans polémiquer, leur cas est simple.

"Les 10 % les moins bien lotis ne perçoivent que 3,7 % de la masse totale des revenus, et les 10 % les mieux lotis en reçoivent un quart."
"Depuis la fin des années 1990, la baisse de la pauvreté est interrompue."
http://www.inegalites.fr/spip.php?article936

Coopérativement

Écrit par : boprat | jeudi, 08 avril 2010


@boprat

Sauf que c'est totalement inutile d'en "vouloir" aux riches d'être riches. Et leur prendre quoi ? Pour donner à qui ? A quel coût ? Avec quelle légitimité ? Avec le message : ne tentez pas de vous enrichir on vous prendra tout dès que ça dépassera ? C'est ridicule surrané, idiot, totalement inefficace même pour le but visé, et la légitimité du but n'est même pas assuré.

Non on doit guérir la maladie par ses causes, et ne pas panser des plaies. Quelles sont les causes ? La non-compréhension de la nature même de la monnaie, outil d'échange et de mesure universel de la richesse.

La monnaie est créée de façon centrale, par effet de levier sur de la valeur relative, valeur totalement déconnectée de la valeur commune, de façon arbitraire, péremptoire, et assymétrique.

Les SEL ont résolu le problème de la création monétaire en en faisant un crédit débit individuel limité entre les individus, base même de toute société.

Les SEL ont des individus riches et des individus pauvres. Mais aucun ne peut remettre en cause le fait que la monnaie est créée de façon totalement équitable au sein de la communauté. Et que donc les causes des différences ne sont pas une monnaie trompeuse, à information cachée, ou monopolistique, ce qui est le cas de la monnaie "officielle" depuis qu'elle existe.

Si on accepte de jouer au monopoly par contre, alors il ne faut s'étonner qu'à la fin il n'y ait qu'un seul vainqueur. C'est la nature même de ce jeu.

Ou alors donc on change les règles pour jouer à un jeu collaboratif équilibré qui n'a pas de fin, mais ça demande un peu plus d'effort que de réinventer Robin des Bois !

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 09 avril 2010


Boprat est un troll...

Écrit par : Jules | vendredi, 09 avril 2010


Merci Jules, comme ça je sais enfin qui je suis ! Ça m'ôte un poids.
Ce qui a l'air d'être un qualificatif désagréable apporte quoi au débat ? Merci de dire qq chose, vraiment, sur le sujet ou sur mon propos, mais sur ma personne, il me semble qu'on ne se connait pas assez bien pour s'autoriser des jugements si tranchés ;-)
Si c'est un code entre pairs pour désigner un type politique malvenu ici, désolé de vous avoir dérangé dans votre petite réunion, mais vous êtes sur Internet... donc c'est ouvert !

@stephane laborde
Je n'en veux à personne, on ne se situe pas à ce niveau, mais il ne faudrait pas retourner le problème en faisant des nantis les victimes de l'histoire. Et non, les moins nantis ne sont pas directement victimes des premiers mais bien d'un système. Et parmi les mécanismes de système qui peuvent rétablir une certaine justice, la fiscalité est un outil qui a du sens.

Quant à la question amusante : "leur prendre quoi ? Pour donner à qui ?" Il me semble que les qq statistiques données plus haut répondent assez bien... Ne faites pas comme si tout se confondait et ne recouvrait pas des réalités tangibles : très pauvre, pauvre, aisé, riche, très riche... et bien sûr c'est relatif.

Sur la monnaie : les 2 (fiscalité et réforme du système monétaire) ne sont pas incompatibles, et je suis d'accord avec vous sur le carcan monétaire dans lequel nous nous sommes enfermés : pour ceux que ça intéresse :
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-b-a-ba-de-la-creation-monetaire-69833
http://moinscplus.blogspot.com/2010/01/le-robuste-carcan-monetaire.html

On pourrait aussi parler de capital social (hérité et créé), de revenu d'existence...
Je m'active dans un SEL, et dans plein d'autres alternatives possibles ICI et MAINTENANT : http://sites.google.com/site/autrementenmidiquercy

Et si Jules veut une synthèse de ce que je pense (sur ces questions) : je préférerai "objecteur de croissance".

Écrit par : boprat | vendredi, 09 avril 2010


@boprat, cognez sur ces salauds de riches si cela vous détend. Après tout, c'est un peu la version de la gauche dure de l'identité nationale. Le vol ne vous dérange pas, mais pensez aussi aux conséquences de ce racket. Lorsque vous confisquez les fruits du labeur des uns de manière confiscatoire, ça vous fait marrer mais ce sont des populations entières qui en subissent les conséquences. L'emploi ne tombe pas du ciel, notre qualité de vie non plus. Vous brimez les locomotives de cette mécanique complexe, et c'est l'ensemble des rouages qui se grippent.

Objecteur de croissance, vous préférez les sociétés qui ont une espérance de vie de 60 ans, des logements aux normes d'antan, avec les toilettes au fond de la cour et la lumière au gaz de ville. Je ne suis pas certain que vos congénères partagent le même enthousiasme pour la décroissance.

Écrit par : Aurelien | vendredi, 09 avril 2010


Les boulets parlent aux locomotives...

"cognez sur ces salauds de riches" : c'est vous qui le dites, encore une fois, c'est plus facile de caricaturer que de débattre.

"L'emploi ne tombe pas du ciel, notre qualité de vie non plus." : en effet, mais les locomotives ne se sont pas faites toutes seules (contrairement à ce qu'elles ont l'air de croire ici) !

"ça vous fait marrer mais ce sont des populations entières qui en subissent les conséquences"
Je ne rigole pas sur ces sujets ! Sinon on ne s'alarme pas pour les mêmes... et en volume, il n'y a pas photo, désolé.

A propos de la décroissance : votre caricature (habituelle) n'apporte pas grand chose, sinon la preuve de votre ignorance. C'est dommage, il y a, aujourd'hui, des outils formidables comme Internet qui permettent de se renseigner rapidement sur les bases d'une idée, même nouvelle et Evolutionnaire ;-)

Désolé, ma maison ne me coûte que 200 € de chauffage / an et je suis sûr que toutes les victimes de la précarité énergétique aimeraient le même confort thermique "décroissant" ! Tapez NegaWatt dans Google..

Quant à mes congénères (humains donc), je ne suis pas sûr qu'ils soient plus enthousiastes envers le train fou de la croissance... surtout si l'on regarde l'attention qu'il porte à leur humanité.

Enfin, demandez vous si se sont les objecteurs de croissance qui nous ont conduit dans la décroissance forcée qui sera notre lot quotidien pour les années à venir OU ceux qui pensent qu'ils "méritent" toujours plus, plus, plus...
sans prêter attention à ce(ux) qui les entoure (environnement, autres espèces, humains, cultures, sociétés, créations humaines au sens large (comme les entreprises par exemple)...

Alors décroissance forcée (http://moinscplus.blogspot.com/2009/09/decroissance-forcee.html),
avec les dérives totalitaires qui ne manqueront pas d'arriver, habillées en brun, rouge ou vert, c'est égal) ou réflexion sur le sens et les liens systémiques entre tout ça ?

Prenez 5 minutes :
http://moinscplus.blogspot.com/2009/08/david-holmgren-les-quatre-scenarios-de.html
http://jeanzin.fr/index.php?post/2010/04/07/Complexification-des-modeles
http://www.voltairenet.org/article161915.html#article161915

Écrit par : boprat | vendredi, 09 avril 2010


Que voilà un beau tissu d'idées reçues sur la décroissance. Il ne manque que la grotte et la bougie pour compléter le tableau du parfait homme de cro-magnon qu'est censé être le décroissant dans les fantasmes des libéraux de tous poils.

La décroissance est un slogan, ce n'est pas "l'inverse de la croissance". C'est l'abandon d'une recherche utopique de croissance infinie. Ça ne s'accompagne pas d'une baisse de qualité de vie, au contraire. Manger des légumes qui poussent dans son jardin (quand on la chance de pouvoir en avoir un), c'est meilleur à la santé, ça coute moins cher, mais damned, ça ne rentre dans aucun chiffre d'affaire. Amenez ses enfants à l'école à pied plutôt qu'en voiture. Réduire son chauffage et mettre un pull. Eteindre ses lumières et veilles inutiles. Des premiers gestes simples et gratuits qui n'enlèvent aucun confort et qui sont pourtant de la décroissance.

Comme le dit Boprat, renseignez-vous sur la simplicité volontaire, la décroissance. Allez voir le film de Coline Serreau. Ecoutez Latouche, Rabbhi, Aries, ... Bref, informez vous avant de dire n'importe quoi, sinon vous allez passer pour un clown.

Écrit par : Merome | vendredi, 09 avril 2010


En guise de réflexions complémentaires sur les conditions et la recherche des voies de la "décroissance", voir aussi http://yannickrumpala.wordpress.com/2010/04/10/sur_les_conditions_de_la_decroissance/

Écrit par : TT | dimanche, 11 avril 2010

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