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lundi, 22 février 2010

Quelle est l'utilité de la finance honnie ?

Capitalism is dead.jpgSi une profession pouvait être interdite au suffrage universel, celle d’opérateur de marché en serait la première victime. Déjà en 1987, En pleine crise économique, le fameux film « Wall Street » décrivait un grand méchant trader capable de vendre père et mère pour étendre son pouvoir destructeur sur le monde et accroître son bonus. Cette caricature illustrait bien cette schizophrénie associant fascination et appréhension. A chaque grande crise, cette incompréhension se transforme en haine. Ce n’est pas un hasard si depuis le 19eme siècle, la gauche marxiste et l’extrême droite ont vu dans ce vecteur essentiel du capitalisme l’ennemi à abattre.

 

La finance fait tomber les frontières en libérant la circulation des capitaux. Elle remet en question les privilèges, et sa recherche continue de performance économique se réalise au détriment de choix politiques ou de stratégies mal conçues. Aujourd’hui, la plupart des gouvernants politiques y voient un bouc émissaire idéal pour se défausser de leur propre responsabilité dans la crise. Pourtant, ces Etats sont de très gros consommateurs de finance. La dette publique mondiale s’élève à 32 trillons de dollars (32 mille milliards de dollars), et la tendance est à la hausse avec le doublement des émissions obligataires annuelles cette année par rapport à 2007.

 

D’abord, la finance est un terme bien flou. S’agit-il de la banque, ou bien des marchés financiers sachant que la plupart d’entre elles n’ont pas d’activité dans ce domaine ? Si nous parlons de ces marchés financiers, devons-nous inclure les fonds de pension ou mutualistes, ces mastodontes qui gèrent l’épargne de centaines de millions de familles ? Dans ce cas, pourquoi ne pas ajouter à la liste tous les acteurs qui cherchent sur ces mêmes marchés leurs ressources, grandes entreprises et Etats ? Concentrons-nous sur les salles des marchés bancaires, cibles de la vague actuelle de réglementations, de pénalités et de taxes supplémentaires. Cette activité récente est devenue l’un des principaux métiers des grands établissements bancaires internationaux au cours des dernières décennies en réponse à une demande nouvelle.

 

Pour poser le décor, un trader de grande banque ne travaille pas dans un grand bureau avec vue sur l’Hudson ou vue sur l’Arc de Triomphe. Surmonté de 4 à 8 écrans, son bureau fait 1m20 sur 1m dans un espace ouvert (souvent sans lumière du jour) où travaillent plusieurs centaines de ses congénères. Il ne s’agit pas de le plaindre, mais de faire comprendre que la première qualité demandée dans cet environnement, c’est d’aimer le bruit, le stress et la promiscuité. Un opérateur passe la journée sur son mètre carré, téléphones vissés à l’oreille et sans quitter les écrans de ses yeux. Toute l’activité d’une salle est orientée clients. Comment répondre le mieux et le plus vite possibles à leurs attentes, mais aussi comment les anticiper pour vendre conseils et opérations avant les concurrents ? D’ailleurs, les traders sont souvent des vendeurs qui ne font pas de trading et ne prennent donc pas de positions à risques. Leur rôle, c’est d’élaborer des montages en vue de propositions commerciales collant au plus près aux besoins de leurs clients. Eux aussi professionnels, ils n’hésitent pas à comparer les prix et les produits qu’on leur propose auprès des banques concurrentes pour avoir les prix les plus agressifs.

 

Les vendeurs sont donc constamment incités à innover pour remporter des opérations rémunératrices. Bref, rien de très différent d’autres industries sauf qu’ici, la matière première est l’argent. Pas de l’argent virtuel, abstrait, mais des flux économiques bien réels : dette, trésorerie, fonds propres, flux de devises, couvertures contre différents types de risques, etc. Les qualités attendues des traders, en plus de leurs compétences techniques et, dans le cas de vendeurs, commerciales, c’est l’accès à l’information. Un trader est meilleur s’il a des informations que ses concurrents n’ont pas. Son réseau de clients, de traders et d’analystes, sa capacité à aller trouver des informations pertinentes dans le chaos permanent de données et de nouvelles, voilà où il doit faire la différence.

 

La valeur d’embauche d’un trader dépend essentiellement de ce talent-là. Chaque activité, dans une salle des marchés, draine des volumes considérables des grands acteurs financiers que sont les Etats, les entreprises, les institutions financières. Les commissions et gains qui doivent en être retirés, dérisoires si on les ramène aux volumes en jeu, restent importants pour chacun des opérateurs qui les reçoivent. Les traders sont donc rémunérés en conséquence, et la compétition est rude entre ceux qui sont en activité. Une fois retiré des affaires, la « côte » d’un trader tombe vite, même si elle ne disparaît jamais totalement, puisqu’il décroche de ce flux constant d’information qui es le plus valorisé.

 

Si la presse retient les exemples les plus exceptionnels, celui des bonus des stars qui atteignent plusieurs millions de dollars, l’essentiel des traders reçoit des rémunérations certes élevées, mais comparables à celles d’autres professions : consultants seniors ou avocats d’affaires associés. Leur carrière commence plus tôt mais est en revanche très aléatoire, à l’instar des joueurs de foot. La gestion des ressources humaines de la finance est aussi brutale que les mouvements de marchés. Tous les ans, une proportion importante des salles de marché quitte, de gré ou de force, ce secteur d’activité. Si ces niveaux de rémunération attractifs entraînent un effet d’éviction des meilleurs sur les autres industries, ils correspondent à un marché de l’emploi très spécifique, aussi réactif à la hausse…qu’à la baisse.

 

Pourquoi ce secteur a-t-il pris tant d’importance dans la vie économique réelle ? L’allongement de l’espérance de vie a vu se constituer une épargne considérable. Cette tendance s’est renforcée avec la mondialisation et sa première conséquence : l’émergence d’une classe moyenne se comptant en centaines de millions puis en milliards d’individus. Eux aussi se sont mis à épargner. Aujourd’hui, l’ensemble des fonds de pensions, des fonds mutualistes, de la gestion privée, et des assurances approche l’équivalent de 100 trillions de dollars dans le monde. Les actifs bancaires des 1.000 plus grandes banques mondiales, qui regroupent les crédits, les participations et les titres qu’elles détiennent, atteignent un montant du même ordre de grandeur. Face à ces capitaux, Etats, entreprises, ménages ainsi que les banques cherchent à financer leur dette ou leurs fonds propres. Manifestement, ils ne les trouvent plus seulement du côté des banques. Si ce mouvement de désintermédiation a fait sortir l’essentiel des flux financiers du bilan des banques, ces dernières se sont adaptées en proposant leurs services à ces acteurs non bancaires. C’est la mission première de leurs salles de marchés.

 

Pour la remplir correctement, cela exige de lourds investissements. L’effet de seuil ne laisse pas de place aux petits acteurs. Les banques doivent disposer d’une couverture mondiale pour offrir une palette transversale de la plupart des produits financiers pour rester compétitives. L’achat de systèmes d’information et de haute technologie ne constitue pas le coût principal. Le plus cher, c’est l’embauche de traders expérimentés en Asie, en Europe et en Amérique. Pour chaque opérateur de marché, il faut ajouter 2 à 3 personnes pour couvrir les besoins en informatique, en back-office chargé de traiter les opérations, en déontologie et en contrôle des risques, etc. Les fonds propres nécessaires sont aussi importants pour pouvoir décharger les entreprises clientes de leurs risques. Une salle de marché ressemble à une fourmilière qui assimile et reformate des opérations de clients dont les besoins aux deux extrémités ne sont pas exactement complémentaires. Ce processus d’adaptation et de recalibrage permet une circulation fluide des capitaux de ceux qui en disposent vers ceux qui en cherchent. Son efficacité trouve sa confirmation dans la rémunération que ces clients acceptent de laisser aux activités de marchés des banques qui servent d’intermédiaires.

 

Cette industrie d’innovation permanente au service des grands clients traditionnels des banques reste minuscule à l’échelle de la sphère financière. Pour avoir une idée de son poids réel, le revenu annuel brut des départements de banques d’investissement a atteint 66 milliards de dollars en 2008, une goutte d’eau comparé aux presque 200 trillions de dollars de capitaux en circulation dans le monde, à peine 0.04 %. Pas de quoi susciter l’ire des médias.

 

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Commentaires


J'adore l'image gag :)

Rien n'empêchera jamais l'homme de faire des échanges et de vouloir capitaliser, c'est naturel, c'est lié au besoin de sécurité, c'est atavique.

Par contre on peut et on doit changer les règles de la MONNAIE, qui utilisée de façon erronée devient un outil de mensonges et de duperies, impropre à assurer la clarté de ces mêmes échanges.

Et il me semble que le débat sur cette crise, qui devrait être totalement centré sur ce point essentiel a tendance à l'éviter avec précision...

Écrit par : Stephane Laborde | mardi, 23 février 2010


La matière première étant un bien manipulable (et manipulé), il est clair que c'est une industrie qui travaille un produit peu sûr. Je ne crois toutefois pas que le laxisme des banques centrales améliore beaucoup les activités de marché des banques. Leur activité de crédit, oui, mais pas les marchés.

Écrit par : Aurelien | mardi, 23 février 2010


La matière première (la monnaie) n'est pas un bien. C'est juste une quantité purement mathématique en + ou en - sur les comptes, qui marquent l'état d'un crédit mutuel, et qui est implicitement accepté comme outil d'équilibre des échanges.

Or cet outil est 1) édité par une partie monopolistique de l'économie (le secteur financier), alors qu'il est conçu comme devant être symétrique (crédit / débit alterné), il est édité de façon assymétrique.

De plus il est édité avec intérêt, et pire, avec remboursement programmé ! Donc certains y ont droit pas d'autre, et à un rythme d'utilisation forcé en plus.

En sus, le système n'assure en rien qu'on puisse payer les intérêts. Pour s'assurer de pouvoir payer les intérêts il faudrait s'assurer que la somme des intérêts dûs à l'instant "t" I, est compensé par AU MOINS une quantité DM de monnaie supplémentaire donc DM > I.

Quels mécanismes assurent cette inégalité mécanique, sans laquelle les faillites sont inévitables ?

Aucun.

Écrit par : Stephane Laborde | mardi, 23 février 2010


Stéphane, il faut que tu lise ce bijou : "L'irrésistible ascension de l'argent, de Babylone à Wall Street" de Niall Ferguson

Écrit par : Aurelien | mardi, 23 février 2010


Stéphane, il faut que tu lises ce bijou : "L'irrésistible ascension de l'argent, de Babylone à Wall Street" de Niall Ferguson

Écrit par : Aurelien | mardi, 23 février 2010


J'achète à découvert ! :)

Écrit par : Stephane Laborde | mardi, 23 février 2010


Aurélien,

Il est évident que les médias et l'opinion ont une tendance fâcheuse à se concentrer sur la partie émergée de l'iceberg à savoir les bonus des traders.

Je ne crois pas qu'incriminer les personnes soit nécessaire et encore moins justifié car il semble de plus en plus clair que les comportements se développent dans le cadre d'un système qui les y incite. Beaucoup de gens dans cette histoire sont responsables, y compris des acteurs publics qui ont poussé également la bulle des subprimes notamment dans l'administration américaine.

Maintenant il est clair que le modèle des 30 dernières années s'effrite et que nous devons y remédier. La crise était inévitable en raison de l'explosion de la dette globale aussi bien au niveau des états que des particuliers contraints de s'endetter pour suivre le niveau de consommation (notamment aux USA qui vit depuis des années à crédit sur le dos de la planète).

Le système monétaire entièrement tourné intégralement au bénéfice des banques et de la finance conduit à une accaparation de plus en plus massive des capitaux (de manière mécanique) et une concentration capitalistique (constitution de gigantesques trusts) qui remettent en cause la libre concurrence et crée un contre pouvoir politique dangereux.

L'argent ne repose plus sur rien, si ce n'est l'expression de l'évolution de la dette globale et non plus la valeur des biens et des échanges. Lorsqu'un prêt est contracté auprès d'une banque, cette dernière crée une écriture comptable et bénéficie d'intérêts sur l'argent prêté. Si le prêt ne peut être remboursé, l'emprunteur devra hypothéquer son bien.
Si tous les débiteurs remboursaient leurs dettes, l'argent disparaîtrait de fait ...

On arrive donc à une situation ou l'économie entière est tournée au profit de la finance et des banques ce qui n'est pas tenable et où la cupidité à court terme est encouragée dans une économie de rente au détriment d'investissements en direction des entreprises créatrices d'emplois et de richesses.

En supposant que les états réduisent drastiquement leurs dépenses publiques et reviennent à l'équilibre (ce qui est évidemment souhaitable), ils ne pourraient in fine jamais rembourser complètement leurs dettes: les états sont condamnés à payer ...
Les intérêts font que la dette glonfle d'elle même et conduit à une dépendance éternelle des états vis à vis des marchés. Entendons nous bien, dans les conditions actuelles, la France ne pourra JAMAIS rembourser sa dette même avec uen politique de rigueur.

La réponse à cette équation n'est pas simple car autoriser les états à contrôler entièrement la monnaie risquerait d'entraîner des riszques inflationistes tels qu'on les as vus auparavant. Mais il est clair que le système actuel est condamné à s'éffondrer.

Ceci conduit tout naturellement à une défiance de plus en plus grande vis à vis du modèle capitaliste et libéral qui reste quoi qu'il en soit le système le plus soutenable.

Il faut donc trouver une solution qui permette de préserver la perénité des capitaux, de limiter la puissance de l'état, de maximiser la liberté d'entreprendre. Mais il faut aussi que les états puissent retrouver un certain rôle de contrôle et de soutien à l'activité sans être simplement réduits à payer la note en cas de crise (ce qui s'est produit en 2008 notamment avec le plan Paulson, taillé sur mesure).

Je suis étonné que très peu de gens parlent du probème monétaire alors qu'il me semble quand même que c'est un des points centraux de la crise que nous vivons aujourd'hui ...

Écrit par : Arnaud | mercredi, 24 février 2010


Je suis totalement en phase avec ce que décrit Arnaud. La solution existe, c'est la redéfinition de la monnaie sur sa nature véritable : un simple crédit - débit entre les hommes / individus, donc créé sur la base des individus et non pas d'une valeur capitalistique qui est totalement relative et dénuée de sens.

C'est la solution du Dividende Universel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_Universel que j'ai développée en long et en large sur http://www.creationmonetaire.info

Et transformer les Banques en une seule et unique activité : la gestion sécurisée des comptes et des transferts de monnaie. L'activité de crédit n'étant plus que de l'argent réel prêté, et donc bloqué. Par ailleurs l'intérêt ne saurait dépasser le taux de croissance de la masse monétaire.

C'est la seule et unique solution viable, stable, équitable, juste, et totalement irréfutable (je défie tout Prix Nobel présent et à venir de venir me réfuter cette définition monétaire).

Écrit par : Stephane Laborde | mercredi, 24 février 2010


@ Arnaud

En bonne partie d'accord avec votre analyse.

Mais il est faux de dire que personne ne se soucie du système monétaire: ça fait des années que les libéraux de l'École autrichienne dénoncent ce système, mais évidemment personne ne les écoute.

Peut-être que l'on comprendra un jour que ce qui marche mal (ou pas du tout) pour les biens marchants, la planification, le monopole d'État ou accordé par l'État à un tiers, marche mal aussi pour la monnaie!

@ Aurélien

Les banques sont privilégiées par le système monétaire et sont "naturellement bullaires" car au plus proche de la création monétaire.
Les liquidités créées artificiellement, sans aucune création de richesses équivalentes, doivent bien se retrouver quelque part.

Loin de moi l'idée de dénigrer l'utilité des acteurs du marché financier, mais ce marché me paraît clairement hypertrophié à cause du système monétaire.

Écrit par : Mateo | mercredi, 24 février 2010


@ Stéphane

Arrêtez un peu avec votre lubie sur le crédit social! C'est lassant à force. Je comprends que ça puisse avoir quelque succès chez des keynésiens et/ou gauchistes "illettrés économiques" (© Martin Masse), mais chez les libéraux, on vous l'a déjà dit, ça ne passe pas.

La théorie du crédit social est FAUSSE (avec son fameux "B" qui "disparaît").

Et puis remplacer un système planifié, monopolistique et centralisé par un autre système planifié, monopolistique et centralisé, je ne vois pas trop l'intérêt...

Écrit par : Mateo | mercredi, 24 février 2010


@Mateo très péremptoire comme mot, écrire "Faux" n'a jamais démontré que quelque chose est "faux".

Par ailleurs le Dividende Universel est par définition totalement décentralisé comme système monétaire, on ne peut pas faire plus décentralisé pour définir une monnaie. C'est la monnaie la plus décentralisée qui soit.

Écrit par : Stephane Laborde | mercredi, 24 février 2010


"La matière première (la monnaie) n'est pas un bien."

Si justement, la monnaie est un aussi une marchandise qui devrait être gérée de la même manière que n'importe quels biens par des banques indépendantes et responsables (mot inconnu de banquiers). Le problème de la monnaie est qu'elle n'est pas soumise aux règles du marché mais assujettie au pouvoir politique - y compris pour l'euro : l'indépendance de la BCE, c'est du pipo en barres - : elle ne repose sur aucun étalon métallique qui pourrait la garantir et elle est manipulée en permanence par la planche a billets qui tourne en permanence et par des politiques de taux d'intérêt absolument effarantes.

Quant à votre système, c'est ni plus ni moins qu'un système de type communiste. On connaît les résultats du collectivisme, qu'il soit soft ou dur.

Vous invoquez Fiedman pour soutenir votre système. C'est pas de bol : il n'a pas eu que des amis chez les libéraux.

http://www.quebecoislibre.org/09/090915-3.htm

Écrit par : Théo31 | mercredi, 24 février 2010


@theo31 Friedman n'était pas un communiste, et effectivement le Revenu Permanent est de lui comme il est clairement cité : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_Universel

La monnaie N'EST PAS un bien. Un bien est un bien comme son nom l'indique. Vous pouvez faire du troc avec des biens, ça n'en fait pas une monnaie. Est monnaie "ce qui est universellement utilisé pour l'ECHANGE des biens". C'est une quantification mathématique des échanges.

De la même façon les anciens ont cru que la matière était la substance de toute chose, les modernes ont démontré que l'énergie était la substance de toute chose, les hypermodernes que l'espace-énergie était la substance de toute chose, l'ultra moderne rejette toute substance de quoi que ce soit, et ne conçoit qu'un flux de formes.

Par ailleurs je suis extrêmement agacé par les "libéraux" qui voudraient définir la monnaie sur la notion de "bien" mais qui sont bien en peine de la définir dans ses aspects les plus simples et les plus précis.

Quelle monnaie proposez-vous ? Si c'est pour faire du troc ça existe déjà, tout le monde fait ça depuis toujours.

Si c'est pour présenter le concept d'actions (droit de propriété fractionné d'un bien) ça reste un bien, et ça n'en fait pas une monnaie (ça n'est ni universel, ni dense dans l'économie).

Quelle monnaie proposez-vous ? Définissez UNE monnaie au moins qui soit quelque chose sur laquelle on puisse facilement bâtir une réfutation (base de toute définition scientifiquement acceptable).

Écrit par : Stephane Laborde | mercredi, 24 février 2010


@ Matéo

Désolé pour les fautes d'orthographe dans mon précédent post. JE trouve cette discussion très intéressante mais j'avoue que mes notions d'économie sont limitées car je suis un néophyte.

Qu'en est-il des réformes proposées par les libéraux sur le système monétaire (école autrichienne) ?

Merci

Écrit par : Arnaud | mercredi, 24 février 2010


@ Stéphane

N'importe quel économiste sérieux vous dira que la théorie du crédit social c'est du bidon, de l'attrape nigaud, du flan…
Le fondement de ce tissu d'inepties, le "théorème" A+B de Douglas a un "léger" problème: B ne correspond à rien de réel, il n'existe pas.

Et puis parler de système "décentralisé" pour le dividende universel, alors que celui-ci est sensé être versé par la banque... centrale (ou par n'importe quelle institution (para-)étatique qui vous plaira), c'est le pompon.

Vous parlez de Friedman. Manque de chance pour vous, bien que libéral sur de très nombreuses questions, avec un petit côté libéral-social qui ne me déplaît pas (mais qui ne plaira pas aux libertariens), il était clairement étatiste sur les questions monétaires. Comme par hasard, c'est le seul domaine où les politiciens l'ont écouté… pour notre plus grand malheur.
Et puis, bien que la fumisterie créditiste s'appuie en partie sur les théories monétaristes (étatistes) de Friedman, celui-ci n'a jamais appuyé le dividende universel à ma connaissance.

Mais vous êtes coutumier de ces associations fumeuses, vous nous avez déjà fait le coup avec le FDP allemand dont vous déformiez les propositions en faisant croire que leur idée de revenu universel (ou quelque chose du genre) était la même que celle du dividende universel.

Enfin, toute monnaie a un jour ou l'autre été, ou est issue de, un bien marchand. C'est le théorème de régression de Mises.
Et ce que vous ne comprenez pas c'est que pour la plupart des libéraux de l'école autrichienne une "monnaie" non basée sur un bien n'est pas une monnaie.

Allez, assez perdu du temps avec ça…

@ Arnaud

Je ne peux que vous conseiller de lire l'excellent chapitre sur les banques et la monnaie du non moins excellent "Libéralisme pour les débutants": http://www.dantou.fr/banques.html

C'est long, car il faut bien ça, mais très très clairement expliqué… et très drôle de surcroit!

Un tout petit bémol toutefois: tous les "autrichiens" ne sont pas fondamentalement contre le système de réserve fractionnaire (j'y reviendrai).

Le reste du "Libéralisme pour les débutants" est tout aussi bon: http://www.dantou.fr/liberalisme.htm


En plus complet, mais simple d'accès aussi, le célèbre livre de Murray Rothbard, la "bible" des questions monétaires, traduit en français et libre de droits, j'ai nommé "État, qu'as-tu fait de notre monnaie?": http://www.contrepoints.org/IMG/pdf/Etat_qu_as-tu_fait_de_notre_monnaie.pdf


Pour le principal mécanisme de création monétaire dans le système actuel, où 100€ créés à partir de rien (sans création de richesse équivalente) par la banque centrale deviennent jusqu'à 1000€ basés sur du vent "grâce" aux banques commerciales (pour un taux de réserve de 10%), avec un zoli tableau pour bien comprendre, voir Wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/Money_creation#Money_creation_through_the_fractional_reserve_system

Pour savoir comment les banques centrales "créent" de la monnaie (de singe) et manipulent la quantité de monnaie comme le faisaient les apparatchiks gérant la production de clous en URSS: http://www.leblogueduql.org/2008/11/comment-les-banques-centrales-manipulentelle-la-quantité-de-monnaie-.html



Donc ce que proposent les libéraux de l'école autrichienne c'est:

1) Un système bancaire et monétaire libre avec la fin du monopole des banques centrales, où tout un chacun aurait le droit de créer sa monnaie. Plus de système centralisé et monopolistique, où un groupe d'experts est chargé d'ajuster la "production" de monnaie comme les apparatchiks tentaient de déterminer la "bonne" quantité de clous ou de chaussures à produire.
La plupart des libéraux "autrichiens" pensent que la monnaie qui sera choisie par le marché sera une monnaie basée sur un ou deux métaux précieux, l'or et/ou l'argent par exemple. Et c'est effectivement ces métaux qui ont historiquement été choisi par le marché.
Pour ma part, je ne suis pas totalement convaincu que l'histoire se répète aujourd'hui: bien qu'effectivement je pense que les métaux précieux ont le plus de chances d'être choisis par le marché comme contre-valeur des monnaies libres, ils ont aussi des inconvénients. Et on peut tout à fait imaginer une monnaie qui au départ apparaîtrait avec comme contre-valeur un métal précieux (ou autre chose, d'ailleurs), car c'est une condition nécessaire à l'apparition d'une monnaie (théorème de régression de Mises, qui est tout-à-fait logique quand on y réfléchit), puis qui ensuite se déconnecterait de sa contre-valeur initiale sans coercition de l'État, l'essentiel étant la confiance qu'ont les gens dans la monnaie, c'est-à-dire la possibilité de l'échanger contre d'autres biens. Mais il est clair que les métaux précieux ont un avantage comparatif important pour apporter cette confiance. Enfin bref, c'est un vaste sujet…

Pour revenir à nos moutons, un tel système limite naturellement l'inflation: si une banque "s'amuse" à créer trop de monnaie, cela entraîne une baisse de la valeur de celle-ci, et la banque voit non seulement ses clients fuir vers des concurrents gérant leur monnaie plus sérieusement, mais de plus les autres banques vont également lui demander plus d'argent par l'intermédiaire des mécanismes de compensation. Tout cela permet une régulation naturelle, non coercitive, respectueuse des droits naturels: toute banque faisant "n'importe quoi" court vers la faillite.

2) Le corollaire de ce système monétaire et bancaire libre: la responsabilité. Pas de "sauvetage" par l'État, pas d'interdiction des "bank runs", pas de garantie d'État.

3) Certains libéraux autrichiens, Murray Rothbard en tête, pensent que le système de réserve fractionnaire est en soit un viol de propriété, un permis de vol accordé aux banques, et devrait donc être interdit. De la même façon qu'un gardien de parking n'a pas le droit de louer la voiture que vous lui avez confié, une banque n'a pas le droit de prêter l'argent que vous DÉPOSEZ. Pour ces libéraux autrichiens, non seulement un crédit ne peut être financé qu'avec de l'argent réellement PLACÉ (et non simplement déposé), mais de plus une unité de monnaie créditée ne doit correspondre qu'à une et une seule unité de monnaie épargnée. Pas de création monétaire de la part des banques, donc, la seule façon de créer de la monnaie est de découvrir de l'or ou toute autre bien faisant office de contre-valeur.
Avec ce système, pas de bank run possible, pas d'insolvabilité des banques. Mais il implique la nécessité absolue d'une entière liberté des prix (fluctuation à la hausse comme à la baisse), ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui, notamment pour le prix de la "ressource humaine".

D'autres libéraux autrichiens, Pascal Salin par exemple, pensent que le système de réserve fractionnaire n'a pas à être considéré comme un viol de propriété tant que cela est clairement annoncé par la banque. À charge ensuite au déposant d'assumer le risque. Dans ce système, le bank run est possible, l'insolvabilité de la banque est possible, mais le risque est (très) limité par la concurrence: clients choisissant de préférence les monnaies dévaluant peu ou pas, et mécanismes de compensation étant des freins naturels à la création monétaire.



Un système monétaire et bancaire libre n'a quasiment aucune chance de voir le jour dans un futur proche car banques et États sont clairement les grands bénéficiaires du système actuel…



Enfin, sachez que dans l'analyse autrichienne, le système intrinsèquement inflationniste actuel est la cause de l'apparition de bulles et de malinvestissements. C'est la théorie dite autrichienne des cycles économiques.
Je n'ai pas le temps de développer, mais en gros la création de monnaie décorrélée de toute création de richesse réelle, par l'intermédiaire de taux directeurs inférieurs au taux "naturel" (dans un système bancaire et monétaire libre l'argent prêté venant de l'argent épargnée, les taux des crédits correspondent au "prix du temps", c'est-à-dire le prix que les individus sont prêts à accepter pour prêter leur argent pour une durée donnée plutôt que d'en jouir durant ce laps de temps, c'est le taux naturel), donnent de "fausses" informations aux entrepreneurs, car le "prix de l'argent" faussement bas leur fait croire à la rentabilité de certains investissements qui ne le sont pas en réalité. Ce sont des malinvestissements qui se révéleront être non-rentables et devront être liquidés (éclatement de la bulle).

J'arrête là, il est tard!

Écrit par : Mateo | jeudi, 25 février 2010


@Mateo

Tout d'abord quand vous dites "une banque n'a pas le droit de prêter l'argent que vous DÉPOSEZ. Pour ces libéraux autrichiens, non seulement un crédit ne peut être financé qu'avec de l'argent réellement PLACÉ (et non simplement déposé), mais de plus une unité de monnaie créditée ne doit correspondre qu'à une et une seule unité de monnaie épargnée." :: le système à Dividende Universel ne propose pas autre chose. On ne crée pas de la monnaie via le crédit, on ne prête que ce qui existe et est bloqué à cette intention (AVEC le risque afférant, ce qui se rapproche des Sukuks Islamistes d'ailleurs).

Par contre quand vous dites : "Pas de création monétaire de la part des banques, donc, la seule façon de créer de la monnaie est de découvrir de l'or ou toute autre bien faisant office de contre-valeur.", le Dividende Universel affirme lui que la seule valeur universelle c'est l'homme lui même, source de mesure de toute valeur, et source de création de toute valeur. Chaque homme étant considéré comme d'égale valeur, la monnaie créée ne peut se faire que sur cette base. Toute autre valeur lui est assujettie, c'est bien la valeur première avant tout autre. (On a déjà vu plein d'économie sans métaux, par contre aucune sans hommes).

Concernant l'expérimentation d'un Dividende Universel, ça a déjà eu lieu et ça fonctionne : http://arecom-geneos.com/%7Efbosque/rev-exe/revenudexistence-et-namibie.pdf . Par ailleurs les SEL existent un peu partout dans le monde, et bien que la plupart ne soient pas exactement des Dividende Universel mais de simples crédits mutuels entre les membres des communautés qui les utilisent, ça fonctionne, sans autre valeur que celle de l'homme pour créer la monnaie d'échange.

Donc non un bien matériel n'a jamais fait une valeur, le travail de l'homme, physique, intellectuel, de Vie est la valeur, la valeur exclusive, la valeur première, et in fine toute la valeur. Pour supprimer toute notion de valeur, il suffit d'avoir un espace vide d'hommes, alors qu'un espace vide de métaux ou de quelque "bien" matériel que ce soit n'est pas vide de valeur tant qu'il y a des hommes qui l'occupent.

Toute création monétaire qui ne prend pas l'homme comme base de toute valeur (et donc comme base de création monétaire), représente une vision biaisée, tronquée, aveugle, et totalement ignorante de la réalité.

Toute l'Histoire de l'Homme montre par ailleurs qu'oublier cette vérité trop longtemps conduit à des rappels à l'ordre violents et massifs.

Écrit par : Stephane Laborde | jeudi, 25 février 2010


@ Stéphane

Aïe, la valeur-travail maintenant! Avec une bonne dose d'égalitarisme… C'est Marx qui doit être content!

La valeur est subjective, c'est quand même la base en éco… Ça fait bien longtemps que la valeur-travail a été mise à la poubelle.
Et dans un monde où les métaux précieux n'intéresseraient personne (et a fortiori un monde sans hommes, mais pas d'hommes, pas d'échanges, pas d'économie), ceux-ci ne pourraient servir de contre-valeur, évidemment, subjectivité oblige.

Les SELs sont intéressants, mais rien à voir avec le crédit social de Douglas.
Encore plus intéressant est le "crédit social" ou plus exactement le crédit en réseau social (Hawala), qu'évoque Jesrad: http://jesrad.wordpress.com/2006/12/08/quest-ce-que-le-credit-social/
Ça ressemble à ce que vous évoquez… mais sans les erreurs, sans valeur-travail.

Écrit par : Mateo | jeudi, 25 février 2010


Arnaud, toute l'économie n'est pas tournée vers la finance, mais vers la masse de capitaux que la population mondiale épargne. A commencer par les Etats. Les banques ne servent que d'intermédiaire, certes actif, entre l'épargne et ceux qui la recherche pour augmenter leurs fonds propres ou s'endetter. La grande nouveauté, qui rend le métier bancaire inexorablement lié à celui des activités de marché, c'est cette mase gigantesque de capitaux en circulation née de l'épargne récente d'une population mondiale qui voit son espérance de vie augmenter.

Maintenant, le pacte qui lie les banques centrales aux banques les oblige à avoir dans leur bilan des obligations d'Etat qu'elles déposent en garantie auprès des banques centrales en échange d'argent neuf qui permet de nouveaux crédits. Les banques sont donc solidaires des Etats. Ces derniers sont moins susceptibles de faire faillite que Lehman, et s'ils le font dans un cadre institutionnel comme l'Union Européenne, il est probable qu'ils en remboursent tout de même l'essentiel. Mais à quel prix pour leur population !

Le réel danger, c'est de détourner les mécanismes financiers par la réglementation (loi CRA aux EU par exemple, normes comptables). Le laxisme monétaire tend à accroître les effets de levier en gonflant la dette dans les montages. L'un plus l'autre, et les risques deviennent vite colossaux pour le système bancaire qui n'a pas les anticorps pour réagir à ces distorsions structurelles. Dans un sens, le marché ne sait pas gérer ces effets, jusqu'au moment où il vomit tout, réaction saine mais qui fait très mal.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 25 février 2010


@Mateo non non je ne parle pas de valeur travail j'ai parlé de "source de mesure de toute valeur, et source de création de toute valeur" qui inclut la valeur travail mais pas seulement. La simple mesure de valeur est une valeur. Et in fine seul l'observateur - l'homme - est juge de toute mesure c'est vrai en Physique, c'est vrai en économie, c'est vrai pour toute chose. (être conscient au sens large, mais "homme" suffit).

La valeur est subjective c'est très clair. Donc il n'y a aucune raison de ne pas créer une monnaie sur la base de cette valeur fondamentale qui est l'homme "source de mesure de toute valeur, et source de création de toute valeur", au contraire toutes les raisons du monde puisque sans homme aucune valeur du tout, même pas subjectivement nulle, alors que sans toute autre valeur par définition assujettie à cette valeur première, il reste cette valeur de mesure A MINIMA.

Les SELS créent de la monnaie pour leur grande majorité par simple Crédit - Débit totalement égal entre les membres, c'est ensuite les échanges qui font varier les comptes. S'ils sont "intéressants" alors vous entrez dans l'appréciation d'une monnaie créée sur la base de l'individu.

Le Dividende Universel conçoit un crédit - débit GENERATIONNEL + SPATIAL (donc total) afin que la création de monnaie ne soit pas un vol d'un individu sur un autre (même création monétaire pour A que pour B), mais aussi que les GENERATIONS suivantes ne soient pas lésées par une création monétaire qui se serait fait au bénéfice exclusif d'une génération donnée.

Les solutions mathématiques de ces conditions de symétrie spatio temporelles sont connues (démonstration faite sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_Universel ) , elles sont les classes de solutions exponentielles (combinaisons linéaires de solutions exponentielles) basées sur l'individu.

Une monnaie à Dividende Universel donne la quantité de monnaie disponible dans tout l'espace temps, la seule variable d'ajustement étant la population (pyramide des âges).

A part donc la quantité fixe et totalement connue de création monétaire / individu de par exemple 5% / an, aucune création monétaire n'est permise.

Par ailleurs les intérêts de prêts ne peuvent pas légalement excéder le taux de croissance monétaire parfaitement connu.

Écrit par : Stephane Laborde | jeudi, 25 février 2010


Les SEL ne sont pas basés sur la valeur subjective de la valeur, mais basé à peu de chose près sur la valeur-travail! Pour leurs partisans, une heure de travail d'un petit génie est équivalente à une heure de travail de n'importe qui d'autre ,par exemple. Et leurs partisans sont clairement pour la plupart dans la mouvance anti-libérale.

Sinon, pourquoi diable tenez-vous tant à ce qu'il y ait un organisme centralisé, monopolistique, planificateur, imposant un taux tout à fait arbitraire de création de monnaie issu de la résolution d'équa diff???

On nage en pleine économie socialiste là, dans laquelle l'approche de l'économie est similaire à l'approche en sciences physiques, et remplie de mathématiques, le tout totalement déconnecté de la réalité car l'économie est en fait une science humaine, une science de "l'action humaine" comme l'a très justement dénommée Mises.

Et si vous tenez tellement à ce que chaque individu crée en quelque sorte sa propre monnaie, le "crédit en réseau social" ou Hawala qu'évoque Jesrad est mille fois plus intéressant, totalement décentralisé, distribué, sans besoin d'organisme centralisé et planificateur fixant des taux de création monétaire, et pour lequel la quantité de monnaie en circulation s'adapte automatiquement à quantité de richesse.

Écrit par : Mateo | vendredi, 26 février 2010


@Mateo

Je cite :

"Les SEL ne sont pas basés sur la valeur subjective de la valeur, mais basé à peu de chose près sur la valeur-travail! Pour leurs partisans, une heure de travail d'un petit génie est équivalente à une heure de travail de n'importe qui d'autre ,par exemple. Et leurs partisans sont clairement pour la plupart dans la mouvance anti-libérale."

Réponse : ben non. Fin de la réponse. Les SEL créent un crédit mutuel point. Ensuite la monnaie suit son chemin. La "valeur travail" éventuellement base initiale de consensus monétaire d'une toute petite minorité de SEL, est très vite décorrélée en fonction des échanges.

Le "crédit en réseau social" n'est pas autre chose, le crédit se fait de chacun à tous les autres, limité en quantité.

Le Dividende Universel n'est pas autre chose, simplement il ne limite pas la quantité de crédit qui mène via la thésaurisation aux effondrements cycliques, il fixe la croissance du crédit.

La monnaie coûte zéro à fabriquer, et ne constitue qu'une mesure des crédits / débits entre les membres des communautés. Il n'y a pas à fabriquer une ASSYMETRIE de sa création via une émission bancaire. Chacun doit pouvoir émettre du crédit (principe du crédit mutuel).

Si vous comprenez l'intérêt de l'awala alors vous comprendrez avec un peu de réflexion la supériorité du Dividende Universel qui est un awala spatio-temporel. Quand vous créez un crédit mutuel (crédit en réseau), vous devez intégrer non pas les membres à l'instant "t" mais tous les membres de l'instant t à + infini.

A partir de là tout est dit, et n'est plus affaire que de démonstration pour trouver les seules solutions possibles pour la création de monnaie. (par ailleurs la monnaie n'est pas la richesse bien évidemment, mais qui comprend ça ?).

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 26 février 2010

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