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vendredi, 04 décembre 2009

Finance islamique : querelle de clocher... ou de minaret

Finance islamique.jpgQuelques jours après le scandale du référendum suisse sur les minarets, France O m'a invité à participer à un débat sur la finance islamique, en tant que banquier, avec Jean-Michel Quillardet, président de l'observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires (et, a-t-il ajouté, ancien grand maître du grand orient de France, la tradition du secret se perd visiblement), et Isabelle Chapellière passionnante auteur de "Ethique et Finance en islam". Sujet de l'ouvrage :

"Peut-on supprimer l'intérêt et la spéculation ? Une finance équitable basée sur le partage des pertes et profits est-elle possible ? L'économie réelle peut-elle revenir au centre des préoccupations ? Le métier de banquier est-il moral ? Repenser le capitalisme financier devient impératif.Face à la crise financière internationale, la finance islamique propose une réponse éthique. " Après la crise des subprimes, cette approche éthique n'est-elle pas pertinente ? Issue de principes antiques, cette finance pourrait s'intituler "finance aristotélicienne", laquelle a aussi inspiré Saint-Thomas d'Aquin .

 

Ses 2 principes essentiels sont l'absence de rémunération par intérêt, et l'interdiction d'investir dans des activités contraires à la loi islamique (laquelle dépend du courant religieux et des interprétations récentes). L'intérêt doit laisser la place au profit, fruit d'une prise de risque partagée. Ce n'est pas si simple, car certaines écoles acceptent le principe de l'intérêt, pourvu qu'il ne soit pas trop éloigné du niveau de l'inflation. Ensuite, les investissements ne peuvent être réalisés dans les secteurs interdits : alcool, jeu de hasard, pornographie, armes ou porc par exemple. Les fonds investis doivent simplement être supervisés par un conseil de religieux qui certifient le respect de ces règles. Ces principes n'évitent pas la participation à des bulles...et à leur éclatement. Un débat sur la monnaie, les banques centrales et l'étalon or devrait être passionnant dans ce cadre. Nous n'y avons hélas pas eu droit ce jour-là.

 

En soi, rien de fondamentalement contradictoire avec les principes de la finance internationales, même si quelques réglages techniques semblent nécessaires pour lui permettre de fonctionner en France. En général, ces fonds ne représentent que quelques pourcents de lé'pargne dans des pays à majorité musulmane comme la Turquie ou la Malaisie. Mais si on ajoute les fonds du Golfe, nous atteignons des volumes importants au niveau mondial. Par ailleurs, ce n'est pas le propre de l'islam de recommander une éthique dans les placements pour éviter la spéculation et les investissements immoraux. Des fonds sont déjà labellisés par différentes églises évangéliques, par exemple. La demande croissante pour ce type de placements respectueux de principes éthiques incite de plus en plus de gérants de proposer des fonds sur mesure : pour les musulmans, mais aussi pour les catholiques, les juifs ou les écolos.

 

Dans l'échelle des encours, la finance islamique est la plus importante des placements contraints par des principes éthiques. Elle représente aujourd'hui entre 700 et 900 milliards de dollars. Autant dire qu'elle exige des compétences et rapporte des commissions importantes pour les intermédiaires et les gérants (les banques françaises sont bien placées sur ce marché), ce n'est pas un hasard si Paris Dauphine a lancé un Master en finance islamique. Elle incite les pays à se montrer accueillants pour bénéficier de cette manne financière dont les entreprises... et les Etats ont bien besoin. Alors que les capitaux sont plus mobiles que jamais, pourquoi s'interdire cette manne qui ne cesse de croître année après année.

 

Etrangement, le président de l'observatoire sur la laïcité ne voulait pas entendre parler de finance islamique en France au nom de  sa vision de la laïcité laissant peu de place à l'intimité privée, ainsi qu'il l'a d'ailleurs exprimé dans une tribune du Monde. Au contraire, ces principes ne devraient justement pas permettre à l'Etat d'intervenir dans la relation liant un client à une banque, ni de restreindre les préférences de personnes privées, libres et responsables  de leurs choix et ne portant pas atteinte aux droits d'autrui. Manifestement, il vivait sa laïcité comme une religion intolérante et exclusive. Contrairement aux régimes totalitaires, la démocratie place la liberté de chacun en tête de ses valeurs. Ce n'était pas tout à fait la valeur dominante de Jean-Michel Quillardet. C'était la mienne.

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Commentaires


Quelle légèreté....! Et quel utilitarisme !

Donc, modifier un peu le code civil pour le rendre compatible avec la charia ne te choque pas ?

l'article que tu pointes cites en effet Chantal Brunel :

"En commission, la députée Chantal Brunel (UMP) avait expliqué – à propos de l'article 6 sexies B modifiant le code civil afin de "permettre l'émission sur la place de Paris de produits compatibles avec les principes éthiques musulmans" – que "cette disposition vise à introduire les principes de la charia dans le droit de la fiducie en le rendant compatible". "

J'ai entendu par ailleurs à la radio Madelin dire que s'il fallait modifier un peu notre loi et y introduire une dose de charia pour permettre la finance islamique, cela ne lui posait pas de problème.

Je trouve que cette attitude totalement naïve décrédibilise vos propos : sans être un laïcard, on peut tout de même s'interroger sur l'opportunité qu'il y a de modifier notre code civil pour le rendre compatible avec un loi religieuse. Pourquoi créer ce précédent ?

La liberté de chacun, que je vénère autant que toi, n'implique nullement de permettre à des groupes de pressions d'imposer les lois de leur communauté à l'ensemble de la population.

Écrit par : LOmiG | vendredi, 04 décembre 2009


Les lois changent tous les jours, il faut presque une loi pour avoir le droit de pisser. A ce que je lis sur l net, il s'agit d'aménagemens techniques pas franchement importants.

Écrit par : Joe | vendredi, 04 décembre 2009


Aurélien,

Votre approche de la finance islamique me paraît des plus confusionnistes.

Vous nous dites d’un côté qu’elle refuse la rémunération par intérêt ; mais que “certaines écoles acceptent le principe de l'intérêt”. On est bien avançés sur ce point essentiel en finance!

Puis, sur la dimension “éthique”, qui semble vous tenir à coeur, vous commencez par en appeler à Aristote et saint Thomas : “Issue de principes antiques, cette finance pourrait s'intituler "finance aristotélicienne", laquelle a aussi inspiré Saint-Thomas d'Aquin.” Voilà qui est surprenant - et rassurant.

Mais quelques lignes plus loin, vous nous révélez que “Les fonds investis doivent simplement être supervisés par un conseil de religieux”.

Tiens tiens tiens. Un conseil de religieux. Des religieux se réclamant de St Thomas ? Ou des barbus se réclamant du Coran et de la chariah ?

Vous vous moquez du monde, Aurélien.

Oui, avec eux on peut être sûr que les fonds ne seront pas investis dans l’alcool ou le porc.

Mais qui va nous garantir qu’ils ne vont pas alimenter le terrorisme islamiste, comme on l’a vu pour l’argent récolté dans nombre de mosquées pour de soi-disantes ONG islamiques ?

Donc vous, dirigeant d’un parti s’affirmant libéral, qui placez la “liberté” au-dessus de tout comme vous le rappelez dans la fin de votre article, ne vous offusquez pas dans vos activités de banquier d’être “supervisé par un conseil de religieux” musulmans ?

Vous m’étonnerez toujours, Aurélien.

Au fait, vous commencez votre billet en faisant allusion au “scandale du référendum suisse”.

J’aimerais que vous développiez votre point de vue. En quoi ce référendum est-il un scandale ? Est-ce le fait de consulter le peuple qui est un scandale?

De vous je m’attends à tout, maintenant.

Écrit par : Cyrano34 | vendredi, 04 décembre 2009


@ Lomig et Cyrano34 : je suis attaché à la laïcité et ne souhaite pas voir des lois fondamentales remises en question pour favoriser une religion. J'aimerais même qu'on ouvre l'école semi privée afin qu'elle ne soit plus le quasi monopole de l'église catholique. C'est un débat connexe sur ce thème.

Concernant les modifications à apporter pour faciliter l'arrivée de cette forme de finance, elles sont peu nombreuses et consistent en modalités techniques (le fait qu'un créancier est propriétaire ou non de l'objet en garantie, ce qui distingue l'hypothèque à la française du mortgage anglo-saxon par exemple) et fiscales puisque l'intérêt est remplacé par l'achat-vente ou le profit (qui lui est déjà fiscalisé aujourd'hui). Rien de fondamental, sinon il y aurait en effet atteinte au principe d'égalité devant les grands principes de droit. Madelin, s'il s'est exprimé ainsi, faisait de la provocation inutile. Ces réglages techniques nous permettraient de nous aligner sur de nombreux pays occidentaux qui n'avaient pas un cadre réglementaire aussi restrictif que le nôtre (Joe n'a pas tort : il faut presque une loi pour avoir le droit de pisser en France).

A priori, la finance islamique prohibe totalement ce type de destination des fonds. Mais surtout, la crainte de voir ces financements aller au terrorisme concerne aussi bien la finance non islamique ou le monde associatif.

Concernant le référendum suisse, je ne suis pas contre le principe référendaire d'initiative citoyenne, bien au contraire : j'en suis un ardent défenseur. En revanche, je pense aussi qu'il faut l'encadrer afin qu'il ne puisse viser à porter atteinte aux droits fondamentaux d'autrui, la liberté de croyance par exemple. Etant libéral, je considère quelques principes universels supérieurs à la loi de la majorité. Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire qu'on a raison, ni qu'on peut tout faire. Les Droits de l'Homme et du Citoyen priment.

Écrit par : Aurelien | vendredi, 04 décembre 2009


http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1901.asp#P355_62217

La loi est plus simple que ce que l'on croit, il s'agit juste d'autoriser (sic) la copropriété sur des valeurs mobilières.

Écrit par : Chitah | vendredi, 04 décembre 2009


Oui, je vous trouve vraiment admirable, Aurélien.

Vous protestez de votre “attachement à la laïcité”, mais vous soutenez la modification du droit français ayant pour but l’introduction d’un peu de ... chariah !

La supervision par un “conseil de religieux” des opérations financières (c’est tout de même vous qui l’avez écrit !) n’est donc pas du tout incompatible avec votre “attachement à la laïcité.” Non non non non.

C’est pareil pour le référendum d’initiative citoyenne. Vous n’êtes pas contre. Mais à condition de l’encadrer !

Evidemment, vous vous situez du côté des encadreurs. Pas du côté des votants. Pas du côté de ces crétins de Suisses qui n’ont rien compris. Alors que pendant des semaines, tout ce que la Suisse compte d’intellectuels, d’artistes, de journalistes, d’évêques leur a expliqué en long et en large, comme vous le faites, qu’il fallait respecter la “liberté de croyance” des musulmans, que l’islamophobie c’était du racisme, que l’identité suisse (comme l’identité française, n’est-ce-pas) c’était le multiculturalisme, etc.

“Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire qu'on a raison”. On croirait du Cohn-Bendit !

Et si c’était vous (et Cohn-Bendit, et toute l’intelligentsia bien-pensante) qui n’aviez rien compris ?

L’interdiction des minarets ne signifie pas du tout l’interdiction de la liberté de croyance, comme vous le prétendez.

Elle dit simplement aux musulmans : chez nous la croyance est du domaine privé, pas public. L’Islam ne doit pas être ostentatoire. C’est comme ça chez nous.

Elle signifie aussi : “Nous avons peur de l’Islam”.

Comme je les comprends.

Et comme beaucoup de Français qui se sont exprimés dans les sondages sur Internet semblent aussi l’avoir compris.

Le vote suisse va peut-être enfin décomplexer nos concitoyens.

Écrit par : Cyrano34 | vendredi, 04 décembre 2009


Cyrano34, par principe, la laïcité ne devrait pas autoriser l'Etat à interdire ou non la pratique d'une religion, ni à intervenir dans les rapports liant des établissements bancaires privés à leurs clients. Effectivement, les grands principes de droit ne doivent pas être remis en cause pour favoriser ou bloquer une religion, mais ce n'est pas ça qu'il s'agit là. Voyez les modifications techniques, elles sont légères et n'ont rien de fondamentales.

Quant à la supervision par un "conseil religieux", il ne s'agit pas de confier la direction de la banque ou d'un fond à cette autorité morale, mais à faire signer une charte respectant ces règles, et à la respecter. Les banques occidentales qui ont ouvert des bureaux dans le Golfe offrent des prestations classiques et "labellisées", cela ne pose aucun souci ni aux banquiers qui font leur travail normalement (chaque fond a ses propres règles), ni aux clients.

Inutile de s'abriter derrière ce type de principes. Le vrai débat que vous souhaitez ouvrir, c'est celui de l'islam. C'est légitime, je vous promets de l'aborder.

Écrit par : Aurelien | samedi, 05 décembre 2009


A quand une votation pour interdire les clochers des églises catholiques ? La laïcité postule qu'aux yeux de l'Etat, aucune religion ne doit être privilégiée ou brimée. Si on prétend interdire les minarets, mais pas les clochers, alors il faut revenir au temps où l'Eglise catholique avait des droits et privilèges qui n'étaient pas reconnus à l'Eglise réformée au au judaïsme.

C'est une question de logique.

Écrit par : emmanuel | samedi, 05 décembre 2009


@Aurélien : bien entendu parfaitement en ligne avec ton analyse. Dire que la charia* va être introduite dans le droit français est une sottise absolue, c'est simplement l'autorisation de la copropriété de valeurs mobilières dont on parle; on se demande d'ailleurs pourquoi c'était interdit auparavant, mais comme le dit un intervenant plus haut, demain il faudra une autorisation pour aller pisser.

Écrit par : Chitah | samedi, 05 décembre 2009


Aurélien, je comprends très bien, que du point de vue de l'ingéniérie financière, de l'intermédiation financière, bref de notre profession, que les produits financiers Islamiques sont porteurs et créatifs.

Nous sommes aussi, grâce à nos réseaux dans le monde libéral, bien placés pour consulter des spécialistes de l'économie, en particulier ceux de l'Ecole Autrichienne.

Nous savons ce que coûte la manipulation du taux d'intérêt, nous observons dans la réalité la gravité des politiques de taux réels négatifs. L'interdiction du loyer de l'argent et pis encore à tous les échelons de la courbe (le refus de toute usure) oblige à des montages audacieux incotables sur le marché. Pour reprendre une analyse de notre ami Autrichien Roger Garrisson, toute manipulation du taux d'intérêt perturbe toute l'intégration de l'économie de telle façon à y créer des zones chaotiques, imprévisibles (malinvestment), en favorisant des secteurs au détriment d'autres. Dans nos économies, il existe tout de même la possibilité d'arbitrer les politiques monétaires, mais le cas de la Finance Islamique, c'est impossible, par décision du Pouvoir. Cela ressemble bien plus à une Finance Communiste.

Je suis un intermédiaire soucieux du bien être de mes clients. Je les mets en garde contre cette ARNAQUE qu'est la Finance Islamique. Peu m'importe que la Finance Islamique suscite un engouement dans notre profession car je sais aussi qu'on y avale tout cru les théories économiques les plus fausses, conduisant les intervenants nier les bulles financières.

Mais ce n'est pas tout.

La Finance Islamique ne se réduit pas à un montage de produits comme les produits structurés. C'est une finance éthique ayant entre autre un objectif social. Je l'ai lu de la main d'un économiste Malaysien qui après avoir revu ses principes, que la Finance Islamique est socialement et économiquement plus viable que la Finance "Occidentale". Je suis libéral et j'ai été choqué par l'argumentation très socialiste de son analyse.

C'est donc à double titre, professionnel et politique que je refuse catégoriquement la Finance Islamique

Écrit par : Fred Rabeman | samedi, 05 décembre 2009


@ Emmanuel :

Qui parle de brimer une religion ? Prétendre, sans détailler un plus, que l'islam n'est QU'une religion, alors qu'il s'agit également d'une doctrine politique et d'un juridisme, montre une coupable méconnaissance de ce dont on parle. Ce n'est pas la religion, ou la spiritualité, musulmane qui pose problème, ce sont les aspects politico-juridiques. Les minarets, les voiles, les burqas sont depuis longtemps identifiés comme les armes utilisés par les tenants d'un islam politique, visant à instaurer la charia. C'est en cela, et uniquement en cela, qu'ils doivent être combattus. Personne ne montre du doigt les musulmans "séculiers", ou la foi personnelle de telle ou telle personne.

Ne pas croire que l'islam n'est qu'une religion, c'est une question de rigueur, et de connaissance. L'islam doit faire son aggiornamento. Les musulmans devront, pour vivre pleinement dans les sociétés ouvertes, choisir et rejeter une partie de l'islam. C'est dur ; mais c'est le prix à payer pour une intégration réussie, et pour une paix sociale durable.

Écrit par : LOmiG | samedi, 05 décembre 2009


Composition du prix d'un bien :

- Les salaires ( quantité de travail direct et indirect incorporé dans un bien, c'est à dire prenant en compte le prix des outils, machines etc.. qu'il a fallu fabriquer, des matières premières qu'il a fallu transporter, etc.. )
- Les profits (rémunération du capital )
- Les impôts ( prélevés par l'Etat).


Supprime les 2 derniers points, ainsi tu fais passer la part des salaires dans le prix d'un bien à 100%.


Posons théoriquement le bien X dont le prix est composé de :

- 20% % de salaires
- 40 % de profit
- 40 % "d'impots/taxes"


Dans l'optique de l'abolition du capitalisme, la part du profit serait réduite à 0%.

Dans l'optique de l'abolition de l'Etat, la part des impots/taxes ( DANS NOTRE ETAT ACTUEL, cela ne signifie pas que par la suite les ex-salariés ne metteraient pas en commun des sommes monétaires au sein de fédérations ) serait réduite à 0%



CCL :

- Salaires 100%
- profit 0%
- impots/taxes 0%



Ainsi, la part des salaires dans le prix d'un bien a été multipliée par 5 sans que le prix de ce même bien n'augmente ou ne baisse. Le capitalisme doit donc être abolie !

Écrit par : Nico | samedi, 05 décembre 2009


@ Fred : même en Arabie Saoudite, il y a des taux d'intérêt et une politique monétaire. Ce n'est pas si simple, et encore une fois, les produits agrées ne sont nullement exclusifs des produits standards. En Malaisie, pays musulman, la finance islamique représente tout au plus 5 % des capitaux en circulation sur les marchés financiers.

@ Lomig : l'islam est constitué d'une multitude de courants au pratiques différentes. C'est une religion de rituels, comme le judaïsme. Son côté ostentatoire n'est pas plus choquant que toutes les pratiques visibles. Le minaret est directement inspiré des clochers, et je ne vois pas trop pourquoi les uns seraient autorisés, et pas les autres. Certes, les deux doivent répondre à des normes d'urbanisme, et ne pas troubler le voisinage (muezzin ou cloches intempestives). Mais la plupart des mosquées sont contruites sans minaret, de même qu'un certain nombre d'églises récentes n'ont pas de clocher. C'est cher, et cela exige l'autorisation de construction.

Maintenant, ta vision de l'islam conquérant est démentie par les faits. Certes, tu pourras toujours m'avancer que certains courants radicaux font du prosélytisme auprès de jeunes marginaux, en prison ou dans les cités. Ils jouent sur cette marginalité, cette exclusion. C'est un fait, mais ce n'est pas tant l'islam que ce que ces manipulateurs en font. Tu devrais écouter avant tout les théologiens qui connaissent mieux le coran et les textes fondamentaux que ces recruteurs souvent illettrés, ainsi que leur interprétation et leur adaptation au contexte, avant d'englober les pratiques de l'islam comme un tout.

Écrit par : Aurelien | dimanche, 06 décembre 2009


@Aurélien :
A l'évidence, cette vision d'un islam conquérant est complètement à côté de la plaque. Que je sache, il n'existe pas et il n'a jamais existé dans les 500 dernières années de pays, d'Etat, de peuple, qui a été colonisé par des musulmans, par un Etat musulman. En revanche, le contraire est vrai : des Etats chrétiens ont envahi et colonisé des pays musulmans, et ce du Maroc à l'Arabie Saoudite en passant par l'Algérie, la Tunisie, la Libye, la Syrie, la Palestine, l'Egypte, etc.

Écrit par : Chitah | dimanche, 06 décembre 2009


La religion se même à la finance dans de nombreux pays, et ces pays ne vont pas mal pour autant (les Etats-Unis vont mal, mais pas pour ces raisons). La place du religieux reste marginale, et son impact est limité. Par exemple, des courants évangélistes incitent leurs membres à investir dans dans des fonds encadrés selon des règles strictes. L'univers financier américain n'en est pas franchement affecté pour autant.

Ce n'est pas ma tasse de thé, et je crois d'ailleurs que les rendements de ce type de fonds sont plus limités qu'ailleurs, mais je ne vois pas au nom de quoi on limiterait ce type de choix purement privé à des individus pieux, évangélistes, écologistes ou musulmans.

Écrit par : Aurelien | dimanche, 06 décembre 2009


Oui Joe, il s'agit d'aménagements techniques dérisoires. Et puis c'est quoi pour nous une petite pipe ?

Écrit par : Maxime Zjelinski | vendredi, 23 avril 2010


"Si on prétend interdire les minarets, mais pas les clochers, alors il faut revenir au temps où l'Eglise catholique avait des droits et privilèges qui n'étaient pas reconnus à l'Eglise réformée au au judaïsme."

Non, il suffit d'assumer le rôle joué par l'Église dans notre histoire.

Écrit par : Maxime Zjelinski | vendredi, 23 avril 2010


À lire, cette citation de Guy Millière qui résume assez bien le problème :

« Vouloir attirer des capitaux en mettant le doigt dans les engrenages de la soumission à des valeurs et des modalités étrangères au capitalisme démocratique implique le risque de se trouver broyé entièrement par ces engrenages. »

Écrit par : Criticus | vendredi, 23 avril 2010


Bonjour à tous,
Quel pragmatisme ! Bravo pour cet article !
Je réagis à la lecture de certains commentaires et les réticences à modifier le code civil pour permettre l'application d'un principe religieux...
Je souhaitais juste rappeler que le code civil est déjà à 95% dérivé de principes venant des 3 religions monothéistes... Et la notion de liberté individuelle et d'égalité de droit et de devoir, aurait-elle était inscrite dans le marbre si une religion monothéiste n'avait pas rappeler à l'homme que seul Dieu est juge, et seulement des actes, pauvres ou riches, puissants ou faibles ?

Écrit par : Samir | vendredi, 11 juin 2010

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