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vendredi, 20 novembre 2009

Préparez-vous au pire, c'est votre banquier qui vous le dit

Pendant que les Français discutent de la fessée et de l'identité nationale, la marée monte. Et la marée de dettes les menace de noyade. Qui peut ainsi avoir intérêt à détourner leur attention de la menace qui pèse sur eux ? En tout cas, une banque française a choisi de conseiller à ses clients, en octobre, de se préparer à des moments difficiles. L'expression employée dans le document est carrément "global collapse" (effondrement global). Ce "scénario du pire" se fonde sur le niveau encore alarmant de la dette. Le "dé-leveraging" qui consiste à rembourser la dette en cours et à reconstituer une épargne, risque d'entraîner un nouveau choc économique. Surtout que nous n'asistons pas clairement à un mouvement franc de "dé-leveraging". La dette privée a partiellement été nationalisée, ce sont donc les Etats qui continuent à accroître leur endettement, pas les entreprises ni les ménages.

 

Dans ce contexte, l'inflation n'est donc plus la première menace première pour cette banque. française LPour elle, les taux d'intérêt longs promettent de rester bas longtemps...et le dollar risque, toujours selon elle, de dégringoler (2 dollars pour un euro ?). Contrairement au Japon,  qui a vu sa dette passer à 200 % du PIB en 20 ans sans aucun effet positif sur sa croissance, l'explosion incontrôlée des dettes publiques risque d'aboutir, en Europe ou aux Etats-Unis, à des défaillances d'Etats plus fragiles que les autres, ne serait-ce que pour tester la solidarité entre Etats. Le risque domino, c'est le principe qu'un petit Etat qui tombe peut en entraîner d'autres dans sa chute. Les autres , conscients de ce danger, auront donc intérêt à venir au secours du premier pour stopper la dynamique de faillite généralisée. Bref, ça va être open bar pour les marchés financiers dont les Etats, en faisant exploser les compteurs de la dette, deviennent de plus en plus tributaires.

 

Les banques centrales vont certainement être appelées en renfort pour acheter la dette publique des Etats irresponsables et incontrôlables en faisant tourner, comme elles le font depuis des mois, la planche à billets. Le risque inflationniste est donc bien réel. Et une bulle est bien en train de grossir sous nos yeux.

 

A la veille du grand emprunt, quitte à ruiner un peu plus les Français, il faut peut-être investir dans un secteur qui se redresse légèrement et dont l'impact sur le moral des gens, et donc sur la croissance, est bien réel. Aux Etats-Unis, le roi du porno, Larry Flynt, avait officiellement demandé un plan de sauvetage de 5 milliards de dollars pour l'industrie pornographique dés janvier, en s'appuyant sur un argument parfaitement recevable et rationnel. Partant du constat que les gens sont déprimés et manquent de sexe ("People are too depressed to be sexually active,"), il a insisté sur le danger que cette déprime représente pour son pays : "This is very unhealthy as a nation. Americans can do without cars and such but they cannot do without sex." On devine mal pourquoi nos jeunes symboles de l'avenir de la France, Juppé et Rocard, n'ont pas proposé d'investir dans cette activité rentable et d'intérêt public avec une partie de nos 35 milliards. Si la france coule, nous aurons au moins de quoi nous amuser.

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Commentaires


Je propose la création d'une Agence nationale de la pornographie dédié au développement de pornographie décarboné innovante.

Non mais sérieusement, ils auraient dû publier leur rapport sous forme de bande-dessiné, on se serait moins senti coupables lorsqu'on pouffe de rire...

Je vous invite à lire mon analyse de ce Grand Emprunt; http://www.unmondelibre.org/Bedard_emprunt_201109

Ecrit par : Mathieu Bédard | vendredi, 20 novembre 2009


Rocard et Juppé auront du mal à proposer que l'on investisse dans le porno, car il en faudra pour tous les gouts, fort variés en la matière !

Ecrit par : emmanuel | vendredi, 20 novembre 2009


Il faudrait tout de même se demander pourquoi c’est un journal britannique qui livre cette analyse de la Société Générale. La presse française la trouverait-elle trop alarmiste ?

Quoi qu’il en soit, je trouve que notre banquier bloggueur libéral prend le sujet bien à la légère, en le déviant sur le terrain pornographique.

N’a-t-il pas d’autre opinion sur la question ?

Pour ma part, je pense que les finances publiques françaises vont faire faillite à plus ou moins brève échéance, pour deux raisons essentielles :

1 - la croissance française restera trop faible (disons, autour de 1% par an) pour alimenter le surcroît de prélèvements nécéssaires à amortir la dette; car le secteur privé, seul créateur de richesses, est déjà exténué par les prélèvements existants, et par le niveau élevé de l’euro;

2 - le fonctionnement du “marché politique” français oblige les hommes politiques et les partis à faire de la démagogie pour se faire élire et réélire. Celui qui annoncerait les mesures draconiennes indispensables pour rembourser la dette, n’aurait aucune chance, ne serait-ce qu’en raison du poids électoral des fonctionnaires et des assistés. C’est bien ce que l’on constate en ce moment : au sortir de la crise qui a fait bondir la dette et le déficit budgétaire, le gouvernement propose ... un nouveau “grand emprunt” ! Et tous de se précipiter pour réclamer leur part de financement !

La dette française est pour le moment financée aux 2/3 par des étrangers. Quand ceux-ci auront compris que les finances publiques françaises sont dans l’impasse, ils se retireront - ou bien ils demanderont des intérêts beaucoup plus élevés pour prêter, ce qui reviendra au même. Ce sera alors la banqueroute, qui surviendra très vite. D’un coup toutes les banques liées à l’Etat français, comme La Poste, les Caisses d’Epargne, la CDC, ou celles qui auront beaucoup prêté à l’Etat comme la BNP, la SG ou le CA, se verront en même temps retirées du circuit par fuite de la confiance. Voir le scénario bien décrit dans l’excellent livre ”Le jour où la France a fait faillite”.

Mesures de protection minimum à prendre pour un épargnant français :

- se débarrasser de l’assurance-vie, qui est gorgée d’emprunts de l’Etat français;
- placer ses fonds dans une banque internationale comme HSBC.

Et se préparer au pire question conséquences politiques et sociales.

Ecrit par : Cyrano34 | samedi, 21 novembre 2009


Ni dettes, Ni emprunts, la France doit créer de l'Argent !

Non à l'emprunt Sarkozy !

Face au pillage de notre pays organisé, depuis plus de 30 ans, par les marchés financiers qui gonflent artificielle, par les taux d'intérêt, la dette de notre pays, et afin de promouvoir des politiques de bien commun le gouvernement Français doit rompre avec la loi Giscard-Ponpidou du 3 janvier 1973, et tous les traités européens depuis Maastricht.

Le gouvernement doit reprendre sa souveraineté économique et émettre du crédit productif Publique émit par une nouvelle Banque de la France.

Le château de cartes de la finance est entrain de s'effondrer, il faut sortir de la spéculation et remettre l'argent au service de la population.

David C.
david.cabas.over-blog.fr

Ecrit par : David C. | dimanche, 22 novembre 2009


Ne cédons pas au catastrophisme ambiant. C'est trés facile de faire de l'auto denigrement et de plaisanter sur le porno, en revanche proposer quelque chose de serieux est nettement plus compliqué. Le probleme du deficit publique est un faux probleme. 1500 milliards d'euros de dettes, c'est en soit peu de choses, il faut voir aprés la puissance de l'état et dieu sait que l'état français reste puissant grâce à sa présence dans les entreprises, ses nombreux fonctionnaires, son modèle social... La France a quoi qu'on en dise des marges de manoeuvre concéquentes. Encore faut il que l'état puisse mener une vraie politique économique.
Cordialement Adrien

Ecrit par : Adrien | mardi, 24 novembre 2009


Adrien, agir n'est pas compliqué, c'est ce que font beaucoup de pays européens qui n'ont pas laissé filer leurs déficits publics avant la crise, moins que nous pendant la crise, et dont le montant global de dépense publique est très nettement inférieur au nôtre. Certes, cela exige de naviguer autrement qu'à coup de sondages quotidiens.

Ecrit par : Aurelien | mercredi, 25 novembre 2009


Les déficits ne sont pas un probleme et agir necessite un état fort et souverain, ce n'est pas en le denigrent continuellement que l'on va retrouver les manettes.
Cordialement Adrien

Ecrit par : Adrien | jeudi, 26 novembre 2009


“Les déficits ne sont pas un problème”.
“1500 milliards d'euros de dettes, c'est en soit (sic) peu de choses”

Ben voyons !

Il faudrait au moins ajouter à ces affirmations assez ahurissantes : “Tant qu’on trouve des prêteurs !”

Et c’est là que gît le lièvre. Car les prêteurs ne sont pas tous idiots. Ils comprennent que les chances de retrouver leur argent diminuent avec l’accroissement de la dette de l’emprunteur, surtout lorsque celui-ci ne prend aucune mesure pour rééquilibrer son budget.

C’est là que se situe la faiblesse de la France. Elle n’est pas seulement très endettée. Elle ne montre en plus aucune volonté de redresser sérieusement la situation.

Comme l’observe un lecteur du Figaro ce matin :

"Ce qui est inquiétant ce n'est pas tant le niveau de la DETTE. En effet, ce pourcentage se situe dans la moyenne des pays industrialisés (enfin, ceux qui sont des pays "cigales" par opposition aux "fourmis").

Là où la France se trouve dans une situation délicate, c'est dans LA COMBINAISON (i) d'une DETTE élevée, (ii) avec un niveau de TAXATION RECORD qui est déjà très au-dessus du niveau raisonnable; et (iii) une très FAIBLE CAPACITE D'ADAPTATION de son tissu économique (faible capacité à créer de nouveaux grands groupes et grosses PMEs, par manque d'audace, manque de réactivité, manque de capital-risque, manque de commerciaux à l'international)."

Autrement dit : la faillite de la France est inéluctable, parce qu’à la fois on ne PEUT pas et on ne VEUT pas redresser la situation.

Je maintiens donc mon scénario : dès que les prêteurs demanderont des intérêts plus élevés en échange de leur argent, ce qu'ils vont faire très certainement, la charge de la dette deviendra si élevée que l'Etat français sera incapable de continuer à payer ses fonctionnaires, ses retraités et ses assistés. Ne parlons pas de rembourser ses bons du Trésor : c'est-à-dire que les épargnants français pourront dire adieu à leur assurance-vie.

Et là, bonjour la situation politico-sociale !

Ecrit par : Cyrano34 | jeudi, 26 novembre 2009

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