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mercredi, 30 septembre 2009
Le viol est à la mode chez nos politiques, celui du secret bancaire comme celui des mineures
L'arrestation de Roman Polanski, réalisateur certes talentueux, a étrangement déclenché une vague d'indignation en France. En effet, cultureux et hommes politiques ont vivement réagi à l'action de la justice helvète pourtant respectueuse du droit international et de conventions entre deux démocraties respectables. Notre ministre de la Culture, qui a si bien écrit son amour des très jeunes garçons aux prestations sexuelles payantes, a jugé «absolument épouvantable» l'arrestation de Polanski «pour une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens». C'est vrai quoi, si on ne peut plus droguer et violer des mineures de 13 ans, où va-t-on ? Il faut garder un peu le sens de la fête. S'il était connu que les politiques aimaient l'argent, souvent le sexe, ils n'avaient pas encore osé mettre en avant le viol de mineurs et la drogue. On sait que le gouvernement de Sarkozy veut toujours s'afficher d'avant-garde. Bernard Kouchner, plus sobre, n'a mis en avant que le talent de Polanski pour l'exonérer de sa responsabilité morale et pénale. La justice à plusieurs vitesses, c'est tout de même bien pratique.
Que ce soit en généralisant le viol du secret bancaire, cette intimité qui devrait être absolument protégée et respectée en l'absence de preuves, ou que ce soit en défendant l'auteur (qui, lui, a admis sa culpabilité) d'un viol sur très jeune mineure, notre gouvernement affiche toutefois une certaine cohérence idéologique. Attention, la fête n'est pas ouverte à tous. Le viol n'est toléré, voire encouragé, que de la part de certains acteurs appartenant à une caste supérieure : le fisc, la jet set, les grands de ce monde. Pas étonnant si les réactions populaires sont négatives, et si un certain nombre d'élus commence à réagir dans l'autre sens devant l'agacement de la France d'en bas. La députée Marie-Louise Fort, auteur d’un texte sur la lutte contre l’inceste récemment voté à l’Assemblée, s’est déclarée «consternée par le soutien qu’apportent un grand nombre de responsables institutionnels et d’artistes à Roman Polanski». Elle s’«étonne», par ailleurs, «que les qualités artistiques d’un individu, aussi brillant soit-il et aussi exceptionnelle soit son oeuvre, puissent représenter une immunité pour des faits d’une extrême gravité». Dommage qu'elle soit si seule dans les travées de l'assemblée à exprimer un peu de bon sens.
Enfin, comme le rappelle Maître Eolas, ces mêmes acrobates de la morale considèrent que le mineur de 13 ans qui télécharge une oeuvre musicale en ligne, lui, doit être poursuivi. Il mérite de vraies sanctions, voire qu'on lui coupe la ligne. Il faut qu'il comprenne ce que veut dire "respecter les rentes d'autrui". Mais qu'une star ait drogué puis violé une fille de 13 ans, ce n'est pas si grave que ça, il faut oublier. Cette hiérarchie morale, cette volonté de détourner la justice à des fins bassement corporatistes, laisseraient presque croire que la corporation de la culture en veut aux jeunes. Hélas, les politiques aiment toujours caresser cette corporation ultra sensible dans le sens du poil (ses membres sont pubères, eux).
Après avoir été insultée par toute la classe politique française qui a joué les vierges effarouchées pendant des années, la Suisse doit trouver que cet appel indécent du gouvernement à piétiner le droit pour un dossier véritablement épouvantable, quoi qu'en pense notre ministre, est une bien cruelle ironie de l'histoire. Peut-être que ce coup-ci, les Suisses ne cèderont pas à la pression du gouvernement français. Ils auront bien raison.
15:06 Publié dans Dans le monde, Libertés individuelles, Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polanski, kouchner, mitterrand, pedophilie


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Commentaires
Diantre que tu y vas fort.
Ecrit par : Rubin | mercredi, 30 septembre 2009
La SACD a une proposition pour que non, plus jamais aucun réalisateur ne se fasse arrêter : http://mondodingo.blogspot.com/2009/09/proposition-de-la-sacd.html
Ecrit par : Chitah | mercredi, 30 septembre 2009
Pas mieux !
Marre de toute cette clique et du côté "donneur de leçons"
Qu'ils se regardent dans une glace !
Ecrit par : Arnaud | mercredi, 30 septembre 2009
Pour rappel, 3 faits :
- Notre bon vieux polak passe un paquet de temps en Suisse depuis la bagatelle de 35 ans. Il n'avait jamais été inquiété avant "l'affaire". A tel point qu'il a acheté en toute légalité un chalet dans les vertes montagnes il y a 2 ans. Il venait par ailleurs de passer 3 mois là-bas avant son arrestation, juste avant ce festival où il était paradoxalement célébré.
On peut se poser la question : pourquoi maintenant ?
Y voir l'intervention d'un procureur ricain zélé, qui a fait de ce cas une affaire personnelle et en tout cas un argument électoral (hé oui, les représentants de la justice sont élus régulièrement par suffrage direct) ne peut être que du mauvais esprit. Ah ! Caresser dans le sens du poil qui pue bien la pudibonderie séculaire de son électorat est un passage obligé de tout candidat aux prébendes étatiques amerloques.
- Faut-il rappeler que la plaignante et sa famille ont pardonné, renoncé aux poursuites, et même obtenu réparation pécuniaire (plus de 200 000 $ en accord à l'amiable) ? Et qu'il s'agit donc du gouvernement US qui assigne Polanski contre l'avis de la plaignante...
- Les faits remontent à l'année 77, année paroxystique dans l'entreprise de démolition de tous les tabous sociaux. A cette époque, des groupements pédophiles ont une existence légale, défilent souvent avec les homosexuels en revendication - même s'ils ne sont que tolérés et progressivement mis au ban, sous la pression notamment des lesbiennes qui les voient d'un très mauvais oeil.
On est bien loin de la perception post-Dutroux. Je ne pose aucun jugement de valeur, je rappelle juste le contexte.
Il faut lire comment Polanski relate les faits dans une autobiographie de 1985, expliquant avoir fait la connaissance de cette fille visiblement paumée qui avant de le rencontrer avait déjà eu de nombreuses relations sexuelles, et consommé de l'alcool et des tranquillisants identiques à ceux qu'on lui reproche d'avoir utilisé pour droguer la jeune fille. Assertions non démenties ultérieurement par la plaignante. Il n'y aurait donc pas eu préméditation.
Ajoutons qu'il n'y a pas eu récidive depuis lors, et que Polanski s'est rangé dans une vie familiale sans rebondissements, et est père de 2 enfants. Il n'est donc pas non plus un pédophile pathologique et récidiviste. Voilà un type qui, dans le contexte psychologique que l'on sait, a abusé d'une mineure, mais avec une ambiguïté telle dans le contexte que le juge lui avait à l'époque proposé de plaider coupable pour simple relation sexuelle avec une mineure en échange de l'abandon des charges plus graves de viol et de fourniture d'alcool et de drogue.
Incarcéré 47 jours pour passer des expertises psychiatriques, lesquelles se révéleront positives, il est libéré sous caution.
C'est quand le juge, pressé par l'opinion, envisagera de requalifier la plainte en viol, avec menace de ré-incarcération, que Polanski choisit de fuir vers la France dans la cavale que l'on sait.
----------------
A part ça, il est clair que la réaction de Mitterand est stupide et émotionnelle, ce qui caractérise parfaitement une grande partie de notre classe politique quand elle n'est pas stupide et machiavélique.
Mais bon, l'attaquer à son tour sur ses moeurs ne vous honore pas plus.
Et puis il ne faut pas perdre de vue que 2 enfants de 9 et 16 ans vont perdre de vue leur père pendant de longs mois au minimum dans cette affaire.
En espérant que justice soit faite, ne cédez pas à l'émotion sans discernement.
Ecrit par : BastOoN | jeudi, 01 octobre 2009
Pour rappel, 3 faits :
- Notre bon vieux polak passe un paquet de temps en Suisse depuis la bagatelle de 35 ans. Il n'avait jamais été inquiété avant "l'affaire". A tel point qu'il a acheté en toute légalité un chalet dans les vertes montagnes il y a 2 ans. Il venait par ailleurs de passer 3 mois là-bas avant son arrestation, juste avant ce festival où il était paradoxalement célébré.
On peut se poser la question : pourquoi maintenant ?
Y voir l'intervention d'un procureur ricain zélé, qui a fait de ce cas une affaire personnelle et en tout cas un argument électoral (hé oui, les représentants de la justice sont élus régulièrement par suffrage direct) ne peut être que du mauvais esprit. Ah ! Caresser dans le sens du poil qui pue bien la pudibonderie séculaire de son électorat est un passage obligé de tout candidat aux prébendes étatiques amerloques.
- Faut-il rappeler que la plaignante et sa famille ont pardonné, renoncé aux poursuites, et même obtenu réparation pécuniaire (plus de 200 000 $ en accord à l'amiable) ? Et qu'il s'agit donc du gouvernement US qui assigne Polanski contre l'avis de la plaignante...
- Les faits remontent à l'année 77, année paroxystique dans l'entreprise de démolition de tous les tabous sociaux. A cette époque, des groupements pédophiles ont une existence légale, défilent souvent avec les homosexuels en revendication - même s'ils ne sont que tolérés et progressivement mis au ban, sous la pression notamment des lesbiennes qui les voient d'un très mauvais oeil.
On est bien loin de la perception post-Dutroux. Je ne pose aucun jugement de valeur, je rappelle juste le contexte.
Il faut lire comment Polanski relate les faits dans une autobiographie de 1985, expliquant avoir fait la connaissance de cette fille visiblement paumée qui avant de le rencontrer avait déjà eu de nombreuses relations sexuelles, et consommé de l'alcool et des tranquillisants identiques à ceux qu'on lui reproche d'avoir utilisé pour droguer la jeune fille. Assertions non démenties ultérieurement par la plaignante. Il n'y aurait donc pas eu préméditation.
Ajoutons qu'il n'y a pas eu récidive depuis lors, et que Polanski s'est rangé dans une vie familiale sans rebondissements, et est père de 2 enfants. Il n'est donc pas non plus un pédophile pathologique et récidiviste. Voilà un type qui, dans le contexte psychologique que l'on sait, a abusé d'une mineure, mais avec une ambiguïté telle dans le contexte que le juge lui avait à l'époque proposé de plaider coupable pour simple relation sexuelle avec une mineure en échange de l'abandon des charges plus graves de viol et de fourniture d'alcool et de drogue.
Incarcéré 47 jours pour passer des expertises psychiatriques, lesquelles se révéleront positives, il est libéré sous caution.
C'est quand le juge, pressé par l'opinion, envisagera de requalifier la plainte en viol, avec menace de ré-incarcération, que Polanski choisit de fuir vers la France dans la cavale que l'on sait.
----------------
A part ça, il est clair que la réaction de Mitterand est stupide et émotionnelle, ce qui caractérise parfaitement une grande partie de notre classe politique quand elle n'est pas stupide et machiavélique.
Mais bon, l'attaquer à son tour sur ses moeurs ne vous honore pas plus.
Et puis il ne faut pas perdre de vue que 2 enfants de 9 et 16 ans vont perdre de vue leur père pendant de longs mois au minimum dans cette affaire.
En espérant que justice soit faite, ne cédez pas à l'émotion sans discernement.
Ecrit par : BastOoN | jeudi, 01 octobre 2009
Merci BastOoN pour ces éclaircissements sur cette affaire.
Pourvu que vos infos soit exactes, on peut effectivement se demander pourquoi on revient sur cette histoire.
Il faudrait juste pour Polanski que vous le défendiez plutôt que nos deux crétins de ministre.
Ecrit par : Le Champ Libre | jeudi, 01 octobre 2009
@BastOon et Le champ libre
Si ce n'est déjà fait, allez lire Maitre Eolas sur ce sujet, il recadre bien cette affaire, sans outrance ni émotion déplacée :
http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/09/29/Quelques-mots-sur-l-affaire-Polanski
Ecrit par : Before | jeudi, 01 octobre 2009
Juste pour apporter une précision sur ceci :
"Cette fille visiblement paumée qui avant de le rencontrer avait déjà eu de nombreuses relations sexuelles, et consommé de l'alcool et des tranquillisants identiques à ceux qu'on lui reproche d'avoir utilisé pour droguer la jeune fille. Assertions non démenties ultérieurement par la plaignante. Il n'y aurait donc pas eu préméditation."
D'après le procès-verbal du témoigage de la victime, elle avait déjà eu deux relations sexuelles seulement, et pris une fois un "quaalude" (drogue en comprimés proposée par Polanski).
En ce qui concerne la préméditation, ce témoignage tend à montrer au contraire que le coup du "je vais te prendre en photo pour Vogue France" n'était qu'un truc (vieux comme le monde) pour la sauter.
Il y a eu deux séances photo. Le viol n'a eu lieu qu'au cours de la seconde. A la première, il l'a fait poser seins nus. Le viol a eu lieu dans la maison de Nicholson, dotée d'un jacuzzi. La première séance a eu lieu dans une autre maison. C'est après l'avoir fait rentrer dans le jacuzzi pour la photographier que Polanski s'est déshabillé et l'a rejointe.
Il y a d'ailleurs une information importante que je n'ai lue nulle part ces jours-ci : Polanski était-il, d'une façon ou d'une autre, mandaté par Vogue France pour prendre des photos de jeunes filles aux Etats-Unis ? C'est un point qu'il était pourtant facile de vérifier à l'époque. Il serait étonnant que la presse américaine de l'époque ne l'ait pas abordé.
La seule circonstance atténuante qu'on peut reconnaître à Polanski est que le viol a eu lieu sans violence. La victime, toujours selon ce témoignage, a affirmé son refus à plusieurs reprises, en paroles et en actes. Polanski a clairement abusé de sa position, ainsi que de la faiblesse et de l'âge de sa victime. Le compte-rendu de son interrogatoire, extrêmement clair et détaillé, ne laisse aucun doute à ce sujet.
Ecrit par : Robert Marchenoir | jeudi, 01 octobre 2009
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