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mercredi, 01 juillet 2009

Quand la solidarité devient un délit

Immigration.jpgDans le langage de la classe politique, l'emploi du terme "solidarité" signale la levée d'un nouvel impôt pour financer une clientèle électorale ciblée. Mais dans le langage du peuple, il désigne l'aide libre et spontanée apportée à son prochain. Qu'il soit français ou non. Or, le nouvel article L. 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ouvre dorénavant la porte aux condamnations de citoyens pour «l’aide à l’entrée, à la circulation, ou au séjour irrégulier d’un étranger en France». Dérive fort inquiétante, les moyens déployés pour lutter contre ce prétendu fléau, vigoureusement combattu par le gouvernement, sont comparables à ceux destinés aux terroristes. Le "délit de solidarité" est né, que dis-je, le crime ! Quoi qu'en pense Eric Besson.

 

Héros de la gauche progressiste hebergé à l'UMP, Besson vient de se faire prendre par Libé en flagrant délit de mensonge (qui, lui, n'est pas puni par la loi). Il a en effet défendu le fait qu' « il n’y a pas de bénévole, d’humanitaire, ou de particulier qui ait, en France, en soixante-cinq ans, une seule fois été condamné pour avoir aidé, hébergé, nourri, conduit dans sa voiture, etc. un étranger en situation irrégulière. ». Or, une peine d’au moins cinq mois de prison avec sursis a pourtant été requise, le 17 juin, au tribunal correctionnel de Rodez contre un ressortissant guinéen avec papiers, au motif qu’il a occasionnellement hébergé, de temps en temps nourri et en tout cas conservé quelques documents administratifs de son compatriote, lui sans papiers. Lire l'analyse précise de Me Eolas. On attend le verdict avec impatience. Au mieux, Besson fait preuve d'incompétence en ne sachant pas ce que couvre son Ministère. Au pire, il ment effrontément. En tout cas, sans s'en rendre compte, par simple ambition carriériste, il se Lepenise à vive allure en prolongeant la politique de Brice Hortefeux.

 

Notre modèle social nous impose de ne pas accueillir tout le monde, même si nous devons prendre notre part de la misère du monde. Mais les blocages actuels sont iniques et économiquement contreproductifs. Surtout, rien ne justifie qu'on assimile des clandestins à de vils terroristes. "En fait, bouc émissaire facile d'un problème difficile, l'immigré clandestin présente des avantages que n'a pas l'immigré régulier" comme l'explique bien Gérard Bramoulé, professeur d'économie à l'Université d'Aix Marseille III. Il va jusqu'à rendre hommage à ces individus dans sa belle tribune. A la question de savoir si l'immigré clandestin ne viole pas les règles de vie en société, il répond : "Pas nécessairement, car s'il est vrai qu'il ne respecte pas les règles définies par l'État, il est faux de croire que ces règles étatiques recouvrent toutes les règles de la vie en société. La législation n'est pas le Droit, comme la légalité n'est pas la légitimité, et comme aucune loi ne fixe les principes de la politesse." 

 

Avec la la loi LOPPSI ("loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure", retenez-bien), la situation ne va pas s'arranger. Elle autorisera la police à mener toute toute action visant à « faciliter la captation à distance de données numériques se trouvant dans un ordinateur ou transitant par lui », ce qui suppose l'utilisation de mouchards informatiques et l'instauration de la perquisition numérique. Présentée par MAM le 27 mai dernier en conseil des ministres, elle est décrite comme « un dispositif d’exception pour un sujet d’exception ». Terroristes, traffiquants et pédophiles tremblent déjà. Ce projet de loi est intrinsèquement porteur de risques de dérive graves. Comme le raconte l'agence de presse du gouvernement :

"Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s'enfiche à l'arrière ou, mieux, à l'intérieur, sur l'un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n'empêchera désormais la police d'installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d'un PC ou d'un Mac.

Ce superpouvoir, que s'arrogent les services secret, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger), [...]"

 

De la science fiction ? Les moyens actuels mis en oeuvre font déjà peur. Une gentille dame de 59 ans près de Béthune, Monique Pouille, vient de passer une journée en garde à vue pour avoir rechargé les portables de clandestins. Elle risque gros aux termes de la loi. Comme le raconte Nord Eclair, elle a été mise sur écoute pendant plusieurs semaines pour ce simple motif, jusqu'à ce que les policiers débarquent chez elle à 7h45 du matin. Ce n'est rien. Demain, la police pourra poser des mouchards à votre domicile, à votre insu, sur la simple suspicion d'aide à des clandestins.

 

Au fait, vous avez une nounou étrangère ?

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Commentaires


Robert ! Robert ! Fais nous rire. On veut Robert Marchenoir.

Écrit par : Joe | mercredi, 01 juillet 2009


Serviteur, Joe :

http://tinyurl.com/Aurelien-en-chirurgien-boucher

Écrit par : Robert Marchenoir | mercredi, 01 juillet 2009


Ca commence à vraiment aller mal...
C'est tellement gros que je n'arrive pas à croire!

Écrit par : manuel | mercredi, 01 juillet 2009


Certes, mais que proposes-tu concrètement concernant le problème de l'immigration clandestine ?

Dans un monde dans lequel les allocations sociales et aides seraient supprimées, le problème ne se poserait plus. Mais sous l'hypothèse que ces systèmes sont conservés, ils vont continuer à attirer plus de clandestins que nous ne pouvons en régulariser. Ces clandestins utilisent des biens publics (routes, Défense nationale, etc.) sans les payer. Cela pose bien un problème moral.

Que suggères-tu pour lutter efficacement contre l'immigration clandestine ?

Écrit par : Philippe B | mercredi, 01 juillet 2009


Le blog en lien de robert me file la nausée ...

Écrit par : ano | jeudi, 02 juillet 2009


@Robert Marchenoir : quand vous rêvez sur votre blog de "monde parfait, où il n’y aurait pas de musulmans", où ces "abrutis de sales cons de muzs ne nous verraient pas encore comme des croisés, où les noirs ne geindraient pas sur l’esclavage à longueur de temps pour nous en culpabiliser", vous rendez-vous compte que ce n'est pas seulement triste de lire autant de bêtise, mais que c'est surtout dégueulasse ?

D'ailleurs, vous apportez vous-même la solution : "Je crois que c’est parce qu’il faudrait alors poser la question en terme de race, qu’on donne à ce mot un sens étroitement génétique ou plus culturel."

Vous n'êtes même pas xénophobe, par peur de l'autre, mais bel et bien raciste. C'est pathétique. Vous devriez consulter un psy pour résoudre vos problèmes personnels.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 02 juillet 2009


Je veux bien admettre qu'il y a, en l'occurrence, assistance à personne en danger. Mais comme le dit Philippe B., il faut aussi réfléchir, au-delà de l'urgence, sur l'immigration clandestine. Tant que les systèmes de protection sociale n'auront pas été démantelés, l'immigration ne pourra pas être autonome, et donc libre. N'inversons donc pas les priorités...

Écrit par : Criticus | jeudi, 02 juillet 2009


@Aurelien

Fais gaffe tu vas te fâcher avec la frange "libérale" (du moins qui se présente comme telle) adorant le bruit des bottes et le jeu de matraque...

Écrit par : fabrice | jeudi, 02 juillet 2009


Quelle horreur pondue par le Ministère

de toute façon, une loi en entrainant une autre, puis une autre, puis une autre, on va mettre les gens dans des camps pour sauver notre système d'allocs !!

Je n'en peux plus de ce pays

Écrit par : Marc | jeudi, 02 juillet 2009


Robert ne se prétend pas libéral, heureusement. Juste réac et raciste.

Criticus et Philippe, il est évident qu'on ne peut accepter toute la misère du monde, mais comme disait Rocard, "on doit en prendre notre part".

En attendant que le marché du travail tourne à plein régime par une baisse des charges sociales et une vraie simplification des réglementations du travail, en attendant que l'école soit plus flexible et adaptable, en attendant que le logement sorte de la pénurie largement entretenue par la politique actuelle de logement dit social, nous sommes contraints de mettre en place des procédures et des moyens pour limiter le nombre des profils les plus difficiles (absence de qualification, absence d'emploi et d'autonomie financière) des nouveaux entrants.

Je crois que l'autonomie financière (seuil de revenu annuel minimum) et l'apprentissage de la langue sont deux excellents critères pour obtenir des permis de séjour de longue durée.

Mais quoi qu'il en soit, les moyens ne doivent pas devenir excessifs : l'intrusion dans la vie privée de citoyens qui ne sont ni des passeurs, ni des esclavagistes, n'est pas défendable. Nous rentrons dans une ère dangereuse, où la police n'a plus aucun frein pour poser des mouchoirs à domicile, mettre sur écoute des citoyens inoffensifs, l'usage de ces informations pouvant être beaucoup plus large que leur objetif initial. Les arrestations doivent être strictement encadrées, la détention humaine et limitée, etc. Je vous renvoie aux nombreux écrits de Me Eolas qui a une bonne vue de la question.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 02 juillet 2009


@ Aurélien

« nous sommes contraints de mettre en place des procédures et des moyens pour limiter le nombre des profils les plus difficiles (absence de qualification, absence d'emploi et d'autonomie financière) des nouveaux entrants.

Je crois que l'autonomie financière (seuil de revenu annuel minimum) et l'apprentissage de la langue sont deux excellents critères pour obtenir des permis de séjour de longue durée. »

Oui, l'un comme l'autre sont des conditions préalables à l'intégration.

Quant à la fameuse citation de Michel Rocard, dont la droite ne cite que la première partie, la gauche la seconde, et toi les deux, elle est floue : que faut-il entendre par « sa part » ? Cette part n'a pas déjà été prise par la France, qui accueille 200 000 immigrés réguliers par an?

http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/flux_immigration/depuis_1994/

Écrit par : Criticus | jeudi, 02 juillet 2009


Je reconnais un vrai souci social avec l'immigration faiblement qualifiée. Notre niveau de SMIC et les rigidités de notre marché du travail (voir travaux de Pierre Cahuc) entraînent un fort taux de chômage dans cette catégorie de Français. Ils se retrouvent donc en concurrence avec des migrants, légaux ou clandestins, qui acceptent de travailler au noir, ou davantage qu'eux, sur un marché plus que saturé. Les salaires sont tirés à la baisse, le chômage ne baisse pas et le sentinement d'injustice se développe.

Les aides sociales ne sont donc pas seules en causes en tant qu'effet d'aubaine pour certains, il faut aussi citer nos règlementations sur l'emploi qui favorisent le chômage et, par conséquent, les bas salaires et la précarité. Un pays qui connait le plein emploi voit mécaniquement les salaires monter, l'ascenseur social fonctionner...et l'immigration se banaliser sans les mêmes tensions que nous connaissons en France.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 02 juillet 2009


Aurélien Véron :

Je vois que vous utilisez les méthodes gauchistes de "débat" avec une maestria qui dénote une certaine habitude.

1. Vous vous mêlez de me dire, à ma place, ce que je pense. Vous prétendez que je ne me dis pas libéral. Hélas pour votre "raisonnement", je suis libéral. Je le répète assez souvent... Votre manière de faire comme si votre version du libéralisme était la seule possible me paraît assez... totalitaire.

2. Vous ne tardez guère à avoir recours à la psychiatrisation de vos contradicteurs. Si j'ai les positions que j'ai, cela ne peut être, bien entendu, qu'en raison de "problèmes personnels". Vieux truc qui a longtemps servi en URSS, de la manière que l'on sait.

3. Vous extrayez de leur contexte, de façon malhonnête, en détournant leur sens, une poignée de phrases d'un article plutôt long, argumenté et approfondi, pour tenter de discréditer en bloc les positions adverses, sans, à aucun moment, aborder le fond du débat.

Cela vous permet de passer sous silence le fait que l'article de Nicolas, sur Ilys, auquel j'ai renvoyé, est une discussion fort précise et fort détaillée, écrite par quelqu'un qui se revendique du libéralisme, de la stratégie des libéraux français, et notamment du parti que vous représentez.

Au demeurant, il semble vous avoir échappé qu'à côté d'une remise en cause de vos positions absurdes sur l'immigration libre, cet article dit, sur vous, des choses plutôt aimables.

Si vous étiez vraiment celui que vous prétendez être -- c'est à dire un homme politique soucieux de rénover les pratiques en vigueur --, vous seriez venu porter la contradiction sur Ilys, au sujet des questions politiques fondamentales évoquées dans cet article, qui porte votre nom dans son titre. Ou bien vous l'auriez fait ici même.

Mais non : vous avez choisi de discréditer vos opposants de façon malhonnête, à l'aide d'un copié-collé de dix mille commentaires propulsés à l'identique par autant de gauchistes irréfléchis sur la blogosphère : nous ne serions, bien entendu, que des malades mentaux et des racistes.

Comme, pour ma part, je persiste à préférer la réflexion et le débat à l'invective et à l'attaque personnelle, ne vous en déplaise, je vous renvoie à cet article de Hans-Hermann Hoppe, « senior fellow » du Von Mises Institute, publié dans le Journal of Libertarian Studies, intitulé « Pourquoi je défends le libre-échange en même temps que des restrictions à l’immigration ».

Mais bon, je suppose que lui non plus n’est pas libéral, qu’il est raciste et qu’il a des problèmes psychiatriques.

http://tinyurl.com/kko7u9

Écrit par : Robert Marchenoir | jeudi, 02 juillet 2009


En me faisant prôner une immigration libre, vous semblez ne pas m'avoir lu.

HH Hoppe ne parle pas de race, d'abrutis de muzz, d'un monde idéal sans musulmans, il n'attaque pas ces noirs qui ne cessent de geindre... comme c'est le cas dans votre texte abject. En revanche, je lis ce passage intéressant de HHH : "Comme l'immigration totalement libre doit être considérée comme conduisant au suicide national, la position typique des libre-échangistes est l'immigration libre conditionnelle. D'après cette idée, les États-Unis et la Suisse devraient d'abord revenir au libre échange total et abolir tous les programmes sociaux financés par les impôts, et alors seulement ils pourraient ouvrir leurs frontières à tous ceux qui voudraient venir. Dans l'intervalle, quand l'Etat-providence est encore en place, l'immigration devrait être sujette à la condition que les immigrants soient exclus des droits aux mesures sociales. "

Je reprends ce morceau savoureux : "et alors seulement ils pourraient ouvrir leurs frontières à tous ceux qui voudraient venir"

En me relisant, je ne trouve pas ma position si éloignée que ça de la sienne.


Depuis le temps que nous suivons vos interventions, j'ai une certitude que je ne suis pas seul à partager : si vous êtes libéral, je suis cardinal.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 02 juillet 2009


Selon l’institut anglais Migrationwatch, le coût total pour le contribuable à chaque fois qu’un seul immigré clandestin est régularisé est de 893 000 livres sterling, soit 1 044 000 euros. Ce chiffre représente la somme des diverses prestations sociales reçues (moins les impôts payés) par un immigré moyen de 25 ans qui se mariera, aura 2 enfants, prendra sa retraite à 65 ans et mourra à 80 ans.

Migrationwatch est un institut indépendant fondé par Sir Andrew Green, un diplomate à la retraite qui a été ambassadeur de Grande Bretagne en Arabie Saoudite. Cet institut jouit d’une grande crédibilité et d’un bon écho dans les médias. Même un courrier électronique interne et confidentiel du Ministère de l’Intérieur a admis que ses chiffres étaient corrects, voire sous-évalués.

Au cours de sa vie, l’immigré clandestin moyen recevra un total de 1 106 000 euros en prestations sociales s’il est régularisé. Ceci inclut son HLM subventionné par l’État, l’éducation de ses enfants, les traitements médicaux, les allocations familiales, la retraite qu’il touchera après 65 ans, etc. En contrepartie, il paiera 62 000 euros d’impôts et de cotisations sociales. La différence est donc de 1 106 000 – 62 000 = 1 044 000 euros.

Ce coût est entièrement à la charge du contribuable. Ce nouveau rapport a été publié au moment où le maire de Londres, Boris Johnson, un conservateur, a dit que ce serait « moralement correct » de régulariser les 725 000 immigrés clandestins de la capitale.

Migrationwatch ajoute que le coût réel pourrait bien dépasser le million, jusqu’à 1 273 000 euros si l’immigré s’installe près de la capitale, où les subventions pour le logement sont encore plus onéreuses. Le coût de l’immigré sera encore plus grand si celui-ci se retrouve au chômage.

Le coût de chaque demandeur d’asile dont le dossier est accepté est aussi d’un million d’euros minimum.

Toujours selon Migrationwatch, un million d’euros, c’est aussi le coût de chaque immigré venant d’un pays sous-développé entré légalement dans le pays sans qualification, par exemple dans le cadre du regroupement familial.



http://www.migrationwatchuk.org/

Écrit par : Label | jeudi, 02 juillet 2009


Contribuables Associés a aussi fait ce travail sur notre territoire, mais je n'ai plus les chiffres en tête.

Écrit par : Aurelien | vendredi, 03 juillet 2009


ah oui ! les vieilles lunes classiques de l'extreme-droite : ces affreux milliards d'étrangers qui viennent nous piquer nos allocs ...

Pour info Eolas avait réagi sur ce sujet :

http://maitre-eolas.fr/2008/09/15/1075-bon-vent

Écrit par : argone | dimanche, 05 juillet 2009


L'Islam comporte des valeurs qui sont en contradiction avec le républicanisme et la démocratie.

Écrit par : Numéro I | dimanche, 05 juillet 2009


Une fois que le constat est posé :

- la venue d'immigrés non qualifiés, légalement ou illégalement, lorsqu'elle est couplée à une système de redistribution étatique des revenus, réduit le revenu financier moyen après imposition des autochtones. Sauf transformation de notre pays en un régime libéral à la Hayek, leur venue n’est donc pas souhaitable. De plus, les cotisations sociales des salariés payés au SMIC sont presque égales à zéro : il faut donc dénoncer le mensonge d’une immigration salvatrice de notre (désastreux) système de retraite par distribution.

- les immigrants légaux et illégaux, généralement de 25-34 ans, ne sont pas les individus les moins riches –ils ont les moyens de payer le passeur– ; ils sont plutôt les plus entreprenants et les plus courageux, leur départ n'arrange donc en rien la situation économique et politique de leur pays (on ne peut pas compter sur les enfants et les pères de famille pour manifester à Tiananmen). Dénonçons par conséquent l'idée chimérique selon laquelle la France prendrait « sa juste part dans la misère du monde » (…et cela en accueillant 1/10 000 des pauvres) : elle ne fait qu’accroître la misère des pays sous-développés en pillant leur force vive.

- la situation africaine est catastrophique, la démographie galopante, l’émergence d’une base entrepreneuriale impossible en l’absence de l’état de droit (« rule of law »). On peut gentiment rêver à un développement économique rapide de l'Afrique, sous l'hypothèse assez irréaliste que la France, les États-Unis et la Chine arrêteraient d’asseoir le pouvoir des dictateurs (d'autant plus cordialement que leur peuple est tyrannisé, cf. Bongo, Bachar el-Asad et Kadafi) et qu’ils soutiendraient au contraire la transition vers des régimes démocratiques et libéraux ; même dans ces conditions optimales, cela prendra des décennies – Rome ne s’est pas fait en un jour. En l’absence de changements de la politique de lutte contre l’immigration clandestine en Europe, le tarissement des candidats est donc une utopie. Il faut dénoncer ces propagandistes marxistes criminels (ainsi que notre Leader Maximo Sarkozy 1er) qui présentent le co-développement comme la solution [sans pour autant que cela justifie que nous laissions l’Afrique à son état politique actuel].

- l’espoir entretenu par certains libéraux d’une immigration massive agissant comme détonateur pour l’explosion des finances publiques des social-démocraties européennes, avec l’idée que d’un petit mal viendra un plus grand bien, est une chimère. Les guerres civiles amènent plus souvent les dictatures que l’avènement de l’anarcho-capitalisme…


Que peut-on proposer pour agir concrètement au lieu de rêver à des lendemains libéraux qui chantent ? (ça pourrait être intéressant de construire un programme politique plutôt que d'accumuler les vœux pieux dans de vagues programmes politiques et de réagir à des micro-évènements). Le but est de tarir le flux d’immigrants illégaux, de régler le problème moral posé par la présence de dizaines de milliers de clandestins sur le territoire qui consomment des biens publics (Défense nationale, infrastructures, collecte des ordures, maintien de l’ordre, etc.) sans les payer, et enfin de favoriser le bien-être de l'humanité autant que possible.

- Laisser les gens pratiquer la charité volontaire envers l'Afrique ; les avertir lorsque leur aide est contre-productive (cf. aide humanitaire détournée) ; punir ceux qui aident les clandestins (y compris donc la gentille dame aux téléphones, car elle viole la loi).

- Faire du dissuasif, à la façon de la politique de tolérance zéro de New York. Via téléphones portables, internet et les transferts d’argent, les candidats au départ sont bien informés du succès des tentatives d’immigration et des revenus des clandestins. Arrêtons de croire que rien ne peut décourager les clandestins. Si envoyer leurs fils en Europe ne leur rapporte plus rien, les mères sénégalaises arrêteront de leur financer un passeur.

- Instaurer un mécanisme interdisant aux gouvernements de l’UE toute régularisation. Ce mécanisme devra être contraignant ; il pourrait être limité aux membres d’un territoire de type espace Schengen (libre aux pays de l’UE opposés au système de ne pas y adhérer). Bien sûr, pour être efficace ce mécanisme doit être contraignant : tout Etat rompant l’accord serait éjecté de cet « espace Schengen ». Décisions et gestion de la police anti-clandestins devraient être confiées à la Commission européenne ou à une autorité indépendante de type BCE, plutôt qu’au bon vouloir des États membres dont on connaît l’appétence à tenir leurs engagements (je prends en exemple le Pacte de stabilité et de croissance : quelle bonne blague !).

- Renforcer les forces de contrôle aux frontières, avec un QG unique et un financement européen (les Suédois doivent participer à payer la surveillance de Gibraltar), pour augmenter la probabilité d’échec de l’immigration clandestine, renchérir la prime de risque et le prix des passeurs.

- Augmenter le nombre d'inspecteurs du travail pour traquer le travail clandestin. Accentuer la recherche et l'évacuation des clandestins, sans espérer pouvoir tous les expulser, mais pour réduire leur bien-être et donc avant tout décourager la venue des autres. A contrario d’Aurélien et des bobos, je souhaite que la police puisse me placer sur écoutes si nécessaire ; je préfère dénoncer les vrais atteintes aux libertés individuelles, que sont les gardes à vue abusives et l’insécurité rampante et l'impunité des criminels. Quand est-ce qu’on appliquera la Magna Carta en France (elle ne date que de 1215 après tout...) ? [elle interdit au pouvoir exécutif de s'arroger juge et les emprisonnements abusifs, cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta#Judicial_rights]

C'est un peu comme la politique monétaire de Paul Volcker en 1979-82 : ça accentue (le chômage et) la pauvreté à court terme, mais ça les réduit à long terme…

Écrit par : Philippe B | dimanche, 05 juillet 2009


"Le but est de tarir le flux d’immigrants illégaux" Dans vos rêves cher Philippe B ! Mon pauvre Philippe B vous vous faites des films pour pas cher au moins.

L'immigration clandestine et légale existera toujours et vous ne pourrez jamais empêcher des êtres humains de se rendre d'un point à un autre lorsqu'il s'agit d'une question de survie.

Tout le pognon mis dans l'hystérie sécuritaire serait mieux employée ailleurs. Il existe par ailleurs des conventions internationales que les états doivent respectées , par exemple la CEDH.

Écrit par : argone | dimanche, 05 juillet 2009


@Numero I : assertion gratuite et infondée.

@ argone, l'immigration clandestine existera toujours, c'est un fait. Je continue à voir dans l'immigration une richesse tant qu'elle est productive et qu'elle n'engendre pas de forts mouvements de rejet populaire (favorisés par les faibles croissances bloquant la mobilité sociale). Mais comme l'indique Philippe B., le coût des aides sociales (logement, RSA, AME ou CMU, etc.) plombe le dynamisme des contribuables, abaisse le taux de croissance moyen. La réflexion, à mon sens, doit surtout porter sur notre modèle social suicidaire.

@ Philippe B. : freiner l'immigration clandestine est une priorité depuis au moins deux décennies. Cela n'interdit pas de fixer des barrières à ne pas franchir quand il s'agit du domaine de la vie privée. Je ne peux admettre qu'il faille mettre sur écoute des citoyens qui ne commettent pas de crime, et encopre moins qu'on s'introduise chez eux à leur insu pour poser des mouchards.

Enfin, plutôt que de payer davantage de technocrates de la répression en charge de surveiller le travail au noir, je préfèrerais qu'on facilite la délivrance de permis de séjour avec l'obtention de contrats de travail dans un cadre plus flexible. Surtout, le travail au noir est une soupape de sécurité très importante dans notre pays, on ne résoudra ce contournement des règles qu'en rendant les règles moins spoliatrices : réglementations du travail délirantes, poids des charges sociales très excessif.

Écrit par : Aurelien | lundi, 06 juillet 2009


Aurélien
Les immigrés clandestins n'ont droit à rien, à part l'AME, laquelle n'existe pas pour soigner tous les pauvres de la terre mais plus prosaiquement pour des raisons de santé publique.
Certains se sont crées une nouvelle identité pour pouvoir être embauchés, certains vont payer des impôts , cotiser ... mais ne vous inquiétez pas , ils n'auront jamais droit à rien en retour, ou si peu.

Le minimum est d'accorder à ceux qui travaillent déjà un permis de séjour reconductible et un minimum de prise en charge pour ceux qui ne travaillent pas (en effet la clandestinité ne favorise pas la recherche fructueuse d'un job)

Et ne vous inquiétez pas , ils prennent les emplois les plus dégradants et les plus durs, ceux que les bons français ne veulent pas.

Ce serait plus intelligent que cette politique du chiffre qui est menée actuellement et qui coute beaucoup d'argent à l'état. La Cour des comptes s'en est d'ailleurs émue. D'autant plus émue que si le taux d'interpellations augmente bien, le taux de reconduite, lui, baisse.

Cf La police des étrangers brasse trop d'air :
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2009/07/05/la-police-des-etrangers-brasse-trop-d-air.html

Via
http://maitre-eolas.fr/

Écrit par : argone | lundi, 06 juillet 2009


@ argone : - "ils prennent les emplois les plus dégradants et les plus durs, ceux que les bons français ne veulent pas." => cf. loi de l'offre et la demande : si les employeurs n'arrivent plus à trouver des clandestins pour ces emplois, ils seront obligés d'améliorer les conditions de travail et les salaires pour trouver des volontaires.

-"Certains se sont créé une nouvelle identité pour pouvoir être embauchés, certains vont payer des impôts , cotiser ... mais ne vous inquiétez pas , ils n'auront jamais droit à rien en retour, ou si peu." => d'où le problème moral de leur présence non régularisée. Mais si on régularise ils bénéficieront de la redistribution sociale et représenteront un coût. (l'AME et les squats représentent déjà un coût important).

@ Aurélien : l'antienne de rendre les charges sociales moins spoliatrices est vraie. Mais réduire les charges sociales ne fera qu'augmenter les salaires nets à moyen terme. En effet, le coût du travail est déterminé par l'équilibre entre l'offre et la demande (sauf pour les travailleurs non qualifiés pour lesquels le SMIC introduit une contrainte et créé du chômage), il ne devrait donc pas être modifié par la réduction des charges sociales. Cela ne résoudra donc pas le problème du travail au noir de clandestins.

Écrit par : Philippe B | lundi, 06 juillet 2009


>"Mais si on régularise ils bénéficieront de la redistribution sociale et représenteront un coût. (l'AME et les squats représentent déjà un coût important)."

Non ! pas QU'un cout !
l'AME et les squats existent surtout du fait que l'on s'obstine à maintenir des individus dans la clandestinité. La clandestinité n'est pas un choix, elle s'accompagne d'effets secondaires qui nécessite des mesures telles que l'AME.

Tant qu'à parler "cout" autant parler également du coût de la traque des sans-papiers qui coute beaucoup d'argent au contribuable pour une efficacité quasiment nulle (cf Cour des comptes) , sauf d'un point de vue électoraliste (et encore vu que Sarkozy a perdu une bonne partie des électeurs FN ayant voté pour lui en 2007).
On voit bien que l'on perd sur au moins 2 tableaux : cout AME + cout de la politique du chiffre.
Alors que ces 2 postes bugétivores (enfin, moins que les allègements de charges consenties aux Ets dont le montant total se chiffre, lui, en milliards pour une efficacité plus que mitigée selon la même Cour des comptes) pourraient disparaître si l'on envisageait de délivrer des titres de séjour (et de travail).

Titres de séjour ne veut pas dire carte nationale d'identité comme le sous entendait sarkozy lors d'un entretien. Régularisation ne signifie pas naturalisation !

Écrit par : argone | lundi, 06 juillet 2009


@ argone : ayant parlé à des assistantes sociales de quartiers difficiles, j'ai eu confirmation qu'un certain nombre d'aides sont versées, ou proposées aux familles de clandestins, notamment lorsque leurs enfants sont scolarisés.

@ Philippe B. : notre modèle social privilégie le chômage assisté sur l'activité faiblement rémunérée.
1) Les employeurs recrutent peu de personnel peu qualifié à cause des contraintes des réglementations du travail, des charges sociales et du niveau du SMIC, l'un des plus élevés en niveau relatif de l'OCDE. Moins de serveurs pour un même nombre de clients, pas de portier dans les magazins, pas de pompiste qui fasse le plein, pas dpersonnel qui mette vos victuailles dans des sacs aux caisses,k etc.
2) Les revenus issus des transferts sociaux découragent les inactifs à revenir à l'emploi. D'où le RSA dont nous verrons les effets, j'en doute pour ma part. Le travail au noir constitue un bon cmplément pour pas mal de RMIstes qui ne verront pas l'intérêt de tous les emmerdements d'un retour vers le travail légal (paperasse, impôts, perte d'avantages multiples ...).
3) Même sur les emplois correctement payés, les inactifs refusent souvent le retour à l'emploi : soit par manque de formation adéquate, soit parce qu'ils jugent ce travail trop contraignant par rapport au mode de vie dans lequel ils se sont un peu enfermés.

Heureusement, un grand nombre de Français semble prêt à "officialiser" son travail, à condition de ne pas trop souffrir de la bureaucratie et des charges. Le statut d'autoentrepreneur en est la preuve. Mais cela ne suffit pas. Mais cela montre qu'un grand nombre d'emplois ne peuvent exister que s'ils sont flexibles et peu taxés. Si le travail au noir disparaissait par une répression totale, le pays s'appauvrirait considérablement compte tenu des estimations de la part occulte de ces échanges économiques dans le PIB. Notre qualité de vie s'en trouverait affectée, en tant que consommateur de services adaptés et accessibles, en tant que producteurs sans avoir les contraintes réglementaires et fiscales.


L'ennui, c'est que ce chômage de masse des peu qualifiés met la pression sur les salaires à la baisse, entraînant nombre de profils vers le SMIC. La différence de revenu entre des jobs qualifiés ou non s'estompe, entraînant un fort sentiment d'injustice chez ceux qui subissent cette spirale infernale.

Lorsque des clandestins débarquent et augmentent la concurrence sur ce créneau, ceux qui en souffrent sont évidemment les premiers à exiger le renvoi chez eux de ces individus devenus des quasi adversaires pour l'emploi. Et là, argone, nous retrouvons le drame des discours populistes qui se nourrit de cette peur légitime.

La solution n'est pas simple, mais je te recommande de ne pas verser dans un sentimentalisme naïf si tu ne veux pas voir la tendance Le Pen-Hortefeux se renforcer encore.

Écrit par : Aurelien | lundi, 06 juillet 2009


@Aurélien : je vais arrêter de t'embêter ; nous pensons tous les deux qu'il est important que l'état de droit soit respecté, mais je crois que j'accorde davantage d'importance au côté répressif et toi davantage d'importance au côté incitatif.

Pour toi il faut conserver le système d'assurance chômage et inciter davantage les chômeurs qui le peuvent à travailler et au besoin créer le coûteux RSA ; selon moi, il faut plutôt supprimer l'assurance chômage obligatoire et les aides réservées aux rmistes, pour des raisons morales (et ce n'est pas une vision idéaliste : l'assurance chômage obligatoire n'existe pas au Danemark !). Ces changements que je propose renforceront le côté incitatif au travail.

Je pense que l'incitation n'est pas suffisante sans dissuasion, en revanche je suis d'accord que la répression ne peut pas être efficace si la fraude est trop massive et donc si l'incitation n'est pas là.

Écrit par : Philippe B | lundi, 06 juillet 2009


Sur ces points, je pense qu'on se retrouve. Mais concernant la notion barbare de "chasse aux clandestins", je ne suis pas prêt à laisser les autorités publiques piétiner nos droits, ceux des clandestins qui sont, je le rappelle, des êtres humains (lire les nombreuses analyses de Me Eolas), et les nôtres en tant que citoyens français. Nous sommes en train de dériver gravement dans une direction excessivement répressive qui affecte tout le monde.

Écrit par : Aurelien | lundi, 06 juillet 2009


Aurelien, si tu veux ne pas etre nul, tu dois mettre en face d'un cout le benefice,
sinon, je peux te dire qu'un enfant qui nait en france,
qui vivra 80 ans, fera 20 ans d'etudes, travaillera pendant 40 ans et aura une retraite de 15 ans coute à la nation 3 à 4 millions d'euros
cela veut il dire qu'il ne faut plus avoir d'enfants , donc tu dois mettre en face ce qu'il rapporte :
l'immigré apporte son travail, paiera des impots ( ton compte la dessus est parfaitement idiot : sur un million de depense il y a deja entre 200000 et 300000 euros d'impots indirects et on n'en fait cadeau à personne;
Enuite le travail de cet immigré va générer des factures, lesquels vont générer encore des taxes et le cout du travail de cet etranger va générer des profits pour les entreprises d'ou nouvel impot indirect;
en fait tous les comptes de ce genre ne sont que de la propagande pour l'extreme droite;
Ou alors il faut dire en comparaison ce que coute chaque français depuis sa naissance.....

Écrit par : allala1 | vendredi, 08 avril 2011

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