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vendredi, 12 juin 2009
Dette européenne : mécanisme original
Paris veut une réponse européenne aux déficits nés de la crise. Mais nos partenaires ne sont pas des bisounours. Surtout après des années de réformes et d'efforts pour limiter leur dette. Une CADES à l'échelle européenne, non merci. En revanche, une piste intéressante a été lancée par Jacques Delpla, membre de la fameuse (et mort-née) Commission Attali. Imaginons qu'un certain groupe de pays, membres de la zone euro, se mettent d'accord pour mettre leur dette dans un même pool, à des conditions contraignantes : au maximum 40 % (ou 50 % si on veut être généreux) du PIB. Cette dette senior serait prioritaire en cas de difficultés d'un pay de la zone partie prenante, et tous en seraient solidaires. La dette supplémentaire, elle ne bénificierait alors pas de ce label. On pourrait alors imaginer un plafonnement dette/PIB qui, s'il était dépassé, interdirait de pouvoir émettre cette fameuse dette senior spécifique.
Avantages :
- créer un effet de seuil douloureux entre une dette "raisonnable" à bas coût par une mutualisation plafonnée des risques et la dette supplémentaire à prime nettement supérieure
- mettre en oeuvre un mécanisme de sanction automatique, et non pas politique, en cas de dépassement des plafonds d'endettement
- cette dette pourrait rapidement devenir un actif de réserve mondiale au même titre que le dollar par sa taille suffisante pour assurer la profondeur nécessaire aux grands fonds, souverains ou autres. L'abondance de liquidités fairait alors baisser son rendement...et le coût de cette tranche de dette
Bref, il n'est même pas certain que ce dernier avantage fasse monter le coût de financement de l'Allemagne, qui récolte aujourd'hui les fruits de sa rigueur Merkelienne. Une telle solution permettrait aussi de sauver l'euro d'une débâcle ventuelle. Dans cette hypothèse que personne ne peut exclure, le rachat des dettes de pays en difficulté coûterait bien plus cher à l'Allemagne qu'une prime possible. Cet argument est suffisant pour l'inciter à rentrer dans un mécanisme solidaire pareil.
A méditer...
18:06 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dette, europe, merkel


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Commentaires
Pourquoi imposerait-on à des pays vertueux d'être solidaires avec les non-vertueux, même pour 50% du PIB ?
Si un pays met sa dette sur une trajectoire explosive, ce sont ses créanciers qui le rappelleront à l'ordre, je ne vois pas où est le problème.
Pour l'instant, l'union économique et monétaire européenne (=la zone euro) n'est qu'une union monétaire, avec une BCE qui garantit la stabilité de la valeur de la monnaie (ou plutôt qui garantit une certaine stabilité dans la dépréciation continuelle de la valeur de la monnaie).
Le seul problème est la politique monétaire : si les cycles économiques ne sont pas synchronisés, les pays membres ne bénéficient pas d'une politique monétaire adaptée à leurs besoins intrinsèques. (même si on se demande, lorsque l'on voit la contreperformance de la politique de la Fed, si ce n'est pas une bonne chose).
Ecrit par : Philippe B | vendredi, 12 juin 2009
D'abord, le mécanisme proposé n'aurait rien d'obligatoire. Seuls ceux qui le souhaitent (et qui rentrent dans les critères du contrat) peuvent émettre sous ce statut. L'intérêt est d'imposer un mécanisme de réduction de dette automatique, sans exemption politique, en donnant à l'économie européenne un atout en termes de profondeur de marché. Aujourd'hui, le dollar profite à plein face à des dettes en euro morcelée et d'autant plus restreintes pour les investisseurs.
Ecrit par : Aurelien | vendredi, 12 juin 2009
Pourriez-vous expliquer le phénomène pour les néophytes ?
Je comprend certains des termes mais je dois dire que sur la démonstration je suis perdu. Faute de connaissances en finances,... (et pourtant ce n'est pas faute d'avoir fait une "grande école" ! shame)
Ecrit par : Marc | lundi, 15 juin 2009
Aujourd'hui, chaque pays finance ses déficits par de la dette : chaque Trésor a un programme d'émission de titres sur les marchés financiers tout au long de l'année, que les fonds achèteront pour placer leur cash. Ces titres peuvent être de durée courte (bons du trésor) ou longue (obligations). Pour la France, détails ici : http://www.aft.gouv.fr/
Le taux d'intérêt de ces émissions des Trésors Publics dépend de 2 paramètres : la durée de l'emprunt, mais surtout le risque que présente l'emprunteur (en l'occurrence, le Trésor Public). La Grèce, menacée de défaut de paiement sur sa dette, paye des taux bien plus élevés que l'Allemagne, qui constitue en général le taux plancher de référence en Europe.
Le premier avantage de mutualiser ces besoins de financement en émettant des titres communs, partagés en fonction d'un programme co-géré, c'est de parvenir à un taux d'intérêt global plus faible pour les petits pays et les pays fragilisés, avec pour inconvénient un taux plus élevé pour l'Allemagne. La solidarité des émetteurs conjoints diminue le profil global (je préfère prèter aux Grecs si l'Etat allemand est caution), avec une forte probabilité que les pays les plus sains sur le plan financier (l'Allemagne par exemple) mettent la pression sur les plus dépensiers (Grèce, France, Belgique, Italie) auxquels ils se retrouveraient liés.
Autre avantage. Les pays de la zone euro ont chacun leurs propres compartiments de marché, bien qu'ils soient tous dans la même devise. Dans le monde, les gros détenteurs de capitaux (assurances, fonds de retraite, etc.) ont donc parfois moins tendance à placer leurs capitaux sur ces dettes trop compartimentées (et donc moins liquides : il est plus difficile de revendre son portefeuille dont chaque compartiment a des comportements et des acteurs spécifiques) que le dollar leur tend les bras sur des volumes homogènes considérables, bien plus liquides. Les pays de la zone euro attirent donc moins les capitaux que la zone dollar, et elle en paye le prix par des taux plus élevés.
Vu ce que la France fait de sa dette, pourquoi faciliter davantage cet endettement irresponsable ? En revanche, je comprends que les pays faisant des efforts recherchent des économies sur le coût de leur déficit par rapport aux Etats-Unis. Unifier une partie importante des dettes de pays, en contrepartie de conditions strictes sur la taille de cette dette publique par apport au PIB de chaque pays participant au programme commun, pourrait nous rendre un avantage économique sur la zone dollar.
Mais pour que cet avantage ne se traduise pas en machine à endettement, le cadre doit imposer un plafond de la dette bénéficiant de ces atouts importants, ainsi qu'un plafond sur la dette globale des acteurs associés pour limiter leurs chances de banqueroute.
Les investisseurs ayant tendance à privilégier les dettes liquides et au risque limité, la dette commune des pays associés devrait être très demandée, à des taux de rendement relativement faibles. L'effet de seuil avec le taux d'intérêt des dettes nationales qui ne rentrent pas dans ce cadre devrait alors être très important. D'où une forte incitation pour tous à limiter la dette hors du cadre mutualisé.
Ecrit par : Aurelien | lundi, 15 juin 2009
Ok tout est bcp plus clair merci Aurélien !
Ecrit par : Marc | mardi, 16 juin 2009
Voyons Aurélien, la dette raisonnable, c'est ZERO (comme pour la commission), tout ou presque devrait être provisionné si c'était légalement possible pour le budget.
Il manque un paragraphe Désavantages à ton post.
1- les dit seuils seront explosé à la moindre contrainte politique, ça ne fait aucun doutes.
Le chemin suivi ressemblera à celui-ci.
Avec Lisbonne une foi la majorité remplaçant l'unanimité, il voterons plus de pouvoir au nouvel état centrale et notament des pouvoirs exécutifs ou quasi-exécutifs.
Il recevra la possibilité de s'endetter pour se substituer à nos États actuels.
Il y a une chose fondamentale qui sépare les dictatures des civilisations libres, le droit à la faillite des mauvais.
Les réformes c'est chez nous qu'elles sont a faire tant qu'il est encore temps, seul la concurence institutionnelles nous donne encore une chance d'y arriver.
Ecrit par : l'Ami du Laissez-Faire | samedi, 27 juin 2009
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