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vendredi, 12 juin 2009

Quelle stratégie pour les libéraux français ?

Cette question est récurrente dans le microcosme libéral français. Alors que les libéraux ont gagné des sièges au Parlement Européen, confirmant que les électeurs leur font davantage confiance en période de crise, comment expliquer qu'en France, aucune voix crédible ne parvienne à défendre un projet libéral ? Les libéraux ont autant de talent que les non libéraux, ils bénéficient d'une longue tradition de pensée nationale, reconnue dans le monde et validée par les électeurs partout en Europe. Alors pourquoi cette situation d'échec ? Après m'être permis quelques commentaires suite à la question posée par Lomig à Alternative Libérale, je ne souhaite pas revenir sur la stratégie d'AL qui regarde sa direction mais plutôt rebondir sur ces réflexions pour exposer mes vues. Nos difficultés peuvent pas être mises pour l'essentiel sur le dos d'autrui. Nous avons des adversaires coriaces dans l'éducation nationale, dans les médias et dans la classe politique. Mais rien de tout ceci ne suffit à expliquer l'absence des libéraux sur la scène politique. Nous en sommes les premiers responsables nous-mêmes. Observons.

 

D'abord, le monde libéral connaît plusieurs succès qui méritent d'être analysés pour en tirer de judicieuses leçons. Les think tanks disséminés font un travail de fond qui nourrit notre terreau d'idées : ALEPS, institut Hayek, Molinari, etc. Les intellectuels sont toujours actifs, ils sont même parfois très populaires comme Jacques Marseille, qui fait monter l'audience par son ton franc et provocateur, ou comme Guy Sorman. La relève est assurée par les Nicolas Bouzou, les Mathieu Laine et les Cécile Philippe. Plus proche de l'action politique, l'Ifrap a longtemps fait un bon travail technique. Si son orientation a un peu évoluée depuis le départ de Nicolas Lecaussin, l'Ifrap ne s'approche pas de l'approche mondaine et politiquement correcte de l'Institut Montaigne. Beaucoup plus populaire, Contribuables Associés touche des centaines de milliers de Français et fait frémir les parlementaires qui savent son impact conséquent. Contribuables a choisi une communication simple, claire mais argumentée par de soigneuses analyses. Ils ne dépensent leur budget soigneusement acquis qu'avec parcimonie, privilégiant toujours le placement le plus rentable en termes d'impact, et le fond sur la forme. Bing bing plutôt que bling-bling.

 

Mais ces organisations excluent l'action politique et militante. Les libéraux qui souhaitent diffuser leurs idées activement sont de plus en plus nombreux, mais ils doutent des projets en cours et ne veulent pas encore trop s'engager derrière une étiquette. Les blogueurs diffusent efficacement les idées libérales, ils nourrissent des débats passionnants et font avancer notre cause. Les conférences se multiplient, les vidéos et les écrits circulent. Mais l'action de terrain reste trop rare. Or, elle est indispensable à une bien plus large diffusion de nos idées. L'action de terrain vise le grand public qui se moque du libéralisme en soi, comme souvent des théories politiques ou philosophiques, mais peut rapidement être intéressé par nos propositions. Surtout, je persiste à penser que l'enjeu reste la prise progressive du pouvoir là il peut se prendre, afin de remettre en place un maillage capable de peser véritablement sur le pouvoir en place verrouillé par quelques grands partis. Les personnalités politiques suivent l'opinion, encore faut-il qu'elles adhèrent, ou du moins comprennent les idées libérales. Il faut donc rentrer dans la forteresse, Rien n'est impossible, les trotskystes et les verts l'ont fait en partant, comme nous, de rien. Aujourd'hui, ils ont 30 ans d'avance sur nous. Et alors ?

 

Attirer des militants, des élus locaux, des donateurs et des soutiens exige de l'écoute, beaucoup d'écoute pour bien cibler son électorat et être en résonnance avec lui en puisant dans notre réserve d'idées. Cela exige d'adapter sa stratégie aux réalités de l'électorat, et du temps pour instaurer la confiance. Notre projet de société pour une vraie mobilité sociale, la fin des privilèges et des corporatismes et la possibilité d'une libre poursuite du bonheur par chacun se fonde sur des  valeurs universelles : la liberté, la responsabilité, la propriété privée. Mais cela doit se traduire par un message simple pour forger une identité autour de mesures concrètes, tout en étant solidement argumenté pour être crédible. Inutile de vouloir refaire le monde, nous ne le referons pas et ce n'est pas ce qu'attend le grand électorat sensible aux idées libérales, plus lucide qu'on ne le croit. Le Parti Libéral Démocrate, par exemple, a choisi de promouvoir trois mesures prioritaires :

  • le chèque éducation pour permettre aux familles de choisir librement l'école de leurs enfants, et mieux former les générations futures
  • la baisse de la dépense publique qui passe par une réforme de l'Etat, notamment l'alignement du statut de la fonction publique sur le régime de droit commun; seule voie pour diminuer la dette et la pression fiscale
  • les assurances sociales à la carte pour les Français en instaurant le "salaire complet" et leur ouverture à la concurrence

 

Cela n'interdit nullement de rappeler la nécessité de protéger nos libertés individuelles, de revoir les réglementations sur le travail, le mode de financement des syndicats et de la vie politique, de parler institutions, etc. Mais ces 3 axes doivent forger notre image. Rien de plus. La prise de position purement politicienne, c'est à dire visant les personnalités politiques, ne doit pas dominer le message parce qu'elle lui nuit plus qu'elle ne le sert. La stratégie de Bayrou, par exemple, se révèle aujourd'hui désastreuse : son projet tourne autour du rejet pur et simple de Sarkozy. Pas enthousiasmant, il assure surtout la pub dudit Nicolas dont les positions changeantes et les retournements contraignent la critique à des contorsions absurdes, voire ridicules. Les Français sont largement ouverts au débat d'idées, lorsque celui-ci répond à leurs préoccupations. Ce sont elles qu'il nous faut cibler. Le rôle d'un parti est avant tout de séduire son électorat, pas de se faire plaisir à soi, c'est du simple bon sens. En respectant ses valeurs et son projet, bien entendu. Et cela commence par les élus locaux, excellent relais (et miroir) de ce large public potentiel.

 

Enfin, une question souvent abordée est celle des proximités politiques en vue d'alliances ou de partenariats ponctuels. Un parti ne peut rester isolé sans apparaître sectaire. Il ne peut aller seul au front sans se faire laminer dans l'épuisement et, pour certains, dans le découragement. Autant sauter comme un cabri et crier "Vive le libéralisme, vive le libéralisme". L'image des libéraux est déjà suffisamment dégradée pour ne pas accentuer ce défaut, mal perçu par l'électorat libéral lui-même. La politique en démocratie, c'est d'abord l'esprit de coopération, de coalition. Reste à savoir avec qui. A gauche, l'accueil est glacial. A droite, ça se réchauffe malgré une certaine méfiance. Dans cette direction, tout tourne plus ou moins autour du parti omniprésent, celui de l'omniprésident, l'UMP. Voir dans l'UMP l'axe du mal est une approche holiste bien trop réductrice. Comme une très grande surface, on y trouve de tout, et de plus petites entités comme le Nouveau Centre ou la Gauche Moderne sont installées autour afin de grapiller le chaland. On y trouve en son sein des libéraux comme François Goulard, des courants autonomes comme ceux de Jean-François Copé le chasseur de dette, ou du député Hervé Mariton qui frise avec une forme de mutinerie (villepiniste ?). Reste que l'idée même d'alliance avec l'UMP fait sourire. Ah, si l'UMP se posait même la question,  la partie serait gagnée. Pour le moment, l'UMP ne sait même pas que nous existons, et nous ne représentons pas encore un électorat dans les urnes. Nous en sommes donc réduits, que nous le voulions ou non, à naviguer avec d'autres formations, les réseaux, les indépendants, les dissidents pour promouvoir notre jeune étendard et nous implanter progressivement. Nous avons besoin de ces fondations pour gagner en crédibilité, en audience sur le terrain. Malgré cela, je ne vois rien qui interdise de garder de bonnes relations avec des individualités libérales ou ouvertes à nos idées au sein de l'UMP.

 

Illustration. Notre seul engagement, le 7 juin, était de soutenir une liste portant notre joli logo sur la Côte Est des Etats-Unis, dont le deuxième membre était notre vice-président, l'avocat Philippe Manteau. Par son occupation du terrain au sein de la communauté des expatriés, cette liste "L'Union au Centre" a obtenu presque 14 %, et gagné un élu, Richard Ortoli, plutôt proche du Nouveau Centre. Ce résultat constitue un joli tremplin local pour l'avenir, il ouvre la porte à des partenariats prometteurs, et permet de s'implanter honorablement dans le paysage politique par le bas : le terrain électoral.

Trackbacks

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Commentaires


Très belles analyses et réflexions Aurélien, puisses-tu trouver la force de créer cette dynamique.

Ecrit par : Marc | vendredi, 12 juin 2009


Votre mouvement politique est voué à l'échec tout comme DL en son temps, il est temps pour vous de vous rendre compte de vos bêtises et de rejoindre les rangs de l'UMP, et ainsi d'arrêter de divisez notre électorat.

Ecrit par : Jeunes Pop | vendredi, 12 juin 2009


Aurélien, tu devrais créer ton parti, mettre toutes ces bonnes recommandations en œuvre et on en reparle l'année prochaine!

Ecrit par : Benoît JOLLY | vendredi, 12 juin 2009


Question : le PLD présentera-t-il des listes aux prochaines régionales ?

Ecrit par : Criticus | vendredi, 12 juin 2009


Sans vouloir nous faire de la pub tout en nous en faisant, le chèque-éducation est également l'une des mesures prioritaires de SOS Education.

Nous avons d'ailleurs publié une étude de Philippe Nemo sur le sujet :

http://www.recherche-education.org/IMG/pdf_Pour_le_pluralisme_scolaire.pdf

Ecrit par : SOS Education | vendredi, 12 juin 2009


@Benoît : bel humour.
@Criticus : probablement.

Ecrit par : Aurelien | vendredi, 12 juin 2009


Philippe Nemo est un expert reconnu de la question. L'étude est vraiment excellente. Merci pour le lien

Ecrit par : Aurelien | vendredi, 12 juin 2009


Bonjour Aurélien,

quid d'un volet libertés "sociales" (dans le sens sphère privée, pas dans le sens protection sociale) dans le programme d'un parti libéral ?

N'étant pas suffisamment calé en économie pour comprendre tous les tenants et aboutissants d'une politique économique véritablement libérale, je suis encore partagé à ce sujet. Je suis par contre convaincu du bien fondé d'une plus grande liberté lorsqu'elle relève de décisions purement personnelles. Des revendications telles que la légalisation des drogues douces, de l'euthanasie, du mariage gay, etc. me paraissent légitimement entrer dans l'esprit libéral (corrigez-moi si je me trompe !).
Ces propositions me semblent malheureusement moins défendus dans les programmes que j'ai pu voir (à commencer par celui d'AL pour les européennes par ex) que la liberté "économique". Est-ce parce qu'elles relèvent du suicide politique ou par absence de conviction ?

Ecrit par : NicoL | vendredi, 12 juin 2009


D'abord, mes propres convictions apparaissent sur ce blog, elles sont claires et assumées. Les positions du Parti Libéral Démocrates sont d'abord validées par un Conseil National qui représente les membres. Les sujets épineux n'ont pas été mis en avant parce que le Conseil ne l'a pas souhaité jusqu'ici. Pour des raisons politiques parfois, également parce qu'au sein de la communauté libérale, le débat est loin d'être tranché. L'euthanasie, pour prendre cet exemple, constitue une atteinte à la vie d'autrui qui n'est pas conforme à certaines approches libérales.

Encore une fois, nous ne sommes pas là pour satisfaire nos propres envies mais pour faire avancer des causes prioritaires. Dans l'ensemble, nous sommes beaucoup plus préoccupés par le risque de faillite du pays, par l'échec scolaire et par l'absence d'espoir d'ascension sociale de Français que par le débat autour du cannabis, sujet sur lequel la légalisation est loin de faire l'unanimité au sein du parti. Le fonctionnement démocratique et le respect d'une stratégie claire imposent des contraintes et fixent des limites.

Mais le débat reste ouvert.

Ecrit par : Aurelien | vendredi, 12 juin 2009


Merci pour ces éclaircissements !

Je comprend bien l'idée de choisir des causes prioritaires; je regrette seulement que la revendication d'une moindre intrusion de l'état et d'une moralité imposée dans la vie privé des individus n'en fassent pas parti, cette idée me semblant particulièrement importante (même si je n'y ai pas d'intérêt personnel, au final, tout au moins sur les quelques exemples cités).

Je suis en tout cas heureux de savoir que le débat interne existe sur ces sujets, son absence quasi totale au sein (en particulier mais pas seulement) de la droite conservatrice étant à mon sens un symptôme évident de constructivisme.

Ecrit par : NicoL | vendredi, 12 juin 2009


Nous nous sommes exprimés dans ce sens sur le fichier Edvige et sur la loi Hadopi, et ce thème n'est pas négligé. Mais n'oublie pas que la liberté la plus importante qu'on nous retire aujourd'hui, c'est le fruit de notre travail. Cette année, nous travaillerons jusqu'au 15 jullet pour l'Etat, un mois de plus que nombre d'Européens. C'est l'éducation confisquée aux parents et attribuée à une institution planifiée digne de l'Union Soviétique.

Ecrit par : Aurelien | vendredi, 12 juin 2009


Hors de question d'être de près ou de loin, avec l'UMP, étant un peu plus que libéral, je veux bien faire des efforts pour promouvoir le PLD, mais de là a copiner avec les socialistes de droite et autres jeunes soit disant populaire qui nous entube à longueur d'année et bien profond, hors de question et même jamais de chez jamais plutôt crever.

Si les mariton et autres sont vraiment libéraux, ils auraient déjà quittés l'UMP et serait chez nous, et ne proposerais pas des imbécilités comme des emprunt d'état obligatoire. Tenter de capter les jeunes du Nouveau centre et récupérer les naufragés de l'UMP les plus libéraux compatibles oui, le reste absolument pas.

Ecrit par : Ano | vendredi, 12 juin 2009


Je rejoins Ano, avant de découvrir la pensée libéral je fus un temps chez l'UMP, et pour moi il n'y a rien de bon, si ce n'est aller 2/3 entrepreneurs et 4/5 personnes assez libérales par circonscription. Le reste niet, du sarkozy et encore du sarkozy avec des vieux gaullistes. Donc pareil pour moi, il faut combattre en priorité l'UMP et attirer ces gens là,et jamais aucune alliance avec ces gens là, ils nous crachent constamment à la gueule donc aller leur serrer la main et tout ...

Ecrit par : Paul | vendredi, 12 juin 2009


1) Je ne lis nulle part qu'il va y avoir alliance avec l'UMP. Pourquoi cette obstination à voir l'UMP proche des libéraux ?
2) Quand je parle à un libéral, je me moque de savoir s'il est encarté à l'UMP, au PS ou ailleurs. Et je suis prêt à travailler avec lui en bonne intelligence. Les gaullistes crachent sur les libéraux, mais pas les libéraux de l'UMP, et il y en a.
3) Je n'aime pas l'UMP dans l'ensemble, mais la politique exige la coopération avec d'autres partis, tant qu'ils ne sont pas communistes ou xénophobes.
4) N'oublions pas que les Thatcher et Reagan ont gagné le pouvoir et mis en oeuvre leurs réformes en pratiquant l'entrisme dans des partis bien plus conservateurs que l'UMP. Faut-il un parti libéral en soi ?

Je rappelle qu'AL a bien signé avec Bayrou il y a deux ans.

Ecrit par : Joe | vendredi, 12 juin 2009


AL est une référence ? Puis l'UMP n'est pas à proprement parlé un parti conservateur. Non pour moi, si le PLD veut s'en sortir, il faut séduire les membres déçues mais ne pas fréquenter le parti en lui même.

Ecrit par : Ano | vendredi, 12 juin 2009


Il faut bien aller les chercher quelque part, les UMP déçus ;o))
Mais je suis bien d'accord sur l'UMP : rien à faire avec eux, sinon pour les tondre sans que ça se voie trop.

Ecrit par : bibi | vendredi, 12 juin 2009


Le seul moyen pour un parti libéral de sortir du néant, c'est d'avoir un(e) candidat(e) aux élections présidentielles, charismatique et bon client des médias.
Les partis trotskystes l'ont compris depuis longtemps. Besancenots et Nathalie Arthaud ont été repérés tout jeunots et formés aux joutes médiatiques.
Un tel candidat existe-t-il dans les partis libéraux ? Je ne le crois pas.
En tout cas, il faut tout faire pour avoir un candidat aux présidentielles, tout le reste c'est du blabla. Et s'il fallait s'arranger avec le PS pour avoir des signatures, il n'y aurait pas à hésiter 1 seconde.
Mais du côté de l'UMP, il n'y a rien à espérer.

Ecrit par : Philippe R | vendredi, 12 juin 2009


@ Philippe R

« du côté de l'UMP, il n'y a rien à espérer »

Et du côté des maires divers droite ? Il y en a des milliers en France... !

Ecrit par : Criticus | vendredi, 12 juin 2009


@Jeunes Pop
"il est temps pour vous de vous rendre compte de vos bêtises et de rejoindre les rangs de l'UMP, et ainsi d'arrêter de divisez notre électorat."

Eh vous êtes bien gentils les jeunes pops mais on fait ce qu'on veut et on n'est pas "votre" électorat. Si ca ne vous plaît pas vous n'avez qu'à faire ce qu'il faut pour nous donner envie de vous rejoindre.

Ecrit par : Karlus | vendredi, 12 juin 2009


Juste quelques réflexions qui peuvent expliquer les faiblesses des Libéraux en France, mais qui n'engage qu'un "constructiviste" comme moi :

1) Les libéraux en France sont très souvent uniquement des libéraux économiques et ne mettent que peu en avant les autres aspects du libéralisme.

2) Il existe une forte tradition étatiste en France qui doit être prise en compte. Je pense que les Français, même les plus à droite, souhaitent la présence d'un État fort, du fait d'une histoire très marquée par l'État.

3) Souvent, les libéraux français sont proches de la droite conservatrice voire de l'extrême-droite, et tombent dans ces alliances-là. C'est dommage, car il existe souvent, chez nos voisins, des partis libéraux avec des problématiques plus à gauche.

4) Il existe en France un très fort rêve égalitariste (à gauche comme à droite) que les libéraux français ne parviennent pas à intégrer. Or, il vous faudrait une vraie évolution idéologique pour trancher cela.

5) Enfin, beaucoup de vos idées sont reprises par d'autres partis plus gros, qui, même s'ils ne les appliquent pas strictement, les reprennent et les diffusent.

Évidemment, ce ne sont que quelques idées simples voire simplistes...

Ecrit par : Mathieu L. | samedi, 13 juin 2009


@Mathieu L

Entièrement d'accord sur le point 1. L'un des echecs du libéraux français que nous payons très cher est un discours uniquement économique. J'en avais parlé sur mon blog : http://danieltourre.hautetfort.com/archive/2008/09/15/petit-plaidoyer-pour-le-futur-discours-du-parti-liberal-demo.html

Par contre même si vos points 2 et 4 sont très présents dans les médias comme explication, je suis assez dubitatif. L'égalité alors que certains ne cherchent qu'à se distinguer, qu'à obtenir des avantages de l'Etat.. je suis certain qu'avec un bon discours libéral on peut totalement prendre à contrepied ce discours.

Sur le point 3, ça se discute aussi. Les libéraux ne sont pas partis à droite, c'est les marxistes qui ont monopolisé la gauche en particulier le PS et qui ont chassé les libéraux. (avec efficacité.)

Ecrit par : Le libéralisme pour les débutants | samedi, 13 juin 2009


Voilà l'UMP:


http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/06/13/le-gouvernement-promet-des-controles-sur-les-prix-de-la-grande-distribution_1206437_3234.html#ens_id=1194741



J'ai pas l'intention de fréquenter, ces jeunes pop et maurice.b qui trolls sur les blogs libéraux, et font pire que le PS.

Ecrit par : Ano | samedi, 13 juin 2009


@ LPLD : sur les points 2 et 4, j'attends de voir.

Sur le point 3, ce fut peut-être vrai il y a un siècle, mais je ne crois pas que les marxistes puissent encore vous repousser hors de quelque part, là, non ?

Ecrit par : Mathieu L. | samedi, 13 juin 2009


@Mathieu,

Je ne sais pas quel age vous avez, mais la domination communiste directe ou indirecte sur les esprits et les partis à gauche étaient sans partage il y a encore 20 ans.

Et il y a des beaux restes il me semble. C'est certes un marxisme de plus en plus informe se resumant parfois à une ou deux injonctions, mais les réferences et le cadre de pensée est bien celui là.

Effectivement aujourd'hui, PS voudrait changer de logiciel.. mais il a du mal.. Il y a 2 semaines, Martine Aubry expliquait qu'il fallait lutter contre l'Europe libérale, et lutter contre le libéralisme et puis les autres voulaient davantage de libéralisme etc... Il y a certains de ses interventions, elle mentionne 4 ou 5 fois le mots libéralisme en une minute. A partir de là..

Ecrit par : Le libéralisme pour les débutants | samedi, 13 juin 2009


@ LPLD : communiste ? Non, je n'irai pas jusque là. Je dirais plutôt que la social-démocratie a eu une forte influence en France jusque dans les années 1980. Pour les beaux restes, j'aimerais bien savoir où.

Oui, le PS se cherche...

Ecrit par : Mathieu L. | samedi, 13 juin 2009


Pourquoi Aurélien, dis-tu que "les libéraux ont gagné des sièges au Parlement Européen." ?
L'ALDE/ADLE est passé de 12,6 % des députés à 10,9 %

(http://fistfulofeuros.net/afoe/governments-and-parties/the-new-parliament-a-bit-like-the-old-one/)

Ecrit par : Filibert | dimanche, 14 juin 2009


Un piste : convertir des personnes d'extrême-gauche au libéralisme. Pourquoi ? Parce que beaucoup d'entre eux on une vision caricaturale et/ou une connaissance nulle de l'économie. D'autre part, ils partagent la méfiance des libéraux vis-à-vis de l'Etat.

Ecrit par : rp | dimanche, 14 juin 2009


"Un piste : convertir des personnes d'extrême-gauche au libéralisme. "

Bon courage. Vous pourrez convertir des anars, mais pas des gauchistes.

Je rappelle que le principal parti d'extrême-gauche est anti-capitaliste...

Ecrit par : Criticus | dimanche, 14 juin 2009


Ce qui freine le développement du libéralisme en France c'est :

- l'extrême veulerie de la majorité silencieuse, doublée d'un extrême conservatisme, à gauche comme à droite.

- la moralité à géométrie variable des Français.

- l'apolitisme, ou le politisme quand cela les arrange et/ou quand cela nuit aux voisins.

- l'inculture économique et mondiale.

- la société française et une société de vieux, de jeunes vieux et de vieux vieux.


Ces obstacles au libéralisme sont de taille, et, franchement, je n'ai aucune idée de la façon de les gérer.

Ecrit par : gla | dimanche, 14 juin 2009


"Vous pourrez convertir des anars, mais pas des gauchistes."

Et bien concentrons-nous sur les anars. Ce sont des individualistes comme nous.

Pour les gauchistes, cela vaut la peine aussi. D'abord c'est une excellent exercice de dialogue, d'écoute, de persuasion et de maîtrise de soi. Et puis, franchement, on n'a pas le choix. Les conservateurs français ne veulent pas du libéralisme. Même si le pays était en faillite, ils n'en voudraient pas plus.

Ecrit par : rp | dimanche, 14 juin 2009


J'ai participé un soir à un débat philosophique sur un sujet qui ne nous concerne pas ici. Ce débat a été organisé par un membre actif d'un "site de sorties". A un moment, nous avons parlé de la "société de consommation", je
ne sais plus pourquoi. Parmi la dizaine de personnes présentes, j'étais le seul à avoir une vision positive de celle-ci, même si je reconnaissais qu'il y
avait parfois des excès. Lorsque j'ai énuméré les avantages des "grandes surfaces" (accès facile, vaste gamme de produits à prix bas, etc.), par opposition à la société pré-consommatrice de leurs fantasmes, la plupart des gens m'ont regardé en chien de faïence, ou m'ont ignoré.

Des exemples comme ça, de raisonnements de gens englués dans leur
négativité de "gauuuche" (ou de droite sociale/chrétienne/etc), je pourrais en citer des dizaines.

Ecrit par : gla | dimanche, 14 juin 2009


@Filibert : l'ALDE recule, mais les élus libéraux du PPE sont plus nombreux. D'ailleurs, il n'y a pas que des libéraux au sein de l'ALDE : le Modem y figure par exemple, et c'est de moins en moins un modèle de libéralisme même si des libéraux y sont encore encartés.

@rp : les anars et l'extrême gauche deviennent libéraux après un parcours très personnel, le jour où ils se rendent compte que la liberté économique est un préalable au recul de la pauvreté et des situations de rente. Claude Malhuret ou Jacques Marseille en sont deux exemples connus. Mais dans l'ensemble, ils sont trop loin de ces notions dans cet électorat et leur nature hostile à la démocratie n'en fait pas des électeurs actifs.

Les libéraux se sont longtemps marginalisés, pour des raisons que Mathieu L. décrit bien. Le droitisme prononcé de certaines figures libérales, leur proximité avec l'extrême droite a beaucoup nui à leur crédibilité, même parmi les jeunes libéraux ouverts sur le monde.

En revanche, passer de société de défiance (relire l'excellent petit ouvrage de Pierre Cahuc, téléchargeable gratuitement en ligne), directement favorable à l'étatisme, à une société de confiance ouverte au libéralisme, cela va exiger une révolution économique que les libéraux doivent tout de même exposer.

On peut être transexuel, drogué et adopter des enfants en Europe et manifester tous les jours dans la rue sans ennuis. En revanche, vouloir créer une école conventionnée, démarrer un syndicat nouveau ou chercher à s'assurer auprès d'une mutuelle au lieu de la sécu, impossible. Certaines libertés sont acquises, d'autres pas du tout. Et en général, il s'agit directement ou indirectement d'économie. Alors nous devons avoir un discours attentif aux atteintes aux libertés individuelles comme les dérives de la politique pénale de NS. mais la principale de nos priorité concerne l'école, les assurances sociales et l'Etat. Parce que c'est là que nos choix sont le plus largement restreints.

Ecrit par : Aurelien | dimanche, 14 juin 2009


Aurélien,

Ce qui est certain, c'est que la stratégie consistant à tirer dans les pattes des autres libéraux sera toujours perdante.

Or c'est celle que tu appliques consciencieusement.

Evolue, on gagnera du temps.

Ecrit par : Le Champ Libre | vendredi, 19 juin 2009


"Evolue, on gagnera du temps", cette phrase me fait bien rire venant de toi. Tu ensoleilles ma journée avec cette forme d'autodérision au 2eme degré. J'adore.

Ecrit par : Aurelien | vendredi, 19 juin 2009

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