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mercredi, 03 juin 2009

La Caisse Nationale de Retraite se serait trompée de 2.5 Milliards d'euros, une broutille !

La sécu devrait chasser l'incompétence avec autant d'énergie qu'elle chasse la fraude. Le Canard Enchaîné nous avait révélé en avril 2008 que le Fonds de Réserve des Retraites avaiet perdu 3 milliards (10 % de son capital) en spéculation boursière (ce monopole est pourtant déclaré infallible par les autorités publiques), et la crise venait à peine de commencer (j'attends avec impatience les dernières évaluations). Aujourd'hui, c'est au tour de notre merveilleuse retraite par répartition d'avoir versé plus de 2.5 milliards de trop aux retraités (les caisses ne savent pas trop bien s'il s'agit de 300, 900 ou 2.5 milliards d'euros, c'est dire), faute à un "mispricing", un faux calcul. Rien, je vous dis. Cotisez et ayez confiance.

 

Si vous avez moyennement confiance dans ce mammouth, penchez-vous sur le programme du Parti Libéral Démocrate qui propose de laisser aux salariés la libre disposition des charges sociales qu'on attribue aujourd'hui à leur place à ce monopole "d'assurances" inadaptées à leurs attentes...et terriblement mal gérés. Pensez qu'avec 350 euros par mois de cotisations "retraite", un couple qui gagne le SMIC pourrait emprunter 90.000 à 110.000 sur 15 ou 20 ans pour un achat immobilier au taux actuel du marché. A taux zéro et avec un peu d'épargne, notre couple aurait de quoi s'acheter un logement correct dans un quartier choisi plutôt que de subir la distribution aléatoire (et souvent politique) de logement social dont il sera difficile de sortir. De quoi voir l'avenir avec un patrimoine rassurant, cessible et transmissible à ses enfants. De quoi éviter de cotiser pour un plan Madoff géant, qui plus est truffé d'étourderies coûteuses.

 

Evidemment, nos technocrates considèrent les Français bien trop immatures pour gérer leur avenir à leur place à eux, les experts. Des experts qui ne savent quantifier le trou des engagements de la répartition sur les 20 ou 30 prochaines années (le rapport Pébereau évoquait 800 milliards d'euros pour les seules retraites du secteur public !), et qui ne savent éviter de menues erreurs de quelques milliards d'euros  ici ou là. Experts qui aimeraient bien "harmoniser" l'Europe "sociale" (traduction : appliquer nos erreurs à tous). En attendant, ce sont les Français qui ont bien été "harmonisés"...

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Commentaires


Ca c'est du système social robuste !

Écrit par : AsTeR | mercredi, 03 juin 2009


"Pensez qu'avec 350 euros par mois de cotisations "retraite", un couple qui gagne le SMIC pourrait emprunter 90.000 à 110.000 sur 15 ou 20 ans pour un achat immobilier au taux actuel du marché"

Pouvez-vous préciser ? Je ne connais pas le niveau des prélèvements sociaux attachés au SMIC : s'il recevait l'intégralité de ces prélèvements, ce couple pourrait-il vraiment épargner 350€ par mois ET se constituer une pension de retraite ?
En clair, par quoi remplacer le monopole de la sécu pour que chacun puisse avoir une retraite convenable ? (je suis bien conscient que de toute façon, la sécu ne parvient pas à cet objectif...).
Merci

Écrit par : Before | mercredi, 03 juin 2009


Sur un salaire net un peu inférieur à 1100 euros, les charges sociales salariales et patronales atteignent environ 350 euros par mois. Elles servent actuellement à financer les retraites des actuels retraités. Demain, les cotisants seront bien moins nombreux par retraité. Le rendement est donc clairement négatif pour tous. Pour les plus bas revenus, c'est même un désastre car ce poids des charges empêche la constitution d'un capital. Certes, financer un emprunt pendant 15 ans ne permet pas de constituer un capital. Mais si on considère les loyers qui n'auront pas à être payés ensuite, il s'agit d'un premier placement intéressant pour ses vieux jours. Ensuite, en plaçant ces mêmes 350 euros à deux pendant 25 ans (pour parvenir à un total = 40 ans) à un taux moyen de 4 % (net d'impôt), par exemple en assurance vie, ce couple disposerait de 357.400 euros (311.200 à 3%) si mes calculs sont justes. Qu'en pensez-vous ?

De la même façon, ce couple est contraint de payer, pour l'assurance maladie, 250 euros chacun par mois de charges sociales, soit 6.000 euros par an environ. Amaritz et d'autres assureurs proposent des assurances familiales (couple et deux enfants) offrant les mêmes prestations que la sécu (mais aux expatriés qui vivent en France, non soumis à l'obligation de cotiser à la sécu) pour 4.000 euros par an. Qu'en pensez-vous ?

Écrit par : Aurelien | mercredi, 03 juin 2009


Aurélien: il faut prendre en compte d'une part l'inflation et d'autre part l'augmentation du salaire. Et si on veut s'approcher un peu plus de la réalité, compter les périodes de chômage.

Les calculs deviennent vite assez complexes (*), le plus simple est de jeter un oeil sur l'excellent 4ème article (sur 5) du non moins excellent dossier consacré aux retraites qu'a écrit Vincent Bénard: http://www.objectifliberte.fr/2008/04/retraite-4.html


Sinon, pour connaître le montant des charges sociales en fonction du salaire, rien de mieux que: http://www.salairecomplet.com/


(*) Je ne suis pas tout-à fait d'accord avec les calculs de Vincent, nous obtenons 2 formules différentes:
K = M * 0,92 * (tˆn - aˆn) / (a - t) selon Vincent
K = M * 0,92 * (tˆn - aˆn) / (1 - a / t) selon moi
avec:
M = montant versé la première année, soit 1120 * 0,3 * 12 = 4032€
t = 1 + "taux de rendement en entrée"
a = 1 + "croissance/an du salaire"
n = nombre d'années de cotisations (année de départ à la retraite - année d'entrée dans la vie active)
0,92: coefficient estimé par Vincent pour rendre compte des périodes de chômage

Mais au final, les résultats sont du même ordre:

Écrit par : Mateo | mercredi, 03 juin 2009


Merci,

je voulais simplement des calculs un peu précis, supposant que vous les aviez déjà fait, et ayant la paresse de les faire moi-même...
Je ne doute pas que nos systèmes de retraite et de santé, généreux sur le principe, ne tiennent plus la route. La question est bien "existe-t-il une alternative crédible" ?
Ce que vous signalez me semble correct (pour mon cas particulier, ça fait longtemps que je suis sûr de pouvoir avoir mieux et moins cher).
En fait, je suis convaincu qu'une libéralisation de ces deux secteurs est souhaitable (de toute façon, inévitable, bon gré, mal gré); mais je voudrais également que personne ne soit exclu du système de santé ou de retraite.
De même, je ne voudrais pas que les assureurs (maladie) puisse choisir leur clientèle en excluant les personnes présentant tel ou tel risque.

Que proposent les libéraux pour éviter ces écueils ? (qui sont les arguments péremptoires et ne souffrant pas la discussion des défenseurs de notre beau système)

Écrit par : Before | mercredi, 03 juin 2009


Concernant la santé, la formule d'un "chèque santé" permettrait de substituer l'assistance là où l'assurance est trop lourde à porter pour un particulier. Aux Pays-Bas, les assurances privées et mutuelles ne peuvent sélectionner leurs clients, le tarif est le même pour tous. Ainsi, les pathologies sont mutualisées.

Écrit par : Aurelien | mercredi, 03 juin 2009


Merci,
d'ailleurs, à propos du "chèque santé", je m'étonne que ce principe de soit pas déjà appliqué aux diverses allocations versées en France (pour ne citer qu'un exemple, l'allocation de rentrée scolaire ne devrait servir qu'à acheter du matériel scolaire...). C'est possible puisqu'une des aides au logement est versée directement au propriétaire, si je ne m'abuse...

Écrit par : Before | mercredi, 03 juin 2009


Comme d'autres, je suis favorable à l'instauration de chèques éducation, santé, retraite et logement en lieu et place des systèmes collectivistes français correspondants…

Mais ces chèques devraient être dégressifs en fonction du salaire, selon moi.

Écrit par : Mateo | mercredi, 03 juin 2009


@Before : je comprends l'aide destinée à offrir à tous des services élémentaires au stade où nous en sommes : santé, école et logement. En revanche, je constate que la multiplication des aides est dangereuse : banalisation du principe de la redistribution de masse, opacité du système, entretien d'une bureaucratie inutile, expansion d'une certaine forme d'assistanat. Tout ça pour éviter de remettre en cause des rglementations ou des systèmes malfaisants en amont comme celui du logement social ou de l'organisation de la santé en France.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 04 juin 2009


@Aurélien
Tout à fait, la multiplication des aides augmente la déperdition dans les couches administratives, et d'autre part favorise le clientélisme...
D'où probablement quelques réticences aux réformes.

Écrit par : Before | vendredi, 05 juin 2009

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