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dimanche, 10 mai 2009

Le Code de la Route remplit-il correctement son rôle ?

La conduite devient un risque permanent. A la plus grande satisfaction des vendeurs de Coyote et autres informateurs malins, l'ultrapénalisation des excès de vitesse soutient un secteur qui ne connait pas la crise : vendeurs d'avertisseurs de radars, formateurs qui font rattraper les points perdus, et puis ceux qui se battent pour leur part de la récolte de PV. Sans oublier le dirigeant politique qui peut se targuer d'avoir fait baisser le nombre d'accidents de la route, grâce à une "politique volontariste". Pourtant, les quotas demandés à la Police Nationale ou à la gendarmerie sont des quotas de points et d'amendes, pas des résultats de baisse du nombre d'accidents mortels. Les radars se multiplient sur autoroute, pas sur les départementales et les nationales autrement plus dangereuses. Mais ces "presque" 500 millions d'euros  d'amendes cumulées ne sont pas perdus pour tout le Monde. Hervé Mariton se demande où va l'argent : "En 2008, sur les 447 millions d'euros rapportés par le système de sanction automatisé, 194 millions d'euros ont assurément servi à l'amélioration de la sécurité routière. Le reste a été versé aux collectivités locales et à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), structure créée en 2004 pour financer des équipements en France. Il est certain qu'une partie de cette somme a été détournée de sa vocation initiale pour financer divers autres projets sans rapport avec la sécurité sur nos routes."

 

Les bilans de la sécurité routière manquent nettement de précision, même si le détail des chiffres donne des éléments d'analyse. Par exemple, les chiffres confirment que moins de 6 % des accidents mortels ont lieu sur autoroute, alors qu'elle représente un quart du kilomètrage parcouru; 2 de ces 6 % sont dus à la fatigue/somnolence. En lisant le rapport entre les lignes, on apprend plein de choses passionnantes. Je suis sûr qu'un observateur attentif y trouverait matière à inspiration. Un détail intéressant parmi une multitude d'autres tous plus croustillants les uns que les autres: l'égalité des sexes n'existe pas. En 2007, pour le même nombre de kilomètres parcourus au volant, les femmes avaient 3,1 fois moins de risque d’être tuées et 1,7 fois moins le risque d’être blessées que les hommes. En 2005, elles étaient 11,5 fois moins condamnées que les hommes pour délits routiers. Ce rapport 3,1 contre 11,5 nécessite-t-il une dénonciation auprès de la HALDE ? Plus sérieusement, une triste anecdote nous confirme avec quelle facilité la machine bureaucratique infernale peut broyer des vies, comme si elle se substituait aux accidents réels sur la route pour compenser leur diminution (notamment due à l'amélioration des performances des dernières générations de véhicules plus puissants et plus sûrs : de vraies vaches à lait sur autoroute).

 

Il s'agit d'une femme qui a perdu tous les points de son permis après deux infractions : défaut d'assurance et franchissement d'un stop. Résultat après plusieurs étapes, une amende de 1.090 euros et de la prison avec sursis. La mère de famille semble se trouver en grande difficulté financière. Elle ne paie pas. Contrairement aux propriétaires squattés ou aux créanciers lésés, les administrations publiques ne connaissent pas la flexibilité. En décembre 2008, un juge d'application des peines décide de mettre à exécution les 100 jours de prison. Christine Kerbellec fait aussitôt appel et reçoit une convocation devant la cour d'appel de Bordeaux. Fin mars, la gendarmerie la convoque pour exécuter les 100 jours de prison. C'est alors qu'elle quitte son domicile et de prend la fuite chez des amis. Son avocate a déposé le 21 avril une demande de recours en grâce au président de la République.

 

Vive la sécurité routière !

19:04 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : code de la route, accidents, permis, points, coyote | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


En effet, les petites routes de campagne voient des chauffards totalement impunis, pendant que le tir répressif se concentre là où ça paye financièrement, mais sans impact réel sur la sécurité routière : les autoroutes. J'aimerais que nos gendarmes soient plus souvent dans les petits villages traversés à 110 à l'heure au plus grand mépris de nos enfants.

Écrit par : Lauren | lundi, 11 mai 2009


Franchissement d'un stop ? Pas d'assurance ? Mais c'est criminel ça môssieu ! La taule est un minimum ! La pendaison serait plus juste ! Non mais !

Franchement, quelle idiote. Elle aurait pu, pour le même prix, écraser un motard de la police, rouler bourrée, ou braquer une banque. Elle serait aussi en cavale, mais au moins saurait-elle pourquoi.

Monde de mrd.

Écrit par : h16 | lundi, 11 mai 2009


La France qui ferme

Par Nicolas Dupont-Aignan le samedi, mai 9 2009, 12:09 - Lien permanent

Un patron d’une entreprise textile de Castres a récemment proposé à 9 salariés un reclassement en Inde pour 69 € par mois. Le PDG de la Société CARREMAN s’en explique dans la Dépêche du Midi en indiquant que sa provocation vise à dénoncer la loi qui oblige une entreprise qui dispose d’autres sites de production à y proposer à un salarié licencié un reclassement. Tous les syndicats et les partis politiques ont protesté, indignés.

Mais pourquoi ne protestent-ils pas tous les jours contre le système de libre-échange déloyal qui provoque ce type de délocalisation ?

L’indignation générale porte sur l’effet mais pas sur la cause, que la société française refuse de voir en face !

Quand il y a des années, je mettais en garde contre le cataclysme économique et social entraîné par la concurrence totalement déloyale des pays émergents que des multinationales maintiennent pour bénéficier de conditions de production sans égal, on me regardait de travers et les bien-pensants expliquaient doctement que les délocalisations ne représentaient qu’une très faible part des suppressions d’emplois.

Aujourd’hui, avec la surévaluation de l’euro, la crise du crédit et la récession, le dumping monétaire sans précédent de la Chine et l’accroissement permanent des charges sur les entreprises de notre pays, le phénomène prend une ampleur inégalée.

Dans toute la France, des usines et même maintenant des centres de service délocalisent.

Les conséquences économiques deviennent insupportables :

* Déficit colossal du commerce extérieur,
* Amputation de la consommation des ménages qui fait boule de neige,
* Perte de savoir-faire industriel,
* Augmentation des dépenses sociales pour amortir la baisse du niveau de vie des salariés privés d’emploi dans des zones géographiques particulièrement touchées.

Quand les responsables politiques de notre pays prendront-ils conscience qu’il n’y a pas de nation libre et prospère sans une base productive diversifiée et innovante ?

Quand mettrons-nous enfin en place une autre politique européenne, seul moyen de rétablir par la préférence communautaire la loyauté des échanges ?

Quand l’Europe réagira-t-elle au dumping monétaire de la Chine, des Etats-Unis et même maintenant de la Grande-Bretagne ?

C’est l’enjeu majeur du débat européen, que les sortants de l’UMPS et leurs alliés centristes font tout pour accaparer en étouffant les voix dissonantes : ils entonnent le discours du changement à l’endroit d’un système dont ils sont non seulement collectivement responsables, mais qu’ils n’ont aucunement le pouvoir (à cause des traités qu’ils nous ont imposés), ni l’intention, de bouleverser. Comme en 2005, les Français doivent se mobiliser dans les urnes pour obliger leurs élites à cesser ce mensonge permanent. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard…

Écrit par : Soutenons DLR | lundi, 11 mai 2009


L'ultralibéralisme n'est pas une solution, bien au contraire. Voici ce qui ce passe, pendant que vous vous pavanez en pleine crise de votre système:


La France qui ferme

Par Nicolas Dupont-Aignan le samedi, mai 9 2009, 12:09 - Lien permanent

Un patron d’une entreprise textile de Castres a récemment proposé à 9 salariés un reclassement en Inde pour 69 € par mois. Le PDG de la Société CARREMAN s’en explique dans la Dépêche du Midi en indiquant que sa provocation vise à dénoncer la loi qui oblige une entreprise qui dispose d’autres sites de production à y proposer à un salarié licencié un reclassement. Tous les syndicats et les partis politiques ont protesté, indignés.

Mais pourquoi ne protestent-ils pas tous les jours contre le système de libre-échange déloyal qui provoque ce type de délocalisation ?

L’indignation générale porte sur l’effet mais pas sur la cause, que la société française refuse de voir en face !

Quand il y a des années, je mettais en garde contre le cataclysme économique et social entraîné par la concurrence totalement déloyale des pays émergents que des multinationales maintiennent pour bénéficier de conditions de production sans égal, on me regardait de travers et les bien-pensants expliquaient doctement que les délocalisations ne représentaient qu’une très faible part des suppressions d’emplois.

Aujourd’hui, avec la surévaluation de l’euro, la crise du crédit et la récession, le dumping monétaire sans précédent de la Chine et l’accroissement permanent des charges sur les entreprises de notre pays, le phénomène prend une ampleur inégalée.

Dans toute la France, des usines et même maintenant des centres de service délocalisent.

Les conséquences économiques deviennent insupportables :

* Déficit colossal du commerce extérieur,
* Amputation de la consommation des ménages qui fait boule de neige,
* Perte de savoir-faire industriel,
* Augmentation des dépenses sociales pour amortir la baisse du niveau de vie des salariés privés d’emploi dans des zones géographiques particulièrement touchées.

Quand les responsables politiques de notre pays prendront-ils conscience qu’il n’y a pas de nation libre et prospère sans une base productive diversifiée et innovante ?

Quand mettrons-nous enfin en place une autre politique européenne, seul moyen de rétablir par la préférence communautaire la loyauté des échanges ?

Quand l’Europe réagira-t-elle au dumping monétaire de la Chine, des Etats-Unis et même maintenant de la Grande-Bretagne ?

C’est l’enjeu majeur du débat européen, que les sortants de l’UMPS et leurs alliés centristes font tout pour accaparer en étouffant les voix dissonantes : ils entonnent le discours du changement à l’endroit d’un système dont ils sont non seulement collectivement responsables, mais qu’ils n’ont aucunement le pouvoir (à cause des traités qu’ils nous ont imposés), ni l’intention, de bouleverser. Comme en 2005, les Français doivent se mobiliser dans les urnes pour obliger leurs élites à cesser ce mensonge permanent. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard…

Écrit par : NDA | lundi, 11 mai 2009


Rouler à contresens mérite un retrait de permis d'au plus 3 ans ! Mais ce n'est pa grave. Réponse dans le prochain numéro.

Écrit par : Aurelien | lundi, 11 mai 2009


La vitesse est, de très loin, la première cause d'accidents de la circulation (d'abord de leur survenue, ensuite de leur gravité).

Tout ce qui a pu être avancé pour contester cette vérité n'est qu'argutie (par exemple l'argutie de la fatigue, qui ne peut être retenue).

En revanche, la quasi-totalité de ces arguties a un fondement socio-psychologique : la vitesse est un marqueur social pour les catégories les plus aisées, et un symbole de leur "liberté", de leur "responsabilité" et de leur statut de conducteurs "adultes". Et, à cet égard, il n'est pas étonnant qu'on retrouve les adversaires les plus fanatiques des limitations de vitesse soit à droite, soit dans les milieux ultralibéraux.

Par exemple, c'est le groupe Démocratie Libérale qui avait déféré la loi Gayssot contre le Très Grand Excès de Vitesse devant le Conseil constitutionnel. Par exemple, c'est Pascal Salin qui a consacré tout un chapitre de son bouquin "Libéralisme" à pourfendre les limitations de vitesse.

La vitesse sur route n'a absolument aucun fondement, pas même celle du temps gagné. Et je défie quiconque de prouver le contraire...

Écrit par : Ph. Arnaud | lundi, 11 mai 2009


@Ph Arnaud : personne ne conteste le facteur aggravant de la vitesse, mais il ne joue pas de la même manière sur une petite route, en ville avec des piétons et des cyclistes ou sur autoroute. C'est ce que montre clairement l'analyse de la sécurité routière en pièce jointe. Expliquez-nous pourquoi l'Allemagne n'a pas plus d'accidents sur autoroute alors que la vitesse n'y est pas limitée sur de longs tronçons ?

Il faut revoir les limites de vitesse avec beaucoup plus de souplesse pour avoir un impact réel sur notre sécurité plutôt que sur les comptes publics qui se servent des automobilistes comme de vaches à lait.

Écrit par : Posteur | lundi, 11 mai 2009


L'invocation de l'Allemagne est une argutie : il existe deux types d'autoroutes en Allemagne. Un grand nombre de portions d'autoroutes sont effectivement à vitesse illimitée, d'autres ne le sont pas. Or, les Allemands refusent de fournir des statistiques désagrégées pour ces deux types d'autoroute. Or, il est scientifiquement impossible que des vitesses plus élevées produisent moins d'accidents : il est même nécessaire qu'il en produise plus.

En France, sur le réseau d'autoroutes de liaison limitées à 130 km/h, sont parcourus 60 % des kilomètres autoroutiers. Le taux de tués pour 100 millions de kilomètres par véhicule est de 1,0. Sur les autoroutes de dégagement limitées à 110 km/h sont parcourus 40 % des kilomètres autoroutiers avec un taux de tués de 0,7. Comme on le constate, le taux de tués est nettement plus élevé sur le réseau à 130 km/h. Il est logique qu'il en aille de même en Allemagne.

Par ailleurs, l'invocation de l'automobiliste "vache à lait" est un des poncifs de la rhétorique anti-fiscale, dont les défenseurs sont souvent les mêmes que ceux de la vitesse illimitée. Cet argument n'est pas valable :

Le coût des amendes est dérisoire par rapport au coût social des accidents de la route. Un mort (chiffres de 2003) coûte 1 million d'euros à la collectivité. Et je ne parle pas des handicapés à vie. En regard de cela, le coût des amendes en négligeable puisqu'il s'agit simplement d'un transfert d'argent à l'intérieur de la collectivité nationale. C'est donc une sorte d'impôts, ce "tribut que le peuple se paye à lui-même" selon la très belle formule de Condorcet. Et, si, dans le lot, il frappe des conducteurs riches, cela ne peut être que bénéfique.

Les mots les plus haïssables, en matière de vitesse sont "responsabilité", "liberté" et "conducteur adulte". La circulation routière n'est pas une phénomène individuel mais collectif et il est irresponsable de confier au flair de chacun le soin de déterminer sa propre vitesse : c'est de l'ultralibéralisme appliqué à la conduite (cela avait d'ailleurs été le reproche de Balladur adressé à Madelin).

Il y a toujours eu une corrélation étroite entre la baisse des vitesses et la baisse du nombre des morts sur route : une des utilités des ronds-points est de "casser" la vitesse des plus rapides pour rendre la vitesse de circulation plus basse et plus uniforme. On s'est en effet aperçu que lorsque les écarts-types s'écartaient très peu de la vitesse moyenne, les accidents diminuaient. Bien entendu, cette égalisation ne peut se produire que vers le bas. C'est là un des (nombreux) domaines où l'égalisation sociale vers le bas est bénéfique...

Écrit par : Ph. Arnaud | lundi, 11 mai 2009


Merci pour ces chiffres, mais où trouvez-vous cette distinction entre le réseau à 130 et celui à 110, je vous prie ? Qui parle du million que coûterait une vie pour la collectivité ? Les accidents aboutissant à un handicap relèvent de l'assurance et sont surtout dramatiques pour leur victime. En l'occurrence, je suppose que vous devez avoir un chiffre établissant que les premiers touchés sont les conducteurs de 2 roues. Bref, je trouve votre argumentation simpliste et peu convaincante.

Cela dit, entièrement d'accord avec vous sur l'abus des notions de responsabilité", de "liberté" et de "conducteur adulte" sur la route.

Écrit par : Posteur | mardi, 12 mai 2009


A Posteur

J'avais trouvé ces données dans le "Livre blanc" sur la sécurité routière (publié en 1990) dont je m’étais servi à l’époque dans un argumentaire contre la vitesse. Et, en dépit de l'extension du réseau autoroutier, ses données fondamentales ne me semblent pas devoir être remises en cause. J'avais également trouvé, à cette époque le chiffre du coût d'un mort sur la route dans ce document ainsi que dans "Auto-moto", le journal de la Prévention routière et les publications de l’INRETS (Institut national de Recherche sur les Transports et leur sécurité, actuellement à Bron, à l’époque à Arcueil).

Ce coût se trouve dans de multiples documents (par exemple un rapport du Sénat). Il ne suffit que de chercher pour trouver...

Par ailleurs, vous avez de la société une vue hyper individualiste qui fausse votre analyse : un mort appauvrit la société en ce que disparaît avec lui la richesse qu'apporte son activité présente et à venir (entendue dans tous les sens du terme), ne serait-ce - s'il est jeune - que le "manque à gagner" que représentent les enfants qu'il n'aura pas et qu'il pourrait avoir (comme la guerre de 14 s'est traduite, démographiquement, par un creux de plusieurs années APRES la guerre).

Les conducteurs de deux roues ne sont pas les plus touchés en valeur absolue (seulement 17 % en 2005) mais ils le sont en valeur relative, eu égard au trafic qu’ils représentent (0,8 %). En tout état de cause, cette incidente n’a pas d’importance sur l’implication majeure de la vitesse également dans la survenue de ces accidents : soit la leur propre, soit celle des véhicules qui les percutent.

Aussi bien du point de vue statistique que scientifique, il est nécessaire qu’une augmentation des vitesses se traduise par une augmentation du nombre d’accidents, toutes choses égales par ailleurs. Il est absolument impossible de prouver le contraire, sauf à triturer les raisonnements.

Écrit par : Ph. Arnaud | mardi, 12 mai 2009


Merci pour vos sources, je vais aller creuser.

Depuis 1990, j'ai lu dans une étude (dont je cherche la trace) que la modernisation des systèmes de freinage et de la conception des voitures, par exemple avec les air bags, ont largement contribué à la diminution des accidents mortels ou entrainant un handicap lourd.

Désolé, je ne parviens pas à trouver une justification morale à la quantification économique d'une vie. Cette approche est purement arbitraire et matérialiste.

Par ailleurs, en voulant placer le curseur proche du risque zéro, vous contribuez à faire de la vie des Français un enfer. Votre raisonnement pousse à interdire les conduites à risque : haute montagne, ski hrs piste, delta, voile en haute mer, ULM, etc. La limitation de la vitesse dans des environnements accidentogènes (en ville, routes départementales, routes à croisement ou à obstacles latéraux, etc.) est sensée, bien entendu. Mais sur des portions très faiblement accidentogènes, cela confine à l'absurde.

Résultat de cet excès répressif : lorsque des dizaines de milliers de Français perdent leur permis chaque année, ce qui peut avoir des répercussions extrêmement graves sur le plan familial ou professionnel...sans avoir causé d'accident, lorsque les mres de famille pétochent au volant parce que les points filent vite pour des dépassements de vitesse dérisoires, on amplifie la déprime d'une population qui subit un autoritarisme d'Etat déjà considérable.

Écrit par : Posteur | mardi, 12 mai 2009


A Posteur

L’insistance sur les mesures purement technologiques pour diminuer les accidents de la route est une argutie. Et elle l’est à de multiples points de vue.

Elle l’est d’abord en ce que les équipements à l’intérieur de la voiture ne valent que pour ceux qui se trouvent dedans et non pour ceux qui sont dehors : piétons, deux-roues et voitures plus légères car il a été établi (notamment par l’INRETS) que le taux de dommage externe était plus élevé pour les véhicules lourds et rapides et le taux de dommages internes plus élevé pour les véhicules légers. En termes simples, cela signifie que les véhicules rapides et/ou lourds causent plus de dégâts et que les véhicules légers et/ou lents en sont plus les victimes.

Ensuite, ces équipements ne valent que lorsque l’accident a eu lieu, pour limiter les dommages corporels aux occupants du véhicule. Ils ne valent pas pour éviter l’accident lui-même, ce qui est quand même l’essentiel, et là, le plus efficace est la limitation de vitesse.

Enfin parce qu’on s’est aperçu que les perfectionnements techniques amenaient de curieux effets pervers, qu’on a pu vérifier, à propos de l’ABS, lorsque celui-ci a été introduit (mes observations initiales datent de 1990, elles ont été un peu actualisées).

1°) Quelle que soit l'efficacité de l'A.B.S., il existe toujours un temps de réaction avant la pression sur la pédale de frein. Pendant ce temps, le véhicule parcourt une certaine distance, d'autant plus grande que la vitesse est plus élevée. Or l'A.B.S. n'y change rien.

2°) Parmi les 23.000 motos assurées par la Mutuelle des motards, les BMW K100, de paisibles routières, étaient parmi les moins sujettes aux accidents. A partir de 1989, elles furent massivement équipées du freinage A.B.S. et, durant plusieurs années, figurèrent parmi les plus fréquemment sinistrées, aux côtés des sportives les plus extrêmes. Seule explication: l'A.B.S. faisait prendre plus de risques aux motards qui savaient qu'ils ont de "meilleurs freins".

3°) En Allemagne, les assureurs, après avoir consenti des réductions de primes aux possesseurs d'A.B.S., remirent vite les cotisations à leur niveau initial : les possesseurs en question avaient plus d'accidents : ils prenaient plus de risques! Toujours en Allemagne, une autre expérience avait été menée auprès de deux groupes témoins de chauffeurs de taxis. A ces deux groupes on avait monté l'A.B.S. Le premier le savait, le second ne le savait pas. Le premier avait une conduite plus rapide, plus agressive et plus dangereuse.

Remarque synthétique sur ce point : on a constaté que, presque systématiquement, une innovation technique destinée à obtenir une diminution (de la vitesse, de la consommation ou de n’importe quoi), aboutissait, en fait, à faire augmenter cette vitesse ou cette consommation, ou l’autre facteur que l’on voulait restreindre. Lorsqu’on a fabriqué des moteurs consommant (par exemple) 3 litres aux 100 km au lieu de 6 litres aux 100 km, on s’est aperçu que les intéressés, au lieu de rouler moins, roulaient davantage ! Et qu’ils roulaient davantage, au-delà même des économies qu’ils auraient pu réaliser ! Par exemple, en passant de 6 litres à 3 litres, on pouvait se dire que l’on allait parcourir 200 km au lieu de 100 km. (Par exemple aller deux fois plus souvent voir des amis éloignés ou profiter deux fois plus de sa maison de campagne). En fait, on s’est rendu compte, au bout de quelque temps, que le ratio était supérieur à 2 ! Toutes les mesures avaient abouti au contraire de ce qu’on voulait !

Je ne fais pas une quantification matérialiste d’une vie : pour moi, la valeur philosophique ou sentimentale d’une vie est, bien entendu, primordiale. L’insistance que je mets sur ce prix est pour répliquer aux rengaines antifiscales de «l’automobiliste vache à lait» ou des forces de l’ordre «forcées de faire du chiffre», qui ne sont que des poncifs. L’économie pour la collectivité de vies épargnées ou de santé épargnées (polyhandicapés, para- ou tétraplégiques) est considérablement plus importante que les quelques sous transférés de la poche d’automobilistes (surtout lorsqu’ils sont riches !) à celle de la collectivité. Dans le cas des amendes, l’opération est transparente pour la collectivité, dans l’autre cas, il s’agit d’une perte sèche…

Je ne veux pas mettre le curseur sur le risque zéro ! Vous employez le même raisonnement spécieux que j’ai toujours vu employer par les partisans de la vitesse : à l’arrêt, une voiture ne risque pas d’accident ! Mais il ne s’agit pas de cela : on sait bien que dès lors qu’on élève une vitesse, on va provoquer des accidents.

- Il ne s’agit pas de passer de « n »morts (actuellement un peu plus de 3000) à zéro, mais de d’amener ce nombre de 3000 à un nombre optimum (optimum et non utopique puisque certains pays, tels que le Royaume-Uni, les pays scandinaves ou le Japon ont, soit en valeur absolue, soit en valeur relative, un moindre nombre de tués sur route que nous). Il s’agit de faire baisser un excès : passer de « n » (et rappelons que ce « n » a été de 16 000 morts en 1972) à un nombre « n’ ») qu’on peut affiner avec les expériences étrangères.

- On admet donc, comme préliminaire, que quelles que soient les précautions, il y aura toujours des accidents - et, hélas, des morts - sur les routes. Mais le but, le « delta », comme disent les scientifiques, n’est pas de passer « n » à 0 (par exemple de 3000 à zéro), il est de « n » à « n’ » (par exemple de 3000 à 2500). Ce qui est à considérer, ce n’est pas les morts qu’il y a encore, mais les morts qui ont été évitées par rapport à une situation considérée comme insatisfaisante.

- A cet égard, ce qui a été visé, c’était d’écrêter les vitesses dépassant la moyenne, notamment, dans les zones urbaines ou péri-urbaines, par la mise en place de ronds-points, dont une des finalités est de « casser » les vitesses les plus hautes et d’harmoniser les vitesses générales. On pourra, certes, ergoter encore et demander : quelle moyenne ? La réponse sera double : cette moyenne pourra être soit la moyenne fixée par le Code de la route sur les différentes voies, soit, dans les zones denses ou à grande circulation (périphériques, autoroutes), une moyenne qui, selon l’état de la circulation, serait communiquée aux conducteurs par panneaux (comme cela se fait, d’ailleurs, actuellement) - mais qui, en tout état de cause, ne pourrait qu’être inférieure aux limites légales.

On contribue à faire de la vie des Français un enfer. Ah oui ? C’est quoi, l’enfer ? C’est quelqu’un qui est privé du caprice de conduire son bolide à 200 km/h ou c’est une mère ou un père de famille pleurant toute les larmes de son corps parce que son fils a été écrabouillé avec sa voiture contre un arbre ?

Je pousse à interdire les conduites à risque ? Ah oui ? Alors, vous êtes d’accord pour que les hors bord ou les skis des mers puissent, sans réglementation, évoluer à 80 km/h dans des zones de baignade ? Vous êtes d’accord pour que l’on ne fasse pas sortir l’hélicoptère ou les sauveteurs lorsqu’un skieur est pris dans une avalanche en hors piste ou qu’un plaisancier est mis en difficulté parce qu’il est sorti en mer alors qu’il y avait le drapeau rouge ? Vous êtes d’accord pour que, si l’hélicoptère sort pour un imprudent, on lui facture comptant le montant du sauvetage, sans possibilité de recours à l’assurance ? Vous êtes d’accord pour qu’on n’impose aucune réglementation aux ULM à côté des lignes à haute tension ?

Les points faiblement accidentogènes, ça n’existe pas : chaque centimètre du million de kilomètres du réseau routier français est potentiellement accidentogène. On s’est d’ailleurs rendu compte que, lorsqu’on supprimait un «point noir» (par exemple virage un peu accentué), les accidents se transportaient au virage suivant…

La pétoche de perdre son permis n’est rien du tout par rapport à la pétoche de perdre sa vie. Et, justement, il ne peut être admis aucune tolérance : c’est en sanctionnant de tout petits excès que, précisément, on est parvenu à ces résultats spectaculaires en matière de diminution du nombre d’accidents graves.

Enfin, contrairement à ce que l’on croit, le temps gagné par l’augmentation de la vitesse est une fonction décroissante de cette vitesse, de la forme n/x : à chaque tranche supplémentaire de vitesse supplémentaire correspond un gain de plus en plus faible. Cela a été vérifié aussi bien par des expériences de l’ADAC en Allemagne (de Flensburg à la frontière autrichienne) qu’en France, de Paris à Berlin et retour (sur tous types de routes) que sur une expérience menée par une brigade de gendarmerie de mon département. Or, comme la quasi-totalité de nos parcours sont urbains ou péri-urbains, les gains de temps réalisés sont négligeables : maintes fois, j’ai suivi de bout en bout, à travers ma ville, des véhicules qui démarraient en trombe au feu rouge… pour se retrouver au même point que moi un kilomètre plus loin…

Il n’y a pas d’autoritarisme d’Etat : je ne me sens pas gêné de m’arrêter à un stop ou à un feu rouge, sur une route déserte, même à 3 heures du matin, alors qu’on a davantage de risque de mourir d’ennui que de voir surgir un véhicule, et je ne me sens pas davantage privé de liberté lorsqu’on m’interdit de jouer du trombone à minuit dans mon appartement ou de faire un feu de paille humide (ou pas humide) en zone urbaine…

Écrit par : Ph. Arnaud | mardi, 12 mai 2009


S'arrêter à un stop ou à un feu rouge est une obligation à l'efficacité évidente. Rouler à 130 à l'heure sur une autoroute vide quand vous avez une grosse berline, c'est simplement absurde, les chiffres le confirment.

Lorsqu'on a le droit, samedi matin, à deux barrages de police urbains avant de s'engager sur une autoroute avec 3 flashes fixes et au moins une fois un contrôle aux jumelles, vous conduisez stressé sous la pression d'uns ultra-répression.

Et un jour ou l'autre, en discutant avec quelqu'un dans la voiture, vous dépassez légèrement la vitesse (qui n'est que de 90 sur un tronçon d'autoroute proche d'une ville apr exemple, contre 130 2 minutes avant) et démarrez le cycle de la perte des points qui s'effilochent par ces petites fautes d'inattention. Pour conduire sans perdre de points, il faut être un robot...ou peu conduire. Absurde, anxiogène...voire dangereux quand les conducteurs pilent à l'approche d'un tel flash idiot.

Écrit par : Posteur | mardi, 12 mai 2009


Salut Aurel,

Merci pour le lien, que j'ai d'autant plus apprécié que pour ma part, je ne conduis pas ;)

Écrit par : Rubin | mardi, 12 mai 2009


A Posteur

Vous dites « Rouler à 130 à l'heure sur une autoroute vide quand vous avez une grosse berline, c'est simplement absurde, les chiffres le confirment ». Quels chiffres ?

Voilà bien le type de raisonnement spécieux que j’entends depuis des décennies (au moins depuis 1990, date à laquelle j’ai rédigé mes premiers argumentaires anti-vitesse). Pour les avocats de la vitesse, les autoroutes sont toujours vides, toujours sèches, la visibilité est toujours dégagée, le soleil toujours derrière soi (ou légèrement voilé), le conducteur toujours reposé, toujours en pleine forme et jamais stressé. Le problème est que ces conditions… ne sont jamais remplies ! Si on laisse chacun apprécier sa vitesse, on aboutit vite à n’importe quoi.

En effet, les autoroutes de plaine sont conçues, étudiées, réalisées pour une vitesse de base de 140 km/h. A 130 km/h, on garde une toute petite marge de sécurité. Au-delà, ni les glissières, ni l'adhérence, ni la signalisation, ni le tracé, ni les courbes ne garantissent une parfaite sécurité, et ce, quel que soit le type de véhicule conduit.

Par ailleurs, les constructeurs de voitures estiment qu'avec les limitations de vitesse existantes, les occupants sont protégés dans 85 à 89 % des chocs. Là encore, l'excès de vitesse place le véhicule "hors normes". Et il convient de préciser que, sur autoroute, 40 % des accidents constatés concernent des véhicules seuls, sans adversaires. Dans ce cas, le risque ne vient pas des autres mais de soi-même et de sa propre vitesse qui, si elle est excessive, diminue les possibilités de réagir. Tous les pays du monde (sauf l'Allemagne sur une partie seulement de son réseau autoroutier) ont institué des limitations de vitesse.

Par ailleurs, vous retombez dans le travers individualiste consistant à tout apprécier par rapport à une personne, alors que, comme je vous l’ai dit, la circulation routière est une affaire collective. La différence entre les deux s’exprime par le coefficient de sécurité. Quelques mots d’explication :

- Lorsque, dans un ascenseur, le poids maximum autorisé est de 300 kg (quatre personnes de 75 kg), il est possible que les câbles - ou les dispositifs de sécurité - soient étalonnés à 400 kg. Dans 95 % des cas - et eu égard à l’espace - le total des occupants (en comptant des femmes et des enfants, plus légers) ne dépassera pas ces 300 kg. Dans 98 % des cas, il ne dépassera pas 350 kg. Dans 99,9 % des cas, il ne dépassera pas 380 kg. Mais on pourra trouver 0,1 % des cas (soit un sur 1000), où il sera effectivement égal ou supérieur à cette valeur. Ces chiffres sont - bien évidemment - inexacts. Mais ils permettent de saisir la signification de ce qu’est un coefficient de sécurité. Si la valeur des systèmes de sécurité est exactement égale à ce qui est porté sur la plaque de l’ascenseur, il n’y a aucune marge de sécurité.

- Il en va de même de la circulation automobile, qui n’est pas un phénomène individuel mais un phénomène collectif. Si j’effectue un trou à la perceuse dans mon mur ou si j’abats un arbre au milieu de mon jardin, j’effectue un acte individuel qui - sauf accident exceptionnel - ne retentira pas sur le voisinage. En revanche, dès que je m’insère sur la voie publique, j’ajoute un atome au mouvement brownien de cette circulation et, désormais, mal gré que j’en aie, je suis assujetti à la loi des grands nombres. En ce cas, il ne peut être question de notions telles que la liberté - ou l’appréciation, ou la responsabilité - individuelle. Des règles doivent être imposées.

- Lorsqu’on arrive à un croisement marqué par un « Stop » ou à un feu rouge, notamment en campagne, il n’est pas rare qu’il ne se trouve, sur l’autre voie, aucun véhicule. Par exemple, la nuit, on pourrait aisément « griller » le feu ou le « Stop » sans que cela entraîne de conséquences. On pourrait donc « faire confiance au », « laisser jouer la responsabilité du», « se reposer sur l’intelligence du » conducteur. Et cependant on ne le fait pas. Même si, logiquement, rien ne s’oppose à ce que l’on passe à un feu au rouge (alors qu’il y a peu de chance qu’un autre véhicule survienne avant une heure) on s’arrête. Pourquoi ? Parce que joue la loi des grands nombres. Or, en général, dans notre vie courante, lorsque se présente un choix lié aux probabilités (ce qui constitue l’essentiel de nos choix), nous prenons nos décisions en nous fondant sur une marge d’erreur appréciable (de l’ordre du pour cent et non du pour mille ou pour dix mille), car, sinon, la vie deviendrait impossible.

- Mais ce qui est valable à l’échelle individuelle ne l’est plus à l’échelle collective. Si l’accident est un phénomène rare dans l’ordre du relatif (de l’ordre du 100 000e), il n’en reste pas moins que, par le nombre des mouvements (des dizaines de millions par jour) il en devient inéluctable par la simple application du coefficient. Comment le faire diminuer ? Simplement en diminuant ce coefficient, en ne faisant pas confiance au libre arbitre du conducteur (je souligne ces termes). Pourquoi limiter une portion de voie à 50 km/h alors qu’on pourrait, 9999 fois sur 10.000, rouler sans danger ? Parce que, sur cette portion de voie, il passe, dans un laps de temps limité, 100 000 véhicules et que cela donnera mathématiquement 10 accidents.

Lorsqu’on a commencé d’instaurer les limitations de vitesse au Royaume-Uni, les gens ont eu des réactions d’énervement comme vous en avez. Puis, peu à peu, à force de répression, ils s’y sont fait, ont parfaitement intégré ces normes et ils conduisent dans les limites imposées, sans en faire une maladie (comme dans tous les autres pays de même réglementation). Personnellement, je conduis assez fréquemment et loin (tous les 15 jours à 250 km de chez moi) et non seulement je ne dépasse pas la vitesse autorisée, mais je conduis en presque toujours à 5 ou 10 % en dessous. Mais j’éprouve beaucoup de plaisir à être dans ma voiture : je regarde le paysage (même lorsque je l’ai vu des centaines de fois), je bavarde avec mes compagnons de voyage ou j’écoute la radio ou un cd. Je peux traverser la France seul, sans radio et sans lecteur de disque, sans m’ennuyer le moins du monde…

La voiture est un outil (comme une perceuse, une machine à laver ou un sanibroyeur) destiné à vous transporter d’un point A à un point B, intact et sans dommage pour les autres, comme un vélo, un train, ou un avion. Ce n’est ni un engin de sport – comme un ski ou une planche à voile – ni une machine à faire valoir votre statut social en vous permettant des fantaisies pour satisfaire vos caprices…

Écrit par : Ph. Arnaud | mardi, 12 mai 2009


Merci Ph. Arnaud pour vos intéressantes contributions. Elles enrichissent utilement le débat. Sans être entièrement convaincu par vos arguments à ce stade face à ceux de Posteur, je vais aller creuser un peu plus. Merci pour vos suggestions.

Écrit par : Aurelien | mercredi, 13 mai 2009


A Aurélien

Je n’ai pas encore fourni le quart de mes arguments contre la vitesse… Merci de votre mot.

Écrit par : Ph. Arnaud | mercredi, 13 mai 2009


Je n'en doute pas ;o))

En tout cas, la réflexion est lancée. C'est déjà ça.

Écrit par : Aurelien | mercredi, 13 mai 2009

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