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lundi, 04 mai 2009

Quand les artistes jouent les marchands du temple

Dans une lettre adressée à Martine Aubry, Pierre Arditi, Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Bernard Murat et Michel Piccoli accusent "leur camp" de les avoir trahis. De la part d'artistes qui s'affichent ouvertement de gauche, voire qui ont longtemps été "compagnons de route du parti communiste", l'anecdote est croustillante. Ils n'ont pas honte de la jouer franco :

En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays. C'était vrai, en particulier, des dispositions prises sous François Mitterrand. Ceux de nos voisins qui n'ont pas fait ce choix-là n'ont plus de cinéma ni de musique.

 

C'est connu, il n y'a plus de musique ou de cinéma d'auteur au Royaume-Uni, dans le reste de l'Europe ou aux Etats-Unis (ne parlons pas du cinéma japonais, coréen ou de Hong Kong). On les comprend, c'est plus simple quand les subventions publiques tombent tous les mois sans avoir à penser au public. Ah, cruelles règles du marché. Il me semble pourtant que le cinéma d'auteur français n'a jamais été aussi dynamique qu'à l'époque où les subventions n'existaient pas, par exemple à l'époque de la Nouvelle Vague. Depuis, le flambeau du cinéma d'auteur a été repris par d'autres artistes de multiples pays.

 

Aussi est-il inquiétant d'entendre ce contresens majeur de la bouche de personnalités qui, finalement, agissent de manière bassement corporatiste :

Souvenez-vous en : le droit d'auteur est un droit de l'homme. Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirts que leur âpreté et leur cupidité est moindre. Pour être cool en apparence, le capitalisme numérique n'en est pas moins sauvagement prédateur ! Héraclite nous enseigne : "le Peuple doit combattre pour ses lois comme pour ses murailles".

 

Un droit de l'homme contemporain et matérialiste, peut-être, mais pas de l'Homme dans la déclaration version de 1789. Quant aux PDG des multinationales si facilement caricaturés, ce sont au contraire les premiers défenseurs de la loi Hadopi qui protègent leur vieux modèle marchand périmé. Quand une artiste engagée (qui aurait pu cosigner cette lettre) comme Agnès Jaoui négocie ses tarifs pour ses films, elle ne pense certainement pas par cupidité. En fait, ses 500.000 euros annuels tombent d'un ciel généreux. Soyons sérieux.

 

Artistes, écoutez vos enfants, regardez le monde changer. Il ne veut plus de cet arbitraire d'un autre temps. Internet et l'univers numérique ont changé la donne. Mozart ne vivait pas de "droits d'auteur". Par la force des choses, les artistes de demain non plus. Puisse ce quarteron d'artistes s'occuper de ce qui le regarde pour laisser vivre l'humanité tranquillement. Nous avons assez de tyrans sur le dos pour ne pas récolter les artistes en plus.

 

Allez, j'en profite pour suggérer à Ségolène d"étoffer sa gamme en demandant pardon aux artistes pour le vote de Martine.

20:58 | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, hadopi, piccoli | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


Merci pour ce billet. Quelle belle bande de vieux machins, ces zartistes.

Écrit par : h16 | lundi, 04 mai 2009


Qui a parlé d'artistes ?
ces gens là sont des business men organisés en lobby!

Écrit par : Marc | mardi, 05 mai 2009


merci pour l'info, et je rejoins les deux commentaires. Ce ne sont pas de vrais artistes. Les vrais artistes ont un public ; les vrais artistes n'essayent pas de gagner les faveurs des politiciens pour subvenir à leur besoin, ce qui reviens au final à vouloir vivre de force au crochet du contribuable. Pitoyable !

Écrit par : LOmiG | mardi, 05 mai 2009


http://video.aol.com/video-detail/juan-romano-chucalescu/75233057

Écrit par : Chitah | mardi, 05 mai 2009


Je suis contre les subventions publiques aux zartistes exceptionnellement cultivé franchouillards bien entendu.

En revanche, que leur droit d'auteur soit protégé, que le piratage sur internet soit réprimé, me semble normal.

Je ne comprends pas les libéraux qui sont contre le droit d'auteur, pour le piratage.

Écrit par : Le Champ Libre | mercredi, 06 mai 2009


Contre les "droits" d'auteur, lire Stephan Kinsella et son "Against Intellectual Property" : http://www.mises.org/journals/jls/15_2/15_2_1.pdf

Écrit par : Lucilio | mercredi, 06 mai 2009

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