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vendredi, 03 avril 2009

Guide du routard : suivre le G20 à Londres

Il y a la façon mondaine. Une ex-journaliste française nous raconte sa journée avec un bonheur qui détonne dans la déprime actuelle. Dire que nous avons la chance de partager en "live" les sentiments de l'une des plus grandes figures du journalisme politique de notre pays ! L'analyse en profondeur de cette fine observatrice est pleine de surprises :

Evidemment, tous les regards se portent vers le couple vedette, Barack et Michelle. Certains me reprocheront une absence d’impartialité, mais comment ne pas dire qu’ils étaient beaux, sympathiques, naturels ? Ils saluaient tout le monde, venaient directement à vous comme s’ils vous connaissaient, écoutaient leurs interlocuteurs comme si ce qu’ils disaient les intéressaient au plus haut point… Lui, détendu comme on le voit à la télé,  large sourire, poignée de main généreuse. Elle, plus jolie qu’à l’écran, très grande, visage expressif, l’air chaleureux.

 

On en frissonne presque. Passionnant récit ponctué d'appréciations personnelles ("moi, j’aime l’agneau à la menthe"), de rencontres étonnantes ("Mais j’ai échangé quelques mots avec Naomi Campbell, somptueuse comme toujours dans une sorte de tutu en tulle noir impossible à porter par toute autre"). On est heureux pour Anne, après tous les ennuis qu'elle a eus. Elle plane d'autant plus sur son nuage que son mari qui n'a rien vu ni rien fait devant la crise, dispose dorénavant de 750 milliards de dollars pour sauver la planète...et coup de chance,  Stéphane Guyon n'était pas là pour mettre l'ambiance.

 

La manière festive dans la rue. Bris de glaces, attaques de banquiers, course à pied et lancer de pavé, tout y était, même si certains avaient des regrets : "I remember the [1990] poll tax riots - that was much more fun" (ça devait vraiment être chouette à l'époque). Les défenseurs de la planète, les pacifistes, les anticapitalistes, les décroissants et les marginaux qui ne savaient pas très bien ils étaient là se sont éclatés, quand ce n'est pas la police britanique qui s'en est chargée. Ces jeunes désoeuvrés sont les enfants de la mondialisation heureuse : ils ont pu voyager pas cher en avion grâce au ciel libéralisé, ils ont pu échanger facilement grâce aux blackberry et à Internet. Et le matériel militant, "Made in China" (peut-être même par des enfants dans des camps ?), n'était financièrement accessible que grâce au libre-échange. Quand jeunesse s'amuse avec l'argent des parents, on se dit que c'est pas si mal vu la dette qui l'attend... Mais s'amuse-t-elle vraiment avec ses airs de clown triste ?

strasbourg_2.jpg

 

Dans le Telegraph, le maire de Londres, Boris Johnson, proposait dés le 24 mars une lecture amusante des évènements de cette semaine :

In student bedsits and in terrace Kensington houses, the alienated children of the middle classes are planning to subvert the G20 summit. Across the desolate wastes of the Leftie internet, their wrathful campfires are already burning, and when April dawns they will surge like the orcs of Mordor in the general direction of the Bank of England.

 

Après le carnage attendu, Boris posait alors la vraie question :

Somewhere in the crowd, a nose-ringed twerp will drain a mouthful of cider and call to his comrades. "What do we want?" he will demand. And at that moment, a great silence will fall in the carnival of cretinous crusties. The papier mâché horsemen of the Apocalypse will turn their heads inquiringly in his direction. "What do we want?" he will demand again, a shade more hysterically, and by this time the rioters will be looking at their feet and coughing. Er. What do they want? The embarrassing truth is that they haven't a clue.

 

Pour le maire de Londres, ce G20 dissimulait en fait un repli égoïste des grands leaders occidentaux. Et il jugeait avec ironie que les manifestants feraient mieux de défendre une belle cause, la grande idée du libre-échange, plutôt que de casser sans rien proposer pour soi-disant sauver la planète. Hier, les grands dirigeants ont en effet tous affirmé défendre "les intérêts de leur pays" alors qu'ils protégeaient en fait les intérêts de leur gouvernement destabilisés par la plus grosse bulle jamais constituée : celle des dettes publiques.

 

Lire l'excellente analyse de Hashtable. Ah, au fait, le G20 a trouvé le coupable : le Costa Rica et l'Uruguay.

14:22 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, capitalisme, crise | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


C'est bizarre comme tu oublies le (contre) sommet de l'OTAN !
Ah bah oui, mais là il faudrait pas seulement que tu "enfonces le clown", en bon bérurier noir, mais aussi que tu t'attaques à l'atlantisme !

Tu ne veux toujours pas admettre que ces Etats autoritaires et sécuritaires sont les premiers à prôner le libre-échange?

Deux de tes plus grandes certitudes (il y en a d'autres je n'en doute pas), reposent sur du vent ! Et au fond tu l'a constaté combien de fois?

Les clowns sont contre la guerre pour rappel, et ceux que je connais qui sont las-bas s'habillent chez Gruss ou chez les tsiganes !

Il y a des idées qui se défendent à coup d'obus, et par l'éparpillement de petits morceaux de chairs humaines embrasés dans l'énergie guerrière .

La paix?

Écrit par : Dovobo | samedi, 04 avril 2009


Balancer des pavés sur les flics et mettre le feu aux bagnoles dans la rue, c'est un bon moyen de lutter contre la guerre, en effet !

Je te rappelle juste que l'Europe, depuis qu'elle est couverte par l'Otan, n'a pas connu la guerre. Comme quoi, prévenir marche parfois mieux que guérir. Maintenant, si tu veux critiquer Bush, nous serons d'accord sur plusieurs points. Mais contrairement à toi, je crois que le commerce est un excellent antidote à la guerre. Que veux-tu, on ne se refait pas.

Écrit par : Aurelien | samedi, 04 avril 2009


Dovobo, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ne sont pas franchement des Etats sécuritaires. En revanche, les vieux Etats le sont tous parce que c'est dans la nature des gouvernements d'accroître leur pouvoir, fût-ce par la violence.

Mais le libre-échange n'est pas toujours leur tendance naturelle car sans coopération entre pouvoirs autoritaires, les paradis fiscaux naissent, ainsi que toute une série d'ouverures qui mettent ces Etata sous pression.

Écrit par : Joe | dimanche, 05 avril 2009

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