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vendredi, 20 mars 2009

Le secret bancaire est essentiel

Lorsqu'une bagarre éclate entre deux personnes, c'est souvent l'occasion de profiter de la confusion pour régler ses comptes avec des spectateurs. On peut s'échanger copieusement des marrons sans qu'aucun observateur ne puisse condamner les protagonistes opportunistes. C'est ainsi qu'une dispute dégénère en bagarre générale. C'est ce qui est en train de se passer avec la mise au pas des hedge funds et des "paradis fiscaux" de la part d'Etats voraces. Alors que ces acteurs financiers et ces pays n'ont rien à voir avec la crise, ils sont la cible des discours populistes des gouvernements occidentaux en quête déséspérée de boucs-émissaires pour faire oublier leur propre responsabilité, essentielle, dans l'affaire.

 

Non seulement les paradis fiscaux n'ont rien à voir avec la crise isue de mauvaises réglementations, de banques centrales laxistes et de banques ultra réglementées, mais ils jouent un rôle important dans la défense de nos libertés.  C'est ce que les gouvernements n'aiment pas. Certes, peu de Français ont un compte à l'étranger, et plusieurs "paradis fiscaux" s'adressent essentiellement à des entreprises. Mais il est tout à fait légitime, pour ceux qui disposent de ce type de compte, de vouloir conserver un patrimoine à l'abri du regard et de l'emprise des gouvernements dont nous savons la capacité oppressive élevée. Il est parfaitement naturel de ne pas vouloir qu'un ministère ou qu'une administration sache tout de nous, de nos biens et de notre patrimoine.

 

Cela n'interdit pas, sur requête de magistrats disposant de pièces à conviction suffisantes, de demander des informations sur le compte d'une personne suspectée d'avoir commis un crime grave. Sans présomptions fortes et étayées sur des faits d'une grande gravité, ces informations doivent pouvoir être protégées au même titre que tout ce qui relève de la vie privée. Pour se prémunir contre le risque de voir notre gouvernement prendre la décision inique de ponctionner davantage les ressources et les revenus des Français, cette "protection" des patrimoines transférés par des paradis fiscaux respectueux de la propriété privée est essentielle. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses familles juives ont mis leur argent en Suisse dans les années 30 avec la montée du nazisme.

 

Mais sans être suffisamment fortunés pour vouloir mettre une partie de notre richesse à l'abri, nous bénéficions tous des effets positifs de ces paradis fiscaux. Depuis des décennies, ils imposent une pression sur les fiscalités des pays occidentaux. Après les 21 nouveaux impôts de Nicolas Sarkozy, on peut en douter . C'est l'exception française. Malgré tout, les débats publics insistent souvent sur les fiscalités concurrentes, parfois sous le terme de "dumping fiscal". Et cet argument est est mis en avant pour ne pas augmenter nos propres impôts, voire même pour les baisser. Sans la concurrence rude de ces paradis fiscaux, surtout paradisiaques ramenés à l'enfer fiscal que nous subissons, notre pression fiscale serait beaucoup plus élevée que les 45 % actuels. Certes, nous n'avons que peu d'espoir de voir la France se transformer en paradis fiscal comme le dit Vincent Bénard. Et pourtant, imaginez les charges sociales divisées par deux, l'IS ramené de 33 % à 15 %, une lat tax à 18 % au lieu de l'impôt progressif et la fin de l'ISF. Imaginez l'appel d'air des capitaux, des investissements, des entreprises innovantes rentables. En pleine crise financière ! Ne rêvons, pas, la majorité a de trop nombreux projets en tête pour nous laisser simplement notre argent.

 

En attendant, ne nous laissons pas leurrer par la communication démagogique à l'égard de ces pays à faible fiscalité et qui respectent la propriété privée bien mieux que la France. Le secret bancaire est un impératif moral.

 

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Commentaires


Une flat tax à 18%???! Au fou!

Il faut être célibataire et déclarer presque 50000 euros pour être imposé à ce taux dans le système progressif actuel!!

Les paradis fiscaux auront plus que jamais le vent en poupe après le grand soir libéral!

Écrit par : Rocou | vendredi, 20 mars 2009


La flat tax viendrait en remplacement de la grande majorité des taxes et impôts pesant sur les particuliers, pas sur le seul impôt sur le revenu, bien évidemment. Plus d'info ici: http://www.objectifliberte.fr/2007/08/transformer-la-.html

Écrit par : Mateo | vendredi, 20 mars 2009


Je suis d'accord pour le secret bancaire, sauf pour les fonctionnaires, les élus et les ministres. Il faut pouvoir s'assurer que les serviteurs de l'État ne soient pas corrompus.

Écrit par : Criticus | vendredi, 20 mars 2009


J'ai une autre vision du secret bancaire, peut-être parce que j'observe la coupe à moitié vide.

En effet, je ne peux m'empêcher de dire qu'effectivement, les paradis fiscaux n'ont rien à voir avec la crise, mais que le secret bancaire permet toute sorte de malversations et de fraudes en tous genres.

Notamment tout cet argent sale, recyclé ensuite dans l'économie formelle.

La liberté passe aussi par une certaine transparence.

Partons du principe que les gens n'ont rien à cacher et qu'ils sont très fiers de leurs réussites diverses (dans le cas de gens fortunés) : pourquoi avoir peur de révéler leur patrimoine ?

Mais les zones grises existeront toujours me direz-vous. Alors pourquoi se battre ? Pour un idéal, je vous répondrais, le même que celui de la liberté... La liberté de pouvoir lutter contre les exactions financières tout autant que celles qui privent les autres de libertés (divers cartels de drogue, etc.)

Enfin, pour contre-carrer l'argument nazi : les nazis sont montés au pouvoir car le peuple s'est fait avoir par un gouvernement manipulateur d'information. Si l'on joue globalement le jeu de la transparence, c'est aussi pour ne pas avoir ce genre de mainmise sur l'information et son détournement aisé.

Je suis pour plus de transparence.

Mes 3,14 cents sur le sujet.

Écrit par : Marc | samedi, 21 mars 2009


Les grands établissements des paradis fiscaux n'acceptent pas l'argent de n'importe quelle origine, et encore une fois, ils livrent des renseignement aux magistrats des pays occidentaux qui en font la demande en ce qui concerne le trafic de drogues ou d'armes. Les clichés circulant sur le blanchiment sont tout simplement faux. Certes, il existe des brebis galeuses, mais elles sont autant en France ou aux Etats-Unis où, rappelons-le, il est possible d'ouvrir un compte et d'y déposer de l'argent. Les établissements dans les paradis fiscaux s'adressent essentiellement aux holdings, aux fonds de gestion privés et aux gros patrimoines pour des raisons fiscales et d'ingénierie financière et fiscale qui est devenue leur grande spécialité.

Les gens peuvent être honnêtes et vouloir cacher leur vie privée : je ne veux pas de caméras partout dans ma vie, je n'ai pas envie qu'Internet soit filtré pour qu'on sache ce que j'aime, je n'ai pas envie qu'on me suive dans la vie de tous les jours. D'abord parce que je n'ai aucune idée de l'usage qui peut être fait de ces informations. On a vu des fichiers confidentiels se perdre, être piratés, être exploités par des fonctionnaires qui les vendaient sous le manteau, etc.

Ensuite, si Sarkozy se prenait à fermer les frontières comme Mitterrand en 1981, si Besancenot avait le pouvoir, si un conflit démarrait, je n'ai aucune envie de me voir piégé par cette "transparence". Et si l'impôt augmentait brutalement et devenait largement spoliateur (il l'est déjà un peu), les individus auraient un droit légitime à fuir ce régime et de mettre leurs biens à l'abri de ce déni de droits fondamentaux.

Pose-toi la confiance du comportement de nos gouvernements qui, eux, ne sont absolument pas transparents ni honnêtes (pense à la rétroactivité des lois fiscales, principe scandaleux). Avons-nous vraiment envie de ne rien leur cacher ? Moi, non. Beaucoup de gens honnêtes comme moi non plus.

Écrit par : Aurelien | samedi, 21 mars 2009

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