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mercredi, 11 mars 2009

Viol - avortement - excommunication

Un lourd débat vient de resurgir autour d'une histoire terrible. Elle tombe bien mal au moment où le Vatican a déjà du mal à se dépêtrer des propos négationnistes de Mgr Richard Williamson (volontaire afin de nuire au rapprochement de sa communauté avec le Vatican ? Médias en attente de scandale ?), évêque de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X que Benoît XVI vient de réintégrer dans l'Eglise.

 

De quoi s'agit-il ? Une fillette de 9 ans, violée pendant 3 ans par son beau-père, finit par tomber enceinte; de jumeaux. Les médecins jugent la situation dangereuse pour la santé de la fillette. Avec l'accord de la mère, ils pratiquent une interruption volontaire de grossesse sur cette pauvre gamine maltraitée. L’archevêque de Recife, également président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, a alors excommunié la mère de l’enfant et toute l’équipe médicale qui a pratiqué l’opération. Lula a jugé cette sanction obscurantiste, avec raison. L'archevêque a eu une réponse simple et cruelle :

«C’est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées ... Il faut toujours protéger la vie, l’attaque contre l’Eglise brésilienne est injustifiée.»

 

Et le Vatican a cautionné cette décision (pour le moment, voyons où le débat nous emmène) au lieu de revenir dessus : «L’excommunication pour ceux qui ont provoqué l’avortement est juste», car cette opération constitue «toujours la suppression d’une vie innocente», a commenté le préfet de la congrégation pour les évêques, notamment compétent pour élire des évêques. Je peux comprendre la position de l'église sur des sujets qui touchent à la vie et aux droits de la personne. Ce n'est pas ma position concernant les IVG, mais je peux l'entendre. Dans le cas présent, je trouve cette décision injustifiable. Il y a eu viol, la santé de l'enfant est en danger. Deux motifs suffisants pour une compréhension ponctuelle de ce drame familial de cette autorité religieuse.

 

L'obscurantisme n'est pas toujours là où on l'attend. L'excellent billet (nécessaire) de koz propose une analyse fine et courageuse.

00:34 Publié dans Dans le monde, Société | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bresil, viol, excommunication | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


Bien sûr qu'il faut dénoncer l'obscurantisme de cet archevêque infâme !

Mais n'en faisons pas une raison de rejeter les valeurs chrétiennes qui, bien loin d'être représentée par cette décision absurde, ont été au contraire bafouée par cette décision.

à bientôt

Écrit par : LOmiG | mercredi, 11 mars 2009


Lomig, je suis bien d'accord avec toi. Ne jetons pas les jumeaux avec l'eau du bain. Mais cela doit amener à réflechir sur les dérapages d'une religion qui a certainement participé aux fondement des valeurs occidentales, mais qui a aussi laissé des cicatrices importantes avec par exemple le surdéveloppement du sentiment de culpabilité, le mépris du commerce, du succès et de l'argent.

Écrit par : Aurelien | mercredi, 11 mars 2009


Ne devrait-on pas aussi s'inquiéter que des propos tels que "la loi de Dieu est supérieure à la loi des hommes" soient proférés par des individus en position d'ordonner une génération de prêtres à leur image ?
Voyons à vingts ans et imaginons que de telles personnes soient restées en place et aient eu la possibilité de former l'idéologie religieuse d'une nouvelle génération de croyants, que sera alors devenu le message "humanistes" (je mets des guillemets car en bon athée je ne crois pas en un humanisme contraint) de la Bible ?

Écrit par : fabrice | mercredi, 11 mars 2009


Athée également, j'ai tout de même ce passage tiré d'un évangile en tête : Rendez à "César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu." Excellent principe que toutes les religions devraient appliquer.

Écrit par : Aurelien | mercredi, 11 mars 2009


"Les médecins jugent la situation dangereuse pour la santé de la fillette. Avec l'accord de la mère, ils pratiquent une interruption volontaire de grossesse sur cette pauvre gamine maltraitée."

Si la santé de la mère est en danger on ne pratique pas une IVG mais une interruption médicale de grossesse IMG et ça n'a rien à voir.

Autant je suis opposé à l'IVG, autant l'IMG (légitime défense) est normale quand la grossesse met en danger la vie de la mère.

Écrit par : bibi33 | mercredi, 11 mars 2009


Bien vu bibi !

Écrit par : Aurelien | mercredi, 11 mars 2009


Ce que dit Lomig, donc, c'est que la décision du Pape ne relève pas des valeurs de la chretienté, alors que celui-ci est censé être le gardien desdites valeurs de la chretienté. C'est une décision de toute la hierarchie de l'Eglise, elle est donc par définition parfaitement en accord avec les valeurs de la chrétienté, je ne comprends donc pas la remarque de Lomig.

Sur le fond, je dirais déjà qu'à la place de l'équipe médicale et de la mère, j'aurai envoyé une lettre au Pape où j'aurais écrit signifier mon mécontement concernant l'exploitation par l'Eglise d'un fait divers sordide (ou tout simplement un "va te faire enculer espèce de bâtard, tu parles de ma fille là")

Ensuite il est toujours regrettable de se rendre compte que toutes les religions ont deux métros de retard. La psychologie par exemple est une discipline humaine très récente, elle traite des blessures morales lourdes (pas juste des petits chagrins, on se comprend bien, je parle de depression, etc.). Seulement, comme elle date plus ou moins du 19ème siècle, la dimension psychologique d'un cas n'est jamais pris en compte par l'Eglise (et les autres religions).

Ce qui explique sa position sur l'avortement suite à un viol (jusqu'à il y a peu, la justice ne prenait pas en compte le trouble psychologique grave induit par le viol), ce qui explique aussi sa position sur le suicide, etc...

Ce qui m'intéresserait, c'est une étude auprès des fidèles brésiliens de l'Eglise, pour avoir leur avis sur la question.

Écrit par : Chitah | mercredi, 11 mars 2009


"ce que dit Lomig, c'est que la décision du Pape ne relève pas des valeurs de la chretienté,"

je n'ai jamais dit ça. La décision dont je parle est celle de l'archevêque d'excommunier la mère et les médecins. Je n'ai pas parlé du Pape.

La seule personne qui est vraiment à blâmer, dans toute cette histoire, est bien le père violeur de la fillette. Le reste est du bruit médiatique organisé par les médias anti-cléricaux...SUr le fait que le père violeur est un salaud, personne n'est en désaccord. Si ?

Écrit par : LOmiG | mercredi, 11 mars 2009


Tiens, tu dégaines la théorie du complot anti-clérical, comme d'autres parlent d'islamophobie, comme c'est curieux.

Si tu ne parles que de la décision de l'archevêque, c'est que tu n'as pas compris le fond de l'affaire alors, cette décision a été backée par toute la hierarchie de cet archevêque et ses supérieurs en sont, comme dans toute organisation hierarchique humaine, absolument comptable.

Ensuite, je trouve tout à fait intéressant ta façon de minimiser : ce n'est pas du cas de cette fillette dont on parle, qui n'est qu'emblématique, mais de la doctrine de l'Eglise condamnant l'avortement en cas de viol ou de danger pour la mère. Et ce, en faisant fi de tout ce que l'on sait en matière de dégâts psychologiques provoqués par ces situations tragiques.

Et au fait : le beau-père n'est pas seulement un salaud, pas seulement un criminel, c'est lui qui aurait dû être excommunié, et lui seul.
C'est à se demander si la hierarchie de l'Eglise ne trouve pas que finalement, la pédophilie ce n'est pas souhaitable certes, mais ce n'est pas si grave. Alors que c'est probablement la pire chose qu'on puisse faire à un enfant, bien devant le fait de le tuer.

Écrit par : Chitah | mercredi, 11 mars 2009


"ce n'est pas du cas de cette fillette dont on parle, "

bah si un peu quand même.
Par ailleurs, ce qui me dérange c'est qu'on accorde autant d'importance, dans un sens ou dans un autre, à la position de religieux. Cet homme est passible d'une peine de prison ferme pour viol, avec circonstances aggravantes. C'est de la justice des hommes que doit venir la sentence, pas de la justice de telle ou telle religion. Moi je m'en tape complètement des excommunications, à vrai dire.

Écrit par : LOmiG | mercredi, 11 mars 2009


Ce n'est pas de l'obscurantisme. L'obscurantisme c'est une opposition au progrès et à la raison. Ici c'est une question de valeurs, la vie humaine étant placée au-dessus du reste, des peines et de la souffrance terrestre des individus (qui seront compensées dans l'au-delà.. Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés).

En tout cas, ça n'a pas vocation à choquer un libéral. Des religieux analysent une situation et considère que les actions des médecins et de la mère ne sont pas compatibles avec leur religion, c'est tout. Libre à chacun de changer de religion.

Il n'y a pas d'appel au meurtre comme c'est le cas avec certaines fatwas islamiques. Toujours l'indignation sélective des anti-catho...

Écrit par : Philippe B | mercredi, 11 mars 2009


Philippe, la vie est d'abord celle de la jeune fille. Hors l'aspect dégradant de l'exclusion arbitraire de ceux qui ont sauvé la fillette, l'église tente d'influencer les famille à venir en leur disant clairement : mettez la vie de votre jeune enfant en danger après le viol, il vaut mieux qu'elle risque de mourir que de pratiquer une IMG. Si une fillette devait décéder un jour de cette pression morale, l'église ens erait directement responsable. Les fatwa catholiques peuvent vraiment être dévastatrices !

Écrit par : henri | jeudi, 12 mars 2009


Après "si on vous gifle sur la joue droite, tendez la joue gauche", "si on vous viole, pensez au bon dieu et souriez en pensant au bel enfant qui va naître". Ca, c'est une religion qui respecte les femmes !

Écrit par : lol | jeudi, 12 mars 2009


Mgr Fisichella a dit : "Carmen, nous sommes avec toi. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin. Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance".

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué, elle aussi, vendredi 13 mars l'archevêque de Recife. Bref, le Vatican a réagi, certes avec retard, en désavouant les propos de l'évêque brésilien !

Écrit par : Jean | dimanche, 15 mars 2009

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