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mardi, 10 février 2009
Une pensée pour les antilibéraux : une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour, il faut qu'ils en profitent !
Au cours de la crise financière, le Nouvel Obs avait ouvert un dossier "Mais où sont passés les libéraux ?". Le Parti Libéral Démocrate, encore trop jeune, n'avait pas été convié à ces festivités anti-libérales primaires. On y sentait l'ironie mordante du journal officiel de Delanoë, le même qui l'avait accompagné dans son deuxième "coming out" ("Je suis socialiste et libéral") quelques mois auparavant. L'ironie de ce canard de la gauche caviar n'hésitait pas à descendre bien bas en citant Jean-Marc Sylvestre, rédacteur en chef économique à TF1 et déclaré "libéral flamboyant", sur un drame personnel : « Jusqu'à cet été, je ne connaissais du système de santé français que l'ampleur du défiât de l'assurance-maladie. Depuis, je sais que ce déficit, que j'ai tellement critiqué, m'a sans doute sauvé la vie. Dans une logique purement financière, aucun contrôleur de gestion n'aurait pu accepter de telles dépenses. Le «return» était trop improbable. Le système de santé français est formidable; il faudrait être sûr que tout le monde puisse en bénéficier. Quand on sait la valeur détruite chez Vivendi sous le règne de Jean-Marie Messier... Mon libéralisme s'est tempéré.» Assez bas de la part d'un journal qui prétend défendre une éthique.
Ainsi, le 2 octobre 2008 s'ouvrait un concours de balle-trap dans le Nouvel Obs :
les vrais, les jusqu'au-boutistes, les idéologues. Où sont-ils passés ? Sous la table. Sous la moquette. Aux abonnés absents, en attendant des jours meilleurs. Que faire, que dire alors que les Etats-Unis, modèle d'économie libre, nationalisent à tour de bras comme un vulgaire pays socialiste ? La planète libérale est en état de sidération.
[...]
Il faut sauver le soldat libéral ! Sonnés pendant plus de dix jours, les libéraux tentent de relever la tête. Tant d'années d'efforts pour réhabiliter l'économie de marché ne sauraient être ruinées en deux semaines.
Il se trouve surtout qu'on ne leur a pas donné la parole lorsqu'ils l'ont demandée. A chaque fois, leur analyse a été écartée, éludée pour son caractère jugé fantasque. Pas de quoi déprimer, mais de quoi se poser des questions sérieuses sur le fonctionnement de notre démocratie qui consacre tant de place aux anticapitalistes les plus primaires mais refuse la parole aux libéraux. Pourtant à chaque fois, dans les semaines qui suivaient leur constat ou leurs propositions, la réalité leur donnait raison. Les dangers du surendettement public ? Plusieurs pays de la zone euro frôlent la catastrophe et la Californie est au bord du dépôt de bilan. L'inutilité et le danger des plans de relance ? Même Le Monde de l'Economie ouvre aujourd'hui le débat. La nécessité des réformes libérales ne fait plus débat...hors antenne.
Il est vrai qu'à droite, le réflexe jacobin et protectionniste domine. Sa vision économique est proche de celle des élus de gauche, il suffit pour s'en convaincre de suivre la surenchère de mesures prétendues sociales ou d'attaques anticapitalistes à l'occasion de chaque débat. Chacun développe sa vision industrielle et sa stratégie pour Renault, Peugeot, les banques et l'ensemble des entreprises nationales comme seule une économie planifiée pourrait le permettre. Les libéraux observent ce triste tableau, écartés du débat et impuissants devant les sarcasmes à leur encontre. Ils savent aussi que les erreurs dramatiques du gouvernement actuel, économiques s'agissant du soutien à la reprise, politiques s'agissant de rassurer son électorat, lui coûteront cher aux prochaines scrutins. Entre deux discours de gauche, on préfère toujours l'original.
Aujourd'hui, le journaliste Eric Dupin prolonge l'analyse du Nouvel Obs, dont il reprend des citations, avec sa tribune "Libéraux en crise". Pas si en crise que cela en fait, surtout si les étiquetés "libéraux" de l'UMP sont écarté. Il démarre en donnant le ton à charge : "La vigueur des convictions idéologiques se mesure à leur capacité à résister aux coups de boutoir de la réalité. Armés de leur système de pensée, les libéraux français ne sont pas aussi désarçonnés par la crise qu’on aurait pu l’imaginer." Pas de cadeau pour notre courant de pensée qui est pourtant celui qui comprend le mieux les rouages de cette crise. Il cite Nicolas Baverez (qui a bien raison de dire que) : « Le libéralisme n'est donc pas la cause mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé ». Eh oui !
L'analyse de Dupin est assez fouillée, cherchant à débusquer certains incohérences dans les discours des uns et des autres. Il aurait dû citer les libéraux de gauche, les Gracques, pour apprécier sa propre incohérence et se rendre compte que même à gauche, on partage cette lucidité sur les causes de la crise. Mais son sujet est ailleurs. Au moins nous offre-t-il pour terminer cet excellent mot de Philippe Manière qui se moque des anti-libéraux en pleine effervescence ces temps-ci : « une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour, il faut qu’ils en profitent ! »
15:08 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : liberalisme, crise |
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Commentaires
Bon, tu le sais, encore une fois je suis entièrement d'accord avec toi.
Ce qui me sidère, c'est l'effet que le mot "libéral" provoque sur tous les plateaux télés de France, tout de suite rangé dans l'ombre de Bush et consorts...
Ah, et quand on émet l'hypothèse que la Sécurité Sociale n'est pas forcément la panacée, on se fait traiter d'égoïste... tout en me donnant l'impression étrange que finalement les gens considèrent que la Croix Rouge et le Secours Catholique, les Restos du Coeur et autres associations sont des services publics...
PAS DU TOUT !
Écrit par : Marc | mercredi, 11 février 2009
Nous avons deux handicaps : nous avons besoin de décortiquer les rouages des échanges, gracieux ou marchands. Les discours simplistes qui tiennent en une phrase ont une avance sur nous. La notion d'émulation repose autant sur la compétition-concurrence que sur la coopération. Or, "marché" n'évoque que l'aspect concurrentiel pour les Français, pas la coopération.
Bref, à nous de travailler la communication pour des slogans simples, concrets et efficaces. A nous de rappeler en permanence que nous défendons aussi bien la concurrence que la coopération, les deux rouages essentiels de toute activité sociale humaine.
Écrit par : Aurelien | mercredi, 11 février 2009
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