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vendredi, 30 janvier 2009
Petit conte d'un jour de grève
Ca se passe dans le métro, à Washington. Un jeune homme en jean et baskets joue du violon. Seules quelques personnes s'arrêtent, et pas longtemps, la plupart des mille et quelques personnes qui passent devant lui l'ignorent tout simplement. Sauf un babin de 3 ans qui reste là, bouche bée. Il saisit la magie juste à portée de sa main. Il est fasciné par le son d'or qui s'échappe de ce petit boitier coincé dans le creux du cou du musicien. Au bout d'une minute, sa mère le reprend et poursuit son chemin. Quelques passants jettent rapidement un billet ou des pièces. Et puis une femme le reconnaît. Ce prodige aux doigts de magicien est l'un des maïtres contemporains de cet instrument exigeant : Joshua Bell à la discographie impressionnante. Son instrument est un Stradivarius. Au bout des trois quarts d'heure passés à jouer, il a 32 dollars dans son bol. L'histoire est vraie.
Méfiants ou pressés, nous ne savons plus flâner, perdre notre temps, nous perdre tout simplement. Nous manquons des merveilles, parfois même l'essentiel. Jeudi, ils étaient plus d'un million à flâner, sans doute en y prenant du plaisir. Ils appelaient ça une "journée d'action", très fort l'humour. Mais à quel prix ! Et pourquoi ? Cette promenade urbaine était-elle utile, inoffensive ? Certains, à gauche, sont sceptiques. François Chérèque avoue que cette journée était un cri de colère, pas une solution. Bref, la manif a surtout traduit un vrai désespoir. La crise, ses effets et l'incompréhension de ses mécanismes alimentent facilement nos peurs, et les syndicats n'ont pas hésité à souffler sur les braises quitte à diminuer les chances d'un retour de la confiance.
Effets attendus ? Nuls. Bernard Thibaut dit attendre un miracle : "il faut des mesures concernant l'emploi, le pouvoir d'achat". Qui pense encore que l'Etat fabrique le pouvoir d'achat ou les emplois comme les lutins du père Noël fabriqueraient des jouets dans le grand nord ? Au contraire, il les détruit pour l'essentiel. Cette grève paralysante organisée par des professions protégées totalement à l'abri de la crise sera subie, une fois de plus, par l'ensemble des Français. Ce sont les dommages collatéraux, que voulez-vous. En emmerdant 63 millions moins un (celui qui défilait) de Français, le cartel syndical sera reçu en février par l'Elysée avant de pouvoir partir au ski. Qui avouera qu'il ne comprend pas plus les rouages de cette crise, qu'il ne sait pas quoi faire et qu'il n'en a pas les moyens.
Quel impact sur le moral des ménages ? Si les Français étaient 69 % à éprouver de la sympathie pour l'évènement, ils sont aussi 72 % à exiger une restriction du droit de grève pour imposer un vrai service minimum et 60 % à demander l'ouverture de la concurrence dans les transports en commun. Flâner, oui. Mais en voyageant librement. Nous nous dirigeons vers des temps difficiles avec ces clivages grandissants.
14:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : joshua bell, greve


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Commentaires
Jolie histoire en effet. Mais [modif de l'auteur : Bell] a-t-il réussi sa démonstration ? Pas si sûr.
Ecrit par : Rubin | jeudi, 29 janvier 2009
Très belle histoire, en effet.
Je rejoins l'interrogation de Rubin...
Ecrit par : LOmiG | jeudi, 29 janvier 2009
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